just a game

Au début, quand tout a commencé, j’ai cru que c’était juste un jeu.

Un truc pour occuper ta vie, un divertissement pascalien.

Quand j’ai acheté ma machine, c’était un simple passe-temps de petite fille riche. J’ai fait de la musique, du théâtre un peu, du sport sans passion, mais je me suis toujours estimée sans talent particulier. Et puis j’ai deux mains gauches, dit la fille qui s’est longtemps prise pour une intello.

La couture, symbole parfait de l’activité hyper sexuée, tant dans la besogne que dans l’objet travaillé…  la mode, ce truc de snob qui habille des brindilles fardées de 3 cm de tissu pour 100 000 euros, qui  te dit qu’il te faut aujourd’hui absolument ioumeuste porter des derbies et des mocassins vernis comme dans les années 80, alors que j’ai juré au dieu de l’élégance que plus jamais je ne mettrais de paraboots vert bouteille avec une jupe marron et un pull corail. Oui j’ai fait ça dans ma vie. En cours de maths en 4e , et sans culotte en plus. Mais c’est une autre histoire.

Je ne dis pas que c’était perdu d’avance: je connaissais le potentiel de plaisir du tissu qui glisse sous ma main. A l’insu de mon plein gré, j’adore les vêtements qui mettent les corps en valeur, je les cherche, je les chine, je les observe…

Mais j’aime aussi le pain. Ca n’empêche pas la machine de moisir à la cave. Pas de patience pour la boulange.

 

J’ai cru que c’était juste un jeu. Une passion temporaire, et puis on passe à une autre.

Mais quand on pense couture au réveil, au boulot, dans la rue… quand son imagination déborde des possibles, que la réalisation elle même est un plaisir, en recherche d’apprentissage permanent, de nouvelles techniques…  il n’est pas exclu que l’on ait un peu transgressé la distraction frivole.

Quand on en vient à acheter deux mètres de pur cachemire, c’est sûr, ce n’est plus juste un jeu.

 

C’est une partie de moi.

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Manteau Quart Coat, Pauline Alice en taille 40.

Cachemire noir commandé aux tissus de Roubaix; doublure en tissu japonais acheté à Rouen rue Eau de Robec (pas de blog et pas de site…), ainsi d’ailleurs que l’entoilage parfait…

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J’ai finalement à l’usage retiré la 2e rangée de boutons.

Et puis pendant que j’y suis, j’ai aussi une bien jolie robe avec du tissu dont la main se délecte…

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T’as vu y a même une poche…

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Robe Tendances Couture Simplicity n° 16, modèle 41 en taille 40. J’ai allongé les manches, enlevé les fronces (sans avoir fait de toile, une fois le montage fait, donc un peu à l’arrache! Je le sais pourtant que mon ventre n’aime pas la fronce…), retiré 20 cm à la jupe. Le tissu est un satin de coton des trouvailles d’Amandine.

 

 

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8 réflexions sur “just a game

  1. J’aime beaucoup ton manteau et ta robe. Et les boutons du manteau sont le détail qui tue !
    Et j’aime beaucoup aussi ton article dans lequel je me reconnais (sauf le coup de la petite culotte et celui de la machine à ma pain que j’utilise régulièrement).
  2. AAAAAAhhhhhh, ça fait plaisir de savoir que je suis pas la seule névrosée qui pense couture et tissus H24 (l’Homme dit que c’est de l’obsession, que je couds trop). Bon, j’aime beaucoup ton manteau avec ces petits boutons super originaux mais j’ai eu un gros coup de coeur pour la robe, elle ressemble au patron Gisèle de Kate sew et la couleur est fabuleuse, juste chaude comme il faut pour réveiller les matins pseudo-hivernaux.
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