The twilight zone

Tu te souviens bien sûr, de cette série fantastique du Samedi après midi, que tu regardais après le cours de piano et qui te laissait dans un indéfinissable état de mélancolie, de questionnements et de circonspection.

Je ne sais pas si l’épisode du « tremblement de terre permanent » a existé, ou bien s’il est le fruit de mon imagination débridée. Mais j’ai souvent l’impression d’être dans l’épisode , un peu comme Truman Burbank à Seahaven…

Depuis quelques années, la terre a beaucoup tremblé, en permanence. Parfois violemment, et il faut s’accrocher aux murs pour ne pas tomber, parfois plus doucement : un pas en avant, deux pas en arrière…

Alignement des planètes, désordre cosmique… crise de la quarantaine ou effet boomerang des petites choses non réglées, fin de cycle… expiation de tes fautes et erreurs. Va savoir.

En tout cas, d’un coup, la terre a cessé de trembler. Les questions sans réponses se sont éclaircies. Il y a du boulot pour remettre un toit sur la maison mais les pierres sont là. Il suffit de faire les plans. Et de les suivre.

En prenant le temps.

Pauser, se poser.

J’ai commencé par les fauteuils, ce n’est peut être pas le plus logique mais c’est l’endroit idéal pour y lire, réfléchir et ordonner.

Au départ, il y avait ça :

Deux fauteuils boncoinés pour pas cher. Le tissu rouge était fort sale et abimé et les fauteuils couinaient et bougeaient grave en tournant…

Je n’avais jamais fait ça, et je n’ai pas trouvé de tuto sur le net pour m’aider. Heureusement j’ai été fort bien conseillée par mon vendeur. Je ne sais pas si j’ai tout fait dans les règles de l’art, il y a quelques petits défauts apparents, mais voilà comment j’ai procédé…

Tout d’abord, j’ai démonté le pied…
puis resserré la rondelle … (il m’a fallu de l’aide…). J’ai graissé, puis…
remis le pied dans son socle en y insérant des patins en silicone pour atténuer le jeu lié à l’usure du métal… et ô miracle, il tourne et ne se dandine quasiment plus

Ensuite, la partie cradoque : enlever le tissu et la mousse… avec l’aspirateur pas loin..


Après ça commence à être plus sympa… J’ai utilisé une plaque de mousse en 20mm trouvée chez Toto. Il a fallu découper aux bonnes dimensions, en amincissant les bords de la mousse (sur le 1er, vers l’extérieur , et sur le 2e vers l’intérieur : c’est beaucoup mieux)

Et enfin coller la mousse sur le polystyrène. Etape la plus difficile. J’ai utilisé, après plusieurs essais, de la colle Néoprène en spray. Je pense que si je peux progresser, c’est sur cette étape de découpage/collage, et si vous avez des conseils…

Ensuite, après avoir cousu la nouvelle housse à partir de l’ancienne (découdre, poser sur le tissu, rajouter les marges de couture, assembler, cranter les angles…), insérer la nouvelle housse sur le fauteuil et agrafer. J’ai acheté une agrafeuse électrique pour éviter de mourir des mains. J’ai choisi un jersey milano gris très épais. J’espère qu’il ne sera pas salissant…

Il ne reste qu’à remettre le fauteuil sur le socle, puis découper la mousse de coussin (en mousse de 6 cm), et enfin recoudre la housse (même méthode !)

Puis… se vautrer dedans, méditer, regarder le paysage et penser à l’avenir… Prix de revient de la réfection des deux fauteuils (mousse, tissu, colle ) : environ 80 euros

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s’extraire du rêve….

s’extraire du rêve….

Dis moi…. dix mois… pourquoi?

Il doit y avoir au moins 3 ou 4 robes, 2 pantalons, un manteau… qui ne sont pas ici, consignés sur le petit carnet de mots et d’images.

Je ne sais pas pourquoi, les mots ne sortaient plus, les images sur instagram se suffisaient à elles-même sans doute.

J’ai retrouvé la voi (e)x.

De ce petit manteau, je ne ferai pas un prétexte à histoires.
C’est qu’à un moment, il faut arrêter de se voiler la face, de mettre des œillères, de vivre dans le fantasme.

Admettre le principe de réalité.

Je vis en Normandie. J’ai beau essayer d’y inventer le sud avec trois plantes tropicales, il pleut, il mouille, ça caille dès qu’on met le bout du nez dehors.

Et le petit manteau joli en lainage aux découpes princesse, il n’est pas fait pour moi. Il est mouillé, il feutre, il n’a pas de capuche et j’ai froid.

Prendre la vache Normande par les cornes et s’adapter au réel. Le soleil ne viendra pas à toi.

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Détails techniques : patron peppernoot hooded coat de Wafflepatterns, taillé en 40

Je ne taris pas d’éloges sur ce patron, extrêmement bien expliqué et qui vaut bien son prix. La taille est parfaite, suffisante pour mettre un gros pull en dessous en cas de froid. Les grandes poches fermées pour le portable, la capuche…

Le tissu est un softshell imperméable et polaire commandé . Très chouette, mais difficile à coudre car pas de repassage.

Il est doublé en tissu matelassé très chaud, et il est finalement très léger!

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…. and be happy again!

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explorations temporelles #1

Je t’ai dit qu’il y a longtemps, très longtemps, j’étais prof d’histoire?….

Oui je crois. D’abord je radote, je me répète, je ressasse. C’est le principe du blog, exutoire à névroses obsessionnelles 🙂

Ensuite, un jour, effet collatéral de la loi Travail, cet élément de mon identité m’a été retiré, comme ça, brutalement… parce que j’avais fait le choix d’aller voir du pays en dehors de l’école : « rayée des cadres de l’éducation nationale », je suis. Je n’ai jamais passé le concours, et j’ai balayé 14 ans de ma vie professionnelle. Entends tu la petite musique de Brazil?….

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Reprogrammée dans la vraie vie du Travail, il me reste quelques scories sur le disque dur.

En cousant cette robe, je m’imaginais Lucie s’habillant le matin pour donner cours à ses élèves. Lucie courant dans les rues de Lyon.

Je me voyais en cours, avec ma robe, pour parler de la vie quotidienne dans les années 40 et l’illustrer par l’image….

Je me disais qu’aujourd’hui je serai bien meilleure prof qu’il y a 10 ans, parce que j’ai beaucoup appris ailleurs et que j’ai débridé mon imagination…

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Robe 40’s Tea dress Sew over it.

Taille 8

Tissu lainage très doux (coupon d’un mètre 50… j’ai pas aligné les raccords pour ne pas perdre un miette de tissu)

La parmenture et les manches sont en velours côtelé gris (chutes) et c’est là que tu es contente d’avoir un gros stock de chutes, quand ton métrage est insuffisant!

Quelques modifications : j’ai rallongé les devants et dos de 3cm et réduit pas mal (3 cm) la largeur dos en ajustant la fermeture éclair.

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« il est où mon crayon? »

Cet été, sans son soutien physique et moral (et sans son crayon), je serai morte enterrée sous 20 litres de peinture, 3 camions et 20 rouleaux de papier peint.

J’ai les mots un peu courts et timides pour dire l’amitié. Et puis point besoin d’en faire plus puisqu’elle est évidente.

(on va pas se faire la bise non plus, pouah quelle horreur :-))

J’ai juste cousu. (lentement)

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J’ai tenté d’aligner aussi bien les rayures que les laies de mon papier peint …

Manteau Quart Coat Pauline Alice, tissu Aux fils conducteurs (don de provenance inconnue) et doublure Toto.

Thank’s partner. oups, ton crayon l’est dans ma poche 🙂

 

 

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Telos ou le cul bordé de nouilles

C’est le prénom de mon con de chat. Pas seulement parce que les noms en -os ça fait intello qu’a fait du grec en khâgne. Mais aussi pour rendre hommage à ma chance insolente qui me suit depuis que je suis née.

D’ailleurs dès que je suis née. « juste à temps » à ce qu’il parait.

Quand, à peu près à cet âge là, j’ai voulu me noyer dans le lac, IMG_4943.JPG

Y avait moman attentive pas trop loin,  et des couettes de transport à mes cheveux .

Quand je suis allée au Danemark, c’était la canicule.

Et au mois de juillet, pour ma dernière réunion à Paris, j’ai eu le temps de passer chez Mode et Travaux, il restait un coupon de ce truc improbable. Si c’est pas de la veine, ça….

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Coup de bol, je venais juste de découvrir « sew over it » et ses super patrons de robes parfaitement adaptés à mon fessier. (et au reste aussi, mais le fessier, c’est le plus compliqué).

Et hop, une Eve Dress qui a éclairé mon été de ses sourires pétillants. Inutile de te dire que je n’ai pas fait de toile puisque le destin veille.

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Eve Dress en taille 10 et tissu polyesterpascher improbable de chez Modes et Travaux (jsuis hippie, je vous ai dit). Je t’avoue que je lui rajoute souvent un petit top noir car si elle sied parfaitement à mon fessier, elle laisse à  mon buste une aisance que d’aucuns peuvent trouver impudique.

Merci donc à ma bonne étoile d’avoir mis cette robe sur mon chemin. Entre autres.

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Années quarante…

Années quarante…

Ce sont les mal-aimées.

Les années barbares, les années démunies, où la frivolité n’a plus de place face à l’inhumanité.

La mode s’appauvrit, les robes se raccourcissent, les tissus s’affadissent.

Boss habille les nazis, Coco collabore.

Les femmes dessinent des bas sur leurs jambes,  raccourcissent leurs robes et recyclent tout ce qui se coud.

La mode des pauvres, des astucieuses, des débrouillardes.

Aujourd’hui je me sens very fortie ‘s. Pour a lot of reasons.

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J’avais un magnifique coupon de 3 mètres de shwe shwe de Marie. Dealé en échange d’une paire d’espadrilles de Barcelone (juste l’impression d’un échange pas totalement équitable, mais j’espère bien me venger un jour quand je serais sortie des fortie’s…)

J’ai cherché longtemps le patron, jusqu’à l’évidence….

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Comme je suis en pleine période fortie’s, je manque un peu de temps alors j’ai coupé direct sans faire de toile. En taille 10. Et comme je suis un peu zazoue aussi, j’ai tout fait en coutures anglaises, histoire que ça fasse bien mal si ça rentre pas entre les lignes de démarcation.

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(t’as vu comment il est beau à l’envers aussi le shwe shwe?)

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j’ai pas tenté le raccord, c’était trop charrette avec la laize en 90. La fermeture invisible est posée sans pied pour cause de pénurie, et je ne l’ai jamais aussi bien posée je crois 🙂

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Moralité: le tissu est parfait pour les 40’s et j’adore le tombé qu’il lui donne. A refaire (en lainage confortable par exemple) je descendrai la poitrine de 3 ou 4 cm, mais ce n’est pas choquant.

En bref, c’est ma robe préférée, celle qui mélange toutes mes époques et est à la croisée des passés, présents et avenirs.

 

 

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Very bad Mother

Il est de notoriété publique que je suis une très mauvaise mère.

Je travaille (beaucoup) je ne vais pas les chercher à l’école tous les soirs, je les défends quand j’estime que les sanctions  scolaires sont injustes, et je leur fais bouffer des légumes cuisinés à la va vite parce que j’ai po le temps. Des fois même, c’est pizza (mais là ils m’aiment).

Du coup, comme ils sont très mal élevés, ils me le rendent bien. Ils choisissent les activités extra-scolaires les plus incongrues, les plus inadaptées et douloureuses pour leur mère honnie.

Le p’tit dernier par exemple. On lui donnerait le bon dieu sans confession, mais non. Il a décidé de faire mourir sa mère à petit feu. Ou plutôt à coup de gros glaçons.

Il a choisi le pire sport du monde. Celui où tu restes un week end entier transie de froid au bord de la glace à attendre désespérément les deux minutes où ton incroyable rejeton va apparaitre sous le feu des projecteurs.

Bon. A dire vrai, ç’aurait pu être pire. Il aurait pu faire hockey, je l’aurais encore plus regretté. Là au moins c’est joli à regarder, et je peux m’éclater égoïstement dans mes activités personnelles d’auto-congratulation de mon immense talent.

Ouais, du coup, je lui fais ses costumes de patinage artistique et je peux crâner en toute légitimité.

1/ Costume de patinage synchronisé (en équipe)

Le challenge était de les assortir aux costumes des filles. (c’est pas moa qui les ai fait. Juste ceux des garçons)B75W4257 B75W4286

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Le costume est une grosse bidouille de 3 pièces:

  • une veste type queue de pie, sur la base d’un déguisement Burda, totalement modifiée pour s’adapter au strech indispensable à l’élégance de la glisse.
  • un top sans manche monté sur culotte pour l’élégance de la glisse.
  • un leggings issu d’un vieil Ottobre dont j’ai oublié la date.

Tissu en velours strech de Toto.

2/ Costume de danse sur glace en couple.

Un mois avant la compet, la directive est « la musique c’est les Temps Modernes ».

La maman de la partenaire en panique … te permet de frimer et de dire « laisse, je m’occupe de tout »… et de faire un peu moins la fière quand il faut se mettre à l’ouvrage.

L’idée était de faire la scène du restaurant, costume qui brille pour Paulette Goddard, et costume Charlot classique.

Pour le costume de fille, j’ai cru gagner du temps en prenant un justaucorps du club sur lequel j’ai rajouté un top à bretelle (tissu toto et biais élastique doré de mon placard) et une jupe cercle en lamé doré: en fait les ajustements ont été fort prise de tête et j’aurais gagné du temps à tout faire moi même!

Pour celui de Gabriel, je suis repartie de la même base de veste à basque, en raccourcissant les basques. Une chemise blanche fabriquée par des petits chinois pas chère (mère indigne un jour….) sur laquelle j’ai enlevé les manches, que j’ai raccourcie et cousue sur caleçon (toujours pour l’élégance de la glisse :-)), et un pantalon Citronille large, avec des élastiques cousus sur les côtés dans le bas pour l’effet « trop grand ». Le tissu est un truc en pétrole pas cher de chez toto, mais qui a une très belle tenue malgré son prix dérisoire.

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Tu veux voir comment ça donne en vrai?…..

 

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Et comme je suis un mauvaise mère très orgueilleuse, j’ai cru entendre « merci Maman de m’avoir accompagné et encouragé ».

Et le soir j’ai fait des endives. Faut pas déconner.

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Les dessous dessus

Je vous avoue. Ce message a été l’objet d’un houleux dialogue avec moi-même.

A côté le débat Marine/Manu, c’était une conversation mondaine.

Il a commencé en février, quand j’ai pris mon premier cours de couture. Avec Marie. et Marie aussi.

On s’est inscrites ensemble à l’atelier lingerie, pour plein de raisons, mais sans doute parce qu’au fond, c’était un peu magique de se retrouver métro Oberkampf pour remplir nos bouts de tissus de nos georges adultes, quand 35 ans avant on s’amusait à s’en faire avec les serviettes de table….

Marie a dit: « emmener un bout de tissu pour faire une toile. » J’ai pris ma doublure de manteau, je me suis dit que ça serait joli.

Je craignais un peu le cours, c’était mon premier en couture. Et en fait j’ai adoré.

Évidemment, mon choix de tissu a fait jaser: « et tu vas poser en sous-vêtement sous ton manteau? »

Ahem.

Premier élément du dialogue: tu postes tes dessous sur ton blog?

…. heu….

C’est pas un peu…. impudique?

Est ce que ça l’est plus que de crâner avec mon manteau en cachemire ou ma jupe qui moule les fesses? Qu’est ce qui s’expose, se publi -qu-e , se dévoile?

Tu fais genre « j’ai rien à cacher j’m’en fous », et tu clames ton gros bonnet à tout va, mais quand on te demande ta taille de buste, tu fais la vierge effarouchée, mmm?

Ouais.

J’en étais là de mes réflexions sur la pudeur des mots et images qui s’envolent sur la toile quand est arrivée une élection présidentielle à la con.

Et son flot de hargne et d’irrespect. Moi qui n’ai jamais caché ma gauchitude, j’ai eu la nausée de tous les bords, à force de voir les opinions  de chacun érigées en analyses politiques irréfutables, les idéaux transformés en communautarismes sectaires et les tranchées creusées autour de chaque camp.

Et balancer son émotion politique sur les réseaux sociaux, c’est pas un peu impudique? Vouloir à tout crin convaincre… qu’il faut voter, qu’il ne faut pas voter, que bonnet blanc et gros blanc bonnet…

Et mon impudeur peut être utile,  j’espère: le sous-tif home made, c’est faisable, ça soutient le gros bonnet, c’est économique, et ça embrasse tes Roberts à la perfection.

Lance toi!

Tu ne me crois pas sur parole?….

Alors…. le voilà mon gros bonnet.

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Modèle Harriet de Cloth Habit. Taillé en 80 F , ce qui semble être définitivement ma taille… même si j’ai rallongé un tout petit peu la bande de dos. Tissu en reste de doublure de ce manteau

Pour un premier, il est quasi parfait, seul un petit défaut au niveau du dessous de bras, qui est un tout petit peu trop lâche.

Je lui ai fait une petite copine (Panties Ohhhlulu)

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Et porté?….

sur Mauricette…

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Juste un détail…

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Peut être que je suis trop prude, qui sait?  A moins que ce ne soit du respect… Je resterai pudique sur ce point. 🙂

J’ai longtemps cherché la bande son de l’article… « Les dessous chics », oui, mais c’est convenu…

Alors j’ai trouvé pire, bien pire: clique et maudis moi toute la journée 🙂

PS: Je précise au mec qui me demande mon tour de poitrine:

1/ il est écrit plus haut dans les considérations techniques

2/ la chanson n’est pas une ouverture.

 

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team Camembert et jupe d’enfer

Depuis l’année dernière, on a créé une sorte de team Camembert (terminologie non validée par la bande) de serial couturières normandes qui se fixent des défis: acheter ensemble un bon de tissu et se faire une fringue avec. Avec une date butoir: today.

Cette année je n’étais pas là pour le choix, ouverture d’AFC oblige, mais Marine s’est dévouée pour me prendre un bout.

1m 20 de jersey monostretch vraiment très coloré.

A peine j’ai vu la version de cette jupe par la noueuse d’aiguillette, et zou, c’était choisi. Il a juste fallu trouver un peu de temps, la denrée rare du moment.

Jupe Jade de paprika patterns, taille 10 raccourcie en 8 à la taille (un peu trop grand).

Les plis sont un petit casse-tête, mais sinon elle est facile et bien foutue, et tombe très bien. J’ai juste loupé le premier pli mais ça ne se voit pas trop sous le pull. Je n’ai pas mis la fermeture éclair. Le modèle est parfait pour le monostretch car cela évite les remontées de jupe intempestives.

Elle est ultra-confortable et je pense qu’elle aura des copines bientôt. Par contre elle est entièrement doublée et parfaite avec un pull chaud… pas du tout de saison quoi (enfin si on considère qu’on a encore des saisons dignes de ce nom!)

 

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Crédit photo: Simon L (« maman, arrête tes conneries »)

Urgence photo portée, même si je la mets régulièrement depuis 15 jours…

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Allez, je vais reviendre un jour…. te raconter les déboires de la quête du soutien-gorge parfait, de la veste trop petite et de la robe que je ne mets jamais …

 

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Aux fils conducteurs : tranche de vie

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Crédit photo: Christophe Hubard, Paris Normandie.

Ce matin, deux dames du quartier m’attendent devant la porte. C’était écrit 9h sur le papier, je ne suis venue qu’à 10h.
Elles portent un joli voile rose ourlé de dentelles. L’une est venue Samedi et a rencontré Clémence (« c’est elle qui a tout fait, elle est trop forte, et puis très gentille et très accueillante aussi »…)

Elle est revenue avec une amie pour lui présenter le lieu.
Je fais le café, on papote. Son amie veut faire une jupe plissée, je lui dis que c’est facile. Elle s’extasie devant les plis de mon manteau. On parle de dentelles, des enfants, et de la vie du local.

« Mais vous êtes tous gentils comme ça? »

Elle n’a pas son chéquier, elle reviendra cet après midi.
A 14h elle arrive avec sa mère.
Elle a changé de voile, il est bleu maintenant, tout aussi joli, mais j’ai mis 3 secondes à la reconnaitre.
Elle est pressée, me fait le chèque et repart en déclinant mon café. Sa maman reste.
Rencontre.
Elle parle plutôt bien français, mais je sens que je dois choisir mes mots. On laisse tomber les « tutoriels sur internet », la « patronthèque » et autre vocable sociocentré.
Elle regarde les horaires indiqués sur le tableau noir et je vois qu’elle déchiffre à peine. Elle me dit que mon O il est mal fait, on ne sait pas si c’est un A. « je sais lire un tout petit peu mais pas beaucoup. Alors les patrons, je ne sais pas ». Et internet je sais même pas ce que c’est.
Je lui fais un thé. Pour choisir, je lui lis ce qui est écrit, mais j’essaie de la laisser déchiffrer. Elle s’assoit dans le le fauteuil parce qu’elle a mal au dos.
Elle m’explique qu’elle n’a pas pu apprendre à lire à cause de la guerre. Dans mon village les soldats violaient toutes les filles… ». Je ne pose pas de questions….

Elle voit la plante au dessus de l’évier. Limite je me fais engueuler parce qu’elle n’est pas entretenue. Je l’enlève de l’étagère (elle ne peut pas l’atteindre, elle doit faire 30 cm de moins que moi :-)). Elle la soigne, la baigne, lui enlève les feuilles mortes en lui parlant gentiment. En français, en arabe. « mon amour, ma beauté : en arabe c’est Habibti. Pour une fille. Pour un homme c’est Habibi ».
Je lui montre les machines, elle me dit qu’elle coud à la main…. Elle ne sait pas lire le mode d’emploi. Et puis elle a une vieille Singer, comme celle là, « tu la veux, tu sais l’utiliser? Je vais  demander à mon fils de te la donner ».
Elle connait une styliste qui ne sait ni lire ni écrire. Et puis les femmes françaises elles s’habillaient mieux avant quand même.
« Et toi tu sais coudre? »
Je lui montre mon manteau. « Le tissu à l’intérieur il est très beau et tu travailles très bien »
« Je fais aussi toutes mes robes, aujourd’hui je suis en pantalon, mais c’est rare »…
Je me reprend…
« Enfin mes robes, elles sont très courtes, je ne sais pas si vous aimeriez »
« Oh mais tu fais comme tu veux, et puis tu es jolie. moi je ne pourrais pas mais toi tu t’habilles comme tu veux, on ne juge pas les gens sur leurs habits »….

Elle est restée une heure.

J’adore ce lieu.
Pas vraiment  un lieu, plutôt un monde, une utopie en marche….

Plus d’infos ici:

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