To be or not….

Je suis désolée.

J’ai beaucoup lu Charlie. Mon père l’achetait avec le Canard; je l’ai aussi soutenu quand il a failli disparaître. Je n’aimais pas tout, Siné m’a gavé, mais Charb a bien rattrapé. Je ne suis pas une inconditionnelle du médiatique Pelloux. L’oncle Bernard était mon idole, et Cabu, forcément, mon enfance et mon adolescence engagée.

Je ne me sens pas Charlie. Et pourtant  je suis une intellectuelle de gauche laïque et républicaine, j’ai grandi dans l’esprit de soixante huit, mes parents m’ont appris l’irrévérence, l’esprit critique et je les en remercie. (Edit: je précise, pour ceux qui trouvent ça vaniteux, que c’est une caution pour ne pas être accusé de fascisme… ça sort vite dans les moments où l’émotion domine et qu’on lit entre les lignes. En vrai, je ne suis pas bien sûre d’être une intellectuelle, et je pense être assez tolérante avec les opinions et engagements différents…)

Je suis profondément triste. Ma tristesse est individuelle, personnelle. Je n’ai pas envie de la partager dans une communion collective et mémorielle. Je ne sais pas trop quoi penser de cette solidarité cathartique émergente. Elle m’inquiète et m’interroge.

J’ai été prof, d’histoire géo, en ZEP, c’est dire si je suis bien comme il faut. Je DOIS être Charlie.

Mais je ne crois pas que la liberté de la presse soit menacée. Le problème n’est pas là.

Je ne me nomme pas Charlie. Et pourtant j’en ai débattu, de la laïcité, de la liberté de la presse,  dans mes collèges de ZEP, au moment des caricatures, parfois avec des graines de fondamentalistes. Ca faisait du bruit dans la classe, même que ça gênait le prof de maths d’à côté, la prof d’histoire géo qui « ne savait pas tenir sa classe ».  J’étais seule. Chacun sa merde à gérer. Des collègues choisissent la facilité: la Shoah, en ZEP, parfois on l’aborde à la marge…  Les anim’ des cités n’en parlent pas; les centres sociaux c’est pas leur problème, la politique de la ville; ben quoi on construit des beaux arrêts de bus, ça suffit bien, non?

Je ne me proclame pas Charlie et pourtant je me sens responsable de ce drame qui n’a rien à voir avec un 11 septembre: le ver, il est à l’intérieur.

En tant qu’intellectuelle de gauche bien pensante, j’ai laissé faire, je ne me suis pas battue pour de nouveaux modèles, j’ai enterré l’utopie, j’ai quitté le Mammouth. J’ai reconstruit virtuellement la société avec des amis, dans ma jolie maison, en sirotant des breuvages coûteux. J’ai protégé mes enfants de ce monde violent et haineux. J’ai reproduit les schémas et les codes sociaux. Je n’ai pas cherché à comprendre l’exclusion, juste à la sortir de mon champ de vision. C’est plus facile, l’entre-soi.

Je n’étais pas Charlie, mais je voudrais bien le devenir, en posant les questions que l’on ne peut plus contourner aujourd’hui: comment la société, nous, les intellectuels, nos dirigeants, ont-ils pu laissé fabriquer ces monstres d’ignorance, de bêtise et de violence? Pourquoi nous, qui avons les clés, n’avons nous rien fait pour changer la vie publique? Pourquoi nous laissons nous dominer par les logiques institutionnelles sclérosantes? A quand un engagement politique, militant, associatif qui déconstruise ces logiques et ces potentats?

Nous n’étions pas Charlie. Devenons Charlie.

 

 

 

 

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156 réflexions sur “To be or not….

  1. Ben je crois que je suis assez d’accord. Ta phrase : « je ne sais pas trop quoi penser de cette solidarité cathartique émergente » fait écho, c’est clairement ce que je ressens.
      • Mais la communion peut être autre que religieuse, non? Elle est belle cette solidarité, ce qui j’ai l’impression pose plus de problème c’est, combien de temps va-t-elle tenir?
        En tout cas merci pour votre post, je trouve beaucoup de choses très juste. Devenons Charlie
      • si l’on considère que l’origine de religion vient du latin « religare » , réunir rassembler, et communion de « l’union d’intention », je pense que se retrouver animé d’une même intention sur une place ou une rue et faire acte de recueillement ou de prière est profondément humain. « L’église », au sens religieux et au sens premier de la chrétienté, est bien de rassembler des personnes animés d’une communion d’intention pour se rappeler et ne pas oublier le sacrifice d’un homme qui passa les dernières années de sa vie à essayer de faire réfléchir ses semblables et les pousser a croire en leur bonté. Si vous n’êtes pas croyante enlevez Dieux, Laissez le dogme au pouvoir des prétentieux et les horreurs aux hommes de mauvaises intentions mais n’ayez pas peur des mots, religieux n’est pas un gros mot et communion encore moins :).
      • l » heure n est pas aux question existentielle, j accepte le constat d échec du système, pas de soucis nous sommes responsable et coupable. mais justement, on peut continuer a s’auto flageller et se dire qu’aujourd’hui hui on a louper l ‘occasion d’être Charlie.
      • « Une communion quasi religieuse »
        Parce que les religions se sont appropriés les valeurs communes à l’Humanité et les ont prises en otage. C’est une honte. Mais la communion humaine existe largement en dehors de la religion. Oui, dans les manifs. dans les stades, dans les salles de concert…. largement autant que dans les églises, temples, synagogues et autres mosquées.
    • Je suis Charlie, je ne me pose même pas la question, je travaille dans la formation continue qui récupère les échecs de l’éducation nationale qui fait de l’éducation de masse en excluant les plus doués et les moins doués. Alors les états d’âme d’intellectuels ne sont pas de mises en ces jours noirs
      • Je suis Charlie parce ce que j’ai choisi d’être atteinte par ces évènements. Je suis dans un lycée pour les décrocheur ( le CLEPT ) où les jeunes qui ne se sont pas retrouvé dans l’éducation nationale viennent chercher une autre vision de ce qu’est enseigner .
        Nous sommes tous d’horizon différents , de cultures différentes , de religions différentes mais nous avons tous été sous le choc lorsque c’est arrivé.
        Je suis Charlie car les gens autour de moi on peur , notamment la communauté musulmane et moi je suis là pour leur rappeler qu’il y des personnes qui seront là quand des extrémistes d’un autre bord viendront s’en prendre à eux.
        Je suis pas en train de suivre une mode , je suis pas le mouton insignifiant d’un vaste troupeau ,je suis un individu qui pense , réfléchit et qui fait preuve d’humanisme. Et je ne vais pas chercher à me faire reconnaître , à créer des réactions parce que c’est à la mode de faire le buzz .
        Et c’est pas parce que tout le monde choisit de suivre un même chemin un instant (on sait bien que ça va pas durer) que l’on doit se mettre en marge pour faire croire aux autres et à soit même que « nous sommes tous atteints mais moi je …(blabla) ».
        • Tout à fait d’accord Elisa.
          Il y a un moment ou le blabla n’est que diatribe et logorrhée justificative du doute. Dans ces moments là il faut être soi, tout simplement. Être solidaire.
        • En fait, vous êtes toutes les deux d’accord sur le fond.
          Par contre, au CLEPT, j’espère que vous faites partie des enseignées et pas des enseignants car l’orthographe et vous, ça fait deux.
    • Je ne me pose pas tes questions Fanny, je n’ai jamais été obéissant sans doute parce que j’ai été abusé enfant par mon éducation, scolaire, religieuse et jusque dans mon corps par un paumé, du coup j’ai passé ma vie à ébruiter les espaces de silence intenses et lisses où rien d’important ne se dit jamais vraiment… Ma vie durant j’ai participé à créer de l’illusion avec tout ce qu’une scène met à disposition pour mieux parler de réalité, comme une question posée, avec mes complices nous avons souvent abusé très fort de la musique, et nous avons pu le faire tant bien que mal un peu partout autour de la planète, comme des sauvages indomptables et finalement érudits malgré que je n’ai aucun diplôme !! Heureux de rendre heureux, et quand bien même nous ne jouirons pas de la retraite méritée des enseignants, nous avons pu en toute liberté nous exprimer, jouer, rêver, et faire rêver… Alors bien sûr Je suis Charlie, je ne suis pas de gauche intellectuel de droite, ou que sais-je, juste humain, et sans hésiter je vais défiler avec tous ceux qui le voudront bien, pour que simplement tout cela reste possible encore, parce que l’on sait tous que rien n’ai jamais gagné, surtout pas la liberté, cette liberté de penser, de s’exprimer qui est certainement le seul lien profond et empathique que je partage avec la plupart de mes frères humains, en tout cas tous ceux qui savent observer et jouir de la beauté des choses… Biz
    • Pour moi, voici la premiere personne qui a une reelle ouverture d’esprit(Je parlais du commentaire de Manon | 9 janvier 2015 at 9:31 ).
      Pardonnez moi, mais il faut arreter de croire que l’on peut changer les gens (apparemment dans ce debat par l’éducation). Certes nous aurons toujours des choses a ameliorer. Mais comme le precise Manon, on ne peut pas lutter contre les choix d’une personne. A moins de l’enfermer a vie ou voir la peine de mort (ce qui est tres radical quand meme). Il est tres facile de pointer du doigt comme je lái beaucoup lu sur ce site, les gens du fond de la classe, blablabla. J’en faisais parti, et cést pas pour ca que je suis un barbare qui prepare un attentat, il y a beaucoup damalgame dans vos propos. Essayer de comprendre que lón vit dans une societe ou tout est ACCESSIBLE, vous connaissez tous l’expression « Quand on veut, on peut ! » Ces personnes ont déliberemment choisi de comettre un crime, arretons la. Parler de probleme dintegration … reviens a trouver des excuses ou des causes a des faits qui ne dependent que de leurs choix. Vous parlez déducation nationale, mais vous pourriez trouver plein dáutres raisons, pourquoi pas blamer les parents par exemple, ou bien encore la nourrice qui a oublier de donner le gouter de 4h. arretez svp. Personne nést assez bien placer pour determiner les causes de leurs actes.
      Je ne suis pas intellectuel comme beaucoup dentre vous le pretendent.
      Je ne suis pas non plus vraiment choquer de ce qui est arriver. Shit happens. Pourquoi les attentats ou meurtres sárreteraient a nos frontieres ???? 12 morts mais combien en Syrie, combien crevent de faim chaque jour.

      Et sur le fait que le soutien envers Charlie hebdo est populaire, libre a chacun de léxprimer comme il le souhaite. Cést apres tout typiquement francais de scander en masse ce qui derange (usons le droit de manifester)

      Je pense simplement quil y a des problemes beaucoup plus importants ou l’on y prete guere attention, car l’individualisme l’emporte.
      C’est la pour moi la source de nos problemes dans cette societe, mais encore une fois, je n’irai pas jusqu’a dire que c’est la cause de l’attentat.

      Pardonnez lécriture, je possede un clavier anglais. Donc tres chiant au niveau des accents.

    • Je suis Charlie, je ne me pose pas la question, là à l’instant présent. C’est une question d’humanité, d’éthique, d’émotions, de refus. Le rester par la suite, oui cela me semble plus qu’urgent et plus qu’ important. Essentiel!!! Car à présent toutes les haines vont surgir et sans voile celles-là!!!
  2. Comme un soulagement en lisant ton post Fanny… Tu exprimes ce que je ressens depuis hier sans pour autant réussir a y mettre des mots… Moi aussi cette « solidarité cathartique émergente » m inquiète… Drôle d ambiance auj quand on sent chez certains l occasion utilisée comme defouloir pour y jeter toutes ces animosités inavouables…bien sur l intention des autres ( la plupart… Espérons?) est belle et l union nationale douce a l oreille… Mais…. Attention danger!
    • Merci Alice… On a beau me parler de solidarité, de fraternité et d’élan national, mon pessimisme nihiliste ou mon penchant naturel pour le doute me fait craindre le pire.
      Communier pour Charlie, y a comme un paradoxe, quand on est athée et qu’on suit Charlie depuis qu’on est bébé …
      • Je pense pas que ce soit un paradoxe, étant croyant je goute avec amusement les piques envoyées institutions religieuses, c’est vrai qu’il y a de quoi charrier sur certains points. Mais la ce n’est pas du journal que l’on parle, mais de vies humaines. Donc rien d’anormal de se sentir touché.
  3. Il y a aussi quelque chose qui me trouble dans cette solidarité affichée sur les réseaux sociaux. J’ai envie de me dire que cette image en noir et blanc « je suis CHARLIE » est assez belle, tant au sens propre que littéral, que cet élan c’est joli et ça fait chaud, mais quand je vois sur instagram toutes ces bougies )qui coûtent 30 boules et dont tout le monde parle) allumées, ces selfies de gens qui pleurent (oui oui, certains osent), l’image reprise mais avec une belle typo à la mode (des tas des tas et des tas), ça me met un peu mal à l’aise. Peut-être suis-je cynique mais je vois là comme un truc… allez, j’ose le dire, à la mode, à faire absolument, et pas tant pour la solidarité mais parce qu’il faut apparaître sous ce hashtag.
    Je ne doute pas que nous sommes tous affectés, peinés, atterrés, choqués, mais quand-même… Et surtout, j’ai peur de ce que c’est en train de laisser entrer, parce que faire front tous ensemble en tant qu’unité nationale (peut-on encore parler d’unité nationale ?), ça n’a pas duré longtemps. Déjà, je vois apparaître sur facebook des amalgames, des divisions, des messages qui j’espère eux, ne seront jamais à la mode.
  4. A l’étranger (rien que cette expression…!)
    recevant quelques échos du « Je suis Charlie » en France,
    je m’dis que s’il s’était agi d’une action pour réunir,
    à coups d’1 € par participant,
    1 ou 5 millions d’€ pour un Charlie-Hebdo en difficulté,
    c’eût été un joli flop :
    un vague appel à solidarité de plus, réunissant 100 ou 200 donateurs de 10 ou 50 € chacun…
    Or ça, c’eût été une manifestation probante de « Je suis Charlie » !
    Mais c’était impensable AVANT !
    Parce que ‘Charlie exagère, on l’sait bien…’
    et parce que ça ne marche pas comme ça…

    Autre chose :
    les milliers de manifestants eussent mieux fait de s’abonner
    (et pour 10 ans !)
    dès la publication des caricatures :
    ça, oui, c’eût été une réelle contribution,
    sans se laisser prendre comme aujourd’hui dans des enjeux politiques non-maîtrisables !
    Je me trompe ?
    Bon, c’est vrai : dans le budget des ménages du capitalisme,
    à la rubrique ‘indispensable’,
    y a pas de poste « aide à l’information libre »…

    Et, de toute façon, a-ton connu une telle initiative, à ce moment-là ?

    Les bien-pensants influents pensaient peut-être que c’était pas la peine ?
    Que Charlie, c’était Charlie, voire qu’il se créait son problème…
    En tout cas que c’était son affaire, point barre. A chacun ses soucis !

    Les autres organes de presse – qui se régalent aujourd’hui d’un cadavre –
    N’eussent-ils pas été en mesure de faire aboutir un tel appel ?
    On a médiatiquement préféré la pauvre Betancourt…

    Que pleure-t-on donc APRES ?
    D’avoir été inconséquent avant ?

    Pourquoi ce consensus apparemment instinctif
    entre les gens qui descendent dans la rue ?
    Ou plus exactement cette absence de dissensus entre eux ?
    (Si je me trompe, qu’on m’excuse :
    je ne lis, n’écoute, ni regarde les médias français :
    je ne m’informe que via ce que je reçois de correspondants)

    Plus précisément, ma question est :
    pourquoi sur CE truc, et pas sur autre chose ?
    Par nationalisme, parce qu’il y a eu atteinte à l’entité nationale ?
    (qu’on la prenne sous l’angle des « étrangers », de l’« obscurantisme » religieux, de coup porté à l’ « esprit français frondeur »)
    Par peur ? De quoi ?
    Par besoin de crier un vague « Ça ne va pas » ?
    Par…

    Bref, on manifeste on manifeste quoi ? Pour quoi, pourquoi, aujourd’hui ?
    (au-delà de la fameuse « liberté de la presse », si mal en point par ailleurs, mais ça, tout le monde s’en fout !
    Pour qu’il y ait liberté de la presse, il faudrait qu’il y ait liberté de penser.
    Or aujourd’hui, la liberté de la presse c’est la liberté qu’elle prend, elle, d’empêcher de penser, non ?)

    Il faut des Dissidents.
    Pour mieux dire – puisque les esprits de ce début du 21ème siècle sont majoritairement conditionnés religieusement – il faut des Hérétiques.
    Des gens qui ne croient pas que le monde est tel qu’on le leur présente, ni que c’est ça la normalité, et encore moins le seul possible !
    Les morts de Charlie en étaient.
    (Ils auraient publié quoi, d’ailleurs, sur leur actuelle heure de gloire :
    Qu’ils de comprennent pas que soudain, on les honore en masse ?
    Que c’est suspect, ça ?)

    Voilà : parmi les manifestants d’aujourd’hui, où donc se niche l’hérésie ?
    J’aimerais la découvrir…

    henri

    • Je me demande ce qu’ils auraient pensé de cet élan national et quasi religieux, nos amis de Charlie… quel paradoxe…
      La foule, aujourd’hui se mobilise sur de l’émotionnel. Ca peut se comprendre, le principe de la catharsis collective est bien là. Mais malheureusement ça ne mène pas à grand chose…
      • Hello Fanny,

        Bien, ton texte, avec ta conclusion « devenons Charlie » c’est tout à fait l’après vers lequel nous devons aller après la stupeur et la tétanisation qu’un tel acte provoque.
        Cependant, pour ce qui est de mon cas, je suis plutôt tendance agoraphobe, et alors les gens qui se mettent à se réunir autour de « grandes » idées simplistes et bien rassembleuse ce n’est pas mon truc, mais alors pas du tout.
        Mais là, curieusement, je me suis surpris à être touché par ce qui s’est passé au point de trouver nécessaire de me rendre au regroupement prévu à Marseille, pour un peu voir ou imaginer seulement (je ne suis pas dans la tête des gens) que des personnes autour de moi ressentent ce que j’ai ressenti, à savoir se sentir dépassé par ce qui s’est passé.
        Honnêtement je ne m’attendais pas à ce que cela m’affecte autant.

        Pour les mêmes raison que toi je connaissais les dessinateurs assassinés, pour ce qui est de Charlie Hebdo, j’étais loin de l’acheter toutes les semaines. Cependant, je me suis rendu compte du poids « inconscient » qu’a ce journal, à savoir qu’il est « là » et qu’il tenait la barre très haut pour la liberté d’expression. Et j’avoue m’en être un peu contenté, même si j’estime aussi agir à ma mesure (même si ce n’est pas un fin en soi) dans mon boulot ou dans le rapport que j’ai eu avec des jeunes en tant que surveillant ou à d’autres postes.

        Mon sentiment est un peu comme si ces dessinateurs assassinés se retournent, me (nous) regardent et disent « ok, maintenant, à toi ! ».
        Et c’est nécessaire, et un peu flippant.

        Alors bon, oui j’ai changé ma photo de Facebook avec « Je suis Charlie » (en y croyant en plus!) et je me suis rendu au rassemblement, avec ce que j’avais en tête à ce moment là, personnellement. J’y ai retrouvé quelques amis et on a échangé sur le sujet. Et de faire ça m’a fait un bien fou.

        Bonne journée,
        La bise

        • Je comprends tout à fait. Ce n’est pas mon mode de deuil, et je suis bien trop associable pour communier, mais j’imagine ce que cela procure…
          Mais je voulais dire ce « à nous maintenant » si bien exprimé…
        • Effectivement, le plus important dans les temps qui viennent peut s’exprimer par ce « à vous maintenant », que nous lancent Cabu, Charb, Wolinski et tout leur bande.
  5. Moi je pense savoir ce qui a construit ces « monstres » (humains).
    Les trois étaient français il me semble ? Ils ont donc eu droit à la scolarité gratuite et obligatoire en france. Je suis actuellement en L1, et je me rappel que dans toutes les classes de collège, il y avait toujours un groupe, toujours au fond de la classe, qui s’en branlait de ce que disait « l’autre con devant le bureau » car ils ont été exclu je pense, il n’y arrivaient pas, ou n’aimaient pas ce qu’on nous oblige à apprendre en cours. Pourquoi ? Car l’enseignement commence à être flexible à nos demande seulement pour passer le bac, avant on doit avoir un « socle commun » que représente le brevet. Je pense qu’il faut revoir notre système éducatif, car les gens exclu comme ca, c’est eux qui faisaient tourner la drogue dans le lycée, c’est eux qui ne savent même pas qui est Hitler. Car putin je vous jure que ces gens là ils sont pas con ! ils sont débrouillard, juste, ce qui nous est proposé, c’est de la merde. Si je faisais partie de la moyenne en cours, c’était car je voulais que mes parents soient fière, et j’avais peur d’eux aussi xD ça motivait. Mais ceux qui n’ont rien pour les pousser à apprendre bêtement tous les mêmes trucs, ben il décrochent. Si ont garde ces heures d’histoire qui doivent être apprise par coeurs et qu’on arrête d’obliger des gamins à apprendre de la bio ou de la physique ou des maths genre : « x2+5X+1 factorisez cette expression » non désolée, je les comprend de décrocher. Bref garder l’histoire, faire genre si t’as en dessous de 10 en HG c’est éliminatif, comme ça ils sont obligé d’apprendre ça, et le reste les laisser libre de choisir ce qu’il veulent, par exemple informatique pour plus tard, bientôt les guerres seront informatique ! ça pourrait plaire à ces gens. Ou spé sport, car c’est un monde qui prône le respect, lutte pour la paix, c’est beau ! ou spé L ou spé S comme au lycée, mais plus tôt encore voire même spé musique ! l’art, c’est ce qui différencie l’homme des autres animaux, la musique rend humain ! l’art plastique aussi ! bref voilà, faire ca dès le collège pour ceux qui veulent, si non les autres peuvent faire le même milkshake qu’avant, ais s’ils ne veulent pas ils peuvent faire autre chose. C’est une idée. Aussi mettre des profs compétents. Certains comme vous le disiez ne savent pas tenir leur classe, d’autres imposent le respect, ça s’apprend, si le prof se fait marcher dessus ça va pas. Il va devenir désagréable et dégouter des élèves. J’ai moi même fais un blocage en français et anglais à cause de ça, et excellais en maths où j’ai adoré mes profs.
    • Ces élèves dont vous parlez, je les ai connus aussi. Je n’ai pas su les intégrer, parce que le nombre était trop important, parce qu’ils ne savaient parfois qu’à peine lire, alors apprendre un cours… Mais non, ils n’étaient pas bêtes… Le système social et scolaire a favorisé leur exclusion…. C’est ce qu’il faudrait repenser aujourd’hui!
      PS: je savais (à peu près) tenir ma classe, mais un débat, ça fait plus de bruit qu’un exercice de maths! :-)
    • Bonjour,
      Je passe actuellement le concours professeur des écoles. Aussi, je vais réagir à ce que tu as dit. Le systéme actuel en maternelle et primaire privilégie un systéme d’apprentissage où les élèves en difficultés ne sont pas laissés à l’abandon par le professeur. Le bloc commun sert à ce que tous les enfants ont les mêmes bases et une culture commune nécessaire justement à une socialisation et éviter justement l’exclusion. Qu’ils aient les mêmes chances pour la suite! Cependant, les problèmes se situent d’abord et avant tout à la maison. Bon nombre de parents sont démissionnaires pour des raisons diverses et variées. Ils ne s’intéressent pas à l’apprentissage mais juste aux résultats. Les enfants en maternelle qui connaissent déjà des retards dans l’apprentissage de la parole (juste parler, avoir un lexique, dire des choses) sont ceux dont l’entourage familial est la plus négligeante. Si un parent ne parle pas avec son enfant, ou de façon limitée, comment l’enfant va t il commencer son apprentissage? Forcément avec du retard. Je ne dis pas qu’il n’y a que de bons professeurs (dans les deux sens du termes), il y en a aussi qui sont désintéressés ou découragés.
      Au-delà de cela, le respect de la vie et le respect tout court d’ailleurs, ce sont aux parents de leur enseigner. Ce ne sont pas aux professeurs d’éduquer les enfants et le professeur n’a pas à imposer le respect initialement. A l’époque où j’étais élève, il ne me serait jamais venu à l’esprit de répondre ou manquer de respect à un professeur. Ni moi ni même les élèves des établissements que j’ai rencontré. Il y avait bien sûr des élèves « dits difficiles » et ils se limitaient dans leur propos juste une blague (qu’on jugerait bon enfant aujourd’hui). Aujourd’hui, on dit aux professeurs d’imposer le respect alors que c’est une valeur qui devrait être naturelle et les élèves provoquent, insultent, frappent les professeurs jusqu’à les faire craquer sans que ceux-ci aient les moyens de répondre.
      Alors déjà, commençons à la maison d’éduquer nos enfants comme il se doit, dans le respect d’autrui et de la vie, ce sera déjà pas mal.
      • Pardon pour les erreurs que comportent mon message précédent mais je n’ai pas pu les corriger. Ayant envoyer le message trop tôt par mégarde, le site ne permet pas de revenir dessus pour y apporter des modifications.
    • Le système éducatif de l’Education Nationale en France est ce qu’il est … mammouth , dynosaure … mais il a le mérite d’exister ! du haut de vos exigences individualistes et prétentieuses , allez donc demander à un enfant de Madagascar, d’Inde ou d’ Afrique… de dire ce qu’il pense de vos petites considérations blasées et égotiques …
      • Quant aux « je suis Charlie … je ne suis pas Charlie… je deviens Charlie … », c’est EXACTEMENT ce que les auteurs diparus ont toujours fait : laisser chacun s’exprimer , dans toute sa différence, en son âme et conscience !!! pour moi , c’est un FAUX débat .
        • Tout à fait. Beaucoup de mes amis sont Charlie et ça ne me pose aucun problème. Si vous lisez le texte (sans s’arrêter au titre, qui est un slogan raccourci, au même titre que « je suis Charlie »), vous noterez qu’il ne porte pas là dessus.
      • Mais très chère madame, c’est déjà fait, tout au moins pour l’Afrique (et pas en conquistador coopérante…).
        Ceci étant je vous rejoins sur le fait que la responsabilité des pays occidentaux développés est très certainement à envisager dans les événements qui viennent de se passer, selon la même logique de l’exclusion. Je suis restée franco-française, c’est mal (individualiste et prétentieux).
        • Sans doute le fait de vous « gargariser de mots » vous offre-t-il un écran supplémentaire à ressentir simplement … de la peine et à vous l’autoriser !
        • Vous êtes l’archétype du beau -penseur , pseudo -intellectuel , et suffisant … qui trépigne quand on est pas de son avis et jubile aux témoignages sirupeux et flagorneurs … ma foi , avez-vous donc une âme ???
  6. Bonjour Fanny,
    Tiens, moi aussi, j’ai un esprit critique et je suis content que des gens soient là pour nuancer le tout noir-tout blanc, le pouce rouge-pouce vert, que nous balancent les médias à longueur de temps.
    Pour autant, j’ai envie d’épouser ce slogan « JE SUIS CHARLIE » (car c’est un slogan, percutant et simple) justement parce que pour une fois, il nous rassemble. C’est si rare, que je trouve triste qu’on ne puisse même pas s’abandonner aux minces signes de solidarité qui subsistent aujourd’hui.
    « JE SUIS CHARLIE », ce n’est évidemment pas une adhésion massive et irréfléchie à toutes les idées de l’hebdomadaire. C’est plus simple que cela ; il s’agit juste de dire qu’en s’attaquant à Charlie Hebdo, on s’attaque à nous, à notre histoire, à ce qui représente nos libertés à tous.
    Mais je me pose clairement la question : que va devenir cette solidarité spontanée et rassurante dans quelques semaines ? Un renouveau de l’engagement politique ? Je n’y crois pas trop mais, en attendant, je savoure ce qui est sans doute une illusion mais qui me réchauffe le cœur.
    • J’ai eu ce débat sur ce bel élan ailleurs, et je comprends mes amis optimistes qui y adhèrent… Mais d’abord, moi ma tristesse, je n’ai pas forcément envie de la partager (ça c’est sans doute juste ma façon personnelle et intime de vivre le deuil…), et ensuite, il m’inquiète çar il est fondé uniquement sur de l’émotionnel. On me dit que la réflexion viendra, oui, c’est vrai, peut être. Mais il est aussi un moyen aujourd’hui de ne pas penser, et de se dédouaner des responsabilités de chacun, notamment sur ce non-engagement politique. Quand on aura beaucoup pleuré, il restera la mélancolie, et pas sûre que ça ne génèrera pas au contraire une amertume et un repli individualiste ou communautaire (j’utilise ce terme pour toutes les communautés, y compris celle des intellectuels de gauche…) encore plus fort…
  7. Ben, moi, oui, je le suis. Désolé. C’est une réaction spontanée, émotionnelle assurément, mais cathartique aussi. Nationale et internationale même. À en croire certains posts ou articles, va bientôt falloir se justifier, s’en excuser.
    Pour excuser mon geste, ô combien blasphématoire (changer ma photo de profil FB, la belle affaire), je dirais que je suis choqué. Non, je ne suis pas le seul manifestement. C’est très égocentrique de ma part de changer ainsi ma photo de profil FB, mais j’assume. Certes, personne n’est dupe : ce slogan si médiatique va être récupéré, dévoyé, détourné et c’est même déjà le cas. Peut-on au moins se laisser le temps d’une certaine candeur ? Est-on obligé de porter un jugement sur les larmes d’autrui ?
    Bien plus que l’atteinte à liberté d’expression, ce sont les faits qui me révoltent. Tuer des gens à la kalach’ en plein Paris ? Sérieusement ? On en est là ? C’est possible ailleurs que dans la fiction ? C’est réel ? Les cyniques me rétorqueront que l’ex-Yougoslavie n’était qu’à 2h de Paris. Et alors ? Si la compassion est un luxe en temps de guerre, le cynisme l’est tout autant. Mais quand même, je ne peux m’empêcher d’être choqué. Atterré. Bouleversé. Ce qu’on essaie d’inculquer aux gamins par notre comportement d’animateur, d’éducateur ou tout simplement d’adulte est balayé par une meute de barbares, en bas de chez nous. Qu’on soit « de gauche », donc humaniste je présume, « intellectuel » car sans être nécessairement intelligent on ne s’empêche pas de réfléchir, on ne peut être qu’atteint. Ébranlé.
    Pour revenir sur les 2-3 débiles du fond qui mettent la zone en cours, sachez qu’ils remplissent un rôle eux-aussi. Dans un groupe, il y a toujours un petit pourcentage qui se doit de contredire, de s’opposer. Tout comme Charlie Hebdo pouvait le faire dans la masse médiatique française. Tout comme les abrutis justifiant leurs crimes au nom d’Allah parmi les musulmans. Tout comme les baveux qui vont se servir de cette atrocité pour justifier leur discours en surfant sur la vague (Sarko, Marine, Zemmour, on pense fort à vous). Tout comme il y a toujours des résistances à l’apparition d’un mouvement national. National au sens premier, hein, pas celui réquisitionné par les chemises brunes du FN.
    J’ai beau préféré le « Chant des partisans » et la chanson « Bleu blanc rouge » de Raggasonic à la « Marseillaise », je me sens intimement français (au sens large) depuis hier. La France de Voltaire, de Coluche, de NTM, de Noir Désir, d’Harlem Désir, de Zebda, de Sartre, de Renaud, de l’Humanité, du grand Duduche, de Piaf…
    Je suis français, je suis Paris, je suis breton, je suis aussi portugais, je suis bordelais, je suis européen, je suis juif, chrétien, musulman et athée à la fois, je suis attristé, je suis apeuré, je suis désorienté, je suis triste, je suis contre la violence, je suis choqué, je suis citoyen du monde, je suis révolté, je suis bien peu de chose en somme et je suis aussi Charlie. Et si ça vous gêne, je vous em…de !
    • Le risque du tout émotionnel, et votre réaction est à ce titre très symbolique, est qu’il conduit nécessairement à une certaine forme de violence et d’agressivité, et inhibe quelque peu la capacité à réfléchir, voire à lire correctement un texte de quelques lignes…
      Bref, moi je n’emmerde personne….
  8. Je comprends ce point de vue mais il me paraît très élitiste et hypocrite face a une réalité que je vous tous les jours et dont la violence de la bêtise aboutit a cette actualité. Je vous invite a prendre le rer a, comme moi pour aller TRAVAILLER et voir la réalité des comportements d’un certain « tissu social » pour employer votre langage politiquement correct de prof. Vous avez le droit de ne pas être solidaire mais l’article est le contraire d’une position a contre courant : c’est le reflet du conformisme intellectuel laxiste
    • Hum, aux dernières nouvelles, je crois que « professeur », c’est encore un métier. Peut-être pas le vôtre, mais un travail tout de même. Et qui dit « travail dans un collège de ZEP », sous-entend d’être confronté bien plus directement à la « réalité » que le simple fait de prendre place dans un RER…
      • Je suis bien d’accord… Comme quoi cette solidarité recouvre bien des compréhensions différentes… Elle est douce à l’oreille, certes, mais… vigilance…
  9. Si vous voulez… Je ne cherche de toute façon pas à être à contre-courant, juste à avancer… Et je ne suis plus prof, mais il faut lire tout le texte pour le comprendre.
  10. Je trouve cet article plutôt intéressant, plus proche de ce que je pense que beaucoup d’autres sur le sujet. Cependant il me donne une impression de demi message, comme si on avait un peu peur d’aller jusqu’au bout de notre pensée, comme si quelque chose refusait de sortir, pour ne pas faire tache au milieu de cette si rare « unité nationale ». A part cette impression un peu dérangeante j’apprécie cette expression d’un avis différent, si ce n’est encore l’expression « je suis une intellectuelle […] » pour des raisons qui me semblent évidentes. (je ne pensais pas que des gens utilisant ce type de déclaration puissent se dire de gauche, mais passons). Bref, une bonne journée et une bonne continuation.
    • C’est en quelque sorte un garde-fou pour ne pas être accusée de fascisme… Et peut être que je ne vais pas jusqu’au bout, mais… ceci est un espace semi-public…
  11. Coucou ça faisait longtemps..
    moi si je suis Charlie c’est pcq je ressens ces assassinats comme une atteinte à notre liberté de pensée et à notre mode de vie… pcq j’ai envie qu’on arrive à mettre un vrai terme à ces guerres idéologiques qui menacent clairement la qualité de vie de nos enfants… je n’ai pas été baignée dans l’univers des caricatures, j’en connais peu d’ailleurs, mais mourir pour des dessins, quels qu’ils soient, ce n’est pas entendable…
    Mon métier fait que je ris parfois de choses dont on ne peut pas rire… pas celles là, mais d’autres… c’est une forme de protection, de rire de tout… et c’est une attaque à cette protection que l’on vient de subir…
    • :-) tout ce que j’ai toujours voulu…!
      Mais pour répondre à ton message, pour moi ce n’est pas une guerre. C’est l’expression d’un délitement social et culturel…
  12. Et oui, notre génération, élevé au Hara Kiri, aux Nuls, aux Coluche, Desproges et tant d’autres, nous les avons laissé porter ces combats.
    Ils étaient notre caution morale, se battaient à notre place, nous pouvions dormir tranquille…
    … Nous nous sommes indignés, jamais révolté.

    Devenons Charlie.

  13. A un période où tout le monde criez (à juste titre) que nous vivons dans une société individualiste, ou l’argent & la ramification sont rois, je trouve au contraire que cette union autour de ce qui s’est passé est formidable. Les gens, la France dans tout son ensemble sont debout et montre que rien ne pourra affecter nos valeurs essentielles, telle que la liberté d’expression. Morts pour un coup de crayon? Non. Morts parce que de confession religieuses différentes? Non plus. On s’uni enfin même si c’est dans un triste moment. Et il faut que ça continue dans le futur. Que ce ne soit pas une unité d’émotion liée à la douleur. Nous sommes tous Charlie.
  14. Vous vous sentez coupable d’une chose auquel on maîtrise vraiment rien, les islamistes radicaux ont une vision complètement différente du monde, il n’est pas question d’intégration pour eux, ce qu’ils veulent c’est la guerre. Ils veulent une seule et même idéologie dans le monde. C’est pour ça que malheureusement le drame qui est arrivé va continuer et ne touchera pas forcément la prochaine fois la liberté de la presse mais pire encore … qui sait des enfants ? un lieu public ? c’était obligé que ça arrive chez nous, ça touche tous les pays occidentaux, les gens sont choqués, je suis choquée par l’acte de barbarie, parce que c’est violent mais en même tant je ne suis pas surprise. Bien qu’il est clair que nous pouvons encore faire des efforts dans l’intégration des différentes cultures dans notre société, pour moi ce sont deux choses différentes. Il y aura toujours, et ce quoique nous fassions, des personnes qui voit le monde différemment dans le mauvais sens du terme, je suis pas sûre que l’intégration soit lié, peut être un peu mais il n’y a pas que ça. Il y a pleins de facteurs qui rentre en compte. Et des fois, on a beau faire tous ce qui faut pour que ça fonctionne et ça ne fonctionnera pas pour autant. C’est peut être une vision pessimiste ce n’était pas le but mais c’est la réalité à mon grand regret … Il se passe des choses bien plus horrible pas très loin de chez nous, des catholiques se font massacrés, des femmes violées, vendues, des petites filles mariées de force et personne ne se rassemble pour ça. Je suis triste parc que c’est horrible ce qui viens d’arriver et que ça nous fait prendre conscience que le monde est pas tous beau tous gentil, qu’on s’est attaqué à la liberté de la presse, et que de plus, assassiner des gens à coup de mitraillettes c’est barbare, c’est violent.
      • Pour moi, voici la premiere personne qui a une reelle ouverture d’esprit.
        Pardonnez moi, mais il faut arreter de croire que l’on peut changer les gens (apparemment dans ce debat par l’éducation). Certes nous aurons toujours des choses a ameliorer. Mais comme le precise Manon, on ne peut pas lutter contre les choix d’une personne. A moins de l’enfermer a vie ou voir la peine de mort (ce qui est tres radical quand meme). Il est tres facile de pointer du doigt comme je lái beaucoup lu sur ce site, les gens du fond de la classe, blablabla. J’en faisais parti, et cést pas pour ca que je suis un barbare qui prepare un attentat, il y a beaucoup damalgame dans vos propos. Essayer de comprendre que lón vit dans une societe ou tout est ACCESSIBLE, vous connaissez tous l’expression « Quand on veut, on peut ! » Ces personnes ont déliberemment choisi de comettre un crime, arretons la. Parler de probleme dintegration … reviens a trouver des excuses ou des causes a des faits qui ne dependent que de leurs choix. Vous parlez déducation nationale, mais vous pourriez trouver plein dáutres raisons, pourquoi pas blamer les parents par exemple, ou bien encore la nourrice qui a oublier de donner le gouter de 4h. arretez svp. Personne nést assez bien placer pour determiner les causes de leurs actes.
        Je ne suis pas intellectuel comme beaucoup dentre vous le pretendent.
        Je ne suis pas non plus vraiment choquer de ce qui est arriver. Shit happens. Pourquoi les attentats ou meurtres sárreteraient a nos frontieres ???? 12 morts mais combien en Syrie, combien crevent de faim chaque jour.

        Et sur le fait que le soutien envers Charlie hebdo est populaire, libre a chacun de léxprimer comme il le souhaite. Cést apres tout typiquement francais de scander en masse ce qui derange.

        Je pense simplement quil y a des problemes beaucoup plus importants ou l’on y prete guere attention, car l’individualisme l’emporte. Pour moi, voici la premiere personne qui a une reelle ouverture d’esprit.
        Pardonnez moi, mais il faut arreter de croire que l’on peut changer les gens (apparemment dans ce debat par l’éducation). Certes nous aurons toujours des choses a ameliorer. Mais comme le precise Manon, on ne peut pas lutter contre les choix d’une personne. A moins de l’enfermer a vie ou voir la peine de mort (ce qui est tres radical quand meme). Il est tres facile de pointer du doigt comme je lái beaucoup lu sur ce site, les gens du fond de la classe, blablabla. J’en faisais parti, et cést pas pour ca que je suis un barbare qui prepare un attentat, il y a beaucoup damalgame dans vos propos. Essayer de comprendre que lón vit dans une societe ou tout est ACCESSIBLE, vous connaissez tous l’expression « Quand on veut, on peut ! » Ces personnes ont déliberemment choisi de comettre un crime, arretons la. Parler de probleme dintegration … reviens a trouver des excuses ou des causes a des faits qui ne dependent que de leurs choix. Vous parlez déducation nationale, mais vous pourriez trouver plein dáutres raisons, pourquoi pas blamer les parents par exemple, ou bien encore la nourrice qui a oublier de donner le gouter de 4h. arretez svp. Personne nést assez bien placer pour determiner les causes de leurs actes.
        Je ne suis pas intellectuel comme beaucoup dentre vous le pretendent.
        Je ne suis pas non plus vraiment choquer de ce qui est arriver. Shit happens. Pourquoi les attentats ou meurtres sárreteraient a nos frontieres ???? 12 morts mais combien en Syrie, combien crevent de faim chaque jour.

        Et sur le fait que le soutien envers Charlie hebdo est populaire, libre a chacun de léxprimer comme il le souhaite. Cést apres tout typiquement francais de scander en masse ce qui derange.

        Je pense simplement quil y a des problemes beaucoup plus importants ou l’on y prete guere attention, car l’individualisme l’emporte.
        C’est la pour moi la source de notre probleme dans cette societe, mais encore une fois, je n’irai pas jusqu’a dire que c’est la cause de l’attentat.

  15. Profondément d’accord après avoir lu… ce n’est pas superficiel… il y a beaucoup à faire… presque tout changer et depuis le tout jeune âge, surtout « tous au BAC »…
  16. Bonjour Fanny,

    Simple question, comment arrivez-vous assumer votre rejet « d’une communion collective » et déplorer l’instant d’après de ne rien faire, déplorer « l’entre-soit »..?

    La position est stérile ; félicitons-nous que des dizaines de milliers de français n’aient pas ressenti cet orgueil mal placé et se soient réunis dans la rue ou aient même partagé une photo sur Facebook, malgré le ridicule et la niaiserie ambiante.

    D’ailleurs, vous seriez-vous contenter du manque d’action collective ? Je suis prêt à parier que si personne n’avait réagi, votre article aurait porté sur l’absence éhontée d’une « communion collective et mémorielle. »

    C’est utile d’avoir un esprit de contradiction, encore faut-il savoir prendre les bonnes (utiles) positions. :)

    • Si vous lisez le texte, Vincent, vous verrez que je ne rejette pas la communion collective et que je ne prône en aucun cas l’entre-soi (c’est en fait tout l’inverse).
      En quoi manifester dans la rue et allumer une bougie est-elle une action utile, à part se donner bonne conscience?
      Action publique, quelle qu’elle soit, voilà ce que je prône. Ce n’est pas de l’esprit de contradiction, c’est de l’engagement citoyen, pas du pathos mémoriel…
      • J’ai écrit que vous déploriez les deux :)

        Des actions de solidarités comme il y en a eu sont primordiales et non-negociables. Manifester dans la rue et allumer une bougie vous apparait vains, je vous prie de mieux y réfléchir. De tels événements, massivement relayés par les médias, ont un impact considérables sur l’esprit des gens.

        Encore une fois, avez-vous considéré l’absence totale de tels événements ? Pouvez-vous imaginer l’impact (bien pire) qu’auraient entraîné l’absence totale de cierges allumées sur les places publiques ?

        Une marche de solidarité, c’est la même chose que défiler dans la rue quand son équipe de foot sort victorieuse. Vous n’y voyez peut-être pas l’utilité, mais je vous prie de bien vouloir croire que la rue reste le meilleur endroit pour unir les gens.

  17. Je suis Charlie par reflex en réponse à l’ agression de mes idéaux. Je souhaite qu’une fois le choc passé, s’engage une réflexion. Je travaille dans un centre social au coeur d’une Zep. Le coeur de la ZEP que j’entend battre chaque jour en animant une bibliothèque dans la rue. Tous les barbus ne sont pas des abrutis, toutes les femmes voilées ne sont pas muettes, tous les vieux ne sont pas obtus et tous les jeunes mêmes ceux qui tiennent les murs ne sont pas des monstres en puissance. Ce sont souvent des gens bléssés par la stigmatisation, des gens cassée par une société qui se donne pour seul dieu, pour seul maître l’argent. Une société de consommation ou le temps de cerveau disponible est offert à Coca Cola ou l’on est un minable si on a pas une Rolex après 50ans. Une société où on entasse 30 élèves dans des classes. Où l’on demande au maître, d’être l’instit comme à la tv. Qui sous sa cape de superman se ballade avec ses diplômes de psy, éducateur, plombier chauffagiste. Si les décideurs descendent dans la rue,pour une manifestation républicaine mais qu’ils y reste un peu pour la vivre la république. Qu’il sortent de leurs voitures avec chauffeurs et qu’ils vivent avec le rsa ou qu’ils viennent animer les centre sociaux . Qu’ils soient bénévoles dans les ateliers d’alphabétisation, dans les ateliers après la classe. Pour de vrai, pas juste devant la caméra. Laissons la caméras au comédiens… quoique la politique aujourd’hui mes semble être un triste ciné.
    Moi qui entend battre le coeur des humains qui m’entourent, je me rends compte des couacs, des arrêts, des suspens, mais malgré cela je perçoit une belle envie d’unissons pour rendre la vie plus harmonieuse. Nathalie
    • Tout à fait… Si je ne souhaite pas partager la communion collective parce que ma conception du deuil est plus intimiste, je ne pense, moi, qu’à la suite…
  18. je partage en de nombreux points votre profonde reflexion qui, en ces jours, est importante. Mais je ne sais pas… Je me questionne et m’interroge. Moi aussi, fils de lecteurs de Hara Kiri, de Charlie, du Canard, de deux intellectuels de gauche dont l’une a fait partie du groupe qui a lancé mai 68 et a toujours continuée jusqu’à maintenant, même si l’âge la rattrapant, elle s’est quand même bâtie un nid douillet où elle pleure aujourd’hui la mort de ses amis, mais aussi,peut être d’une époque… Que, de mon point de vue, je vois mourir depuis bien des années déjà. Est-ce un mal ? Est-ce que la réponse est forcément dans l’engagement politique ? Ou dans ce foyer que vous avez construit avec vos enfants où vous les écoutez vous apprendre ce monde nouveau que nous ne connaissons pas. Peut-être qu’ici s’annonce la fin d’une tempête qui dure depuis trente ans et que nous réveillerons dans quelques jours, quelques mois et regarderont autour en découvrant un monde que nous n’avons pas vu se construire, parce que nous étions pris par les concepts de nos parents. Le monde change. Instant apres instant. Et c’est peut-être ça la merveille. En tout cas, vu vos mots, vous êtes belle. Et sûr que votre entourage s’en nourrit et grandit. Vigilance, humilité et confiance. 😉
    • Oh, merci, c’est extrêmement touchant. Je ne parle pas seulement d’engagement politique, je pense qu’il faut maintenant dépasser la politique et redonner du sens à la citoyenneté… En dépassant les institutions, même si j’ai du mal à envisager les formes (partenariats, associations…)
      • Association, solidarité et réflexions, si avec ça nous n’ arrivons pas à avancer, c’est qu’on est déjà en miettes au bas de la falaise .Ou que l’on porte des oeillères. Hier j’ai vue des enfants sourirent en entendants que nous avions tous été émus ,en colère et que tous les adultes qui les entouraient à l’écoles, au centre social dans leur familles étaient solidaires et bienveillants pour continuer de les protéger et de les accompagner dans une vie ou ils seront libres d’êtres eux mêmes. Pour garder la lumière allumée, il ne faut pas négliger les électriciens. Contre l’obscurantisme, la république doit soutenir tous ceux qui professionnels ou bénévoles accompagne les enfants vers le libre arbitre, vers la citoyenneté. Donner les moyens d’apprendre donner les moyens d’enseigner. A qui profite l’inculture?
      • Bonjour Fanny,
        J’ai lu la plupart des commentaires relatifs à votre post, que personnellement j’ai beaucoup apprécié,
        et je m’amuse de constater deux choses:
        – l’agressivité de certaines réponses, s’agissant de personnes qui , en tant que « Charlie » défendent la liberté d’expression.
        – a lire ce que vous avez écrit, et à lire leurs réponses, je me demande si ces gens sont simplement capables de lire un texte avant d’y répondre.
        Bien à vous,
        Pierre-André Mollaret
  19. Moi je suis charlie, tu sais, et du fond du coeur. On a besoin d’une union nationale qui irait au delà des différences sociétales. Etre Charlie c’est être ensemble contre l’obscurantisme, contre la peur aussi, et contre la haine de l’autre surtout ( et c’est ça qui nous guette)
  20. Certes, tout cela est très juste, mais personnellement, j’affirme ETRE CHARLIE. Tous les jours dans ma classe (ZEP, sensible…) j’ouvre la discussion sur la tolérance, l’esprit critique, la contestation, l’humour sur tous les sujets, la réflexion sur le fait religieux, les échanges sont vifs, mais des années après, les élèves que je revois ont tous bénéficié de ce travail, et de celui de mes collègues, sur la même longueur d’onde. Je crois qu’il faut continuer à parler, à s’exprimer, en société et en privé, à manifester, à militer… à agir ! C’est cela notre force ! Il faut y croire ! Critique, action, engagement : NOUS SOMMES CHARLIE !!! Le pire serait de douter et baisser les bras…
    • Je ne pense pas que la majorité soit Charlie, mais oui, c’est ce militantisme que je veux réveiller. Allumer des bougies et faire des selfies en larme, c’est pas du militantisme…
  21. Justement je recherche des bouquins (je ne sais si ils existent) sur les différents modèles d’intégration des immigrés / réfugiés… de 60’s à nos jours en Europe. Si tu as des conseils, je suis preneuse !
    Aurais tu une adresse sur laquelle nous pouvons te contacter ?
    Merci beaucoup pour élargir le débat et pour ce genre de réflexions.
    • Un livre: Il n’y a pas si longtemps ( très bien fait sur l’évolution de la société). je ne l’ai pas sous la main je ne sais plus l’auteur mais a trouver surement sur le cite Livre passerelles.)
    • Bonjour, il y a tout le formidable travail de Gérard Noiriel:
      http://fr.wikipedia.org/wiki/Gérard_Noiriel
      Je ne suis plus prof d’histoire géo depuis 2010, alors je ne fais plus de veille sur le sujet, et je ne crois pas que Noiriel ait publié depuis l’échec de la cité de l’immigration au début du mandat de Sarkozy, qui l’a beaucoup affecté (et qui est un sacré symbole aujourd’hui, soit dit en passant…)
  22. Merci Fanny pour vos mots qui résonnent aussi très fort dans les méandres de mes émotions et de mes pensées.
    Ce réveil soudain et comme toujours bien trop tardif de nos consciences endormies par tant de douçâtreté à vomir…
    Je me sens humiliée par ma propre bêtise et j’ai furieusement envie de comprendre, de lire, t’entendre, de chercher, de penser ! Merci pour ces échanges à lire. Il faut nous nourrir de ça, des vraies questions, des vrais débats, hors du tumulte compatissant qui empêche de réfléchir. Je ne m’entends plus ! Il faut en découdre avec notre pensée. Il faut se lever. Du haut de mes petites 34 années, je suis mère d’une petite fille de 5 ans que oui, j’ai envie de protéger, parfois d’horriblement mettre sous cloche loin de cette haine et de cette violence… Aujourd’hui, seulement, je me rends tellement compte de la vraie urgence… Au panier les discours tout fait ! Ils n’ont servi à rien ! Il faut remballer les cassettes, pas besoin de des rembobiner. Je pense qu’il est profondément question de comprendre le monde dans lequel ma fille va grandir.
    Bref… Je voulais simplement vous remercier d’avoir réussi à mettre ces mots.
  23. merci fanny ! je me suis sentie si seule à répéter qu’on enterrait une deuxième fois Charlie quand les cloches des églises sonnaient hier à midi ! et puis l’émotion, les pleurnicheries médiatiques empêchent l’essentiel : PENSER !
    car désormais, il va falloir l’affronter ce danger.
    pour nourrit la réflexion , cet article en partage ( mais qui prendra le temps de le lire ?c’est plus rapide d’allumer une bougie) : http://www.cafepedagogique.net/lexpresso/Pages/2015/01/07012015Article635562107563364260.aspx
    • Merci beaucoup Céline pour ce très beau lien. je suis encore abonnée au café pédagogique bien que je ne sois plus prof, mais je n’ai plus le temps de lire. Cet article va quand même je pense me servir, pour des projets autres que j’espère constructifs!
  24. Merci de ce partage sincère qui parle aussi de mes interrogations sur l a-venir .
    Je me permet de le poster sur ma page.
    Bonne suite
  25. Petit à petit je lis de plus en plus de gens dire « Je ne suis pas Charlie », une envie de se distinguer de la masse en montrant qu’on intellectualise plus que la populace perdue dans ses larmes? Je comprends bien ce texte et à vraie dire je l’approuve sur bien des points, il est possible également que certains adhèrent au mouvement pensant que c’est la dernière tendance mais sans bien comprendre les enjeux ou encore que d’autres se laissent avoir par le jeux des politiciens. Pour ma part quand je vois quelqu’un partager l’image « Je suis Charlie », je pense en premier lieu qu’il s’agit de quelqu’un de touché, de choqué et qui veut montrer à son faible niveau son soutien. Non, tous ceux qui disent aujourd’hui « Je suis Charlie » n’ont pas forcément aidé le journal à l’époque, ne l’ont pas aidé ni financièrement ni de leur voix. Moi non plus d’ailleurs, pour ça je ressens un peu d’hypocrisie de ma part mais mieux vaut tard que jamais. Et après tout dire « Je suis Charlie » ne signifie pas « j’approuve ce que disait ce journal » mais tout simplement « Il avait le droit de le dire ». Il est bien triste d’en arriver là pour se rappeler qu’il faut défendre nos libertés, mais encore une fois mieux vaut tard que jamais. Vous faites seuls le rapprochement de l’union à la communion et donc la religion. Les croyants adressent surement leur prières mais les manifestations organisées publiquement sont laïques et juste un symbole de solidarité. Montrer que les français n’acceptent pas la barbarie et ne se laisseront pas museler même si cela dure le temps de l’émotion, même si la majorité ne mènera pas ce combat à long terme, c’est déjà ça. Les rassemblements d’émotion me semblent normaux de la part d’être humains dotés de sensibilité.
    Évidemment que cet événement amènera à des réflexions, des débats et j’ose l’espérer des débuts de solutions. Mais c’est tout frais, les cœurs palpitent encore sous le choc et pour ceux qui disent que cet élan de compassion les empêche de penser… excusez-moi mais dénigrer les émotions de certains pour saluer votre intelligence et votre capacité à analyser n’aide pas franchement non plus. Mais enfin si jamais les pensées que vous aurez eu au cours de ces 3 jours sauvent l’humanité, pendant que d’autres « pauvres faibles ignares » pleurnichaient sur leur sort, alors je retirerai mes propos.
    A défaut d’être tous Charlie, nous sommes tous touchés à notre manière. Que l’on fasse le choix de pleurer, prier, écrire, se rassembler ou penser, peu importe mais ne jugeons pas la façon dont chacun surmonte l’épreuve.
    • Absolument pas d’envie de se distinguer, juste d’exprimer ce que je pense.
      Je me situe « intellectuelle », c’est certes un peu présomptueux: c’est surtout pour que mes mots ne soient pas lus sous la focale « fasciste »… Je respecte toutes les convictions politiques, c’est juste pour situer le contexte.
      J’ai lu Charlie, j’ai soutenu Charlie et je n’ai pas la prétention de me dire Charlie. Ma seule « prétention » est de militer pour une autre société: pas juste le dire, agir…
  26. #jenesuispascharlie, pour le coup, c’est vrai que ça fait états d’âme d’intellectuels de gauche :) #je suischarlie comme un besoin de vivre ensemble, comme un élan d’humanité, c’est mieux que … que quoi ? quelle proposition derrière #jenesuispascharlie ? Bien sûr qu’il faut qu’on réfléchisse, qu’on agisse, qu’on ne subisse rien, qu’on continue, qu’on commence à débattre, qu’on se mette enfin à imaginer et à faire. Mais commencer par la négation ? « Je NE suis PAS Charlie », really ?…
    Je préfère la marée déferlante de douleurs individuelles, rationnelles et irrationnelles, contradictoires, parfois déplacées, touchantes et agaçantes, bref, fondamentalement humaines, rassemblées derrière #jesuischarlie, au refus d’être associé à ce « mouvement », de participer aux rassemblements, sous prétexte de défendre son individualité précieuse et de ne pas se fondre dans la masse. Moi, j’ai besoin de chaleur. Nous avons compris que vous ne vous identifiez pas avec le discours de Charlie Hebdo, ni les idées de ses victimes. Moi non plus, pas vraiment. Et je sens qu’aujourd’hui ce n’est pas vraiment la question. L’intellectualisation frileuse de #jesuischarlie n’atteint pas l’essentiel. Aujourd’hui, du fond de mes tripes, qui que je sois et quoi que je pense, #jesuischarlie. Et heureusement.
  27. Après lecture de ce post et des nombreux commentaires qui suivent, je re-affirme « je suis Charlie ». Et cela non pas parce que je lisais Charlie régulièrement, ou parce que ces dessinateurs m’ont fait rire presque à chaque fois, mais car j’ai à coeur d’être et de vivre dans un pays où l’on peut s’exprimer librement quelques soit ses idées. Oui ces mecs là on eu les « couilles » d’exprimer de nombreuses opinions qu’il n’est pas toujours facile d’assumer et c’est pour cela qu’ils sont douze à être morts mercredi.
    Je suis prof aussi et j’ai vu les réactions de certains élèves hier au moment de la minute de silence, certains refusantd’y participer car ils entendent certaines choses à la maison (du genre « ils l’ont bien mérité »), alors oui il a, il y avait même déjà urgence à réfléchir avec ces jeunes là sur les valeurs de république française.
    Enfin ce mouvement derrière Charlie va être repris, va servir à des amalgames mais j’espère que ça va être aussi le départ d’une vraie réflexion citoyenne sur la liberté d’expression et d’opinion. Et je me dis que même si Charb, Cabu, Tignous, Wolinski, Honoré, Bernard et les 6 autres se disent peut-être que « c’est dur d’être aimés par des cons », et bien que ce mouvement populaire qui est né suite à leur assassinat fera un électrochoc de la conscience collective. Trop tard disent les pessimistes, je décide de mon coté d’y voir un élan populaire qui pourra se transformer en quelque chose de positif.
    Alors oui je suis Charlie aujourd’hui et chacun a le droit de l’être ou non.
    • Absolument. Si vous lisez attentivement, je ne dis rien sur ceux qui « sont Charlie ». La grande majorité de mes amis est Charlie, je respecte leur position, ils respectent la mienne…
  28. C’est la mode d’être Charlie, ça devient une mode de ne pas l’être… et si on laissait simplement parler nos émotions au lieu de jouer à qui pisse le plus loin ?
    Qu’on soit Charlie ou pas ne change rien aux faits, malheureusement. Certains ont besoin de faire leur deuil, d’autres non. Réfléchissons plutôt à ce qu’il nous reste à faire, maintenant.
    • Ce n’est pas une question de mode et encore moins de concours de pisse. D’ailleurs, moi, je suis une fille, j’ai pas beaucoup de chance de gagner à ce genre de concours.
      Je dis juste que mettre des bougies sur sa fenêtre, ça fait peut être du bien, mais c’est pas bien utile…
  29. Après lu et relu ton monologue des plus intéressants, je pense que nous devons effectivement penser à la suite. Il est peut être temps que nous quittions nos oeillères et que l’on ouvrions les yeux sur le monde qui nous entoure. Mais je crains que l’Homme préfère regarder et protéger son petit monde narcissique.

    Pour se plaindre et maugréer, on est les Dieux, mais pour ce qui est de s’unir pour défendre et rebâtir une société ou chacun serait vraiment libre et égaux de droit, on peut se compter sur les doigts d’une main.

    Diviser pour mieux régner, une devise que nos chers politiques ont bien su appliquer depuis trop d’années.

    Peut être ne sommes nous pas encore assez au fond du gouffre pour enfin oser relever la tête avec fierté tous ensemble.

    • Ben justement, moi, je me sens bien dans le gouffre là, suffisamment pour avoir envie de bâtir… Si ça pouvait être juste le sens de ce petit message: ne pas se contenter de mettre une photo sur son mur FB et des bougies sur sa fenêtre…
  30. Bonsoir Fanny,

    merci pour ton texte et ton opinion, que je ne partage cependant pas. Contrairement à toi, je n’ai jamais lu Charlie, ni même été vraiment sensible à des caricatures résolument provocatrices. Alors en réaction à ce que j’ai lu dans un commentaire : non, je n’aurais pas pris d’abonnement chez Charlie Hebdo, puisque ce n’est pas un journal qu’il me plait de lire.

    Mais aujourd’hui, je suis Charlie, je suis Française, et je suis Européenne. J’habite en Allemagne, suis les actualités avec attention depuis 2 jours et ai participé au rassemblement « Brême est Charlie » de cet après-midi.
    Car outre les 12 morts, nous sommes des milliers de victimes : ceux qui croient en la République et en ses fondements, et notamment en la liberté d’expression.

    Le terme de « solidarité cathartique émergente » que tu as employée me rend triste, car le pessimisme dont elle est dotée va à l’encontre de mes pensées. Il ne s’agit ici, d’après moi, non pas de solidarité, mais de libre expression des Hommes et Femmes qui, comme moi, comme nous, ont été touchés dans leur liberté. Si tu voyais les rassemblements qui se déroulent en ce moment à l’étranger, tu comprendrais.

    Peu à peu, avec le temps, je sens le soulagement, puis la joie, remplacer en moi la tristesse des derniers jours : Ils voulaient mettre la liberté à genoux, ils l’ont mise debout !

    Alors j’espère de tout mon coeur que tu te trompes, et que le grand rassemblement de dimanche renforcera la République et ne sera pas animé par un élan de mode.

    Avec tout mon optimisme et mes espoirs,
    Astrid

    • Merci beaucoup Astrid pour ces mots: ils me rassurent. Quelqu’un qui n’est pas d’accord avec moi et qui le dit sincèrement, sans animosité, avec humanité. Je crois que c’est le message qui me fait le plus plaisir (même s’il ne me fait pas changer d’avis sur l’émotionnel qui sclérose la pensée), car il me donne beaucoup d’espoir sur la capacité de cette société à évoluer…
  31. Le choc et la tristesse étaient tels qu’immédiatement je me suis sentie Charlie. Et je suis Charlie. Mais je suis aussi vos 4 derniers paragraphes. Je pense aussi que nous sommes responsables de ces monstres. Il y a longtemps déjà que j’ai identifié « l’entre-soi » comme un redoutable ennemi, que je combats autant que je peux. Après l’émotion, vient le temps de la réflexion, de l’échange, du partage. Et de la reprise en main de notre citoyenneté pour construire une société de liberté, fraternelle et solidaire. Merci de votre texte et au plaisir de vous lire.
  32. Le rassemblement, en ce qui me concerne, procède du deuil. Je me dois de faire la démarche pour entamer ce processus. Deuil de ma jeunesse, deuil de ces personnes qui par leur dessins m’ont accompagné si souvent. Dans le rassemblement j’acte leur mort… après je penserai à la suite. Mais je ressens aussi cette boucherie comme une atteinte à ma liberté de pensée, une atteinte à ma citoyenneté (c’est difficile les mots), à ma France aussi… Mais je vous comprends.
    Bonne soirée
  33. Merci Astrid pour ce commentaire, qui résume mon sentiment parfaitement.

    Dans mon pays, la France, on peut aujourd’hui mourir pour ses idées. C’est impensable, et c’est cela qui me fait dire « Je suis Charlie ». Si on a tué des dessinateurs pour leurs caricatures, parce qu’ils dérangeaient par leurs idées alors moi, nous tous, pouvons être tués pour nos idées. Nous sommes donc des Charlies. A une époque, des français sont morts pour défendre notre liberté. Ils ont payé très cher pour nous puissions être libres et nous, nous l’avons appris dans nos livres d’histoire. Je pense que c’est notre héritage « culturel » qui parle à travers notre soulèvement, notre envie de faire front contre l’obscurantisme. Nous savons que notre liberté a été chèrement acquise, et qu’elle doit être défendue.
    Je ne pense pas qu’il s’agisse d’une mode car la mode ne vient pas du fond du coeur.
    Le rapprochement avec le 11 septembre, personnellement, je l’ai fait rapidement. Toucher les USA au coeur de leur économie comme en 2001 était tout aussi emblématique que toucher les français dans leur liberté d’expression. Les 2 attentats ont attaqué un symbole national.
    Bref… Je suis pas d’accord avec toi! Mais je me battrais pour que tu puisses t’exprimer! Car toi aussi, pour moi, tu es Charlie 😉
    Enfin, fais ce que tu veux, sens toi libre de ne pas être Charlie. Il faut juste être raccord avec ses sentiments, sans quoi oui, ce serait juste « pour faire comme tout le monde » et dénué de sens…

  34. Etre charlie ou ne pas etre cela n’est pas la question, la question est: sommes nous touchės ou ne sommes nous pas…et par quoi…

    La tristesse en communion est peut être nécessaire. comme il est nécessaire d’aller à l’enterrement de son grand oncle qu’on ne connaissait pas… On y va quand même; on fait une tête de circonstance, et oui, en effet, on y est venu d’abord pour soutenir ses proches et quand même un peu pour rendre un hommage à cette personne , là, dans le cercueil qui ne méritait pas de partir dans l’image de l’indifférence …
    Prak.H

  35. Bonjour Fanny,

    J’ai 23 ans. Je suis née a Paris.
    Ma station de métro porte le nom de Guy Môquet, mort lui aussi pour la liberté et bien qu’une station de métro avec le mot « liberté » en lettres capitales décore celle ci je crois que le train train de la vie m’a fait souvent oublier ce que celui ci signifie vraiment.

    Je suis fille d’un père ouvrier né en 49 et j’ai été bercée avec les prénoms d’Arlette ou Robert Hue petite. Je ne suis encore qu’étudiante et je fais partie de cette génération Y. Je n’aurai pas la prétention de t’apporter quoi que ce soit par mon message, j’aurai pu être une de tes élèves … Mais je voulais partager avec toi mon ressenti sur ce #jesuischarlie.

    Mes amis et moi étions encore trop jeunes quand les attentats du 11 septembre ont eu lieu, pour ma part je me souviens de ma surprise quand j’ai vu les images des deux tours s’effondrees a la place de mon RDV avec les Minikeums….

    J’ai toujours voulu faire professeur des écoles et je me suis finalement retrouvée a faire de la « com » et a étudier toutes les stratégies digitales de Facebook …, je suis aujourd’hui en master Dans les ressources humaines.

    Je fais partie de cette manif 3.0 et sur ma photo de profil : je suis Charlie.

    C’est vrai, finalement, c’est prétentieux peut être et je rejoins ta façon de penser il faut plutôt devenir Charlie.

    Mais, voilà…

    Moi j’espère que ma generation, celle qui est aujourd’hui jeune adulte et citoyenne, celle qui un jour prendra la relève de nos dirrigeants, celle qui élèveront leurs enfants a leurs tours dans quelques années. Celles et ceux qui un jour seront professeurs. J’espère qu’ils se rappèleront de ce qui s’est passé ces derniers jours.

    J’espère tout comme toi que ce n’est pas juste une mode digitale et d’image au travers des réseaux sociaux. Que les gens ne font pas juste -semblant-

    Demain, J’espère que je n’entendrai plus certains de mes amis me dire « oh non, je n’irai pas voter… J’ai la flemme et ça sert a rien ». J’espère que mon entourage, que les gens, et que la France et le monde entier pourront se remettre en question au travers d’une attitude citoyenne et humaine.

    Qu’un simple message d’amour comme celui de s’aimer les uns les autres , après avoir entendus des débats sur l’égalité et la fraternité.

    J’espère que ce qui s’est passé aiderons mes amis graphistes et community manager ces futurs dessinateurs de demain a peut être à prendre conscience que la plume est plus forte que l’épée… Et qu’ils ont un rôle a jouer.

    Non, je ne suis pas Charlie. J’ai encore beaucoup de choses a apprendre, mais je suis quelque part -un peu- rassurée de voir que ma génération n’a pas été faire les soldes et qu’elle a tenu a se rendre sur la place de la République.

    Ce n’est peut être pas grand chose et moi aussi j’ai peur que nous n’en parlions plus dans 5 mois mais j’espère que ces hommes et que la liberté d’expression pour laquelle ils se sont voués existera toujours demain…

    Aurore.

    • Merci Aurore, pour ce témoignage, qui me fait penser que tout n’est pas perdu… Je comprends et j’espère que par l’émotion, nous pourrons passer à la réflexion, pour penser la société autrement. Je n’en suis pas sûre, quand j’entends la radio aujourd’hui. On est vite accusé de fascisme, ou bien d’en faire le jeu, quand on parle de ces enfants, exclus de nos banlieues, que j’ai vu basculer dans le fondamentalisme, et cette parole là, aujourd’hui, n’a pas lieu d’être : c’est celui de Marine. Mais à craindre de faire le jeu de l’extrémisme de droite, on oublie que la haine et la violence sont là, en germe. La lutte contre l’exclusion devrait être une priorité nationale…
  36. D’accord avec toi sur le fond… et même la forme ! Mais…bon… ils ont assassiné le Grand Duduche, tout de même !… Ils ont voulu détruire un symbole de la pensée libre et de la liberté d’expression ! Voilà pourquoi on doit se mobiliser, pour dire non, vous ne nous imposerez jamais votre mode de pensée étriqué et moyenâgeux … cela aux intégristes de tous bords.

    L’ignorance est la mère de tous les vices, cultivons nous et cultivons nos voisin(e)s ! :)

    • Et l’oncle Bernard… J’ai pas pris de selfie, mais j’avais bien les larmes aux yeux en l’écoutant hier.
      Je crois qu’ils n’ont même pas conscience de la symbolique de leur action. Je ne suis pas sûre que la mobilisation « contre » soit une solution, parce que cela légitime leur système de pensée dans une logique de confrontation. Il faut aller chercher le ver: éduquer, autrement; repenser la ville, repenser les services dans les cités, et favoriser la coopération entre les institutions… Peut être aussi faire évoluer la conception de notre laïcité (c’est dur de dire ça quand on est arrière petite fille d’un des premiers instituteurs « hussard noir » anticlérical, mais…)
  37. Merci ! après avoir écrit ça y’a 2 jours, je me sen moins seule :
    Loin de moi une pensée qui soutiendrait le terrorisme, le meurtre, la diffamation, la discrimination, toute pensée qui serait liberticide. Cette précision pour préserver une traduction de mes propos qui pourrait aller de la sorte car je vais sortir des sentiers de la pensée unique.
    Les meurtres des journalistes de Charlie Hebdo sont ignominieux et lâches. Le monde se soulève, à raison, pour la liberté d’expression. Sa suppression est le panache du fascisme et le début de la barbarie.
    La pensée unique crie à grands renforts de journalistes, de politiques et de penseurs « liberté d’expression », cependant celle-ci de liberté autorise-t-elle toute forme d’expression ? Autorise-t-elle les moqueries, railleries et autre provocations ? Que fait-on avec de la provocation ? Si ce n’est produire le fouet pour être battu, ici produire l’arme pour être tué. La provocation et les propos acerbes n’amènent pas nos congénères à réfléchir, ils ne font que les braquer dans leurs positions. Est-on libre de choisir un mode d’expression ? Oui ! La satire est un choix risqué prit par Charlie en toute connaissance.
    La Une de début janvier (« Toujours pas d’attentats en France » dit Charlie, « Attendez ! On a jusqu’à la fin janvier pour présenter ses vœux » dit un moudjihadiste armé) je la vois comme une provocation et de plus une provocation de cours d’école, genre « T’es pas cap ! ». Cela n’a rien à voir avec la liberté d’expression, cela à voir avec une pulsion de mort. Sous le couvert de la liberté d’expression, Charlie s’amuse à jouer avec le feu. Sauf que lorsqu’il est question de liberté, d’égalité et de fraternité, ce n’est pas un jeu.
    Un enfant bafoué développe une haine de lui-même projetée sur les autres. Devenu adulte, il ne peut trouver en lui et dans son environnement les appuis nécessaires pour une vie harmonieuse, il ne fait que répéter inlassablement ce qui va lui apporter brimades et humiliations. Et on est tous et de partout des enfants bafoués.
    C’est ce pourquoi je m’insurge toujours contre tout style d’expression écrite, moqueur, agressif, discriminant et diffamatoire et c’est pourquoi je prône un style ouvert à l’acceptation de la pensée d’autrui, qui écoute au-delà des mots, qui arrive à traduire une pensée même contraire à la nôtre, qui dise que nous sommes tous égaux, avec nos faiblesses et nos capacités de création, dans notre état d’humain.
    En un autre temps, Charlie avait caricaturé Jésus et le Pape et soulevé des tollés. Aujourd’hui c’est une autre religion. Demain ? Une liberté d’expression digne passe par accepter que l’autre ne croit pas comme moi, ne pense pas comme moi, ne vive pas comme moi, sans que je m’en moque et sans que des railleries soient déversées.
    Et puis, outre le dénigrement de celui qui nous est étranger, peut-on se demander : qui arme les guerriers de cet islam tronqué ? La réponse est connue et qu’aujourd’hui-même elle soit tue me révolte. Tant d’hypocrisie m’effare autant que les meurtres récents. La liberté d’expression irait-elle avec honnêteté ?
    Je ne suis pas Charlie.
  38. Tiens, une « intellectuelle de gauche » qui cherche à se démarquer d’un mouvement collectif, c’est surprenant. Laisse ton ego de côté, efface cette mini biographie de très mauvais goût, et rejoins l’élan pacifiste qui cherche seulement à exprimer des émotions plurielles autour de la compassion et l’unité. D’ailleurs, ça te fera des vacances de ne pas être toi pour un moment à mon avis.
  39. Eh bien moi, mon militantisme c’est de ne pas quitter le mammouth et continuer encore et encore à apprendre à mes élèves à penser par soi même et prendre du recul par rapport aux maîtres à penser…contre vents et marées, découragements et « à quoi bon »…
  40. Je ne suis ni un intellectuel de gauche ni rien d’autre. Je ne me réclame d’aucune appartenance et je n’ai aucune étiquette, même pas politique, visant plus ou moins à me protéger. Je demande juste qu’on respecte ma liberté de penser. Je n’ai jamais acheté Charlie hebdo (ça va peut-être changer) J’ai même pensé parfois en regardant quelques dessins de Wolinski, de Cabu et des autres, qu’ils abusaient un peu, mais je reconnais qu’ils touchaient du doigt des endroits sensibles qui faisaient mal, et il est nécessaire parfois de donner des coups de pieds dans la fourmilière pour que les choses avancent.
    En cela, je suis sans doute une sorte de Charlie.
    Etre Charlie, c’est sans doute aussi être solidaire et unis face à ce genre d’actions barbares…
    Aussi, Charlie, c’est à mon sens bien autre chose que des publications de dessins. C’est l’incarnation de l’âme d’un pays tout entier et de son histoire. C’est comme un filament d’ADN ; c’est notre révolution du 14 juillet 1789, c’est la relique de notre liberté d’expression, c’est l’image d’un peuple qui ne veut pas oublier ce qu’est le libre arbitre, c’est la représentation des pierres fondatrices de ce petit village d’irréductibles gaulois, fiers de ce qu’il est.
    Le 11 septembre, c’est par le destruction d’un symbole de la puissance américaine qu’on a voulu mettre un peuple à genou. Ici, c’est pareil, on a voulu s’en prendre à une valeur fondamentale de notre société et à un symbole fort. On a touché la France, on a touché les français, mais on n’a surtout pas éliminé nos racines, et pire encore, on a réveillé la devise de la France : Liberté, égalité, fraternité !
    Un martyre c’est pour moi une personne qui défend pacifiquement ses opinions quitte à y laisser sa vie. Les vrais martyres de ce 7 janvier sont les auteurs de Charlie Hebdo et les terroristes ne sont que les victimes d’un embrigadement dans un système où les dirigeants, étrangement, ne s’exposent jamais !
    Nelson Mandela a dit : “L’éducation est l’arme la plus puissante qu’on puisse utiliser pour changer le monde.”
    Il est donc TRES important à mon sens, d’apprendre à nos enfants l’histoire des religions, de quoi elles sont faites, ce qu’elles disent, ce qu’elles racontent, quelles sont les valeurs qu’elles véhiculent. Cela éviterait que des Hommes puisse commettre des atrocités sous couvert d’une quelconque religion.

    Je respecte qu’on puisse où non se sentir comme un Charlie, mais moi je trouve que par les mots que vous employez, Charlie, c’est aussi vous.

  41. Contradictoire de revendiquer une tristesse individuelle, personnelle et de rejeter cette tristesse collective puis de se plaindre d’avoir été laissé « dans sa merde ». L’individualisme appelle l’individualisme.
    • Mauvaise lecture et interprétation: je ne rejette pas la tristesse collective, je ne la partage pas. Quant à la présentation de « mon » individualisme, il est réthorique: je me mets bien sûr dedans, mais l’individualisme est inhérent à notre société actuelle… Changeons; à commencer par moi.
  42. je suis peiné par tous vos commentaires car aujourd’hui chacun manifeste à sa façon le drame qui vient de passé , que ce soit par une bougie , être CHARLIE , avoir besoin d’être communion avec des milliers de personnes qui pensent comme vous ect… mais je ne pense pas que ça soit une mode simplement un besoin ! Bien sur j’aimerais que demain nous oublions pas et que nous débattons sereinement et calmement sans haine ni violence en écoutant tous les avis .
    Il aurait mieux valu que vous vous présentiez pas comme intellectuelle !
    est ce cela veut dire que vous pensez être plus intelligentes que d’autres ?
    de gauche vous faites vous même entrer la politique nous n’avions pas besoin de le savoir pour ce débat …
    • Comme c’est écrit, je « me » présente comme intellectuelle parce que j’ai fait un peu d’études, certes, mais surtout parce que c’est une caution pour ne pas être accusée de fascisme en parlant de la responsabilité politique et sociale de tous dans l’exclusion, qui est un des facteurs (pas le seul, je ne suis pas aussi simpliste) de la montée des fondamentalismes et de la haine dans nos banlieues.
  43. « A quand un engagement politique, militant, associatif qui déconstruise ces logiques et ces potentats? »
    >> Rejoins-nous au MoDem.
    • mais quest ce quon sen fout de vos abords politiques.
      ou bien du nombre dannees apres le bac. On dirait un debat de primaires avec des rethoriques comme ci dessus. Du grand hors sujet.
  44. Je suis Charlie parce ce que j’ai choisi d’être atteinte par ces évènements. Je suis dans un lycée pour les décrocheur ( le CLEPT ) où les jeunes qui ne se sont pas retrouvé dans l’éducation nationale viennent chercher une autre vision de ce qu’est enseigner .
    Nous sommes tous d’horizon différents , de cultures différentes , de religions différentes mais nous avons tous été sous le choc lorsque c’est arrivé.
    Je suis Charlie car les gens autour de moi on peur , notamment la communauté musulmane et moi je suis là pour leur rappeler qu’il y des personnes qui seront là quand des extrémistes d’un autre bord viendront s’en prendre à eux.
    Je suis pas en train de suivre une mode , je suis pas le mouton insignifiant d’un vaste troupeau ,je suis un individu qui pense , réfléchit et qui fait preuve d’humanisme. Et je ne vais pas chercher à me faire reconnaître , à créer des réactions parce que c’est à la mode de faire le buzz .
    Et c’est pas parce que tout le monde choisit de suivre un même chemin un instant (on sait bien que ça va pas durer) que l’on doit se mettre en marge pour faire croire aux autres et à soit même que « nous sommes tous atteints mais moi je …(blabla) ».
  45. « solidarité cathartique émergente » ….émergente ?? il y a comme un peu de mépris dans ces termes…
    … c’est bien dommage si vous ne la voyez seulement maintenant, c’est que vous n’en faisiez pas partie avant, de cette solidarité…

    J’étais Charlie avant même le 7 janvier 2015.
    Tout aussi indignée et concernée par l’enlèvement des jeunes filles nigérianes, de ces enfants tués dans une école afghane, des exactions au Yémen, en Israël… Et plus près : engagée dans le dialogue intercommunautaire en France, dans la pédagogie pour expliquer le bienfait des ABCD de l’égalité à l’école etc etc …
    Et nous étions nombreux à être déjà Charlie, même si pas autant qu’aujourd’hui.

    Je vais vous dire, je ne lisais même pas Charlie… Mais maintenant, il faut vraiment avoir des ornières pour ne pas vouloir comprendre que ce slogan ne parle plus que de Charlie, mais d’une certaine image de l’humanité.
    Alors comment interpréter cette méfiance devant un mouvement plutôt beau ?Si des gens se réveillent enfin, en quoi cet élan (même si son futur est incertain) est à décrier ?

    • Mais elle est méfiante et s’interroge au sujet de cette mobilisation parce qu’elle est ‘intellectuelle »… Mince, mais t’as du beurre de cacahuète dans les orbites ou quoi ??
      Dommage qu’elle n’ait pas plus développé le fait que la shoah ne soit plus enseignée dans son établissement scolaire, sujet sur lequel je m’interroge davantage… (je sais, excusez-moi, je ne suis pas un intellectuel)
  46. Ce que vous dites est seduisant de prime abord. Quand vous parlez de « catharsis collective emergente », il y a du vrai. La citoyennete francaise a perdu de sa vere, de sa force depuis de nombreuses de nombreuses annees et chaque jour un peu plus jusqu’au 7 janvier 2015. Globalement, les urnes ont perdu de leur symbolique, les associations se sont dévitalisées. La citoyenneté française devenait peu a peu une coquille vide. Le sentiment d’impuissance face a cette tendance s’ancrait de plus en plus. Alors oui, hier encore le 6 janvier, peu d’entre nous pouvaient clamer haut et fort, avec fierté, « je suis charlie ». Certes, nous aurions du nous battre pour que nos droits et libertes soient effectifs et que ce statut de citoyen soit une realite. Nous aurions du au travers de ces actes citoyens laisser entendre que nous etions charlie. Mais c’est le passé et il faut aller de l’avant, ne pas se perdre dans des interrogations anesthesiantes. N’oublions pas ce qui a ete, mais rachetons nous desormais en tirant profit de cette conscience de nos egarements passes afin d’avancer a l’avenir.
    En affirmant « je suis charlie », ces individus epars ont decide d’assumer leur statut de citoyen. Un statut qui est fait de droits et de devoirs dans la declaration meme des droits de l’homme. Je suis charlie, je veux desormais avoir voix au chapitre. Je suis citoyen et je ne suis pas seul(e), je me regroupe avec mes semblables en nation. N’est ce pas ce que tous les intellectuels, souvent de gauche, je pense a Pierre Rosanvallon en particulier revaient tant hier : reactiver la citoyennete et le lien social ?
    Quand vous dites que vous n’etes pas charlie, je pense que vous faites erreur des lors que vous entendez le devenir. En affirmant que l’on est charlie, on l’est deja devenu. Cette affirmation en elle même une marque de notre liberté d’expression, nous ne restons pas passifs, muets, defiants vis a vis de notre prochain comme nous l’etions souvent hier, nous osons affronter le terrorisme et resister face a la peur qu’il dissemine. Deambuler par milliers pour continuer de vehiculer ce message, alors que la menace plane, alors que ce pourrait etre le cadre d’un attentat, c’est etre citoyen, c’est etre charlie.
    Si vous voulez devenir charlie, il n’est pas trop tard, prenez part a ce mouvement a nos cotes. Ce sera notre premiere pierre a l’edifice et nous travaillerons ensemble ensuite pour consolider et developper la citoyennete de demain.
  47. Bonjour,
    Je ne suis pas sûre de comprendre la phrase concernant les centre sociaux. Est-ce que vous pourriez éclaire ma lanterne?
    Merci, Fenouil?
    • Bonjour… La phrase est en effet un peu courte: je voulais faire vite. La mission éducative n’est pas de leur ressort et de toutes façons ils ont, vu le manque de moyens, d’autres chats à fouetter. Mais je voulais citer une partie des acteurs, avec le voeu pieux de mettre… les gens autour de la table pour parler d’exclusion?…
  48. Pour Fanny : Je trouve ton texte sincère, honnête et sensible. Tu as effectivement vécu un parcours irréprochable de prof en ZEP ( c’est mon boulot) et puis tu as quitté… Trop de solitude, dis tu… Il n’y a pas que ça. Les ministres, la hiérarchie et les collègues, ça dégoûterait n’importe qui. Je n’ai pas la même opinion que toi sur Charlie, que j’ai quitté au moment où l’ignoble Val a exclu Siné, avant d’aller détruire notre radio (France Inter) au nom de la bien-pensance, justement. Ce sont les dérives de malades ou de nullités de son acabit (UMP, PS et autres chantres du libéralisme) qui nous ont conduits là où nous en sommes, et tu n’as pas trop à te culpabiliser de cela. Par contre, j’ai envie de te dire une chose ou deux : L’impertinence, l’irrévérence, la révolte ne s’apprennent pas avec ses parents, fussent-ils « de gauche bien pensante »; L’adolescence militante, c’est très bien, mais si c’est papa qui imprime les tracts… (C’était ma minute de psy de comptoir.)
    Te voilà donc mûre pour une véritable action militante, associative, partisane, ou autre :  » A quand un engagement politique, militant, associatif qui déconstruise ces logiques et ces potentats? » C’est toi qui l’a écrit.
    C’est quand tu veux, et où tu veux, je n’ai rien à vendre.
    Je milite au parti des oiseaux.
    Bonne route 😉
  49. Bonjour Fanny
    J’aimerais recevoir cet article sur mon adresse mail.Je ne suis pas copine avec l’informatique.
    Merci
  50. Je crois que parler vaut mieux que de passer à l’acte. Il est, au fond, question de blasphème, chez les croyants en l’islam qui se croient outragés… Ainsi me permettrais-je de répondre à votre texte par ce poème, écrit lui aussi dans l’émotion que ces actes terribles ont provoqués.

    BLASPH-AIME

    Comme le mot « blasphème » dit
    celui qui blasph-aime
    aime toujours ce dont il rit.
    On lui a récité des poèmes
    pieux quand il était petit,
    on lui a dit qu’à la messe
    il mangeait et buvait Jésus,
    que Marie avait été fécondée par Dieu
    qu’elle resterait vierge à jamais
    et qu’un ange veillait sur nos saluts.
    Il est devenu grand et tout ce qui l’émerveillait,
    ces histoires qui l’ensorcelaient,
    il ne peut plus y croire, il n’y croit plus.

    Mais,
    voilà qu’elles hantent son imaginaire,
    elle sont là comme des ombres
    inquiétantes ou tutélaires.
    Que peut-il donc en faire,
    sinon les mettre
    en joue, en jeu,
    en rire et en jouer
    pour ne pas en rester
    le jouet?
    Maintenant qu’il est libre et grand,
    et que Papa Maman
    ont pour toujours fermé
    leurs yeux croyants
    doit-il s’agenouiller
    devant?

    Le voilà seul
    avec cet héritage.
    Dieu, s’il existe, doit aimer
    qu’on le caresse et le chatouille
    chacun à sa façon
    chacun selon ses rites,
    chacun selon son rire
    et selon ses leçons
    plutôt que de rester soumis
    à des dogmes tristes et maigres…

    Oui, vraiment, celui qui blasphème
    aime d’amour ce que l’on a semé, ces graines
    qui avaient germé
    et qui se sont ensauvagées.
    Arbres hérétiques, mutants, mais
    promettant, si beaux, bien d’autres rêves,
    et sous lesquels s’adombre le passant.

  51. je ne suis pas Charlie, je le suis, tout simplement…
    Le problème est complexe. Mais je pense qu’il menace notre société. Le temps est au recueillement, C’est important de se recueillir tous ensemble. je trouve ce mouvement adéquat.
    Ensuite viendra la réflexion.
  52. Le problème est qu’à force d’intellectualiser à outrance, on finit par oublier qu’un cerveau n’arrête pas les balles de fanatiques (de n’importe quel fanatique, sioniste ou « islamiste radical »); un intellectuel assis va moins loin qu’un con qui marche écrivait Audiard. Et là, des cons qui vont marcher « je suis charlie », il va y en avoir un sacré tas ! Et peut-être que là, un extrémiste ou deux pourra aller défourailler joyeusement à coup de bombe ou de mitraillette. Moi, je reste chez moi: je ne suis ni un intello, ni un mouton. En dernier lieu: ne vous posez pas les mauvaises questions: elles sont faites exprès pour vous perdre et, comme dirait l’autre, le diable se cache dans les détails. Bien à vous.
    • Je n’ai pas l’impression d’intellectualiser à outrance en incitant à l’action, je dirais même que c’est bien tout le contraire: enfin, passer de l’utopie à l’action!
      • C’est bien la vieille lune de toutes les « révolutions » et on voit bien le résultat des utopies. C’est toujours beau sur le papier (c’est Thomas Moore, je crois « Utopia », le territoire qui n’existe pas, c’est bien ça ?), mais la triste réalité avec les éternelles structures pyramidales est que ces dernières existeront toujours… Demain on rase gratis.
  53. Bonjour,

    on peut être de gauche et pas gouvernement, comme on peut être solidaire contre l’atteinte des libertés et ne pas être Charlie. C’est un faux débat. On est individu dans une foule d’humains, sans étiquette, sans parti, sans religion. On est des fusils qui ne tirent pas de balles. Marchons et analysons après !

  54. en tout cas moi je dis fanny charlie ou pas c est la meilleure des maitresses pour nos enfants si toutes les maitresses pouvaint etre comme elle ce serait super merci fanny <3
  55. Ce qui s’est passé ce 7 janvier 2015, c’est la possibilité de détruire une communauté de destin entre croyants et non croyants. C’est la possibilité de condamner à l’avance n’importe qui en fonction de sa croyance ou de son faciès.
    C’est la possibilité de faire sauter la digue anti-raciste et, au delà, la digue anti-guerre. C’est Jaurès qu’on assassine. Une deuxième fois.

    Mais heureusement on connait l’antidote aux extrémismes, aux communautarismes et autres ismes puants : c’est la justice économique et sociale. Habitat, salaires, santé , éducation.
    Pour tous. Et personne n’est laissé au bord de la route.
    Cela ne tombe pas du ciel, des lois comme ça, cela se décrète…
    Les moyens existent. De l’argent, on le sait qu’il y en a plein…
    Tu es de gauche ? donc tu as compris que les parlementaires doivent passez à l’action sociale. Vite.

    Et puis, pas de souci si tu n’es pas Charlie: le dire c’est « être Charlie’ 😉

  56. Individualisme petit-bourgeois, désir pathétique de se singulariser tout en rêvant d’engagement social, sentiment de culpabilité judéo-chrétien. Je vous conseille de prendre des vitamines, de consacrer moins de temps à la télévision et à l’internet et de faire du sport. Essayez aussi le yoga ou la sophrologie.
  57. Pingback: Marchons, courons, intellectualisons! |

  58. quelques citations pour alimenter le débat:

    On domine plus facilement les peuples en excitant leurs passions qu’en s’occupant de leurs intérêts (Gustave Lebon)

    La politique ce n’est qu’une certaine façon d’agiter le peuple avant de s’en servir (Talleyrand)

    La misère religieuse est, d’une part, l’expression de la misère réelle, et, d’autre part, la protestation contre la misère réelle. La religion est le soupir de la créature accablée par le malheur, l’âme d’un monde sans cœur, de même qu’elle est l’esprit d’une époque sans esprit. C’est l’opium du peuple. […] La critique [de la religion] a effeuillé les fleurs imaginaires qui couvraient la chaîne, non pas pour que l’homme porte la chaîne prosaïque et désolante, mais pour qu’il secoue la chaîne et cueille la fleur vivante (Marx)

  59. Je ne suis pas trop sûre si j’ai vraiment tout compris dans cet article, car je suis lituanienne et ça fait 4 ans que j’apprends le français. Ce qui me choque aujourd’hui c’est le fait que j’habite en France depuis 2010 et je connais seulement une personne d’origine maghrébine. C’est le compagnon de ma copine lituanienne. Mon conjoint est français, nous habitons dans une ville de 14 000 habitants et j’ai jamais eu une occasion de manger avec une personne d’autre couleur. J’ai grandi dans un pays très homogène et très catholique, mais c’est un vrai paradoxe, qu’en France qui est un pays de grande diversité, je ne peux pas découvrir d’autres cultures. Oui, bien évidemment, à l’université j’ai rencontré beaucoup de personnes différentes, mais je parle des gens, qu’on invite à la maison et avec lesquels on partage un repas. A mes yeux, l’exclusion dans ce pays est très importante et moi, une étrangère (!!!), j’y participe.
  60. merci pour ce billet ouvert, je me sens moins seul

    comment ne pas se sentir coupable, on est tous si intelligent.. et ce depuis si longtemps ..
    .. et on entend que « haine » de la haine à toute les sauces .. histoires de passer à autre chose au plus vite .. sans jamais dire les choses en face

    oui j’ai tué cabu a me complaire
    oui je me tue moi même chaque jour à accepter l’inacceptable

    merci de m’avoir fait me sentir moins seul

  61. j ai lu le ‘fil’ des messages entier et m’excuse en lieu des lecteurs qui n’ont pas lu et ou su comprendre ce que tu (vous) a écrit

    excusez moi tous, si j’en rajoute :

    la première chose que j’ai entendu (vu) dans ma vie pépère de con d’ouvrier bien payé avec mes deux gosses à nourrir, ce mercredi midi ..ce sont des bribes : un gars et une fille bossant au super U du coin .. j’ai juste entendu « Charlie Hebdo » .. les yeux d’un gars ordinairement un peu jovial étaient « fuyants » .. il souffrait, le timbre de sa voix était immanquable.

    précision nécessaire : j’ai nommé il y a 6 ans mon fils charlie (pour c chaplin et c schultz, je n’avais jamais fait le lien, curieux tout ce qu’on arrive à refouler / repousser)

    j’ai continué à marcher .. première erreur ou dernière volonté .. je me suis éloigné de tout son et images pour manger une bouze agro alimentaire au calme
    ..
    puis, retour à l’open space honni : mes collègues de boulot me poignardent..

    des gosses de 22 ans te faisant une liste de courses,
    remplissant mon cadi à jamais …
    « 1 heure après et les pages wiki sont déjà updatées »

    les kalashs qu’il avaient prévus.. (l’artiste est toujours visionnaire car il impose la seule lumière qui peut exister, non pas il est le reflet de la société .. l’artiste fait les choses, il fait la société et c’est pour ça qu’il est dangereux) les choses passent dans ma tête chamboulée et je pense à trop de trucs..

    précision : pour moi charliehebdo ou metalhurlant même combat, et la première dose remonte à il y a 35 ans, le combat constant pour la notion d’humanité .. c’est aussi ma religion (peut importe le vecteur ou les moyens à mettre en œuvre) .. on peut sauver tout le monde pour se sauver soi même…
    comme on dit en langage gameur de nos jours :
    « never surrender never give up!!
    on doit tous être sauvés sinon c’est raté.. et pourtant on aura essayé …
    oui .. ces monstres sont de notre responsabilité..

    je n’aimais que l’esprit que charliehebdo faisait exister.. rarement le résultat, seulement l’intention.. peut être tout simplement parce que comme un des messages le disait .. je n’aime pas la moquerie, la satyre m’attire de par son pouvoir et me répugne pour la même raison.. je ne veux pas en rire..

    je pensais à toutes ces conneries .. je m’assois pour ne pas travailler.. et je me dit que ces cons la m’ont niqué le centenaire de mon grand père ce week end..

    et là il y a « cabu »
    .. deux minutes après le mot dit dans sa liste parfaitement informée et glaciale.. je me suis rendu compte..
    cabu est mort
    et je pleures à l’intérieur depuis

    on me parle de periode raisonnée de deuil (fusse t il « général » et triomphale) , il me semble que le deuil des gens que j’aime .. il dure toute ma vie …

    les gens qui se font écraser à tenter d’inverser la mécanique de « confort » d’un « nombre fonctionnel » de biens pensants sur leur cul
    jour après jour continueront à se faire écraser en essayant
    (peut être seront ils plus nombreux .. (je ne suis pas convaincu de l’espérer).. ce qui servira les gens au pouvoir encore bien)

    .. personne ne parle des ilotiers renvoyés dans leur pénates .. personne ne parle des associations qu’on a plantées là.. après des années de labeurs..
    .. de ce sentiment délétère partout et nul part .. de ses « actions gabegies » face à de la misère pure .. du fait que nous Français sommes dans une république bananière comme les autres ..
    .. du je menfoutisme politique et social ambiant

    personne ne ressortira « mieux » de cette acte de barbarie, personne non plus ne fera de deuil, et c’est se voiler la face que de croire à l’immanence d’une majorité inactive

    comment cela on ne fera pas changer d’avis des gens? (un des messages…) .. bah si, il le faut si leur(s) objectif est de nous détruire par tout les moyens, non?
    et ce chaque jour auprès du plus grand nombre

    oui on peut changer le monde, non pleurer ou tuer ne sert pas
    faire des décrets de lois, sans les appliquer non plus ne change pas le monde

    si les gens changent .. le monde changera

    deux trois dernières précisions:
    je suis là parce que j’ai dit à mon ennemi facedebouc que je ne « suis pas charlie » (et une âme humaine m’a proposé de venir librement lire un message)

    j’étais le premier à mon boulot à mettre un post it « je suis charlie » et à essayer de partager sur le sujet depuis
    (avec un succès relatif)

    je dois expliquer tout ça à mon fils, charlie

  62. Merci…
    Je trouve que le dialogue ne marche pas si mal. (finalement pas tant de commentaires n’ayant pas compris le sens du propos…) Beaucoup de mes amis se sentent reboostés d’avoir marché et ont envie de « faire ». D’autres non, mais ce n’est pas grave. L’important, c’est peut être de se poser des questions, de nuancer les réponses, et de trouver des champs d’actions qui correspondent…
  63. Bonjour, J’ai manifesté dès le mercredi soir « Je suis Charlie » un stylo à la main car pour mon analyse, il s’agit bien de défendre la liberté de presse, la liberté d’expression et la liberté d’opinion. Je n’ai jamais acheté Charlie ni avant ni après mais l’enjeu n’est pas là. Il y a lieu d’avoir le droit d’écrire, d’avoir le droit de dessiner et de ne pas se laisser enfermer par un diktat sectaire à visée mondialiste ! Respects et solidarité.

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