Septembre trompeur

Je crois bien qu’il sait que je ne l’aime pas.

J’ai le juin oppressant, et le septembre pesant.

Ce n’est plus ma rentrée qui m’angoisse. Pour moi, c’est fini, les affectations au premier septembre, les organisations à l’arrache , et les 6 niveaux à préparer en 2 jours. Ce n’est pas que je glande au boulot, mais j’ai pu préparer le rush de septembre. (à peu près…)

Celle d’Héla en revanche (je vous rappelle que je ne mets plus son prénom, pas très commun, sur le blog, à sa demande…) était pleine de doutes et d’incertitudes.

A demis mots, j’en ai parlé ici. Y a plein de débats sur ces enfants là (« haut potentiel », « précoce », » zèbre »), je n’y participe pas. Je ne sais pas ce qu’elle est, je sais juste qu’ elle a des qualités peu communes (mémoire quasi photographique, rapidité d’analyse, motricité et capacité de reproduction immédiate, oreille absolue, grande sensibilité…) et des incapacités très invalidantes: décomposer le cheminement de sa pensée, se plier à des exigences qu’elle ne comprend pas. Inapte à l’organisation scolaire du collège, inapte aux relations adolescentes structurées en bandes, en groupes, en communautés pour se protéger des autres.

La 4e, ça été l’année de la peur. Peur de l’échec, paralysant toute volonté. Peur du regard des autres. Peur des groupes. Peur de se faire imposer une vie par les adultes (« non, je se serais pas violoniste, même si je suis douée pour ça »).

Elle a craché comme le petit chat qui fait le gros dos, pendant quelques mois. Elle a crié sa peur.

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On l’a laissé se reconstruire, tant pis pour les notes, tant pis pour la musique, tant pis pour les anciennes « amies » qui sont devenues des accusatrices aux regards noirs et aux silences blessants.

On a vu de magnifiques sourires cet été.

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Des discussions métaphysiques et d’autres qui tournent en rond. Parfois, le petit chat a craché un peu. Mais globalement, elle s’est accrochée.

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Il a fallu y retourner.

Il faut tenir les engagements: aller en cours, même quand la peur est là, travailler.

Il faut affronter les regards accusateurs, le mépris, les petits mots blessants qu’on lance à celle qui n’a pas de « bande ». Il faut réagir avec dignité, et ne pas les provoquer en faisant le petit chat qui crache.

Cette rentrée là, c’est celle que je craignais le plus.

Elle s’est passée. Plutôt bien. Cours ma belle…

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Tu vas y arriver.

On est bien loin du septembre gris et mouillé que j’attendais. Ce septembre est trompeur. Je crois bien qu’il veut que je l’aime.

Du coup, les projets d’hiver sont retardés.

Et j’ai cousu du soleil, du rose et des fleurs.

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Petit bustier « patron maison », une bidouille à partir de cette robe…

Je crois que le tissu vient de Ma Petite Mercerie, acheté exprès pour remettre ce pantalon Moloko très joliment coupé, qui doit avoir 6 ou 7 ans (et qui, du fait de sa taille 38, n’est pas sorti du placard pendant quelques années… -zavez vu comme je dis très délicatement que j’ai minci et que je rentre dans du 38, ouais ouais, j’me la pète, je sais, je sais…)

 

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9 réflexions sur “Septembre trompeur

  1. Je crois que la rentrée n’est facile pour personne. C’est pour ça que je considère le début d’une année en septembre et pas en Janvier.
    Bon courage à ta fille, c’est pas facile d’avoir des particularités alors qu’aujourd’hui, il faut que tout le monde rentre dans le moule.
    Et petit haut bien sympathique, estival à souhait… il sera surement porté-lavé-porté-lavé sans cesse tout l’été prochain quand la chaleur reviendra.
  2. hello mame Fanny,
    Je suis bien contente pour toi que ta jolie demoiselle trouve doucement son chemin, grâce à ton accompagnement si respectueux de ce qu’ elle est…
    Et je sais à quel point c’est chronophage et energivore !!!!
    Alors double bravo, à toi et à elle. Et des bisous.
    😉
  3. C’est super beau ton billet, je ne sais pas si ta zebrette te lit, mais il y a quelque chose de vraiment touchant dans ce billet , je hais septembre qui me donne l’impression d’être dans une machine à laver, mais je suis heureuse pour elle de cette rentrée surprenante dans le bon sens. Je la trouve extra ta fille, ça me fait du bien de lire des choses sur elle
  4. Pingback: Inaperçue… |

  5. Nous vivons les mêmes moments avec notre fille. Quand j’entends les psy dirent que le haut potentiel n’est pas un handicap je ne suis pas d’accord … Vivre avec un EiP c’est comme surveiller une casserole de lait sur le feu en permanence, il faut être vigilante, décoder et dédramatiser les situations, dialoguer en permanence, leur donner une confiance en eux qu’ils ne connaissent pas malgré leurs compétences. Mais elles ont une chance inouïe c’est d’avoir des parents qui respectent leur singularité et qui les accompagnent avec bienveillance même si ca n’est pas toujours simple !

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