Robe Toulouse pour défi Normand

Ce week end, je suis allée à Toulouse.

J’aurai pu te mettre la chanson dédiée mais non, c’est celle ci qui me vient à l’esprit quand je pense à ce que j’y ai pris/appris…

J’y ai mis ma robe du défi Normand…

Le défi Normand, c’est le meilleur du web, qui fait naitre des communautés, se rencontrer des personnes complètement différentes dans le respect et la bienveillance.

Mélanie explique tout ça très bien, allez donc cliquer sur son blog (et regardez un peu son immense talent et sa créativité incroyable!), et en même temps chez toutes les copines en lien!

Ce que j’adore dans ce défi, c’est la façon dont la créativité de chacune s’exprime totalement différemment et révèle nos personnalités.

So sexy pour la mienne on a dit. Ah ouais?

DSC_0663 DSC_0664

Cette robe est une grosse bidouille comme d’habitude, à partir d’un patron Mc Calls fort retouché (M7241).

J’ai creusé l’encolure, rajouté un col Claudine, tout doublé, cintré….

DSC_0672 DSC_0680 DSC_0685

DSC_0675 DSC_0674

En vrai, avec un petit peu de repassage, le col ne remonte pas , mais j’étais pressée de faire les photos!

Tissu Défi Normand Toto (version à pois rose) et coupon de popeline de la cave qui pue  de Toto Rouen (j’adore l’imprimé)

 

 

 

Share Button

le temps des chemises…

Petite, et même ado, j’ai abusé de la chemise à fleurs.

50756432_p

Et puis un jour, j’ai arrêté. Pas les fleurs, mais les chemises. Je ne savais plus les porter, ou bien c’est elles qui ne savaient pas me flatter (trop grandes aux épaules, serrées au buste, rentrée dans le pantalon, sortie, moulante ou loose?… trop de questions existentielles alors qu’une robe c’est si facile…).

Quand j’ai commencé à coudre, je me suis toujours dit que quand je serais grande, je ferais des  chemises…. et puis j’ai cousu des robes, des robes et encore des robes.

La chemise, qu’elle soit pour homme ou femme, c’est un peu l’everest de la couture, tu sais. 12 000 pièces difficiles à couper, qui doivent tomber au millimètre, et je ne te parle pas du serrage de fesses quand tu piques tes fentes de poignet et les coutures anglaises arrondies… C’est long, ça sent les larmes et la sueur, et ça se voit à peine quand tu la portes, sauf si c’est raté!

Alors évidement j’ai attendu. D’avoir envie, de trouver le bon patron, le bon tissu.

J’ai commencé par moi.

J’ai la tentation d’en faire d’autres, j’ai eu des appels du pied, il y a quelques amies que j’ai bien envie de couvrir de tissu façonné de mes petites mains… Mais j’ai tellement peur de rater, du machin informe à peine valable pour aller sortir les poubelles, de t’aurais mieux fait d’aller acheter un truc potable plutôt que de passer 10h sur ton bout de tissu… que je suis un peu paralysée … Peut être un jour je n’aurais plus la trouille de ne pas y arriver?…

DSC_0367 DSC_0368 DSC_0369 DSC_0370 DSC_0387

DSC_0395

Chemise Mélilot de Deer and Doe en 40

Tissu soie Les coupons Saint Pierre (trempée dans la maïzena avant la coupe, technique vraiment efficace pour éviter le tissu qui glisse).

J’adore ma chemise, mais je n’ai pas encore réglé deux trois questions existentielles (rentrée? sortie? avec un pull, un jean, une jupe?)…

Je m’en vas me coudre une robe, tiens, c’est moins compliqué pour mon petit cerveau !

DSC_0378

Share Button

Sex bomb (or not)

En cette merveilleuse journée des droits des femmes, dont je me battrais fort les couilles si j’en avais, j’ai une petite histoire drôle à vous raconter.

Il y a peu, j’ai été contactée sur Facebook par un monsieur à l’allure totalement normale et polie, « ami » de deux de mes contacts, qui cherchait désespérément et pour une raison que j’ignore, une homonyme. Je l’ai aimablement détrompé sur la personne, et l’ai laissé dire qu’il me trouvait charmante. J’aurais pu lui répondre qu’en réalité je suis un gros thon malaimable et que je trafique toutes mes photos, mais ça n’avait pas beaucoup d’intérêt. A la question suivante qui était « tu fais quoi dans la vie », j’ai aussitôt dégainé mon « je suis mariée et j’ai trois enfants », qui en général calme direct le baveux dragueur.

Après quelques heures de répit, je pense le fâcheux échaudé par l’ampleur de ma progéniture. ‘las, il revient à la charge…

avec un « Et c’est quoi la taille de ton buste? », direct, là comme ça. Ouais. Comme au collège il y a 30 ans (enfin au lycée pour moi, parce qu’au collège, j’en avais point, des seins)

Un peu estomaquée, je commence par ne pas répondre. Puis insistant, il propose un 90 C.

Petit joueur.

Je dis alors que je ne répondrais pas à cette question. Poliment comme ça.

Je t’avoue avoir été bien tentée par un « Et toi, la taille de ton pénis, c’est quoi?« . Voire même de lui envoyer le lien de la boutique où j’achète mes sous-vêtements: « hé ouais, vieux, les grosses poitrines, c’est comme les grosses bagnoles, ça coûte une blinde à l’entretien ».

Mais j’ai pas osé. Il aurait pu prendre ça comme une ouverture, l’andouille.

Ce n’est qu’à la 3e tentative que je l’ai envoyé péter, précisant que je parlais suffisamment bien français pour estimer avoir été comprise et que par conséquent ses questions devenaient un peu lourdingues.

J’aurais pu expliquer que ma taille de sous-tif se trouvait partout sur le net, vu que c’est une problématique forte dans mon activité de couturière: faire rentrer la viande dans le torchon. Explore un peu les pages noircies de ce blog, tu le trouveras bien mon 85D.

Que c’est le simple fait de poser la question qui rend la conversation désagréable et intéressée, orientée vers mon corps uniquement sexué.

Que j’expose mon corps comme ma taille de sous-tif, parce que je n’ai rien à cacher, et pas parce que je veux coucher avec tous les frustrés de la terre. Parce que, comme tout un chacun, je préfère qu’on ne me trouve point trop laide. J’ai eu suffisamment du mal à l’accepter, ce corps que j’ai un peu malmené et planqué des regards concupiscents, alors maintenant qu’on est assez potes lui et moi, tu vas éviter de me faire culpabiliser d’en avoir été doté.

C’est pas bien grave, cette question. C’est « moins pire » que le mec qui te suit dans le métro. Il répondra qu’il ne « pensait pas à mal ». Ben voyons. Et moi si je te demande la taille de ta bite, ça n’a rien à voir avec la choucroute, c’est juste pour mes statistiques personnelles.

Alors que les choses soient claires, l’ami. Tant mieux que ça te plaise. Tu peux même fantasmer tout seul dans ton coin sur une hypothétique sex bomb, mais tu le gardes pour toi. Moi je ne veux pas de ton regard, ni de ta question qui me ramène à l’objet et qui ne te choque même pas.

Si je veux !

Du coup ça tombe bien qu’on en parle, j’ai une robe de nonne à te montrer :-)

Une robe en laine, pas moulante, pas décolletée.

DSC_0270

 

DSC_0286

DSC_0278

Robe féministe du jour Arum Deer and Doe en taille 40 (sans doute en 38 à la taille, mais j’ai découpé le patron il y a fort longtemps, je ne sais plus)

Manches rallongées de 20 cm parce que c’est dommage ces manches trop courtes sur le patron. Le tissu est une magnifique flanelle de laine Etoffes des héros. 

 

Avant de retourner au couvent expier ma très grande faute de tentatrice,  et méditer sur les droits des femmes , je t’offre une magnifique citation de mon auguste soeurette, dont les protubérances mammaires, fort agréables à l’oeil, attirent néanmoins des regards cupides.

(le couillon dans la rue qui se croit spirituel): « C’est à vous tout ça? » 

(ma soeur, qui est très spirituelle ): « Nan, je les ai loués »…

 

Share Button

Duplicité


M « qui de nous deux »

 

J’ai toujours été un peu duale comme fille.

Raisonnable, sérieuse, prudente, calme et posée.

Quand la smala des gosses partait à l’aventure dans la campagne limousine (il y a avait mon frère et ma soeur, et les enfants des copains qui venaient squatter les quatre gros murs en granit qui servaient de maison), on  m’appelait « c’est daaaaangeuuuuureuuux », avec une petite voix nasillarde et une légère pointe de moquerie amicale. Je faisais Annie dans le club des 5, ce qui évitait le conflit avec les deux autres filles qui se battaient pour jouer Claude.

La plupart du temps je ne prends aucun risque.

DSC_0142 DSC_0143 DSC_0144

Robe plantain, comme celle ci, celle là et encore celle ci

Prise de risque minimale, robe parfaite et beaucoup portée…

Le tissu vient d’un petit magasin de Rouen au bout de la rue Eau de Robec (je crois qu’il s’appelle « dans l’air du temps »). Très joli jersey qui tient bien au lavage. Pour le bas de la robe, je n’ai pas fait de jupe cercle, mais des pans pour ne pas gâcher trop de tissu. La dentelle extensible vient de Mondial Tissu.

***

Et parfois je partais toute seule sur mon vélo, sans prévenir personne, le plus loin possible, sans réfléchir.

DSC_0139 DSC_0140 DSC_0141

Cette robe « opale » issue du livre d’Ivanne Soufflet n’était pas pour moi: taillée pour un bonnet B avec des pinces devant quasi droites… J’ai totalement hacké le patron du buste (et je suis très fière de ma prise de risque!) .

Allez, j’ai quand même convié la fille raisonnable, j’ai fait une toile du buste avant de me lancer et de couper ce magnifique chambray bio des trouvailles d’Amandine.

Je les mets les très souvent. L’une fait petite fille sage avec son col claudine sérieux,  et l’autre est plus espiègle, avec sa dentelle transparente, ses petites fleurs et l’élastique rouge façon lingerie….

Qui de nous deux serais-je demain?….

Share Button

I believe

Plus j’avance en âge (en crèmes anti-rides, en tisanes soporifiques, en lunettes loupe, en soins coûteux pour cheveux …), plus je crois.

Avant j’avais des certitudes et une bonne morale, acquises grâce à un système éducatif hégémonique et performant. Je les ai jetées bien loin, je n’ai gardé que l’éthique et mes intuitions.

Et les choses prennent un sens beaucoup plus réjouissant, où le hasard n’est plus un calcul scientifique de probabilités, mais aussi une belle étoile du destin…

J’ai cousu cette robe en 3 heures, le premier dimanche de l’année 2016.

Elle devait être un petit pull pour aller avec un short, et puis non, je n’aime que les robes, et puis la météo se rafraichit, je vais plutôt faire une robe de ce magnifique molleton lurex argenté (stragier).

J’avais repéré et acheté ce patron tout simple pour quand la bise serait venue, mais j’ai longuement (au moins 3 minutes) hésité sur le tissu contrastant: fleuri, rayé, uni?

J’ai choisi le sobre, et il me restait, ô hasard, juste assez de twill de soie noir (d’une robe pas encore montrée, mais ça viendra)

40 aux épaules pour être bien au large, diminution au 38 pour la poitrine, 36 à la taille que je baisse un peu et retour au 40 sur les hanches: je ne vérifie même plus. Et bien sûr, je retire 5 cm, parce que la robe droite exige la cuisse à l’air pour éviter de faire sac.

 

IMG_1897 robe courrèges 1

« Oh, mais tu t’es fait une robe Courrèges »…

Le jour où je l’ai porté,

on a appris son décès.

C’était une belle journée. Des rencontres et des hasards, des liens qui se créent, des idées qui émergent et qui relient les fils.

Share Button

just a game

Au début, quand tout a commencé, j’ai cru que c’était juste un jeu.

Un truc pour occuper ta vie, un divertissement pascalien.

Quand j’ai acheté ma machine, c’était un simple passe-temps de petite fille riche. J’ai fait de la musique, du théâtre un peu, du sport sans passion, mais je me suis toujours estimée sans talent particulier. Et puis j’ai deux mains gauches, dit la fille qui s’est longtemps prise pour une intello.

La couture, symbole parfait de l’activité hyper sexuée, tant dans la besogne que dans l’objet travaillé…  la mode, ce truc de snob qui habille des brindilles fardées de 3 cm de tissu pour 100 000 euros, qui  te dit qu’il te faut aujourd’hui absolument ioumeuste porter des derbies et des mocassins vernis comme dans les années 80, alors que j’ai juré au dieu de l’élégance que plus jamais je ne mettrais de paraboots vert bouteille avec une jupe marron et un pull corail. Oui j’ai fait ça dans ma vie. En cours de maths en 4e , et sans culotte en plus. Mais c’est une autre histoire.

Je ne dis pas que c’était perdu d’avance: je connaissais le potentiel de plaisir du tissu qui glisse sous ma main. A l’insu de mon plein gré, j’adore les vêtements qui mettent les corps en valeur, je les cherche, je les chine, je les observe…

Mais j’aime aussi le pain. Ca n’empêche pas la machine de moisir à la cave. Pas de patience pour la boulange.

 

J’ai cru que c’était juste un jeu. Une passion temporaire, et puis on passe à une autre.

Mais quand on pense couture au réveil, au boulot, dans la rue… quand son imagination déborde des possibles, que la réalisation elle même est un plaisir, en recherche d’apprentissage permanent, de nouvelles techniques…  il n’est pas exclu que l’on ait un peu transgressé la distraction frivole.

Quand on en vient à acheter deux mètres de pur cachemire, c’est sûr, ce n’est plus juste un jeu.

 

C’est une partie de moi.

DSC_1831 DSC_1832 DSC_1833 DSC_1836 DSC_1834

Manteau Quart Coat, Pauline Alice en taille 40.

Cachemire noir commandé aux tissus de Roubaix; doublure en tissu japonais acheté à Rouen rue Eau de Robec (pas de blog et pas de site…), ainsi d’ailleurs que l’entoilage parfait…

DSC_0050 DSC_0051 DSC_0052

DSC_0053

J’ai finalement à l’usage retiré la 2e rangée de boutons.

Et puis pendant que j’y suis, j’ai aussi une bien jolie robe avec du tissu dont la main se délecte…

DSC_0064

DSC_0059

DSC_0058

T’as vu y a même une poche…

DSC_0057

Robe Tendances Couture Simplicity n° 16, modèle 41 en taille 40. J’ai allongé les manches, enlevé les fronces (sans avoir fait de toile, une fois le montage fait, donc un peu à l’arrache! Je le sais pourtant que mon ventre n’aime pas la fronce…), retiré 20 cm à la jupe. Le tissu est un satin de coton des trouvailles d’Amandine.

 

 

Share Button

robe de fêtes

J’aime pas Noël.

Je sais, c’est mal. En ce mois de décembre légèrement cathartique où il est de bon ton d’aller creuser dans les racines chrétiennes de notre belle nation, c’est pas glorieux glorieux de ne pas aller au concert de Noyelle du petit dernier (1/j’étais en déplacement, 2/ il a séché le concert pour aller patiner), d’attendre le 12 décembre pour acheter le sapin, après avoir tenté la manipulation mentale auprès de ma descendance nombreuse (est-il utile d’assassiner un arbre quand on ne croit plus au père Noël?…), et de clamer qu’un calendrier de l’avent, c’est aussi bien après…

N’empêche. J’aime pas Noël.  Je pourrais te proposer la posture de la vieille laïcarde bouffeuse de curé, athée et fière de sa mécréance. Le Grand Homme l’a fait avant moi. Tu me liras le psaume 28 du dictionnaire superflu à l’usage de l’élite et des bien nantis et et tu me feras trois pater et un avé. Amen.

Je pourrais te la jouer « ouais, moi tu sais, les fêtes de famille, pfff, faut se coltiner belle-maman et le cousin Victor, ça tourne à l’émeute si on parle politique et on va encore se taper les blagues foireuses de l’oncle Bernard ». En fait, le hasard et la bonne fortune font que je suis dotée d’une famille plutôt agréable, que j’aime bien les huitres et les yeux plein d’étoiles de mes neveux et nièces quand le sapin dégueule de cadeaux. Fêter Noël n’a aucun sens mais ça reste un moment chouette, tout plein de cris d’enfants, de conneries dites à table, et d’envies de faire plaisir, parce que je vous aime.

Du coup, je pourrais aussi te parler des petits chinois qui fabriquent les vilains jouets plein de cancer, du grand Kapital qui exploite ta niaiserie de consommateur compulsif, du supplice du canard gavé, hein, histoire que tu culpabilises bien de te préparer à la magie de Noyelle sans une once de réflexion sur le Mal qu’il représente.

En fait, je ne vais rien faire de tout cela. J’ai une autre raison bien plus intime, bien plus profonde.

 

Je n’aime pas Noël, parce qu’avant, j’étais un sapin.

Noyelle.

Et je profite de ce message de haine pour te montrer une petite robe. Faite il y a deux mois, pour mon anniversaire, parce que je m’aime et je me fais des cadeaux. Depuis, j’ai fait trois autres robes, 5 jupes (3 pour moi seulement :-)), un short et un manteau en cachemire, ouais. C’est pas que je ne veux pas te les montrer, hein. ils me plaisent, je les porte et je crâne avec au boulot. Mais je n’ai aucune photo (personne ne me prend en photo, sauf mon fils quand je fais des grimaces…) pas d’histoire à raconter, pas d’opinions à exprimer, pas de doubles sens et de demis mots à lire entre les lignes pour le lecteur attentif…

Et comme je tiens à ma ligne éditoriale foutraque et sans autre sens que celui de mon esprit paradoxal, qui me permet d’avoir trois abonnés et 12 visites par jour au bout de 8 ans de blog, de me fâcher avec des personnes de mon « milieu » qui devraient être mes meilleures amies, de jouer aux devinettes et aux mots cachés…. je préfère le silence…

 

DSC_1725 DSC_1726 DSC_1722

DSC_1741

Robe Dalhia Colette Patterns coupée en taille 8, pas de modifications. 

Tissu damassé Mondial Tissu. 

L’encolure est un peu large dans le dos, j’aurais sans doute pu froncer un peu plus ou réduire les raglans, mais c’est une robe que je mets beaucoup, je m’arrange juste pour que la bretelle soit jolie :-)

 

 

 

Share Button

Evidence et pardessus

Parfois, quand on approche l’évidence, l’intrinsèque, le naturel, les mots n’ont plus beaucoup d’intérêt. Alors je vais faire court et précis, une fois n’est pas coutume…

Je sais que je ne parle plus que de chiffons, ici, je garde le reste pour moi, et pour toi qui lit entre les lignes. C’est que je suis tombée dans la couture, et je n’ai rien d’intéressant à raconter, rien qui n’ait été écrit, rien qui puisse être consensuel, intelligible, modéré et raisonnable. Le débat virtuel m’escagasse, je me voile sur les réseaux sociaux, ne reste de ma présence sur la toile que quelques ombres chinoises.

Je ne vais pas te refaire le coup de la métaphore, de l’histoire racontée à travers la trame du tissu et du fil de bâti, alors que rien n’est plus simple que le sujet du jour:

J’ai fait mon premier manteau.

j’ai trouvé le patron parfait: longueur, forme, détails, potentiel de chaleur: une évidence.

Je l’ai cousu: naturellement, tout fonctionne, tout s’emboite, rien ne cloche.

Je l’ai porté. Confortable, chaleureux, élégant.

DSC_1588 DSC_1589 DSC_1590 DSC_1591

Il est cousu depuis un mois et demi et je n’ai pas trouvé les mots pour le présenter ici. Je cherchais l’histoire, le prétexte, la métaphore… Inutiles, il se suffit à lui même.

Manteau Quart Coat Pauline Alice, taille 40, lainage Toto. (c’est un premier jet, un brouillon, une toile…)

Tellement évidement parfait qu’une version plus luxueuse s’annonce: récidive en cachemire noir: …

 

Share Button

Ma douce…

Ma douce est une robe.

La robe de mon mois de septembre.

Tu me demandes souvent comment Elle va, c’est vrai je n’en parle plus beaucoup ici, la colère est passée. Il n’y a pas de miracle bien sûr, mais c’est un peu comme les bons vieux cycles de Kondratiev

cycles

Y a des hauts, y a des bas, mais la courbe est globalement positive. Entre nous, j’ai mis beaucoup de douceur, moins d’exigences et moins de règles.

Tu ne me demandes pas comment Lui, il va, mais c’est normal, tu ne sais pas qu’il s’est cassé un bout de  la tête il y a 15 jours, puisque je ne l’ai pas dit ici. Dans un autre contexte, ç’aurait pu être dramatique et angoissant. Mais avec ce drôle de garçon qui positive tout, qui n’a peur de rien, qui a aimé « faire du Samu » avec une équipe très gentille, qui a fait de chouettes activités manuelles à l’hôpital, qui a gardé des copains de là bas… tout s’est passé très doucement (sauf la chute tête la première sur une prise d’escalade, et l’anesthésie générale qu’il n’a pas aimé…)

Alors je trouve que cette robe est un peu mon mois de septembre…

Robe de scène, robe de planches, inspiration XIXe siècle, un poil de romantisme, une once d’aristocratie  mais  restons prolétaire, voire anarchiste dans les manches simplifiées et la jupe débarrassée de toute fronce superflue.

Le modèle de base est Danielle, star de la blogo couture il y a deux trois ans.

J’ai osé Joséphine: la taille Empire, je ne la pensais pas pour moi, mais en simplifiant la jupe au maximum, ça passe finalement…

Velvet1_original_large

J’ai gardé le haut, que j’ai fait en taille 40 (pour le bonnet), comme d’habitude en réduisant de 2 cm les côtés (pour s’adapter à mon petit thorax…). J’ai rallongé les manches, et commencé à les faire en ballon comme sur le modèle, et là il ne me manquait que la couronne, alors je les ai démocratisées un peu. J’ai descendu la taille de 4 cm et cousu la ceinture au minimum des marges pour garder de la largeur…

DSC_1600

La jupe est sans fronces, sans plis: je me suis servi du patron de cette robe, et ça tombe bien, les pinces sont piles en face, devant et dans le dos.

DSC_1602

 

DSC_1631

Pas totalement satisfaites de mes manches qui « tirent » un peu sur l’arrière, du coup j’ai mis une fermeture en dentelle pour égarer les yeux…

DSC_1632

Alors je l’appelle « ma douce ». Parce son velours à la couleur indéfinissable rend son toucher câlin, parce qu’elle s’inspire d’un septembre riche en émotions, et pourtant calme, posé, infiniment heureux des tours joués sur la scène de sa petite existence…

Share Button

être et devenir

J’ai entrepris la couture quand j’ai commencé à me connaitre, peut être un peu à m’apprécier. La taille 42, le standard, la norme et le moule, ce n’était pas (plus?) mon reflet.

J’ai commencé la couture comme je suis: pragmatique, organisée, rationnelle, prévoyante. La finalité était l’objet: je cousais pour un résultat, adapté à moi, à la saison, au reste de ma garde robe.

Est ce l’âge, les aléas de la vie? Petit à petit je m’éloigne de la raison. Le résultat est quasiment secondaire, tant pis si je ne porte pas, tant pis si c’est raté. Je couds pour le plaisir de coudre, de tester, d’assembler… Plaisir intellectuel d’imaginer (j’suis pas douée avec un crayon mais le dessin est dans ma tête en 3D…), plaisir presque charnel de toucher et bâtir.

Tu vois cette robe?DSC_1560

J’en avais juste envie. La douceur du tissu, le décolleté en coeur de la précédente que je voulais ajuster…

Alors je l’ai faite. Rien de rationnel dans le fait de coudre une énième robe d’été au mois de septembre. Je l’ai mise une fois. Plaisir de vaincre le tissu qui glisse et de virevolter dans la robe qui était dans ma tête.

DSC_1557 DSC_1558 DSC_1561

Détails techniques:encore patron Kim Dress By Hand London en taille intermédiaire (8/10) , que j’ai resserré au niveau de la poitrine et de la taille. (couture à 2 cm sur les côtés, mais j’ai gardé les mêmes marges sur les découpes poitrine pour garder l’ampleur du bonnet…). Pour abaisser la taille que je trouve un peu haute sur la précédente robe, j’ai ajouté une ceinture de 5 cm, et toujours une robe demi cercle mais sans pli cette fois.

Tissu en voile soie coton Etoffes des héros.

See you soon, robe de plaisirs….

 

Share Button