La raison du deuxième

Le deuxième est un drôle d’enfant. Souvent à la limite de la perfection (sage, beau, rapide, doué, loquace, intelligent, sensible…) et en même temps si énervant (paresseux,  en rapport à ses capacités, insolent, têtu, taquin, pleurnichard…). A tel point que ses parents se demandent comment on peut être autant les deux à la fois.
Sa mère, qui essaie de réfléchir, des fois, vient de trouver la solution.

Le deuxième est équipé d’une petite machine. Peut être une sorte de balance ou un détecteur, qui le fait passer de l’un à l’autre. Car le deuxième a un sens surdéveloppé de la justice. C’est pour ça sans doute qu’à 18 mois il savait déjà compter. C’est pour ça qu’il graisse de temps à autres la sirène à injustice et qu’il la met en route au moindre faux pas de ses parents.

Sa mère est encore régulièrement surprise de ses réactions, mais mardi, en rentrant de l’école, elle savait.

Elle offre à la grande son joli  ensemble pour faire la belle le mercredi, et elle voit… la petite molette qui tourne dans les yeux. La machine se met en route.

« Dis maman, pourquoi tu ne me fais jamais rien à moi? »

C’est comme ça, sa mère sait, mais elle est incapable d’anticiper. Elle aurait pu lui expliquer que vraiment, les tissus qu’on trouve pour les garçons… bouarf. (oui, même le car’s de la droguerie, désolée, j’aime po, et en plus, le deuxième, comme sa mère, n’aime pas les voitures…)

Elle s’est méfié. Le deuxième, très autonome, est capable d’aller fouiller le carton à tissus. De sortir ce coupon de jersey qu’elle lui a promis. Il faudrait qu’elle lui explique que ce p*  de jersey, là, il fait super peur à maman, parce que c’est une vraie chiotte à coudre.

Elle s’est doublement méfié, car le deuxième a réponse à tout, il est capable de dire (devant le père, et là, c’est railleries assurées jusqu’en 2015): « ben maman, pourquoi tu l’as acheté, si c’est difficile à coudre? » Ahem…

Donc, sa mère s’exécute. Pas le temps de chercher d’autres tissus. Hop, les jolis mercredis. Et là, on tente le défi du deuxième: du jersey, du biais en stock (un bleu ou vert plus trash aurait été mieux, mais elle n’avait que la soirée pour coudre et pas de magasins dans le parc à huîtres) des rayures, une tunique. On prend son temps, on bâtit tout parfois deux fois. On n’ose pas la patte indéchirable et on prie pour ne pas s’être trompé…

tunique_simon

Rayures presque alignées, manches un peu trop raccourcies à cause de la coupe, mais ça va. J’ai foiré les côtés arrondis, mais je ne sais pas comment on peut arrondir un ourlet correctement sur du jersey!

Tissu Wowo.

Le verdict du deuxième est en attente…

Retour d’école: justice est faite (et maman n’a plus qu’un ou deux boutons à coudre)

TUNIQUE_SIMON2tunique_simon3

C’est bon, Simon, tu peux arrêter de faire l’andouille…

(oups, et si ma théorie était fausse…?)

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5 réflexions sur “La raison du deuxième

  1. excellente ta tirade j’aime surtout le coup des railleries jusqu’en 2015… !!!
    finalement le résultat est sympa en plus !!
  2. Je vois très bien de quoi tu veux parler, moi je compte le nombre de tricots et de robes que je fais pour chacune ! Avec un grand avantage sur toi : la deuxième s’en fiche complètement ! Ce serait plutôt la première qui fait les comptes !
    Sinon, elle a l’air très bien cette tunique, j’ai hâte de voir Mr Egalité dedans !
  3. j’ai le même jersey à la maison ! ce modèle s’y prête bien ! mais pour l’avoir réalisé déjà une fois en Liberty, la prochaine fois, les fentes du bas n’auront pas d’arrondi ;O)

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