être et devenir

J’ai entrepris la couture quand j’ai commencé à me connaitre, peut être un peu à m’apprécier. La taille 42, le standard, la norme et le moule, ce n’était pas (plus?) mon reflet.

J’ai commencé la couture comme je suis: pragmatique, organisée, rationnelle, prévoyante. La finalité était l’objet: je cousais pour un résultat, adapté à moi, à la saison, au reste de ma garde robe.

Est ce l’âge, les aléas de la vie? Petit à petit je m’éloigne de la raison. Le résultat est quasiment secondaire, tant pis si je ne porte pas, tant pis si c’est raté. Je couds pour le plaisir de coudre, de tester, d’assembler… Plaisir intellectuel d’imaginer (j’suis pas douée avec un crayon mais le dessin est dans ma tête en 3D…), plaisir presque charnel de toucher et bâtir.

Tu vois cette robe?DSC_1560

J’en avais juste envie. La douceur du tissu, le décolleté en coeur de la précédente que je voulais ajuster…

Alors je l’ai faite. Rien de rationnel dans le fait de coudre une énième robe d’été au mois de septembre. Je l’ai mise une fois. Plaisir de vaincre le tissu qui glisse et de virevolter dans la robe qui était dans ma tête.

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Détails techniques:encore patron Kim Dress By Hand London en taille intermédiaire (8/10) , que j’ai resserré au niveau de la poitrine et de la taille. (couture à 2 cm sur les côtés, mais j’ai gardé les mêmes marges sur les découpes poitrine pour garder l’ampleur du bonnet…). Pour abaisser la taille que je trouve un peu haute sur la précédente robe, j’ai ajouté une ceinture de 5 cm, et toujours une robe demi cercle mais sans pli cette fois.

Tissu en voile soie coton Etoffes des héros.

See you soon, robe de plaisirs….

 

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Intuitions

Je me connais trop bien. Je le savais, je l’ai regardé, je l’ai vu, je l’ai lu, je l’ai senti.

Un regard et l’avenir (ou le passé, ou le présent…)  s’écrit dans ta tête dans la seconde.

Je sais que j’ai rencontré, par hasard et sans l’avoir cherché, un patron compatible, une coïncidence parfaite pour mon anatomie, mais aussi pour la conception que je me fais de la robe…

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J’hésite.  Il est cher, il est loin, il n’est pas disponible.

Est ce que je le veux vraiment, et l’ai je vraiment vu, puis je  faire confiance.. à mon intuition? Est ce que je prend le risque?

Un hasard. Je l’ai un peu cherché, mais je l’ai trouvé finalement. A l’ancienne, il est arrivé par la poste, tout simplement.

Je l’ai reçu, tout est allé très vite. En trois jours elle était accomplie. Il n’y a rien de raisonnable là dedans: une robe d’été de la fin août, c’est juste pour la passion de la robe. Y aura t-il une suite, d’autres projets, adaptés à la saison? Vais je l’explorer, en faire le tour, m’en lasser, être déçue?  Qu’importe, c’est pas calculé. Je la porterais juste pour m’imprégner des derniers rayons du soleil, peut être plus jamais, peut être longtemps encore …

C’est de la couture irréfléchie, sans doute un peu passionnelle.

Mon intuition ne s’est pas trompée; on était connectés, compatibles et accordés.

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Une version légère, fleurie et virvoltante pour profiter du tourbillon d’la vie et pourquoi pas de l’été indien, s’il le veut bien…

Robe Kim Dress By Hand London taille entre 8 et 10 (mathématiquement ça devrait faire 9, mais géométriquement y a pas : j’ai tracé entre les 2 tailles puisque mes mensurations sont entre les 2.) Bon, le 8 aurait sans doute suffit…

Tissu fleuri super gai et tourbillonnant des tissus Saint Pierre, doublure en voile de coton tout doux. J’ai modifié la jupe. La fronce et moi on n’est pas copines, par contre j’adore les jupes cercles dans le biais qui dansent. J’ai fait deux pinces devant pour une réminiscence des années 60, qui m’inspirent en ce moment…

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La robe silencieuse

En général, tu as remarqué, mes robes ont toujours un truc à dire. Dénonciatrices, pleureuses, moqueuses, mélancoliques, exaltées, elles ont le verbe incontinent, l’ergotage redondant, l’intellectualisation irritante.

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Celle ci est restée muette.

Est ce qu’elle a peur de dire (de vexer, de ne pas être comprise, de se tromper?….), est ce qu’elle n’a plus envie de dire (à quoi bon?), est ce qu’elle n’a rien à dire (tout va bien, merci, j’ai pas d’avis sur tout)?

Est ce qu’elle a changé, mûri, vieilli, assez pour laisser un peu de place à l’indicible, pour ne pas tout expliquer, pour cesser d’utiliser les mots comme des scalpels sur des grenouilles trépassées?

Va savoir. C’est juste une robe. Peut être aurait-elle pu te raconter ses sources d’inspiration  et se faire un peu son cinéma (Quand je serais grande, je serais costumière sur Mad men…), peut être aurait-elle pu justifier sa prolifération envahissante par l’adaptation au réchauffement climatique? Ou même te raconter la reprise, ce moment serein où tu regardes les nuages au loin en colmatant ton plafond.

Oui, mais non, c’est une juste une robe silencieuse, laconique. Savoure le silence.

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Robe Colette patron « parfait » en taille 8, tissu au poids toto (y avait un défaut dans la trame en plein milieu, il a fallu penser pour la coupe). J’ai réduit de 2cm à la poitrine (oui je sais, encore… J’ai une explication scientifique à la chose mais je vais me taire ), et ourlé le bas d’une dentelle (un poil court pour mon fémur XXL à mon goût, ça permet de gagner quelques centimètres…).

Tais toi et touche, comme elle est douce. Entends son bruissement feutré, hume son sillage cabotin…

Profite. Elle cause plus.

 

 

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J’étais  bien, dans les bois, au pays de l’éducation positive et de l’estime de soi…

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Avec mes nouveaux amis.

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Au bord des grands lacs,

 

 

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On respire…

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On vit

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On cicatrise…

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Maintenant il faut rentrer, préparer le terrain. Pacifier.

Si vis pacem para bellum, comme dit l’aut’.

Je suis prête au combat pour l’altérité, je ne laisserai rien passer. A commencer par les petits mots doux de ces si gentils élèves (« comment, tu ne te sens pas bien dans cette classe? Mais ils sont si gentils, si bien élevés… » disait le principal… ).

J’aspire au repos, au partage et à la fraternité, mais comme le félin je ne dormirai que d’un œil: le dogme, le conformisme, les idéologies sont insidieux: ils s’immiscent sans que tu ne t’en rendes compte, dans une chorale d’enfants (où l’on chante la bouche en cœur que les filles ont des tresses et pleurent quand les garçons les embêtent…), une salle des profs, une machine à café… une page facebook où l’on partage à tout-va, dans les mêmes cercles, les mêmes articles représentant ce qu’il faut penser dans le milieu…

Tenue de combat:

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Robe n°23 du Tendances Couture 2015 (sinon c’est un patron pochette Simplicity)

Taille 38/40: avec deux petites modifications: moins 2 cm de chaque côté à la poitrine et raccourcie de 15 cm.

Tissu po cher de Toto en jersey (je ne suis pas sûre qu’il soit complètement vegan, hein, à mon avis, y a un peu de pétrole dedans)

Je l’ai commencée pour le fun, en me disant « ça va être un gros flop, mémé style puissance4, et est ce que je vais assumer la 70’s teutch » et puis en fait, elle est très chouette, très agréable à porter, et ne fait pas plein de plis sous les fesses quand tu restes le cul sur ta chaise pendant 4h.

 

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8

N’empêche, la vie, c’est une sacrée grosse farceuse.

La fille qui te cause est du genre à ne pas regarder la carte avant de prendre un chemin, mais plutôt à le choisir à l’instinct (en général à gauche) et après à voir où il mène, quitte à s’en retourner si les ronces s’accumulent et si les loups la guettent de leurs petits yeux malins et pervers.

Regarder en arrière, ouais, un peu, mais pas trop, juste pour éviter de refaire les mêmes conneries, mais surtout pas pour s’embrumer de souvenirs idéalisés. Surtout pas pour tourner en rond. C’est ancré depuis bien longtemps; quand la nuit  je faisais des 8 sur mon vélo Peugeot rouge tout neuf, poursuivie par un méchant Goldorak, et que je ne pouvais pas avancer, le 8 me ramenant toujours point central du même chemin immobile…

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Evidemment, je sais bien que les chemins ne sont pas tout droits, j’en ai pris des virages à 90 degrés, j’ai dû raconter ça ici, même. Et d’autres aussi que j’ai tus.

Mais la vie, cette petite malicieuse, se fend la poire à me faire faire des 8 avec mon vélo, et Goldorak en fait, il est gentil, tu vois, petite, c’est pas la peine d’avoir peur.

Après avoir dit plus jamais, voilà que, au détour d’une formation, je cause scénario pédagogique, objectifs, activités… et que j’y retrouve la même excitation à transmettre qu’il y a 10 ans. Ni le même contexte ni le même public, mais le point de convergence sur le 8…. sans tourner en rond.

J’arrête mon vélo, je fais demi tour, allez Goldorak, viens mon pote, on va boire une bière en terrasse tous les deux, c’est sympa de se retrouver après tout ce temps, et de ne plus avoir peur….

La vie est une petite marrante.

Depuis la douce époque de mes 16 ans, je n’ai jamais remis un short d’été. Rapport à mes jambons difficilement assumés.

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Et puis j’ai regardé mes jambons (je ne leur ai pas dit « venez on va prendre une bière », je ne voudrais pas trop les entrainer sur la pente savonneuse, déjà qu’en ce moment ils ont un peu de mal à se bouger les fesses -ouais, parait qu’il pleut, qu’il y a des graminées, qu’ils sont fatigués…-), et je leur ai pardonné leurs petits bourrelets et leurs décorations marbrées.  Je leur ai offert un short pour bronzer.

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(t’as vu ces raccords de ouf, hein?)IMG_0733

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Short Chataigne de Deer and doe taille 38, rallongé de 4 cm, tissu very psychédélique 70’s de chez toto, me voilà encore au centre du 8.

Fais encore un peu froid pour le porter,mais il sera parfait pour l’été continental canadien… Pour le mettre au boulot, faudra sans doute encore que je fasse quelques tours de 8, mais peut être un jour ?…..

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Inaperçue…

Quand j’ai commencé à coudre, je crois que je répondais à une sorte de défi.

Celui de la fille qui n’a jamais su rien faire de ses dix doigts, nulle en dessin, moyennement douée avec le truc qui fait des sons quand tu appuies sur les touches, pas très inventive ni débrouillarde en dehors de l’institution qui délivre le Savoir.

Paradoxalement, j’étais l’élève modèle du système scolaire, celle qui sait ce qu’il faut retenir pour répondre aux exigences, et flatter ainsi le Maître qui a formé un si brillant disciple.

Aujourd’hui, tout me confronte à ce parcours d’élève conforme et adaptée que je fus… ou pas. Il y a d’abord Elle… et les doutes et interrogations sur ses capacités d’apprentissage et les moyens pour qu’elle s’adapte au collège (pour l’instant on n’a toujours pas trouvé. Il reste un mois avant la fin…). Il y a mon boulot qui n’est plus celui de transmettre directement mais qui me permet de réfléchir à la pédagogie, beaucoup plus que quand j’étais prof (un joli paradoxe…). Et puis, je suis de temps en temps des formations. Une salle de cours et un « Maitre » qui délivre son savoir: je deviens dingue. Il  me faut un ordinateur et le wifi pour travailler en même temps sinon je suis électrique. Il faut que je puisse avancer à mon rythme (rapide), tester, bidouiller sinon je m’énerve.  Je m’interroge sur moi: j’ai changé, l’âge m’a rendu a-scolaire?… Et je me souviens. L’odeur des salles de classe me revient, ainsi que les mots des centaines de livres que j’ai lus sous la table, les milliards de  messages échangés avec mes copines. Pour supporter le discours du Maître et en retenir l’essentiel, il a toujours fallu que je me concentre sur autre chose. Je n’ai pas changé et je sais ce qui me rapproche de ma fille. Sauf que je suis passée inaperçue. C’était plus confortable…

On me demande souvent si j’ai pris des cours de couture. Un seul. J’ai fui. Au début je disais « oh non, c’est un loisir ». Mais c’est pas une raison… Je ne veux pas prendre de cours parce que je veux avancer à mon rythme, chercher la méthode, utiliser mes erreurs. Evidemment, c’est possible aujourd’hui parce que je ne suis pas seule au monde face à mon patron et mon pied de biche. Merci la communauté des couturières qui partage, donne son avis, conseille… , Il y a toujours dans le lot des mercantiles qui utilisent les novices: faire du flouze, et aussi passer du côté du Maître et du pouvoir lié à l’illusion du Savoir, sans doute…

Mais ce qui est vraiment chouette dans la couture aujourd’hui, grâce à internet, c’est qu’elle est devenue une communauté des savoirs où l’on apprend ensemble, et où la logique du Maître sachant et supérieur délivrant la divine lumière à son morveux inexpérimenté et inculte, a disparu. Chacun, quelque soit son « niveau », peut apprendre de l’autre et étoffer les  pratiques, trouver des trucs et des astuces qui seront partagés.  Un vrai laboratoire de « learning commons »…

Et voilà comment une robe devient un carrefour de réflexions, professionnelles, familiales et intimes.

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(oups, ça manque un peu de repassage… faut dire qu’elle a déjà été portée…)

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(les photos sont assez pourries, je sais, la faute à la pluie…)

 

Robe bleuet de Deer and Doe, taille 40 sans aucune retouche (elle est assez ample, peut être que je vais la tenter en 38 pour une version ajustée), tissu Modes et Travaux près de la gare Saint Lazare, acheté en revenant… de formation.

Mise à part les 12 boutons à fermer le matin, elle est très facile à porter, le gilet est son ami, elle n’est ni transparente ni trop sexy… parfaite pour passer inaperçue au boulot…. mais pas trop!

 

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Picsou et l’existentialisme

Je devais avoir 8 ou 9 ans. Un été lourd et chaud en Limousin, la morve au nez, les frère et soeur qui râlent et n’en peuvent plus de m’entendre éternuer/moucher/tousser/respirer/pleurer.

Je me cache dans un coin (je ne me souviens plus du coin, sans doute dans les herbes hautes histoire de rajouter une petite louche d’histamine…) avec mon Picsou magazine.

Et là, j’ai eu ma première révélation existentielle.

Mickey, dans son cauchemar, a des pieds de 2 tonnes en forme d’enclume. Il est poursuivi par un méchant, sans doute un Rapetou, et il est incapable de soulever les enclumes.

Mickey m’a piqué mon cauchemar. Mickey, c’est moi. Souvent, la nuit, j’ai des pieds de 2 tonnes en forme d’enclume et je suis incapable d’avancer. Surtout en été en Limousin, quand  je ne peux plus respirer.

Plus de trente après, ce rêve me revient toujours. Mickey et ses pieds d’enclume hantent mes nuits trop courtes… Quand je ne sais plus pour qui voter, quand le monde virtuel m’agresse, quand je n’ai plus envie de m’exprimer de peur d’être incomprise, quand je ne veux plus débattre parce que dedans il y a battre, je voudrais bien le dialogue, oui, mais … who care’s?…

Alors je me réfugie dans un coin. Des herbes hautes, un Picsou magazine Tendances Couture…

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Blouse tendances couture Printemps 2015, taille 38/40 en coton léger à trois francs six/sous du magasin Rouen tissus (rive gauche). J’ai ajouté un lien à nouer sur l’arrière, faut toujours que je me resserre un peu la taille pour frimer. 

Parfaitement assortie à mes enclumes, elle me permet de me cacher des Rapetous…

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Limelights

Je l’ai montrée à ma copine, qui m’a envoyé toutes les photos de robes du film « In the Mood for Love ». Je l’ai bien pensé un peu asiatique c’est vrai, mais quand  je l’ai faite, j’avais aussi en tête les robes de Mad men.

C’est une robe qui fait son cinéma.

 

Plus je couds et plus je regarde les costumes, admirative ou critique, avec une pointe de nostalgie de ce chemin manqué….

Elle est venue d’une rencontre avec un improbable tissu de chez toto soldes, au poids pour une somme dérisoire (j’en ai pour moins de 20 euros sur cette robe, doublure comprise).

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J’avais envie de me refaire une  Cambie Dress dont le décolleté est fort seyant, mais en version plus ajustée, maintenant que je l’assume…

J’ai donc fait la version robe droite (A) en taille 8, cette fois, et n’ai strictement rien modifié, ce qui est exceptionnel pour moi!

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(crédits photo: Simon L. L’est doué mon fils…)

Je ne lui trouve pas beaucoup de défauts,même si j’aurais peut être pu être plus précise sur mon biais de  ceinture: il y a un millimètre d’écart sur l’ajustement de la fermeture, ah, et les motifs dans le dos se chevauchent quasiment, c’est dommage…

Mais elle est confortable, ajustée sans être serrée, sexy sans être aguicheuse, facile à porter avec gilet ou veste.. bref  un genre de must pour se mettre sous le feu des projecteurs, et commencer la saison…

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L’imposteur

Il est venu il y a quelques temps avec son sourire chaleureux et son verbe ardent, annoncer le changement: 2015, le renouveau, le printemps, les petites fleurs et la vie qui suit les sentiers qui ondulent dans la verte campagne…

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J’ai voulu  honorer sa présence, l’agréer, le gâter: il le méritait bien, lui qui éclairait les chemins.

J’ai profité de sa flamme pour me lancer dans des projets compliqués: il serait là pour m’illuminer, maintenant.

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(il faut au moins un soleil pour se lancer dans le décalquage du Burda sans perdre 25/10e à chaque oeil…)

Je ne peux pas dire que ça a été facile. J’ai fini le projet toute seule dans le froid et la bruine, il était déjà parti ailleurs, l’imposteur…

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Robe Burda 120 juillet 2010, taille 38, mousseline de soie nude Etoffes des héros, jersey de lin ivoire Toto.

C’est un projet qui me tenait à cœur depuis longtemps, mais je n’osais trop me lancer : monsieur Burda l’a classée dans les « difficiles »,trouver le tissu adéquat n’était pas évident, et puis je ne savais quelle taille découper: en général j’élargis au 40 au niveau de la poitrine et des hanches et je fais 38 pour les épaules et la taille, sauf que là y a plein de pièces « devant », c’est lesquelles, dis, qu’il faut agrandir?

Oui, je sais, en faisant une toile, j’aurais pu avoir la réponse. Mais je suis joueuse et je préfère couper de la mousseline de soie les yeux fermés. Même pas peur.

J’ai donc passé le cap du trois étoiles en Burda, et j’ai même pu noter qu’il y a une grossière erreur sur ce patron au niveau de la fermeture éclair, que tu ne peux coudre que jusqu’à la ceinture: sur la jupe, le jersey et la mousseline n’ayant pas la même coupe (la doublure en jersey est ajustée, la jupe en mousseline est plissée), si tu couds la fermeture éclair sur les deux, ça devient totalement informe… L’enfilage, est donc un peu acrobatique, mais ça passe…

Je n’ai donc pas suivi complètement les instructions de montage, pour régler ce problème, et j’ai aussi fait des plis plats plutôt que des fronces.

 

Tu as vu, Mauricette a les béquilles assorties. Elle les a piqué en douce à celle qui s’est fait 2 entorses et une fracture de chevilles en 3 mois. Ce qu’il ne faut pas faire pour louper quelques heures au collège….

Je noie le poisson, mais je sais, tu veux savoir, tu piaffes, tu trépignes: alors, tu le rentres, ton bonnet D, dans le minuscule morceau de tissu élastiqué?…

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Mais voui mais voui. Bon faut pas trop que je tousse, et il va falloir que j’intensifie les séances de sport avant l’été. Et aussi que je fasse les magasins de lingerie pour la corseterie adaptée aux bretelles…

Mais j’ai tout le temps de me refaire une silhouette: l’imposteur est parti.

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Savoir finir


J’ai jamais trop aimé les fins.

Fin de séries, fin de l’histoire, fin de siècle, fin de règne,  fin de saison… fin d’hiver…

Il y a peu, je vantais le mois de novembre lumineux, quand le jour lentement diminuait, pour t’emmitoufler dans sa chaleureuse douceur tamisée. Je le préfère nettement à ce pervers février, qui te fait vaguement croire que la fin des souffrances est proche, que le renouveau arrive, pour te laisser glacée sous la pluie… oui, mais dans la lumière du jour… (je préfère le noir qui cache la tristesse qui ruisselle…)

Février est celui de l’interminable et triste finitude, le mois qui se termine plus vite pour te laisser espérer que ça ira mieux bientôt, alors que c’est si long, la fin… surtout au début…

Février est le mois où tu crois que tu vas rebondir et sortir du trou, mais c’est tout verglacé, ça colle dans le fond de la caverne, pas moyen de s’extirper.

Où tu cherches un peu d’or et de légèreté.

J’ai cousu un peu d’or.

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Tee shirt col Bénitier du Burda 10/2014 (je n’ai pas cousu le col, comme indiqué, préférant le laisser bailler à l’envi…), taille 38 sans marges de coutures (c’est pas exprès, j’ai juste oublié de les rajouter, mais heureusement Burda taille grand).

Tissu en probable polyester kibrille, offert par ma Keupine sans aucune raison valable il y a bien longtemps. J’ai attendu d’en avoir besoin au moral pour couper dedans…

Et j’ai trouvé un peu de légèreté.

En écoutant ma soeur se prendre pour Marguerite. Dans le Centre de lutte contre le cancer, il y avait des patients, des médecins, des bips, des fauteuils, des sonneries, des infirmiers. Et de la musique; juste pour le plaisir de partager, de faire sourire et d’émouvoir.

Concert airs d’opéra from Fanny on Vimeo. (le son est pourri, pardon)

Concert Becquerel la mouche from Fanny on Vimeo.

Je ne sais pas si ce sera suffisant pour finir.

Je sors une main du trou. Tu m’aides à sortir?

(mitaines tricotées pour ma Keupine. Officiellement pour son anniversaire, avec 3 mois de retard… Mais ça réchauffe le triste février, alors que son novembre était si doux…)

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