Anti Si Prout

Avec mon fils, je partage un certain nombre de choses. Le goût des jeux de mots foireux, la place dans la fratrie, les yeux de cochons, les poils de tête (qu’on pourrait en faire des archets, tellement qu’ils sont raides), et un certain sens de l’irrespect. Si on lui dit qu’il me ressemble, il dit « ah non, je suis beaucoup plus jeune et plus beau que toi ». Et comme en général, je me marre, je crois qu’on est bien parti pour en faire de la graine d’anarchiste. Au collège, son sourire narquois risque de donner bien du plaisir à mes ex-collègues…

DSC_2507

Cette année, outre les bidules habituels, il m’a fait une commande.

Et cette année, contrairement à d’habitude (peut être le fait d’avoir une cuisine pas en travaux?), j’ai anticipé…

DSC_2500

Les jolis parquets préparés avec les tampons de La Fabutineuse…

DSC_2497

DSC_2498

DSC_2499

Et la cape de Mandrake, fabriquée à partir de ce patron, (gratuit et très chouette) en taille 10 ans et en satin trouvé dans une boutique à côté de Saint Lazare (bien contente de l’avoir dénichée, celle ci, pour les longues attentes en sortie de réunions…)

Tout était fin prêt pour le jour J, ce jour, celui qui rend la grise fête des morts souriante et bruyante (rapport au train électrique au dessus de ma tête…)

DSC_2514

DSC_2516

 

Share Button

Le discret

Quand je fais un billet, c’est  pour dire que tout va mal, que la vie est trop dense, que j’ai jamais le temps, que c’est trop injuste, que les autres sont des méchants, que j’aime pas les blogueuses et en plus que je m’en fous que le Grand Commentateur de machs de foot ait avalé son micro, je préférerai qu’on fasse les gros titres avec l’enjeu des élections en Grèce.

Ou bien encore pour me gargariser de mon immense talent de Douitmaïself entre keupines, pasque là du coup, je les aime bien les blogueuses quand elles viennent me parler de mon génie.

Mais en fait, je fais rarement le billet sur la vie est belle, c’est chouette d’être moi, toussa. On peut dire que c’est parce que ça n’arrive pas souvent, c’est le lot des jalouses aigries frustrées élevées dans la critique permanente, elles sont malheureuses en fait. (J’avoue, j’ai un faible pour les billets qui « font débat » dans la blogosphère, quand une méchante ose une critique, sur un sujet aussi fondamental que le niveau de couture de la voisine, le rapport qualité/prix de la laine LD, ou bien sur l’imperfection de leurs modèles et que ça finit en bêlement général sur la perfidie des envieuses.) 

Sans doute aussi parce que c’est convenu, le beuhneur. Voire même parce que c’est peut-être un tantinet indécent. Un peu comme promouvoir des marques chères, parce qu’on peut se les acheter, sans imaginer la frustration que cela peut susciter.

Du coup, du Discret, je n’en parle pas beaucoup… sauf pour dire qu’il a un abonnement aux urgences, qu’il grimpe partout, qu’il crie beaucoup pour se faire une place entre les deux dragons.

Je n’ai jamais dit, je crois, à quel point tout est facile depuis sa naissance. Je ne me souviens pas m’être demandée si on avait fait des erreurs avec lui.

Plutôt que de jouer à la DS, il se construit un muséum d’histoire naturelle en carton.

DSC_1603

Il aime Claude Ponti, Léonard, Garfield et Gaston, et pourrait lire un « cabane magique » par jour.

Il était allé en horaires aménagés parce que bon élève, parce que sa soeur, et parce que c’est pratique pour nous. Il a choisi de faire du piano, sans grande conviction au début, et il a ajouté la trompette cette année. On se disait qu’il aimait bien la musique, mais sans plus.

 

Mais il a savouré sa « mention très bien avec félicitations », avec un sourire banane. Il l’a gardé pour lui, avec sa fierté rentrée et son assurance de petit garçon facile et heureux.

Discrètement.

Share Button

Les petits instants

Je ne t’apprendrais pas, chère lectrice multipare récidiviste, que les enfants sont, à l’instar du chien de la voisine (qui défèque devant ton perron tous les matins), des taupes et de Jean Marc Sylvestre, des petits parasites qui font rien qu’à t’énerver. Mais autant on admettra que tu ne portes aucune responsabilité concernant les déjections canines, les irrépressibles besoins de forage, et les inepties libérales, autant, sur les enfants, tu conviendras avec moi que tu en portes un peu la croix, sauf si tu cherches à faire croire à l’Immaculée Conception….

Tu te lèves donc 12 fois par nuit quand ils sont nouveaux nés, tu t’inventes une maison à un mètre du plancher quand ils mettent des petits beurres et des bananes dans le lecteur DVD, tu deviens taxi driveuse quand ils font du cor anglais, de l’escalade du dessin du poney et puis aussi maman j’aimerai bien faire du tir à l’arc… Tu arrêtes l’alcool et la clope quand ils sont ados, et tu passes tes nuits à lire le petit manuel de l’adolescent « mais aaaaaarticuuuuuule » quand ils lèvent les yeux au ciel et claquent les portes en criant « c’est toujours pareil dans cette maison, on n’a jamais le droit de faire ce qu’on veut, c’est trop nul, et Kevin, ses parents ils sont trop sympas, ils fument même des oinj avec lui ».

Bref. Tu rachètes un peu ton péché originel.

Cependant, il arrive parfois, rarement, c’est vrai, que les petits parasites te procurent des petits instants de bonheur, des petites douceurs toutes chaudes en rentrant du froid polaire après une journée bien remplie.

Voire que tu les trouves presque géniaux. Un peu comme si tu y voyais une descendance, et pas juste un parasite…

DSC_1006

Simon (8 ans) , qui a une wii et une DS, préfère se fabriquer une console de jeu.

Il vient de composer son premier morceau. Avec plein de dièses et des doubles croches.

Demain il ajoute la main gauche, qu’il a dit….

DSC_0995

DSC_1001

 

 

Share Button

Le principe éducatif de base

Comme je suis une mère parfaite qui sait tout de la vie parce que j’ai des idées très arrêtées qui sont forcément les meilleures vu que ce sont les miennes, je vais te donner un petit  conseil plein de bon sens, si tu veux éduquer tes enfants dans l’harmonie, la grâce et le beunheur.

Tu crois que tes enfants sont des petits clones de toi (mais en mieux, encore, car au lieu d’avoir eu ta mère comme mère, ils t’ont toi, c’est à dire une sorte de perfection divine incarnée), et ben tu te trompes. Tu te mets le doigt dans l’oeil et comme tu t’es pas lavé les mains après t’être curé le nez tu vas avoir une belle conjonctivite.

J’ai longtemps cru que mes enfants, mal elevés par une gaucho anarchiste notoire à vague tendance constestataire rebelle, seraient forcément des futurs peace and lovers eleveurs de chèvres dans le Limousin.

A Noël, j’ai eu comme un choc.

Attention, les images qui suivent sont d’une rare violence et peuvent choquer les libertaires sensibles.

 

Simon2

Voilà.

Il a passé sa soirée à distribuer des contraventions.

A passer les menottes aux délinquants…

menottes

….

Le conseil donc, si tu veux que tes enfants te ressemblent: dis à la mère que tu es de faire exactement l’inverse de ce que la femme ferait.

Allez. Je vais voter Sarkozy et mettre un serre tête et une jupe bleue marine.

J’en profite pour vous souhaiter une excellente année 2012, celle de tous les espoirs, de tous les possibles et de toutes les inquiétudes aussi!

Fanny

 

 

 

Share Button

M’enfin?

Vous saviez, que j’avais un fils?

oui, y a d’Joe. C’est vrai, j’en parle beaucoup, de Joe. Vazy que je te fais un petit préma pour finir ta prestigieuse carrière d’utérus. Vazy que je t’élève un caractériel eunurésique gaucher puis droitier puis un peu des deux pour finir ta carrière de mère débordée. Vazy que je t’éduque un futur petit chef agité du bocal à talonnettes pour finir ta carrière de pédagogue anarchiste désabusée. C’est vrai. Joe monopolise un peu la conversation.

Donc, j’ai un deuxième fils. Gaston. Sa réincarnation. Son modèle, son héros.

Simon

Gaston fabrique des labyrinthes, soupire sa mélancolie de l’année dernière, quand il a eu sa maitresse préférée, qui faisait faire des arts plastiques et pratiquait la pédagogie Freinet. Gaston fait de la trompette et du piano,et de la danse moderne. Mais aussi, ç’aurait été bien de trouver un cours d’arts plastiques maman, parce que ce que je préfère, moi, c’est le dessin… (et Gaston n’insiste pas. Alors … pfff….)

Gaston est soit très calme, quand il relit tous les Gaston, Tintin et Garfield pendant 4 heures, ou complètement surexcité. Son poignet, sa clavicule et sa tête peuvent en témoigner. Gaston n’exprime rien. Quand il est triste, il a mal au ventre. Quand il est gai, il fait un sourire. Point trop n’en faut.

Gaston a eu un train de marchandises pour ses 8 ans, et il aime les vieux objets d’avant comme sa mère.

Il joue à faire des musées avec ses trésors.

Il joue aux billes.

Alors je lui ai fait un sac de billes.

sac de billes

je ne veux pas de décorations, maman, juste un « s ». J’aime bien quand tu me fais de la couture, maman.

Gaston, il aime pas trop le travail, non plus. C’est dommage, la maitresse, elle ne demande pas qu’on joue, comme l’année dernière, elle demande qu’on travaille. C’est dur, de travailler tout le temps.

Moi, je trouve que c’est trop long d’attendre 60 ans pour arrêter de travailler…

Simon2

Share Button

La revanche du garçon sage

Simon_avant
Des fois, être le chouchou, le petit garçon sage qui ne fait pas d’histoires, qui fait ce qu’on lui demande de faire, qui est gentil, qui est câlin, qui est calme… qui sait lire quand il faut, qui écrit proprement, qui fait des beaux dessins plein d’émotions artistiques, qui commence le piano avec talent et bonne volonté…

C’est un peu pesant.

La rébellion commence.

Simon_apr_s

Simon,
– 4 dents (la petite souris ne connait pas la crise…)
– 1 poignet. Pour la clavicule, il y a 18 mois, c’est la robe de chambre qui avait gagné le combat final, par une vile parade glissante Là, c’est le noyer sauvage qui n’a pas voulu se laisser dresser, et s’est cabré traitreusement…

Share Button

La chambre du Chou chou.

Le chou chou, c’est celui à qui maman fait tout le temps des trucs en ce moment.
Pourtant, il en avait déjà une housse de couette…
Mais maman trouve que deux, c’est mieux, rapport au fait que des fois, faut la laver.
Maman avait trouvé ce tissu à Paris, toujours avec Carine (décidément, quelle prêtresse des bons plans!…), chez IE.
Mais maman est une grosse feignante de la housse de couette, parce que c’est une vraie chiotterie à couper et à coudre, la housse de couette, et en plus, c’est même pas franchement économique…

Donc, option feignasse; housse de couette unie (ou presque) marron de chez Ikéa, et hop, vazy que je t’applique des étoiles. Et une lune, parce que Simon, il veut la lune sur sa couette.

housse_de_couette_Simon1

housse_de_couette_SImon_3

Pas très original, c’est quasiment le même modèle que la première…
Mais bon:
housse_de_couette_Simon_2

Vouzavez vu ces étoiles appliquées de la mort?… Comment que j’ai fait des progrès pour que ça ce soit beau, régulier, et tout et tout?…
Si ça vous intéresse… (j’rigole toute seule rien qu’en écrivant…) je me suis filmée en train de les coudre et je peux vous faire un petit tuto de la gourdasse en appliqué…
Je rigole, parce qu’évidemment, j’ai attendu le jour de garde du héros, histoire de ne pas me faire foutre de ma trogne, et couché tous les enfants super tôt avec interdiction de faire pipi, cauchemars, petit verre d’eau ou autre prétexte fallacieux pour déranger moman, et hop, le caméscope sur un pied en équilibre sur la table à repasser… Si vous me dites « nan, merci ça ira, les appliqués d’façon, c’est trop fastoche, y a que toi pour trouver ça difficile, pis bon, ton tuto de débutante en couture, tu peux le garder pour ton Alzheimer précoce », alors là, j’serais hyper vexée.
Forcément.

Bon.
Sinon, le titre, c’est « la Chambre », pas « la housse de Couette ». ça ne vous aura pas échappé.
En fait, c’est juste pour faire un peu ma crâneuse.
Et rendre un énième hommage au héros aux multiples talents, qui a à nouveau joué avec sa machine préférée (pas la grosse aiguille, hein…)…
Et me rendre hommage à moi, qui ai trié un par un les crânes de playmobils scalpés par Joe, qui ai tout rangé par thème dans les petites boîtes, qui ai installé harmonieusement les mille joujoux aux couleurs criardes et totalement out off the tendance, apportés par cet empaffé de père Noël qui écoute même pas ce qu’on lui dit.

_tag_re_Simon

L’est pas beau, son Youniverss, là?…

Savez quoi? Il ose même plus jouer, tellement il a peur d’avoir à tout ranger…. Je vais être obligée de remettre tout en souk pour ne pas rendre mon fils maniaco dépressif…

Share Button

génétique

Le 11 novembre, c’est férié, dit Simon en rentrant de l’école, parce qu’il y a eu la première guerre mondiale.
Le 11 novembre, c’est férié, dit maman, vous faites ce que vous voulez, maman tricote, musique, cuisine. Papa sieste.
Le 11 novembre, Simon passe la journée à son bureau avec ses feutres.
Des bonshommes, des animaux, des maisons?…
Nooooon, l’armistice!
dessin_Simon_11_novembre

Et après?…
dessin_Simon_11_novembre_2

Serait pas le fils de sa mère, le neveu de son tonton, le filleul de son parrain?… (c’est le même en fait, mais j’aime bien en faire des caisses…)

Simon, 6 ans et une semaine.

(oooooh… pas d’anniversaire de fou, de chasse au trésor de la mort, de mystère à élucider?… Ben non. La punition de l’enfant né en Novembre. L’anniversaire, ce sera Woupi, la honte…)

Share Button

La raison du deuxième

Le deuxième est un drôle d’enfant. Souvent à la limite de la perfection (sage, beau, rapide, doué, loquace, intelligent, sensible…) et en même temps si énervant (paresseux,  en rapport à ses capacités, insolent, têtu, taquin, pleurnichard…). A tel point que ses parents se demandent comment on peut être autant les deux à la fois.
Sa mère, qui essaie de réfléchir, des fois, vient de trouver la solution.

Le deuxième est équipé d’une petite machine. Peut être une sorte de balance ou un détecteur, qui le fait passer de l’un à l’autre. Car le deuxième a un sens surdéveloppé de la justice. C’est pour ça sans doute qu’à 18 mois il savait déjà compter. C’est pour ça qu’il graisse de temps à autres la sirène à injustice et qu’il la met en route au moindre faux pas de ses parents.

Sa mère est encore régulièrement surprise de ses réactions, mais mardi, en rentrant de l’école, elle savait.

Elle offre à la grande son joli  ensemble pour faire la belle le mercredi, et elle voit… la petite molette qui tourne dans les yeux. La machine se met en route.

« Dis maman, pourquoi tu ne me fais jamais rien à moi? »

C’est comme ça, sa mère sait, mais elle est incapable d’anticiper. Elle aurait pu lui expliquer que vraiment, les tissus qu’on trouve pour les garçons… bouarf. (oui, même le car’s de la droguerie, désolée, j’aime po, et en plus, le deuxième, comme sa mère, n’aime pas les voitures…)

Elle s’est méfié. Le deuxième, très autonome, est capable d’aller fouiller le carton à tissus. De sortir ce coupon de jersey qu’elle lui a promis. Il faudrait qu’elle lui explique que ce p*  de jersey, là, il fait super peur à maman, parce que c’est une vraie chiotte à coudre.

Elle s’est doublement méfié, car le deuxième a réponse à tout, il est capable de dire (devant le père, et là, c’est railleries assurées jusqu’en 2015): « ben maman, pourquoi tu l’as acheté, si c’est difficile à coudre? » Ahem…

Donc, sa mère s’exécute. Pas le temps de chercher d’autres tissus. Hop, les jolis mercredis. Et là, on tente le défi du deuxième: du jersey, du biais en stock (un bleu ou vert plus trash aurait été mieux, mais elle n’avait que la soirée pour coudre et pas de magasins dans le parc à huîtres) des rayures, une tunique. On prend son temps, on bâtit tout parfois deux fois. On n’ose pas la patte indéchirable et on prie pour ne pas s’être trompé…

tunique_simon

Rayures presque alignées, manches un peu trop raccourcies à cause de la coupe, mais ça va. J’ai foiré les côtés arrondis, mais je ne sais pas comment on peut arrondir un ourlet correctement sur du jersey!

Tissu Wowo.

Le verdict du deuxième est en attente…

Retour d’école: justice est faite (et maman n’a plus qu’un ou deux boutons à coudre)

TUNIQUE_SIMON2tunique_simon3

C’est bon, Simon, tu peux arrêter de faire l’andouille…

(oups, et si ma théorie était fausse…?)

Share Button

caractères…

caract_res

… s’affirment très tôt… Paraît-il…

Share Button