Dattes de choix…

(la contrepèterie en l’honneur de mon Pôpa. Sorry. je n’ai pas pu résister…)

La cuisine, en ce moment c’est le repoussoir de la maison. Le lieu de tous les conflits. On commence à creuser les tranchées. Genre, personne ne veut se coller à la bouffe quotidienne, les coups bas et la mauvaise fois sont de rigueur dès qu’on passe un pied dans la pièce. « Siiiiiii, je t’ai dit de mettre le lave vaisselle en route« . « Hier, c’est moi qui ait fait à manger, alors c’est ton tour ». « Oui, mais c’est moi qui ait eu l’idée, alors ça compte pas, c’est le plus dur, d’avoir  l’idée ». « Ok, pâtes/jambon, your turn »…

Mais bon. Il arrive qu’on ait une vie sociale, et pâtes/jambon, crèmes au chocolat inrratable de ma mère grand,  ça le fait pas, quand on reçoit la prêtresse des desserts.
Et comme la logique économique et écologique veut que l’on utilise les denrées disponibles locales, on fouille le frigo.
Or, dans le frigo, il se trouve qu’on a un ingrédient qui apparemment est une sorte de tendance du printemps en matière culinaire, même que c’est la poule qui l’a dit (car oui, je médis beaucoup, mais je lis la Poule, qui a tendance à me tétaniser question cuisine, voire même à m’inspirer question tricot, pffff, son pull moutarde for the boys, je crois que je vais être obligée de craquer…).
Donc, l’ingrédient secret, c’est… la datte. 2 kg de dattes fraiches venues directement d’Algérie, voui voui. Et là je suis sûre que vous piaffez d’envie de savoir comment que ça se fait qu’on a deux kilos de dattes dans le frigo alors que j’aime po trop ça en plus…
J’essplique.
Vous savez, le héros travaille dans une maternité PUBLIQUE.  Et dans l’hôpital public, un anesthésiste est payé au bas mot trois fois moins que dans le privé, ce qui entraine une pénurie d’anesthésistes, logique, vu qu’il faut quand même avoir une sacrée conscience du service public pour ne pas se barrer dans le privé.
Donc, pour pallier à cette pénurie, le ministère de la santé autorise des médecins étrangers, payés au lance pierre (1500 euros par mois, c’est bien peu après 12 ans d’études…), à venir travailler pendant deux ans dans les hôpitaux publics français. Mais comme ils n’ont pas le diplôme français, au bout de deux ans, on leur demande gentiment de rentrer chez eux (un petit billet d’avion et un coup de pied aux fesses) car il ne faudrait pas trop profiter du formidable système social français, non plus!!!
On leur fait bien sûr miroiter l’obtention de la validation du diplôme français, un concours extrêmement exigeant,  uniquement théorique et nécessitant un excellent niveau de français… concours qu’il est forcément très difficile  d’avoir en deux ans, en travaillant plus de 50 heures la semaine)

Bon. Et le rapport avec les dattes?….
Le héros local, donc, travaille forcément avec moult médecins étrangers, la plupart venus du Maghreb ou du Proche Orient, tous hyper compétents et charmants.  Vous le voyez, maintenant?
Le héros, considérant que ces médecins rendent des services vitaux à l’Hôpital Public, leur fait travailler leur validation de diplômes, avec examens blancs, corrections de copies etc… Le héros fait des plannings équitables leur permettant de bosser et même de rentrer au pays.
Et quand ils rentrent au pays, il reviennent, qui avec des pâtisseries, qui avec des dattes…
Et c’est Bibi qui en profite.

La datte est donc le fruit tendance, j’ai  cherché une recette à base de dattes. Vu que je suis une faible femme qui suit les tendances. Et j’en ai trouvé plein, mais soit hyper compliquées, soit trop lourdes, soit utilisant 3 dattes (alors qu’il faut écouler le stock avant que ça moisisse…)
Donc, j’ai bidouillé une petite recette  avec plusieurs inspirations trouvées ça et là.

La pana cotta  à la cardamome et dattes

Pour 12 verrines
Faire bouillir un litre de mélange crème fleurette/lait (j’ai fait 50/50, mais on peut faire plus léger), avec 6 graines de cardamome, de la poudre de vanille, 80g de sucre, 2g d’agar agar.
Remplir les verrines au 3/4, laisser refroidir et mettre au frigo au moins 2h.
Pour la compotée de dattes, prendre entre 20 et 30 dattes.
Dénoyauter et couper les dattes en dés, faire cuire à feu doux  environ une demie heure, en remuant de temps en temps et en rajoutant un peu d’eau si besoin, avec 1 ou deux verres de jus d’orange et deux cuillères de miel.
Laisser tiédir.
Au moment de servir, ajouter la compote de dattes sur la pana cotta et miam.
pana_cotta_dattes

Pour info, les enfants n’ont pas aimé, les parents oui…
Et on a pu hisser le drapeau blanc dans la cuisine.

(vu que c’est moi qui ait fait la bouffe et qui ait eu l’idée… héhé… je vais profiter de ma journée de repos culinaire…)

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11 réflexions sur “Dattes de choix…

  1. C’est de la corruption ma bonne daâame ! Mouaaaah ah ah ! (Non je plaisante) Heureusement qu’il y a encore des héros comme ton homme pour faire tourner le monde … un peu moins maboule, et un peu moins égo-centro-nombriliste.
    Pour les dattes, je passe mon tour, car je suis pas du tout fan. Bon dimanche !
  2. Un blog qui associe militantisme et recette de cuisine: moi je dis bravo!

    Ton dessert a l’air à tomber: moi qui aime beaucoup les dattes (les vraies, pas celles qu’on nous vend en supermarché sous cellophane)

    En revanche, je ne suis pas convaincue par l’agar-agar, et après quelques essais, je pense que je vais retourner vers mes bonnes vieilles feuilles de gélatines…

    Bonne semaine

  3. trop vrai malheureusement!!!!!!.quand je bossais à l’hopital j’avais honte de ce système, honte d’être française, quand je voyais ces étrangers qui bossaient comme des malades, et qui se tapent en général toutes les gardes de WE, vu qu’ils ont pas de famille et qu’ils ont besoin de sous….On est pourtant super contents de les trouver pour faire tourner les services d’urgence entre autre!
    tu diras à ton héros que c’est un chic type…et qu’il faut qu’il contamine tous les autres!
    Nous aussi on nous offre régulièrement des dattes d’Algérie(si ça se trouve je suis une héroine?) (c’est vrai qu’ils en ramènent des kilos, mais comme on adore cela, on les mange nature et très vite fait (surtout moi!)entouré de patte d’amande j’adore aussi (oui c’est sucré et écoeurant pour les autres, mais pas pour moi!)

    et cela étant dit, puisque je trouve que tu as un sacré talent pour dénnoncer les injustices, à l’occasion pourrais tu parler dans un prochain article, des conditions d’exercice et du salaire des médecins de l’éducation nationale (bac +10 à 1500E eux aussi et qui sont bien loi d’être dans une planque comme j’entends souvent!)…Je viens de recevoir ma cotisation à l’ordre …300E…le même montant que l’anesthésiste du coin qui bosse en privé….et là, comme chaque année, ça coince…!!!ouf, je me sens déja mieux après tout ça!bisesssssssss

  4. « L’immigration choisie » grande arnaque quand même … bravo le héros tu portes bien ton nom !
    les dattes, je suis pas fan mais la photo est très jolie !
    la Poule je suis fan, elle a beau être célèbre, lire Elle (heu toi aussi Liloute ça t’arrive ! ah oui tiens, d »où ma tolérance !) elle parle de futilités avec un côté drôle et décalé que j’aime, sans faire de listes de ce qu’elle a fait dans la journée, des cadeaux qu’elle a reçus parce que vraiment on l’aime parce qu’elle est trop forte etc… (alors qu’elle doit en recevoir aussi des cadeaux…)
  5. Tu me fais rire toi (ou pas), comment tu arrives à traiter dans le même post 1.de la haine de faire la bouffe tous les jours 2. du talent de La poule qui arrive à faire manger des dattes à qui aime pas les dattes (heu moi j’aime toujours pas, mais t’aurais pu en envoyer à l’homme de la maison, il n’aurait pas dit non… Par contre, quand tu as des figues, moi je dis oui) 3.de l’hôpital public vs l’hôpital privé 4. la situation non enviable des pauvres médecins étrangers!!!!
    Bref, pour résumer, je veux bien goûter tes panacottas, mais à la figue! Quoi, c’est pas possible?!
  6. c’est moi la pretresse des desserts?on en apprend des trucs dans ce blog!en tout cas dessert tres sympa et qui nous a bien bluffé car toute pretresse que je suis je n’avais pas reussit a trouver le fruit en question
  7. oh mon dieu … tu m’excuses j’en suis restée à ton titre..je m’en remets pas ))))

    remarque j’ai aussi tout bien lu ton texte mais je savoure le titre encore un peu

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