Le dernier Dimanche du mois d’août

Ne me cherchez pas, ne m’invitez pas (de toute façon, je suis de très mauvaise compagnie: je dis beaucoup de gros mots, je critique tout et je mets les doigts dans mon nez).

Le Dernier Dimanche du mois d’août, je suis en pélérinage. J’emmène, en général, mes enfants bien habillés, mon mari beaucoup moins présentable ( fin août, c’est une garde un jour sur deux, il y a donc du laisser aller dans le standing. L’oeil est un peu vitreux, le poil dru, mais je vous rassure, il est gentil quand même. Et il essaie de ne pas baver quand il s’endort sur la table). Je prépare ma tarte à la tomates parce que fin août, c’est ce qu’il reste dans le panier, je fais un gâteau avec les fruits du jardin. Je mets les maillots dans la voiture, parce qu’on ne sait jamais, même s’ils ont annoncé 14° et de la pluie, en Normandie, hein, on ne peut jamais prévoir.

Le Dernier Dimanche d’août, on retrouve des gens qu’on voit une fois par an, parfois un peu plus. Des gens dont on dit qu’ils sont « de la famille », et c’est sans doute un peu vrai, il doit rester deux trois chromosomes communs, de cet arrière grand père qui est né juste un siècle avant moi. Il a eu 9 enfants, dont mon grand-père. Il y a eu des curés et des anticléraux, des agriculteurs et des instituteurs, des opinions politiques divergentes et des incompatibilités d’humeur. Il n’y a sans doute plus beaucoup de génétique là dedans. Il y a maintenant des cheveux crépus et des yeux bridés, on en trouve de Dakar au Brésil…

Il y a de moins en moins de monde tous les ans, peut être que ça ne représente plus grand chose pour beaucoup, cette racine en plein coeur du pays de Caux. Moi j’y suis tous les ans, une histoire, peut être, encore, de transmission. Les enfants jouent. Se découvrent de très lointains cousins. Regardent l’immense arbre généalogique, repèrent les prénoms qui ont traversé les siècles et l’incroyable nombre d’enfants. Imaginent les drames familiaux, quand les dates se figent brutalement.

Vont sauter dans les vagues, là où les grands parents ont pris leurs premiers bains. Même s’il fait 15°… Reste peut être un peu de sang viking, pense t-on naivement.

Le dernier Dimanche d’août, j’habille donc les enfants, un peu comme le faisait ma grand-mère, avec des vêtements chics et élégants.

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Et j’ai l’impression d’être 30 ans en arrière. De jouer avec mes arrières petites cousines à la marelle dans la belle robe à fleurs avec le petit gilet et le chapeau assorti, pendant que les parents discutent de la crise économique et de la politique du gouvernement.

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Modèle Sandrine et cie,

Laine Debbie Bliss Eco Baby Lil Weasel, taille entre 4 et 6ans

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15 réflexions sur “Le dernier Dimanche du mois d’août

  1. Ca va, Joe Dalton était présentable pour la grande cousinade (d’ailleurs ce modèle, j’ai le tuto, j’ai la laine, mais… j’ai pas’l’temps et quelque chose me dit que ça va pas s’arranger…)
  2. nous si on faisait une cousinade on serait 15… bref
    et dis, ça te dirait pas de coudre une petite chemise de garçon à fleurs ? Moi je dis ça, c’est juste pour causer hein…
  3. dis-donc, tu ne serais pas en train de faire du copyright toi…faut pas croire que c’est tous les jours dimanche quand même !

    dis-donc, il est souriant, je dirais même mieux, il est charmant ton petit d’homme.

    j’aime beaucoup son « Marcel » tricoté main.

    au fait…cousin, cousine (un chouette film)

  4. Ça doit être quand même drôlement sympa et c’est quelqu’un avec une petite famille pas unie du tout qui te dit ça… En tout cas, j’aime bien la façon dont ton loulou est sapé pour l’occasion, très réussi ce petit pull!
  5. Jamais 2 sans 3, le prochain message sera aussi sur la transmission !
    je pense que c’est super structurant pour les poussins de s’inscrire dans une lignée, une tradition familiale.
    l’arbre monte plus haut quand ses racines sont profondes…
    je n’ai ni grand-parents, ni cousins, et je me fais un point d’orgue pour que mes petits profitent de leur famille, même si je ne la cautionne pas toujours…
    et zut, bravo pour le marcel à moteur !!!!
    bon courage pour ta rentrée mame Téteille!
  6. Ah transmission quand tu nous tiens …
    Quand ma grand mère maternelle était encore de ce monde (elle est partie il y a 4 ans), nous nous regroupions autour d’elle de temps en temps, ses 9 enfants ont eu eux même des enfants, qui ont eu des enfants … ça faisait du monde, ça faisait des histoires à raconter de « dans le temps ». Je regrette que ça soit fini, je comprends que tu y ailles toujours …

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