robe de fêtes

J’aime pas Noël.

Je sais, c’est mal. En ce mois de décembre légèrement cathartique où il est de bon ton d’aller creuser dans les racines chrétiennes de notre belle nation, c’est pas glorieux glorieux de ne pas aller au concert de Noyelle du petit dernier (1/j’étais en déplacement, 2/ il a séché le concert pour aller patiner), d’attendre le 12 décembre pour acheter le sapin, après avoir tenté la manipulation mentale auprès de ma descendance nombreuse (est-il utile d’assassiner un arbre quand on ne croit plus au père Noël?…), et de clamer qu’un calendrier de l’avent, c’est aussi bien après…

N’empêche. J’aime pas Noël.  Je pourrais te proposer la posture de la vieille laïcarde bouffeuse de curé, athée et fière de sa mécréance. Le Grand Homme l’a fait avant moi. Tu me liras le psaume 28 du dictionnaire superflu à l’usage de l’élite et des bien nantis et et tu me feras trois pater et un avé. Amen.

Je pourrais te la jouer « ouais, moi tu sais, les fêtes de famille, pfff, faut se coltiner belle-maman et le cousin Victor, ça tourne à l’émeute si on parle politique et on va encore se taper les blagues foireuses de l’oncle Bernard ». En fait, le hasard et la bonne fortune font que je suis dotée d’une famille plutôt agréable, que j’aime bien les huitres et les yeux plein d’étoiles de mes neveux et nièces quand le sapin dégueule de cadeaux. Fêter Noël n’a aucun sens mais ça reste un moment chouette, tout plein de cris d’enfants, de conneries dites à table, et d’envies de faire plaisir, parce que je vous aime.

Du coup, je pourrais aussi te parler des petits chinois qui fabriquent les vilains jouets plein de cancer, du grand Kapital qui exploite ta niaiserie de consommateur compulsif, du supplice du canard gavé, hein, histoire que tu culpabilises bien de te préparer à la magie de Noyelle sans une once de réflexion sur le Mal qu’il représente.

En fait, je ne vais rien faire de tout cela. J’ai une autre raison bien plus intime, bien plus profonde.

 

Je n’aime pas Noël, parce qu’avant, j’étais un sapin.

Noyelle.

Et je profite de ce message de haine pour te montrer une petite robe. Faite il y a deux mois, pour mon anniversaire, parce que je m’aime et je me fais des cadeaux. Depuis, j’ai fait trois autres robes, 5 jupes (3 pour moi seulement :-)), un short et un manteau en cachemire, ouais. C’est pas que je ne veux pas te les montrer, hein. ils me plaisent, je les porte et je crâne avec au boulot. Mais je n’ai aucune photo (personne ne me prend en photo, sauf mon fils quand je fais des grimaces…) pas d’histoire à raconter, pas d’opinions à exprimer, pas de doubles sens et de demis mots à lire entre les lignes pour le lecteur attentif…

Et comme je tiens à ma ligne éditoriale foutraque et sans autre sens que celui de mon esprit paradoxal, qui me permet d’avoir trois abonnés et 12 visites par jour au bout de 8 ans de blog, de me fâcher avec des personnes de mon « milieu » qui devraient être mes meilleures amies, de jouer aux devinettes et aux mots cachés…. je préfère le silence…

 

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Robe Dalhia Colette Patterns coupée en taille 8, pas de modifications. 

Tissu damassé Mondial Tissu. 

L’encolure est un peu large dans le dos, j’aurais sans doute pu froncer un peu plus ou réduire les raglans, mais c’est une robe que je mets beaucoup, je m’arrange juste pour que la bretelle soit jolie :-)

 

 

 

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La robe silencieuse

En général, tu as remarqué, mes robes ont toujours un truc à dire. Dénonciatrices, pleureuses, moqueuses, mélancoliques, exaltées, elles ont le verbe incontinent, l’ergotage redondant, l’intellectualisation irritante.

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Celle ci est restée muette.

Est ce qu’elle a peur de dire (de vexer, de ne pas être comprise, de se tromper?….), est ce qu’elle n’a plus envie de dire (à quoi bon?), est ce qu’elle n’a rien à dire (tout va bien, merci, j’ai pas d’avis sur tout)?

Est ce qu’elle a changé, mûri, vieilli, assez pour laisser un peu de place à l’indicible, pour ne pas tout expliquer, pour cesser d’utiliser les mots comme des scalpels sur des grenouilles trépassées?

Va savoir. C’est juste une robe. Peut être aurait-elle pu te raconter ses sources d’inspiration  et se faire un peu son cinéma (Quand je serais grande, je serais costumière sur Mad men…), peut être aurait-elle pu justifier sa prolifération envahissante par l’adaptation au réchauffement climatique? Ou même te raconter la reprise, ce moment serein où tu regardes les nuages au loin en colmatant ton plafond.

Oui, mais non, c’est une juste une robe silencieuse, laconique. Savoure le silence.

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Robe Colette patron « parfait » en taille 8, tissu au poids toto (y avait un défaut dans la trame en plein milieu, il a fallu penser pour la coupe). J’ai réduit de 2cm à la poitrine (oui je sais, encore… J’ai une explication scientifique à la chose mais je vais me taire ), et ourlé le bas d’une dentelle (un poil court pour mon fémur XXL à mon goût, ça permet de gagner quelques centimètres…).

Tais toi et touche, comme elle est douce. Entends son bruissement feutré, hume son sillage cabotin…

Profite. Elle cause plus.

 

 

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