Variations autour de la mèritude

Je suis une mère cruelle. Une sorte de Folcoche qui apprend la vie à ses enfants par la frustration.

« – Tu aimes les frites aux pâtes avec du Ketchup et des biscuits apéro? Hmmm?

– Oh oui oh oui oh oui, avec de la glace industrielle aux smarties en dessert!

– Hin hin, tu mangeras des BETTERAVES pour la peine. Ce sera ta pénitence pour tes pensées impures… »

Comme je suis une mère indigne et manipulatrice, je vais te faire partager mes secrets de souffrance, efficaces et qui ne laissent pas de traces (à part la couleur de tes toilettes…)

***

Je suis une mère exemplaire. Une sorte d’idéal de la perfection maternelle. Je m’imagine aisément en Cendrillon, tu sais, quand elle chante niaisement en récurant le château du grenier à la cave, en causant à ces connes de souris avec sa petite voix d’oie blanche. Ben ça, c’est moi. Je m’active dans la bonne humeur, avec mes petites souris qui m’aident toujours très volontiers car je les ai fort bien élevées.

Comme je suis une mère exemplaire, je les nourris de bons produits de la ferme que je vais chercher avec mes petites mains besogneuses. Pouah, pas de ces saletés de produits Kâpitalistes plein de cancers, non non non, pas de ça chez moi. Le supermarché, c’est pour les pauvres et les ignorants. Moi je panierbiote. Toujours. ça fait un bail, c’est vrai.

Et en hiver, dans le panier bio, y a de la récurrence. Genre des betteraves. Beaucoup de betteraves, de toutes les couleurs et de toutes les tailles.

Comme je suis une mère exemplaire, je me creuse la tête pour faire la betterave un peu différemment que la salade du même nom.

Et comme je suis une mère exemplaire, je te donne le fruit de mes pérégrinations betteravesques.

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Betteraves aux échalotes caramélisées et mélisse, librement inspirée d’une recette trouvée sur le net.

Ingrédients:

  • Des betteraves (ce que tu as dans le panier…)
  • une douzaine d’échalotes
  • 1 c à soupe de miel liquide
  • Des feuilles de mélisse que tu décoctionneras
  • Beurre demi sel
  • Quelques feuilles vertes de mélisse fraîche
  • 1 branche de thym-citron
  • Fleur de sel
  • de la mâche et des pignons de pin pour la salade, assaisonnement

Préparation

– Tu prépares tout d’abord ta décoction de mélisse (environ 20 cl, c’est suffisant)

– Tu fais cuire les betteraves. Si elles sont petites et que tu as du temps, à l’eau salée, sinon à l’autocuiseur, ça marche aussi.

– Tu fais caraméliser les échalotes coupées en 2 dans le mélange miel/beurre salé (tu peux rajouter un peu de jus de citron, environ une vingtaine de minutes, tu réserves au chaud.

– Dans la poêle de cuisson des échalotes, tu laisses dissoudre à  feu doux le miel caramélisé dans deux cuillères de décoction de mélisse. Tu peux rajouter un peu de beurre ou de maïzena pour épaissir, et tu goûtes voir, si c’est assez salé…

-Tu épluches les betteraves encore chaudes (mais pas trop) et les répartis dans les assiettes

 

– Tu leur ajoutes les échalotes, tu nappes de sauce, tu ajoutes la salade de mâche (assaisonnée ici avec un condiment miel gingembre offert par ma Keupine qui y connait un rayon en cuisine… t’as le droit de baver sur les trois dernières recettes, on a tout baffré, c’était … parfait…)

– Tu parsèmes de fleur de sel, effeuilles la branche de thym et ajoutes quelques feuilles de mélisse.

Tu fais goûter à tes souris, qui te diront que tu es une mère exemplaire, qui fait tant cas de leur santé et de leur éducation gustative. Ou que tu n’es rien qu’un tyran malfaisant, parce que les copains, eux, ils ont trop de la chance, ils mangent des pizzas et des frites tous les jours.

C’est comme au loto, quoi, ça dépend du numéro que tu as tiré. (deux numéros gagnants ici, ce qui ne fait pas le pactole, mais ça rembourse le ticket)

 

 

 

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Les dernières

J’ai l’octobre dynamique, et le novembre nostalgique.

Je ne suis pas toute seule, bien sûr, à trouver que ce mois épuisant nous arrache nos derniers petits plaisirs.

Les dernières aurores, à la fenêtre, avant de partir bosser.

port

Je sais, y a une grue devant chez moi. C’est moins classe qu’un monument historique ou une vue dégagée sur la campagne verdoyante, mais que veux tu,  j’aime ça. Je me sens presque encore un peu prolétaire, ça soulage ma mauvaise conscience de bourgeoise possédante.

Il y a les dernières roses du rosier. Anglais. Celui qui pousse tout seul et donne à la façade une petite touche cottage. Prolo mais pas trop…

rose

Les dernières trouvailles de la Chine paresseuse.

réveil

range papier

… je vous épargne le contrepet. Le contrepet est vulgaire. D’ailleurs c’est pour ça qu’il est essentiellement masculin. Vade retro, tentation phallique, sors de ce blogogynécée propre et bien élevé!

(mais quand même, vous trouvez pas que c’est d’ pot, là, cette chine?….)

Les derniers légumes d’été du panier.

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(tatin courgette/poivrons grillés/ail confite/ sardines: si si ça marche avec les nains…)

Heureusement, y a mon surmoi optimiste qui me chante tout ce qui commence. L’overdose de chou/patates/carottes. Les virus et les nez qui coulent, les listes de cadeaux. Les écharpes, gants et bonnets.

Et la recrudescence de la garde. Comme les mauvaises herbes, les gardes profitent de l’espace vacant pour se multiplier. L »espace vacant, terrain contaminé par l’HPST, (Loi Hôpitaux Patients Santé Territoire) lui aussi se propage aussi vite qu’un nuage radioactif. Trouve un couillon pour faire des gardes dans le public payées… 200 euros les 24 heures, alors que dans le privé elles sont rémunérées quasiment 10 fois plus. L’anesthésiste du public, aujourd’hui, c’est un animal en voie de disparition. Il faut vite l’inscrire à WWF. Tous partent dans le privé: on y travaille moins, on est payé trois fois plus. C’est humain. C’est à peine si on ose les appeler Anakin, tellement on les comprend.

D’aucuns, plutôt que de faire pchhhh pchhhh avec le sabre laser rouge (vade retro), ont un surmoi optimiste.

Et tentent de se battre.

là: http://www.soutenezlebelvedere.org/

Parfois, ça marche: la Une du journal le Monde Vendredi…

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Cliquez sur l’image pour lire l’article…

Mon surmoi optimiste espère des dernières batailles. S’indigne, imagine résistances et révoltes. Mais on dirait que novembre les endort, dans un épais brouillard de découragement, d’égoïsme et d’indifférence.

 

 

 

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le petit plat bio express

Tu ne le sais pas, mon amie la pécheresse, toi qui émets du CO2 à tout va en allant conduire  tes nains avec ta grosse voiture qui pollue, au lieu de bouger ton gros cul, toi qui dévalise monsieur Picard au lieu de retrouver le plaisir de la saine food (cuisine saine, ça fait naze…), toi qui ne connais pas l’extase du compost… que MOI, je suis BIO.

Je ne te le rappelle pas à tout bout de champs, car tu sais que moi, je suis modeste et altruiste, et je ne te juge pas, même si tu surpeuples la planète avec tes 12 chiards conçus uniquement pour contenter ton horloge biologique. Je ne te blâme pas, car je sais que tu es dans l’ignorance et que le Dieu de la Green Attitioude ne t’a pas encore touchée de sa grâce 100% issue de l’agriculture biologique. Je te pardonne, car tu ne sais pas ce que tu fais. Je te pardonne, car tu n’as pas les moyens de t’acheter des cosmétiques 100% bio, 100% suremballés (paaaaa grââââve, je trie mes déchets), 100% issus de stratégies commerciales conquérantes (paaaaa grââââve, j’aime le capitalisme, qui me le rend bien…).

Moi je suis BIO, disais je donc avant d’être grossièrement interrompue par moi même. C’est à dire que j’essaie de prendre mon vélo quand je ne conduis pas les nains, que j’achète un peu bio quand c’est pas trop cher, que j’essaie de squizer les circuits traditionnels, quand c’est possible. C’est vrai, j’ai pas une maison en wood avec de la laine de chanvre dedans. Même nos derniers travaux d’isolation se sont fait à la laine de verre, c’est mal. Mais peut être mieux que d’attendre 3 ans pour avoir les moyens de payer 3 fois plus cher. C’est vrai aussi que je ne peux pas me passer de mon sèche linge, et encore moins du lave vaisselle. Mais quand même, le panier bio, je tiens depuis 3 ans. Et c’est pas si mal. Et c’est pas si simple.

Je t’explique. Aujourd’hui, par exemple.

18h: retour à la maison, après quelques coups de pédale. Tu en déduis, car tu sais lire, que je n’ai pas porté les trois nains, le violon et les cartables sur ma modeste monture, c’est donc le héros qui s’est chargé de la corvée. Cela signifie que c’est Byzance. J’ai au moins une demie heure devant moi pour savoir ce que je vais faire à bouffer. D’autant que Mardi, c’est la veille du Mercredi. Donc c’est coooooooool, on n’est pas pressé, ils ne vont pas se lever tôt demain, c’est grasse mat’ (en général, 7h04. Au lieu de 7h. La fête).

18h01: soyons fou: un sac de fèves de la semaine dernière + celui de la semaine. Evidemment, les fèves, je suis contente parce que j’adore ça, mais je ne les fais jamais, parce que je n’ai jamais le temps: éplucher, blanchir, retirer la peau: 45 mn si tu es rapide, 1h15 si tu es un héros (tu lis tes mails en même temps, ou bien tu regardes Arrêt sur Images et tu oublies d’éplucher. C’est ballot). Donc il reste deux paquets, vestiges de deux semaines de grosse flemme. Chouette, je me dis, ça fait le repas complet, je vais faire la petite salade au Chorizo c’est trop bon.

18h45: je suis une winneuse. j’ai tout épluché. Il me reste une demie crotte  de fèves, je me demande comment  nourrir la nichée avec ça. En plus, y a plus de Chorizo, vu qu’il a fini copain du whisky scottisch ce week end. Rest In Peace. Faut trouver un plan B.

19h00: un cake? Et pourquoi pas un cake?

19h30: cake enfourné.

20H15: cake explosé au démoulage. La nichée hurle à la mort, une version très personnelle  de Cadet Roussel. Je m’attends au pire. La prochaine fois je vais chez Picard et ils seront couchés à 8 heures, et j’irai coudre tranquillement sans personne pour me rappeler que j’ai perdu la foi en Green God.

20h45: Il ne reste plus une miette. Après « Cadet Roussel a trois zizis », il y a eu « trois cucul ». Ces enfants sont mal élevés…

21h55: tu veux la recette du petit plat bio hyper rapide à faire et qui a conquis la nichée?….

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Cake aux fèves, parmesan et basilic

125 de beurre

4 oeufs

200g de farine

1 sachet de levure

plein de basilic

2 gousses d’ail

Des fèves

Du parmesan

5cl de lait

2 bonnes heures devant soi.

Eplucher les fèves, les blanchir 30 secondes et retirer la peau translucide.

Les faire cuire avec un bouquet garni ou un bouillon pendant une dizaine de minutes.

Faire fondre le beurre (au micro ondes si tu ne crains pas le cancer du cervelas, et si tu es une pécheresse consommatrice d’électricité), ajouter les 4 oeufs, mélanger, ajouter la farine et le sachet de levure, bien mélanger.

Ajouter le parmesan rapé avec l’ail et le basilic, le lait, et une petite pointe de tabasco si tu veux. J’ai pas rajouté de sel, mais tu peux, si tu vraiment tu es fâché avec tes reins et tes artères. Et n’oublie pas les fèves non plus.

45 mn au four, démoule en attendant un peu pour éviter de l’exploser, mais pas trop sinon c’est froid.

Ensuite, sers tes nains. Avec un peu de chance, tu échapperas à Cadet Roussel a trois zizis, mais si ce n’est pas le cas, on pourra établir une corrélation scientifique entre le cake aux fèves et les zizis de Cadet Roussel.

Couche tes nains, et va coudre un peu. Au lieu d’écrire des conneries sur un blog!

 

 

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Dattes de choix…

(la contrepèterie en l’honneur de mon Pôpa. Sorry. je n’ai pas pu résister…)

La cuisine, en ce moment c’est le repoussoir de la maison. Le lieu de tous les conflits. On commence à creuser les tranchées. Genre, personne ne veut se coller à la bouffe quotidienne, les coups bas et la mauvaise fois sont de rigueur dès qu’on passe un pied dans la pièce. « Siiiiiii, je t’ai dit de mettre le lave vaisselle en route« . « Hier, c’est moi qui ait fait à manger, alors c’est ton tour ». « Oui, mais c’est moi qui ait eu l’idée, alors ça compte pas, c’est le plus dur, d’avoir  l’idée ». « Ok, pâtes/jambon, your turn »…

Mais bon. Il arrive qu’on ait une vie sociale, et pâtes/jambon, crèmes au chocolat inrratable de ma mère grand,  ça le fait pas, quand on reçoit la prêtresse des desserts.
Et comme la logique économique et écologique veut que l’on utilise les denrées disponibles locales, on fouille le frigo.
Or, dans le frigo, il se trouve qu’on a un ingrédient qui apparemment est une sorte de tendance du printemps en matière culinaire, même que c’est la poule qui l’a dit (car oui, je médis beaucoup, mais je lis la Poule, qui a tendance à me tétaniser question cuisine, voire même à m’inspirer question tricot, pffff, son pull moutarde for the boys, je crois que je vais être obligée de craquer…).
Donc, l’ingrédient secret, c’est… la datte. 2 kg de dattes fraiches venues directement d’Algérie, voui voui. Et là je suis sûre que vous piaffez d’envie de savoir comment que ça se fait qu’on a deux kilos de dattes dans le frigo alors que j’aime po trop ça en plus…
J’essplique.
Vous savez, le héros travaille dans une maternité PUBLIQUE.  Et dans l’hôpital public, un anesthésiste est payé au bas mot trois fois moins que dans le privé, ce qui entraine une pénurie d’anesthésistes, logique, vu qu’il faut quand même avoir une sacrée conscience du service public pour ne pas se barrer dans le privé.
Donc, pour pallier à cette pénurie, le ministère de la santé autorise des médecins étrangers, payés au lance pierre (1500 euros par mois, c’est bien peu après 12 ans d’études…), à venir travailler pendant deux ans dans les hôpitaux publics français. Mais comme ils n’ont pas le diplôme français, au bout de deux ans, on leur demande gentiment de rentrer chez eux (un petit billet d’avion et un coup de pied aux fesses) car il ne faudrait pas trop profiter du formidable système social français, non plus!!!
On leur fait bien sûr miroiter l’obtention de la validation du diplôme français, un concours extrêmement exigeant,  uniquement théorique et nécessitant un excellent niveau de français… concours qu’il est forcément très difficile  d’avoir en deux ans, en travaillant plus de 50 heures la semaine)

Bon. Et le rapport avec les dattes?….
Le héros local, donc, travaille forcément avec moult médecins étrangers, la plupart venus du Maghreb ou du Proche Orient, tous hyper compétents et charmants.  Vous le voyez, maintenant?
Le héros, considérant que ces médecins rendent des services vitaux à l’Hôpital Public, leur fait travailler leur validation de diplômes, avec examens blancs, corrections de copies etc… Le héros fait des plannings équitables leur permettant de bosser et même de rentrer au pays.
Et quand ils rentrent au pays, il reviennent, qui avec des pâtisseries, qui avec des dattes…
Et c’est Bibi qui en profite.

La datte est donc le fruit tendance, j’ai  cherché une recette à base de dattes. Vu que je suis une faible femme qui suit les tendances. Et j’en ai trouvé plein, mais soit hyper compliquées, soit trop lourdes, soit utilisant 3 dattes (alors qu’il faut écouler le stock avant que ça moisisse…)
Donc, j’ai bidouillé une petite recette  avec plusieurs inspirations trouvées ça et là.

La pana cotta  à la cardamome et dattes

Pour 12 verrines
Faire bouillir un litre de mélange crème fleurette/lait (j’ai fait 50/50, mais on peut faire plus léger), avec 6 graines de cardamome, de la poudre de vanille, 80g de sucre, 2g d’agar agar.
Remplir les verrines au 3/4, laisser refroidir et mettre au frigo au moins 2h.
Pour la compotée de dattes, prendre entre 20 et 30 dattes.
Dénoyauter et couper les dattes en dés, faire cuire à feu doux  environ une demie heure, en remuant de temps en temps et en rajoutant un peu d’eau si besoin, avec 1 ou deux verres de jus d’orange et deux cuillères de miel.
Laisser tiédir.
Au moment de servir, ajouter la compote de dattes sur la pana cotta et miam.
pana_cotta_dattes

Pour info, les enfants n’ont pas aimé, les parents oui…
Et on a pu hisser le drapeau blanc dans la cuisine.

(vu que c’est moi qui ait fait la bouffe et qui ait eu l’idée… héhé… je vais profiter de ma journée de repos culinaire…)

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Leçon de Dialectique culinaire

Vous vous souvenez de ça?…
Depuis, c’est du quotidien. J’ai même trouvé le moyen de le faire sans les mains grâce au Thermomix, du grand art…
Aujourd’hui, j’ai innové. Changeons de goût, soyons fou.
On remplace le chocolat noir par … du chocolat blanc! Quelle audace!!!
Et on obtient ça:

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En on atteint le Nirvana de l’autosatisfaction maternelle en contentant, en même temps, trois enfants et un héros…

OK, tout ça pour ça. Attends, si ça continue, tu vas nous montrer tes pieds, encore, là, Fanny.
Comme dirait l’autre, faudrait pas prendre le melon pasque t’as eu un jour 32 commentaires! Si c’est pour prendre des photos de tes repas, raconter ta journée passionnante (oooooooh aujourd’hui, grasse mat’ jusqu’à 9 heures, ouââââ…/ et puis j’ai eu mon cours de violoncelle, ouâââ / et puis j’ai fait du shopping avec ma fille, pour l’anniversaire de sa copine, ouââââ… , franchement, y en a qui font ça beaucoup mieux que toi. (ou pas).

Tu pourrais donc nous expliquer, pourquoi tu as mis un titre ronflant?… Pour montrer ta Kultur?…

Hé, les filles, vous pourriez un peu réfléchir, aussi, non?

Allez, je vous aide.
Pour les yaourts au choc style Ne$tlé, il fallait: 1l de lait bio, ou mieux, du lait de Roger du Marché, qui fait seulement 10 km en camion. 1 cuillère à soupe d’agar agar, que je n’ai pas eu au magasin bio bobo, en sachet de 2g à 500 euros le kilo, mais à « tout pour la pâtisserie » (pour les rouennaises gourmandes, une mine …), en vrac, à 7 euros 50 les 50g. Chocolat bio, pas trop compliqué à trouver, y en a même à Carrouf.

Vous voyez le dilemme, là? Le choix cornélien? Le paradoxe?
T’as pris quoi, comme chocolat blanc, Fanny?….

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Shame on me.

Jsais pas si y en a à 10 euros les 100g dans le magasin bio bobo, mais même si y en avait, j’achèterai pas.
Vous avez une solution pour résoudre la contradiction et me permettre d’accéder à la Vérité dans ma cuisine?….

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La fille qui a vaincu Ne$tlé

La vogue du « je fais tout avec mes petites mains » touche aussi ma cuisine… Sirènes de la mode et de la société de consommation qui te poussent à acheter tous les petits appareils qui font les trucs à ta place (le pain, les yaourths, la glace…), soit. En même temps, c’est aussi le moyen d’éviter d’entrer dans le circuit commercial des multinationales de l’agro alimentaire qui te balancent de l’OGM à haute dose.

Pour la machine à pain, point de tergiversations, on est obligé de prendre la voiture pour aller à la boulangerie, on l’utilise tous les jours depuis un an (même qu’à mon avis elle va se lasser avant nous…).

La yaourtière, j’ai longtemps hésité, vu que les yaourts, c’est Roger du marché qui nous les fournit, et que ses yaourts, à Roger, ils sont méga trop bons. Mais les yaourts de Roger sont chers. Et les yaourts de Roger sont blancs. Nature ou nature. On s’en lasse. Alors, je me suis laissée tenter par la yaourtière, en me disant que je pourrais varier les plaisirs, et utiliser quand même le lait cru de Roger. J’ai même eu un secret espoir d’arriver à faire avaler des yaourts au spécimen récalcitrant de notre progéniture.

En matière culinaire, le spécimen récalcitrant (de sexe féminin… y at-il un lien…?) ne mange pas sucré. N’aime pas les desserts, n’aime pas les fruits, n’aime pas les bonbons….. sauf…… le chocolat. Et en particulier, les immondes suppôts du satan mondialisé, les tentassssiiionns malsaines de la malbouffe industrielle pleine de trucs chimiques….

… à savoir, les crèmes dessert Ne$tlé au chocolat.

Argh.

Nous faire ça à nous, imaginez. C’est un peu comme si elle écoutait  Chantal Goya sur la chaine de papa. (prunelle de ses yeux, même pas le droit de poser un doigt sur l’enceinte, tu te rends cooooooompte, des « trianananananangles »… ). Un peu comme si elle jouait du Patrick Fiori sur son violon. Un peu comme si elle nous disait « je veux faire chirurgienne esthétique dans une clinique pour milliardaires qui jouent en bourse avec l’argent des prolétaires,  et gagner plein de brouzoufes ».

Toute une éducation ratée. Bref.

 

Alors, sa mère, pleine d’espoir, un peu prosélyte sur les bords, imagine convertir sa fille au yaourt grâce à sa nouvelle amie.
Elle tente…
Le yaourt à  la poudre cacaotée.

Acide. Grimace éloquente et déçue de l’intéressée.

Le yaourt au Nutella. On y croyait, à celui là… NUTELLA, quand même… La première cuillère a anéanti tous ces beaux espoirs.

Puis ce fut chocolat à cuire…. Re beurk . C’est bizarre, le yaourt goût vinaigre sans vinaigre…

Finalement, j’ai zoné sur gogole, « yaourt au chocolat« , pour tenter de percer le mystère.
J’ai vu  que ce n’était pas la peine de s’acharner, le chocolat et le yaourt ne font pas bon ménage…
Par contre, j’ai trouvé une autre technique:
1 litre de lait
60g de sucre
120g de chocolat à cuire
une petite cuillère à café rase d’agar agar

Faire bouillir le tout (la première fois, je n’ai pas fait bouillir, juste chauffer…erreur fatale. Il est comme ça, l’agar agar, faut le chauffer…)
Mettre dans les pots, puis au frigo…
Et voilà! (et tout ça, sans yaourtière…)

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Nestlé en short, tu peux aller te rhabiller, tes crèmes au choc’, plus jamais dans mon frigo!

Yek yek.

Forte de cette grande victoire sur moi même, je proposais dans un élan d’enthousiasme:

« Oh, mais c’est super, je vais essayer au Nutella, au chocolat blanc, pis praliné »…

Et là, y a eu comme un vent de contestation. « ouais, ben on va ptet s’arrêter là sur les expériences, parce que c’est nous qui les mangeons après! » (genre, faut pas gâcher la nourriture)

Ptits joueurs….

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chouette, des épinards!

Je sais, ça énerve. Elle va encore nous faire la fille: « oui, moi, les légumes, avec les enfants, fingers in the noze, mais que vous voulez vous, c’est une question d’éducation »… Oui, bon, un peu j’avoue. C’est parce que c’est rare, ici, le légume qui fait l’unanimité, et comme j’aime bien les trucs qui marchent, j’ai la prétention de croire que j’y suis un peu pour quelque chose, parce que j’ai usé de stratégies, de ruses de sioux pour leur faire aimer le légume archi vêêêêrt que détestent tous les gnômes. La stratégie, c’était « on joue au pique nique à la maison ». On mange des tartines!!!

Ingrédients: pain de campagne, épinards hachés (500g), 2 ou 3 oeufs durs mixés, du fromage de chèvre (buchette cremeuse, c’est très bien)

Prenez des tartines de pain de campagne. Faites les griller, ou si comme moi vous rechignez à griller du pain tout frais sorti de la MAP, mettez votre fromage de chèvre à fondre 30 secondes au micro-ondes. Tartinez généreusement du fromage, puis des épinards hachés, saupoudrez d’oeufs hachés.
Dégustez.

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C’est compilqué, hein?
Ensuite, lavez les petits bonhommes verts à grande eau.

Sinon, Fanny, tu serais pas d’humeur guillerette, aujourd’hui?
Un peu, c’est vrai…. Est ce l’effet tricot au soleil sur la chaise longue fraichement lasurée pendant que tes enfants sont au centre aéré et à la crèche?….
Ouais ouais, ça joue… (et oh, voyez que je me la pète pas mère parfaite, hein!)

Mais y a pas que ça…
Rhooo c’te folie, que j’ai fait ce matin! (ça, le héros, quand on achète jamais de fleurs à sa femme, c’est qui arrive, hein…)
J’ai une nouvelle copineuh!!!!
Elle est plus jeune que moi euh!!!
MAC_pfaff
Elle est bêêêllle, hein?

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monomaniaque

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Encore des muffins?!
Ben oui.
Il faut bien que je me justifie:

  • d’avoir acheté Saveurs ce mois-ci… et en faire quelque chose d’autres que de baver devant, affalée sur le canapé. Je réinvestis peu à peu ma cuisine, un peu abandonnée depuis deux ans (la faute au bébé, aux travaux, au boulot…)
  • d’avoir acheté des moules à muffins en silicone. Je ne veux pas risquer d’entendre: « encore un moule? Mais on en a déjà plein et tu t’en sers jamais, comme le dernier, là… » (le héros ne connait pas le nom des moules. Ni des fringues. Ni des couleurs. A sa décharge, il connait le nom de toutes les maladies, même les compliquées. Il n’a pas été obligé d’écrire dans sa main quand Simon a eu sa « glomérulonéphrite aiguë » A vos souhaits). Il parlait du moule à bavarois, en forme de marguerite, abandonné après deux échecs cuisants.

Il faut aussi assurer ses arrières:

  • raisonnable, j’ai acheté une seule plaque de 6. Une tournée de muffins, c’est 12. Il faut justifier d’avance mon futur achat de la 2e plaque.
  • Si je veux d’autres moules, à madeleines, à cannelés, il faut que je rentabilise ceux là.

Et oui, je pense à tout ça quand je cuisine. Une sorte de machiavel des fourneaux, en somme…

Bref, vous attendez tous la recette:
1ère page de la série Muffins de Saveurs. Je l’avais zappé au début. Ils ont un peu raté leur com’: c’est écrit: « pour changer ». Franchement moi, je vois ça, j’entends les potes sympas et diplomates face aux expériences culinaires douteuses: « hmmmm, c’est original… ça change… » Peu vendeur, leur truc. Puis à force, j’ai regardé.
ça change, parce que c’est … au son. Et là, le son, ça évoque l’écurie, ou les expériences macrobiotiques culinaires de moman dans les années 80. Mais je suis joueuse, je l’ai fait quand même:

3 petites pommes rapées, 50g de son, 2 cuillères de miel, 100g de raisins roulés dans la farine, en plus de la base habituelle.

Et bien c’est excellent.
Je le referai en mettant un peu moins de son (un poil trop amer pour moi) et un peu de poudre de noisette…

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J’ai péché…

Mercredi envie de petit goûter d’hiver…
J’aurai dû, puisque je me soucie de la planète et des stocks à finir dans mon frigo, refaire les muffins à la carotte…

Mais voilà, chez « Saveurs », ils savent comment tenter la pécheresse…

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Tellement facile! Mettre à côté de la recette raisonnable et écologique ou presque… la recette démoniaque de la tentation! Avec des bananes qui ont fait la moitié de la terre en avion, des noix de pécan à 40 euros le kilo, venues tout droit des Etats Unis, patrie des gros 4/4 polluants et des accords de Kyoto refusés!!!!!

J’ai longuement hésité. C’est mal. Tu vas voir le bilan carbone de tes muffins, même un paquet de biscuits nestlé, il est moins polluant…
« Oui, mais... » (petite voix larmoyante)
« j‘ai déjà résisté aux petits légumes printaniers chez M. Carrouf  venus des 4 coins de la planète, alors qu’on se tape des carottes matin/midi et soir depuis deux mois » (je sais, j’ai toujours tendance à exagérer… un peu… quand je dois me justifier). J’ai détourné le regard quand j’ai vu des fraises (des fraises!!!!!!). Dédaigneusement.

Et puis bon, les bananes je les avais (faut bien nourrir les enfants). Les noix de pécan, heuu, aussi.(ma très grande faute… Je vais expier …) J’allais pas les regarder moisir…
Alors, les muffins, je les ai fait aux noix de pécan, bananes et chocolat.

Même recette que l’autre, sauf qu’on rajoute 100g de chocolat râpé, 3 bananes écrasées, 125g de noix de pécan concassées. (A la place des carottes et des noisettes)

Je vous la donne, pour que vous chutiez avec moi….
Et ça donne ça…

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L’intérieur, c’est un bout de banane fondante, parce que je suis une feignasse de l’écrasage de banane…

Et … Je me suis régalée… le héros aussi.

Mais j’ai eu ma punition de pécheresse: les enfants les ont à peine goûté!! Même que ceux à la carotte, ils étaient meilleurs…

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une histoire de soudure…

Ne faites pas cette tête, non,  je ne me suis pas mise à la plomberie, ni à la ferronnerie… La soudure, ce n’est pas que le fait de coller deux morceaux de métal avec un joli machin qui fait des étincelles et des lunettes de cosmonaute. (Voyez comme je m’y connais!). Les plus de 60 ans connaissent peut être, les professeurs d’histoire aussi (enfin ceux qui n’ont pas des neurones de poissonne rouge après la ponte….). La soudure, c’est cette période difficile, entre janvier et mars avril, où on a bientôt mangé toutes les réserves de l’hiver, et où rien n’a encore poussé dans les champs. C’est pas que je veux faire mon intello de service, mais depuis qu’on vit à l’heure des paniers, non seulement on redécouvre les légumes de saison, mais aussi la soudure. Le Lundi soir, c’est plus l’enthousiasme des débuts: « oh, t’as vu, y a ça, j’adooooore, je vais pouvoir faire ci… ». Le Lundi soir: c’est plutôt… « oooooooooooh encore des patates…. (heureusement qu’on a investi dans la friteuse familiale….). Tout ça de carottes, mais qu’est ce qu’on va en faire? »
En ce moment, dans le panier, y a des patates (à soupe, à purée, à gratin………), des carottes, des poireaux quand il gèle pas, des tonnes d’oignons, on fait une réserves pour les 6 prochains mois, et quand c’est fête, un potimarron et un peu de mâche….

C’est chouette, de vivre à l’heure des saisons, mais faut être un peu créatif.
Des carottes… fondantes, dans la soupe, en carbonnade… Il en reste encore… Râpées? Alors là, heu… J’ai pas de râpe électrique, et mes moignons refusent. Il faut que le héros participe, et les entrées, c’est pas son truc.
Alors j’ai eu l’idée de génie: le gateau à la carotte! Souvenir du meilleur carotte cake confectionné par des voyageurs ayant jalousement gardé leur secret venu de Nouvelle Zélande (je veux bien la recette, Claude!).
Dernier « Saveurs », recette des muffins à la noisette et à la carotte, avec des modifications maison:

Raper 150g de carottes (quelle abnégation, je l’ai fait toute seule!)
Faire fondre 125g de beurre
Mélanger 250g de farine et un sachet de levure, ajouter 120g de cassonnade, épices aux choix (cannelle, gingembre…)125 g de mélange noix/noisettes concassées.
Fouetter 2 oeufs + 20 ml de lait, ajouter le beurre fondu, incorporer au mélange sucre/farine/noix/noisettes.
Mélanger sans trop travailler la pâte. Ajouter les carottes rapées.
Garnir des moules à muffins aux 3/4 et faire cuire 20 mn à thermostat 200°. Laisser refroidir sur une grille.

muffins_carottemuffins_carotte2

Verdict?
Miam, tout mangé.
Un atout: l’appelation exotique de « muffin », comme dans les barbapapas.

Un handicap: il m’en faudrait peut être une centaine pour vider mon stock de carottes…

Sinon, si vous avez des idées pour les patates (frites, soupes, gratins dauphinois, purées, c’est bon, on en a maaaaaaaaaaaarrre!), je suis preneuse!

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