Peau d’âne, cendrillon et moi

Je sens mes lectrices antisociales défaillir… Quoi? Moi, j’aurai cédé aux sirènes du troupeau? Moi qui me plaint (souvent, car je suis une plainte permanente, un grognement perpétuel, une sempiternelle récrimination…) de ne pas avoir de temps pour coudre, vous croyez vraiment que j’aurai acheté ce livre, ce si beau livre de déguisements meeeeeerveilleux et si pouétiques,  où les patrons n’indiquent pas le bon métrage, ne donnent pas les bonnes planches, et taillent pour des mutants yankees nourris aux hamburgers frites,  de 3 m 50 sur 12?… Tout cela est … si surprenant, ils sont pourtant d’habitude si soignés, ces patrons…

Hin hin.

Oh pardon, ça m’a échappé.

Point du tout, je ne te cause pas de peau de bestiole trafiquée avec de la moumoute synthétique et des oreilles qui pendouillent lamentablement, ni de robe en satin rôôôse. Je te parle des vraies Peau d’Âne et Cendrillon, celles qui ont bercé mon univers d’enfant romantique, qui attendait le prince charmant en écrivant des poyèmes à la plume. J’ai déjà fait mon coming out de petite fille douce et sage, habillée en rose et regardant mollement l’horizon. En plus de ça, comme toutes les petites filles, j’ai lu des contes de fées, vibré pour le beau Prince et rêvé d’être comme la Princesse. Les boules. Fiona n’était pas née, je ne pouvais pas encore m’identifier à celle qui dit des gros mots et fait péter la grenouille.
De cette époque cul-cul, consignée quelque part dans des cahiers Sarah Kay qui sentent la fraise, j’ai gardé comme une sorte de fierté, car j’avais un point commun avec les princesses. Si si. Incrédules vous êtes? Je vous entends penser à la marâtre acariâtre qui pourrait expliquer un tel traumatisme.
Et ben non. Le point commun, celui qui fait ma fierté depuis toujours, me rendant éligible au rang de la princesse, ce sont mes panards et mes paluches.  Vous vous souvenez, toutes ces Berthe chaussant du 40 essayant d’enfiler la chaussure de vair minuscule? Toutes ces greluches se contorsionnant pour enfiler le tout petit anneau sur leurs gros doigts boudinés?  Ben moi, je passe le casting haut la main, avec la quasi plus petite taille d’anneau et des tatanes qui ont du mal à tenir le sol tellement qu’elles sont petites. A quoi tiennent nos petites fiertés, quand même…
En plus, mon orgueil ne cesse de s’amplifier, comme une grosse baudruche graisseuse, car mes enfants ont eu le fort bon goût de développer les mêmes caractéristiques génétiques. Ce sont des sortes de petits Moi, donc ils sont parfaits. J’ai bien fait de me reproduire, pour l’avenir de l’humanité.
H, surtout. A 10 ans, elle chausse du 33, et ses mains sont des minuscules petites choses pleines de doigts. So chic.

Le hic, c’est les gants. En taille 6 ans, les gants sont roses, sont plus souvent des moufles et pas des mitaines comme elle souhaitait. Car les mitaines, c’est un accessoire très tendance chez la préado. J’avais donc une commande de mitaines, mais avec le petit capuchon rabattable pour ne pas avoir froid. ça, et pas autre chose. (aucun lien, dans ce trait de caractère, avec une transmission génétique quelconque, je vous en prie, restons dans le sujet…)
Quelques heures de Ravelry plus tard, quelques visionnages  de magic loop dans le miroir (car je vous rappelle que je fais tout à l’envers, donc je matte les vidéos des droitières dans un miroir, le plus souvent lorsque je suis seule, car j’ai conscience du ridicule de la chose… ), et hop, cendrillon/ peau d’âne a ses mitaines…
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Modèle: Urban Necessity Gloves sur Ravelry
Laine Alpaca Drops (les restes…) toujours en aiguilles 3 et magic loop. Petites pressions Ar Brinic pour tenir le capuchon.

Je  n’ai pas réussi à bien comprendre les différentes augmentations intercalaires droites et gauches, ça fait des petits trous, va falloir que je retravaille mon miroir, ô beau miroir…
C’est une bidouille car la laine prévue se tricote en 4,5, je crois, j’ai donc monté les mailles comme pour la taille la plus grande, et ça colle...

Et Cendrillon va pouvoir négligemment perdre ses gants à l’école. Elle peut, c’est une princesse…

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Jusqu’ici, tout va bien…

Je sais ce que vous vous dites, lectrices aguerries au style blogosphérique. Ca y est, elle nous refait un coup de teasing. On ne vous la fait pas, à vous, vous avez étudié ce nouveau genre littéraire en khâgne. Voire à Sciences Po, ou à Normale. Vous savez qu’il y a trois grands courants littéraires contemporains, donnant une image à la fois multiple et juste de la femme moderne.
Il y a tout d’abord, mais je ne vous apprends rien, puisque vous savez tout, la « Raconteuse ». Un message par jour minimum, un style narratif sobre et épuré, dans lequel l’infinitif est roi. Boire du thé duschmoll/Ranger la chambre de Georges/ Faire un gratin de courgettes. Tout cela agrémenté de photos sublimant le quotidien. On y trouvait il y a quelques temps moults pieds dans des endroits très reconnaissables, maintenant la tendance est plutôt au vintèèèèdge, la photo vieillie où ne voit rien, car bien sûr, la blogueuse narrative est pudique, elle ne fait qu’entrouvrir la fenêtre.

Il y a aussi la « Ténébreuse ». Elle raconte des histoires que le péquin ne peut comprendre. Les allusions sont ciblées, les métaphores filées… Elle s’adresse au Cercle. Il y a un petit côté Sherlock, à lire ces blogs, on essaie de reconstituer, de traduire, on traque l’indice, c’est amusant. Et pour le Cercle, se savoir intronisé  doit être fort excitant.

Il y a enfin la « Comique ». Aaaaah que cet exercice est difficile. Il faut trouver la situation amusante, savoir la mettre en scène, en mots, sans excès. Comme on vit toutes à peu près la même situation, on tombe vite dans la redite. La difficulté étant de ne pas copier la voisine, de ne pas utiliser le vocabulaire in et drôle mis à la mode par la keupine. Tiens, par exemple, évite keupine, trouzemille. Parle de ton George plutôt que de tes nichons. (vulgaiaiaire, pas bien!) Ne « procrastine » pas, car tout le monde le fait. Evite la fass’, et tout ce qui est déjà vu. Ou alors tu vas le piquer sur un blog où personne ne va, sinon, on te prendra pour un énième avatar du blog de…
Et puis de toute façon, les métaphores ne sont encore protégées par copyright, c’est pas comme copier une étoile sur un coussin, ze concept younique que personne d’autre ne peut faire, heureusement. Donc, tu peux aisément comparer la blogosphère à une cour de récré sur ton blog hyper populaire, je ne t’en voudrais pas…

(je te parle de la blogueuse qui raconte sa vie, pas celle que se contente de mettre sobrement ce qu’elle produit modestement avec ses petits doigts boudinés…)

Donc, comme tu sais tout ça, je ne t’apprends pas ce que c’est que le teasing.
Ben oui.
Mais sauf que c’est pas vraiment ça, tu vois.
Tu as déjà tricoté un vrai pull en aiguilles 3, en traficouillant le modèle qui s’arrête au 8 ans, pour en faire du 12 ans, et en n’utilisant pas la laine préconisée?
Après avoir donné ton pull trop beau en soie à ta keupine (rha crotte, je l’ai dit) au lieu de crâner avec?
Bon, alors si tout ça t’était arrivé, tu ferais moins ta maline, je te signale.
C’est pas du teasing, c’est de la psychothérapie.
Jusque là, tout va bien…
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J’suis snob….

La lecture de ce blog pourrait laisser supposer que son auteure est richanthrope.
On y voit des riches, dépeints avec cette innocence candide, cette suffisance morale, cet égotisme empli de la certitude que leur réussite n’est due qu’à leur talent.

C’est vrai qu’on pourrait croire que je n’aime pas les gens riches.
D’aucuns diront sans doute que je ne suis rien qu’une jalouse.
Mais non, même pas, c’est plutôt par pure méchanceté, que je m’attaque ainsi aux riches.

Car voyez vous, ça me désespère, bien sûr… mais je suis moi même un gens riche. Je ne peux donc pas être jalouse du riche.
Enfin riche, entendons nous, quand même. Pas d’actions en bourse, pas de stock options, pas de spéculation, pas de résidence au bord de la mer, pas d’heures supplémentaires, pas de consultations privées dans le public… tout cela pour des raisons morales plus qu’économiques.

Mais tous les attributs des gens riches, figurez vous, je les ai. Des enfants plutôt bien élevés, polis, gentils (si si, tout le monde le dit. Même Joe. Comme quoi j’en fais vraiment des caisses), qui font plein d’activités qui se terminent toujours par « super ». Qui marchent bien à l’école, à la musique, au sport, sans qu’on soit derrière. Qui sont enthousiastes de tout, disent merci, bonne nuit, je t’aime.
J’en vois qui disent: « tout le monde peut faire des gosses, c’est pas ça la richesse ». Ouais, mais avec une grande maison pour les loger, un jardin pour les défouler, un appareil photo pour les immortaliser, de l’argent pour acheter les instruments, des vacances pour leur ouvrir l’horizon… Je n’ai pas l’impression d’avoir beaucoup de mérite.

Je serais pauvre, ce serait beaucoup plus simple pour moi. Plaignez moi, je vous en prie. J’aimerais beaucoup adopter la posture de la pauvre petite fille riche…Ce serait d’un snob, mais d’un snob!

Ma méchanceté ne s’explique donc pas par ma jalousie de pauvre, mais juste par mon snobisme.
Je suis d’un snob, si vous saviez!
Le snob, c’est celui qui est riche et fait semblant de ne pas l’être, car pensez donc, le riche, tout de même…

« Les riches, au fond, ne sont qu’une minorité de pauvres qui ont réussi », disait le Philosophe. Ça en jette, hein? ça fait tout de suite cultivé, ça fait tout suite la fille qui a lu…. le dictionnaire des citations…

LA snob, c’est celle qui va chez MERCI pour dire qu’il ne faut pas y aller. Mais irait bien vérifier quand même de temps en temps, qu’il n’y a pas un accessoire indispensable de snob.
La snob, c’est celle qui achète des tissus japonais juste pour ne pas acheter du liberty comme tout le monde.
La snob critique les Youniverss mais ne se sent bien qu’en esthète du quotidien.

… Je suis tellement snob…
Que je fais un pull La Droguerie.
La Droguerie… Vous savez, cette boutique qui vend des laines très belles et très coûteuses (je pourrais dire « un bras », mais je tiens trop à mes membres, maintenant…), accompagnées de modèles très cheap qui font le tour du monde virtuel, on se demande bien  pourquoi  -très très bonne stratégie commerciale, peut être?…- tellement on peut trouver mieux sur Ravelry.
Quand on est riche, on prend les modèles La Droguerie, mais évidemment, on utilise une laine la Droguerie. On se retrouve avec un pull plus onéreux que si on l’avait acheté dans le commerce, et souvent peu adapté à son corps de rêve, vu qu’ils étudient leurs modèles sur des sacs à patates.
Quand on est pauvre, on ne se fait pas avoir, on va sur Ravelry, et on tricote de la Phidar.
Quand on est snob, on tricote le modèle la Droguerie que personne n’a encore fait (ce qui est très inquiétant, car quand tout le monde l’a fait, c’est déjà mal construit, alors quand on est prems….), mais avec une autre laine….
pull_Loulou

Découvrez la playlist fanny avec Boris Vian

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« Il y a encore du bon en lui »…

« Pcccchhhhh pcccchhhhhh,
you are my son, Luke ».
..

J’ai essayé de résister, mais je peux point.
Le côté obscur me repousse.
Je suis trop gentille, en fait.

J’aurais pu le présenter de manière cynique. Genre, quand tu n’as rien à dire, sur ton blog de blogueuse, tu mets en scène tes gosses et tu montres à quel point ils sont beaux, hors du commun, intelligents et sensibles.
Je ne peux même pas, ça m’est tombé dessus comme ça (d’ailleurs, si ça avait été prémédité, j’aurai peut être enlevé la robe de chambre…)… Un disque et le voilà qui va chercher sa baguette…

A votre avis, il veut faire quoi, comme métier, Joe…?

Je vais être obligée de me faire des macarons sur la tête. Remarquez ça ira pas mal avec mes bottes.

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Le blues de la blogueuse silencieuse

Il y a des moments douloureux dans la vie d’une blogueuse.

Celui, notamment, où elle n’a rien à dire.

Pas celui où elle cherche ses mots enfiévrés sur un épineux problème de société. Sujets de dissertation, vous avez 30 minutes:  Est ce mieux de faire du 80A, ou du 95 D? Le travail après des années d’études est-il une nécessité, un luxe ou une punition? Merci est-il bobo? Faut-il préférer les cup cakes ou les muffins?

Non, celui où elle n’a vraiment, vraiment rien à dire.  Et ce depuis plus d’une semaine.
Elle constate, le ventre noué, la gorge serrée, l’œil humide, que les statistiques sont ingrates, la célébrité éphémère, et les collègues et néanmoins amies (pardon, les « sisters », c’est que j’ai toujours eu du mal avec le vocabulaire, mais je travaille dur pour être blogophone…) beaucoup plus performantes.

Bien sûr, elle s’en moque, elle est au dessus de tout ça, la blogueuse. Elle sait qu’elle a du talent et que son public l’attendra au bout du clic. Elle est juste là pour partager, rencontrer, faire profiter les autres de son bon goût.
Ou pas.
Peut être que des fois, elle bascule un peu du côté obscur, la blogueuse.

Alors, moi, blogueuse méchante, je vais revêtir mon casque noir, pccccchhhh pchhh, mon sabre laser rouge, et je vais t’expliquer comment on passe du côté obscur. Je ne me fais pas de souci sur l’armée de chevaliers jedi qui va me tomber dessus…

Première solution:
Tu t’es lancée dans un projet super long, super chiant, super dur. Forcément ça prend des mois. Tu peux tricoter des petites conneries entre temps, mais ton gros coup ne se termine jamais, c’est pas rentable…
Sinon tu peux teaser. A chaque rang, une nouvelle photo, de la laine en gros plan, de la maille parfaite, de la bordure, ou bien de l’avancement sur ton corps de déesse.
Mise en pratique (pcccchhh pchhhh, sabre laser)
Matilda_Jane

En plus, ce putain de bordel de gilet de mes deux, a bien l’air d’être trop grand, non?…. (les gros mots, j’ai le droit, je suis du côté obscur!…)
Si vraiment tu es une grosse feignante et que tu ne t’es lancée dans rien du tout, parce que des fois c’est vrai,  ça gave, le stakhanovisme du tricot, tu peux aller  dans un magasin qui surfe sur la vague du « home made », acheter un joli gilet en point mousse bien régulier, changer deux trois boutons, et emballé c’est pesé, « c’est môôôôâââââ qui l’ait fait!!! » Si si, ça se fait….. le tout, c’est de ne pas se faire goaler, comme en contrôle de maths…

Deuxième solution:
Tu rencontres des stars de la blogosphère lors d’une journée très hype, dans un restau tendance ou dans un intérieur design, dont tout le monde  connait les moindres détails en n’y ayant jamais mis les pieds… si tu as la chance de le poser, n’oublie pas de l’immortaliser, ton 40 fillette sur le carrelage VIB…
Et ben figurez vous que j’ai failli. Mais j’ai po pu, à cause du pétrole qui vint à manquer. C’est padbol. J’ai bien vu ma copine G, héhé, mais j’ai oublié de photographier ma pizza pai et mon cheese burger. Et mon gobelet de café en carton. C’est ballot. J’ai pas le réflexe, c’est fâcheux…

Troisième solution:
Tu vas faire les magasins et tu photographies tout ce que tu achètes. Surtout si c’est très beau, très tendance et très cher.
Rhhhho, ça c’est cool. J’ai justement acheté (avec ma copine G, vile conseillère), une paire de bottes hyper trop belles et qui coûtent un bras.

photo1

En plus j’ai bonne conscience, j’ai fait une bonne action en achetant une marque « éthique » qui vise un  » public jeune et citadin, anticonformiste et indépendant, alternatif et audacieux ». Ouf. C’est tout moi.
L’honneur est sauf.

Quoi?

Qu’est ce qu’il dit, le petit bonhomme vert, dans le fond?
« de fermer ma gueule, je ferais mieux? »
Et ho, Yoda, ça va, c’est moi le côté obscur, les gros mots, toi, t’as pas le droit!!!!

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Redevenir fréquentable…

En cousant un petit plaid comme il faut.
En harmonisant mon univers.
En buvant mon thé mariage avec mes fesses sur du tissu japonais.
plaid_1

Tuto d’un petit blog sans prétention que personne ne connait,
Tissu Kokka commandé chez superbuzzy
.

Voyez comme je peux être bobo…

J’en profite pour clarifier un peu le fond de ma pensée… Je n’aime pas l’hypocrisie qui consiste à ne pas avoir conscience de sa recherche de lectorat. Le « j’ai ouvert ce blog pour les amis et voyez ce qu’il m’arrive » (sous-entendu: tout cela grâce à mon incommensurable talent). Je pense qu’un sociologue serait bien inspiré de faire une petite analyse des comportements sociogrégaires de la blogosphère. Mais j’ai bien conscience d’être la première schizophrène, celle qui a choisi les blogs collectifs (parce que c’est sympa, on y trouve de l’entraide et des conseils), qui a le commentaire facile et l’orgueil de la boite mail bien fournie. Néanmoins, oui, il y a la voie moyenne, celle qui consiste à ne pas être dupe, repérer l’hypocrisie, et y prendre, incontestablement, un certain plaisir…

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Petit précis de blogosphère pour ma copine G

Mon amie G a ouvert un blog.
Il est évidemment à son image, un petit peu farfelu, un petit peu gai, drôle et coloré. Un petit blog pour « la famille » qui est loin, un petit blog pour les photos, la vie…

Vous savez? On l’a toutes fait ce coup là… Nan, mais mon blog, c’est pour les proches, moi les réseaux, être connue, lue, vénérée, je m’en fiche, je veux juste un petit blog qui me ressemble et c’est tout…
Alors là, G, il va falloir être claire et choisir tout de suite. Soit tu te terres dans ton blog, avec tes trois petits commentaires dont les 3/4 sont de moi parce que j’ai toujours un truc à dire sur tout (et parce que je vous aimmmeeeuuuh et que ça me fait plaisir de vous voir…), soit tu te te dis comme nous toutes ici, qu’après tout, tu as un certain nombre de talents qu’il serait dommage de garder pour ce petit cercle restreint, et que tu vises à une certaine universalité de ce toi virtuel. La première solution, je ne l’ai pas choisie parce que j’ai bien trop de génie pour cela, donc je ne saurai trop te conseiller. Blog privé avec mot de passe, non référencement sur google… Ce n’est pas bien compliqué, quoi que les alarmistes en disent, de passer inaperçu sur la toile….

La deuxième solution, je la pratique depuis deux ans avec plus ou moins de bonheur, alors là, je peux te donner plein de conseils et de tuyaux pour être reconnue comme une star de la blogo, en tête des classements de blogs, et te donner ainsi le sentiment de puissance, d’importance, de reconnaissance sociale dont tu as besoin, car comme beaucoup de blogueuses, tu exerces ce métier ingrat d’instit’…tu es donc une sorte de sous-fifre de la société, n’ayons pas peur des mots.

Donc comment faire pour avoir plein d’inscrits sur sa niouze, pour être référencée sur plein de sites, pour être lue par plus de mille personnes par jour?
Faaaaaaaacile…..!
Déjà, il faut te créer un Youniversss, bien à toi. Tes couleurs punchy, là, c’est pas tendance, tu vois. Blanc, crème, ou encore mieux « taupe »!!!! Aaaaah le taupe…. Bien sûr, la « bannière » est indispensable. C’est elle qui t’identifie, qui signe ta personnalité… On peut faire dans le symbole, le végétal, ou mieux encore, l’animal… Je te déconseille la Poule, elle est prise depuis bien longtemps, et on risquerait de t’accuser de plagiat (une thématique bien fréquente sur la blogo où tout le monde copie tout le monde….). Le mouton, hé hé, désolée, c’est pris par bibi. Après il te reste le pangolin, si tu veux, je te le laisse.

Ensuite, il te faut pendant quelques temps, faire un travail à plein temps. Aller sur tous les blogs qui ont une certaine influence (ce n’est pas compliqué, ce sont ceux qui sont en tête de classement, ceux que tu retrouves systématiquement dans tous les jolis blogs qui tu aimes parcourir en croyant que leurs auteurs sont des filles comme toi, alors qu’en fait ce sont quasiment des chefs d’entreprises…) et laisser des commentaires. Si possible drôles, caustiques et bien écrits pour que l’on te repère et qu’on te clique dessus. Forcément, faut laisser l’adresse de ton blog, sinon ça ne marche pas. Et n’oublie pas non plus d’être d’accord avec tout le monde! Et puis,  commencer à coudre, tricoter, peindre, et t’inscrire sur les blogs collectifs, qui ont pour thématique ton loisir. Ou bien si tu n’as rien à faire, te prendre pour une critique littéraire. Il faut de toute façon avoir un truc consensuel à dire. Éviter de parler de conflits importants (sauf éventuellement de la mort ou de la maladie qui te touche de près, attirant voyeurisme et compassion… mais c’est pas très fun), ne pas dire que tes enfants t’énervent… Ils sont le plus important bonheur de ta vie, ils sont les plus merveilleux du monde, tu fais tout pour eux, tu passes des heures à leur trouver les plus beaux habits, les jouets design, et surtout, un UNIVERS…. leur chambre n’est pas une chambre, mets toi bien ça dans la tête, c’est leur Univers…. D’ailleurs, si tu peux arrêter de bosser pour en profiter au maximum, et leur créer le plus bel univers possible, avec tes blanches mains, c’est encore mieux…

Maintenant que tu as fait tout ça, participe. Aux jeux, aux défis, aux concours. Tu n’as rien à perdre, juste à mettre le lien sur ton blog. Et quand tu mets le lien, ça permet à l’auteur du blog de se placer en tête des classements. De se faire un réseau. Alors à ton tour, fais des jeux. Tant pis si tu ne connais pas les blogueuses, tant pis si tu trouves leur blog sans intérêt, tu fais maintenant partie du réseau, comme une petite araignée. Tu vas avoir les copines de bidule, qui vont venir « chez toi », commenter pour que tu viennes chez elle. Le tissage est commencé. Il ne reste plus qu’à l’entretenir régulièrement pour que les liens ne se détissent pas…

Les avantages de cette petite toile sont nombreux: tu peux vendre tes vieilles fringues. Tu peux tester de nouveaux produits, et faire de la « publicité »… Tu trouves des bons plans. Des « tutos » pour apprendre à faire des choses. Des amies.  Des fausses qui veulent juste une photo des rencontres sur les blogs ou un lien de plus. Mais aussi des vraies, qui ont conscience de la limite de l’exercice et de la schizophrénie un peu maladive  inhérente au fait de bloguer. (EDIT pour Angéla, Stéphanie et celles qui me trouvent trop cynique!)   A toi de faire le tri…

Tu peux aussi rester un petit blog pour la famille, vraiment, sans chercher à être lue… De toute façon je serai toujours ta copine en vrai…!

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LE tuto

Le tuto, amie novice, blogonaute débarqué de la lune, ou bien homme velu suçant encore son nonos avec les dents, le tuto, c’est LE truc qu’il faut faire quand tu blogues. Ça a beaucoup d’intérêts.
D’abord, ça montre à l’ensemble des blogonautes que tu es une fille super sympa qui partage ses petites astuces du quotidien. Genre, tu fais un tuto pour dire comment tu mets le thé dans le sachet, comment tu déroules le PQ dans le sens inverse des aiguilles d’une montre, ou comment tu utilises le fil à couper le beurre. C’est vrai qu’il y a toujours des imbécilenautes pour ne pas le savoir.
Ensuite, ça fait monter tes stats. Pour un peu que ton tuto soit référencé quelque part, tu as plein de visites gogoles sympas. « comment on fait pour enculer les mouches », « couper les cheveux en quatre sans se blesser », tout ça. ca change un peu du « blonde à forte poitrine » quasi quotidien.

J’ajouterai que c’est bien pratique pour la blogueuse paresseuse qui n’a pas le temps de coudre 12 vêtements la semaine. Deux articles pour le prix d’une couture, emballé c’est pesé, je vous mets le persil avec, ma petite dame?

Enfin, et ça c’est bien le plus important, ça te donne l’impression d’être supérieurement intelligente. Et comme je n’ai plus les regards pétris d’admiration baveuse de mes petits élèves en extase devant mon savoir incommensurable et mon sens de la pédagogie inné, il faut bien que je me venge sur quelqu’un.
J’ai bien essayé d’expliquer au héros comment on allume le fer à repasser. A mes enfants comment on rince la baignoire. Mais forcément c’est pas le genre de choses qui les met dans une transe extatique. Alors pendant que je vous choppe, là… Je vais vous apprendre, là, maintenant, sous vos yeux ébahis…
Comment on fait……… le pantalon Ottobre Guitar Jean’s. Même si vous n’aviez jamais eu l’intention de le faire!

Applaudissements

Ahem, allez, je commence.
Donc déjà, amie blogueuse, tu achètes là le magazine OTTOBRE 4, 2008. Sinon, c’est mal.
Ensuite, tu recopies le bon patron. Attention aux marges de couture, qui ne sont pas comprises. Les instructions générales sont traduites sur le forum des ottobre’s addicts.  Et tu vas à la page 38, pour les explications. Tu sues des dessous de bras, comme moi, alors tu te précipites sur ma traduction (approximative).

Coupe:
Couper les fonds de poche et la doublure de ceinture dans un coton plus fin et les autres pièces dans le denim. Couper aussi 4cmX 40cm de bande de denim pour les boucles de ceinture.

Couture

Instructions générales: piquer les lignes de couture au point droit et faire les finitions au point zig zag. Les doubles surpiqûres des ouvertures de poche sont espacées de 10 mm, les autres de 7 mm sauf instructions spéciales.

Entoiler la ceinture.

Poche à monnaie(6): Coudre l’ourlet du haut de poche en repliant sur l’envers. Replier les surplus de couture sur les autres bordures sur l’envers, et surpiquer la poche sur le devant de poche droit (4) comme indiqué sur le patron.

Les poches devant. Je me suis aidée de coupe-couture pour comprendre:

Coudre les fonds de poche (5) à l’ouverture de poche sur le panneau devant du pantalon (1) endroit contre endroit:

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Sous-piquer les surplus de couture sur les fonds de poche.

Plier les fonds de poche sur l’envers

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et surpiquer les ouvertures de poches.

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Épingler la poche sur le fond de poche, endroit contre endroit, et coudre l’arrière de poche. Bâtir à la machine les bords de poche à la taille.

tuto_4

Assemblage:

Replier le haut des bords des ouvertures de poche dos. Épingler et surpiquer les poches sur les dos de pantalons (3) à l’endroit indiqué sur le patron. Coudre les empiècements dos (2) aux dos de pantalon et surpiquer les coutures. Coudre les intérieurs de jambe:

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Replier les surplus de couture sur le dos et surpiquer les coutures.

Surjeter/surfiler les surplus de couture des bords de l’entrejambe.

Coudre l’entrejambe et poser la fermeture éclair à la patte, en suivant les instructions p 46 (schéma très clair!)

Coudre les côtés du pantalon, replier les surplus de couture sur le derrière et surpiquer les coutures de la ceinture jusqu’aux côtés des poches. replier, épingler et coudre les ourlets de jambe comme indiqué sur le patron.

Boucles de ceinture…. Heu… J’ai pas tout compris: Je crois qu’il fallait coudre la bande, la surpiquer au milieu, puis la couper en 5 morceaux d’égale longueur, et ensuite les épingler aux endroits indiqués, endroit contre endroit.

Ensuite, je n’ai pas fait de traduction précise: ne pas oublier de faire des boutonnières si vous mettez un élastique à trous à l’intérieur si votre fils est tout maigre, coudre endroit contre endroit les deux morceaux de ceinture, épingler sur le pantalon endroit contre endroit, replier le surplus à l’intérieur et surpiquer. (ma ceinture était un peu petite, également…). Coudre les boucles en haut de la ceinture.

Enfiler le beau pantalon sur le garçon et prendre une photo avant qu’il ne tire la langue (c’est le plus dur!)

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tu es une blogueuse solitaire et tu veux faire monter des stats…

… Alors fais comme moi! Pleure un petit coup, en menaçant de partir, pask y en une qui t’a embêtée à la récré…!

Les filles, vous êtes formidables. Des vrais commentaires intelligents, un débat, une réflexion sur les raisons de bloguer, le statut du blog, l’éthique de la blogosphère… Je vous adore. Pour de vrai, même pas que en blog.

« L’incident », c’était un épiphénomène, la goutte dans le (la?…) vase bien plein du ras le bol…

Mais tout cela m’a bien fait réfléchir à la façon dont je voulais me considérer dans ce monde.
D’abord, première chose, vous voyez, les liens, là? Ben fini. A pu. Je les enlève, parce que je ne veux pas faire de réseaux, de classement…

Et puis, sur le statut du blog, ça a été un bon gros sujet de débat.
Pour moi, il est mixte. Personnel, bien sûr, un peu, « fenêtre » comme on dit beaucoup sur les blogs. Mais pas seulement.  Le blog est aussi l’œuvre de son auteur, et comme toute œuvre, il doit être soumis à la critique. On ne peut pas irrémédiablement se cacher derrière le sacro saint « c’est mon univers et tu ne le critiques pas ».  Je me dis que la blogueuse, est quand même est une sacrée schizophrène, ou feignasse: je suis une créatrice, je montre ma création, par ma fenêtre ouverte… mais non non non, il ne faut pas la critiquer. Un peu trop facile à mon sens.
La critique est nécessaire! Elle est ce par quoi une personnalité se constitue. Elle n’est pas forcément jugement. Elle permet de se remettre en question, c’est un moteur de la vie, personnelle et sociale.

Donc je m’arroge le droit de critiquer.
Mais bon, je ne suis pas associable, non plus, je ne vais pas dire à tout le monde dans la rue « comment t’es trop moche aujourd’hui… ». Le but n’est pas de prendre les gens à rebrousse poil, mais d’avoir le droit d’émettre un avis, dans le respect de la personne.
Alors ensuite, il  y a encore une question un peu compliquée à laquelle j’ai du mal à répondre….

Pourquoi je vais sur ces blogs qui m’énervent…?
Plusieurs éléments, mais pas de justification claire: certains, je les aimais bien avant, et je n’aime pas ce qu’ils sont devenus.
Pour d’autres, leurs auteures font le même métier que moi, et j’avais l’impression d’une proximité qui n’existe pas…
Et enfin , c’est un peu comme Loft Story: j’y vais, je regarde juste pour exercer mon esprit critique. Essayer de comprendre pourquoi on y va, qu’est ce qui plait tant dans ce qui moi, m’exaspère…

Et pour finir, la magie de la blogosphère. Beaucoup de ces blogueuses qui m’agacent font partie du même monde que moi. Même boulot, mêmes tendances bobo, mêmes enfants… Et paradoxalement, ce n’est pas d’elles dont je me sens proche (enfin, quelques unes quand même, vous vexez pas, les profs et instits). Comme dirait Elodie, on se serait croisées, on ne se serait peut être jamais parlé…  Quand on creuse et qu’on dépasse le vernis superficiel, finalement, on trouve des gens formidables, très différents, et c’est une grande ouverture.

Et alors?…
Ben je continue, bien sûr.
Différemment, je pense. Pas sûr de participer aux jeux, même s’il y en a de marrants, par peur de me faire instrumentaliser dans une stratégie de linkage. On verra.
Et puis… Aiguisez vos commentaires… Moi aussi, je veux de la critique. De la bonne, de l’argumentée, de celle qui change ta vision des choses. On n’est pas là que pour être des pouf’ gloussantes. On a aussi un cerveau… et vous l’avez bien prouvé. Merci.

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De quoi je me mêle…?

Attention, c’est du lourd… Si vous n’avez pas un peu de
temps devant vous, ce n’est pas la peine de commencer, ce post exige un minimum
d’attention.

« De quoi je me mêle », vous vous souvenez peut
être si vous êtes lecteur assidu, c’était pour imager cette impression de
participer à un jeu auquel je n’étais pas conviée, à
une fête, sorte de cocktail mondain, qui m’est complètement
étranger.
Au début, je me sentais
un peu comme une araignée dans l’eau, et puis, petit à petit la toile s’est
tissée, laissant comme une impression de puissance et d’autosatisfaction, de
voir son nom dans les liens, de guetter les commentaires enthousiastes.
Et parfois une pointe de
déception : « quoi, seulement 3 commentaires là dessus, alors que
quand même, c’est géniâââââl, ce que j’écris…
»

Pour tisser sa toile, on commente les copines.
Personnellement, je mets un point d’honneur à la sincérité, mais il est évident
que la démarche n’est pas générale : les commentaires sont un moyen de
clic, hop, on appuie sur ton nom et la personne commentée découvre ton
« univers »…. C’est bien là toute la limite de l’exercice bloguesque.
On écrit, évidemment, pour être lu. On est satisfait quand il y a des
commentaires. Et on fait des commentaires pour être lu soit même… Et hop, cercle vicieux…

Alors on commente. Mais pas n’importe comment, bien sûr, car
pour être repéré parmi les 75 000 commentaires du blog tendance, il faut que
ton commentaire soit court
(sinon, il n’est pas lu, malheureuse, c’est comme
les messages
trop longs sur ton
blog !!!!)
, drolatique et bien tourné. Si possible, original, mais pas
trop. Vous avez vous « Ridicule », de Patrice Leconte ? On est
un peu dans la même logique. Dans une sorte de cour où il faut flatter mais sans
excès. Où le bon mot doit jaillir, car sur internet, tout va très vite….
Une sorte de cour de récré, où il y a
les filles « en vue », qui font et défont les tendances…

Au début, on s’en satisfait. Mais petit à petit, en tout cas
pour moi, le malaise s’installe.
Des doutes.

Des agacements, sur les 12 000 commentaires enthousiastes
que peuvent enclencher une photo de ses pieds. Des doutes sur la sincérité de
ces commentaires. On peut dire
qu’il
s’agit de « jalousie », parce que toi, t’as moins de copines
enthousiastes… Peut être, après tout. Mais je n’en suis pas sûre, parce que
c’est moins la fille qui prend ses pieds en photos qui m’agace, que les filles
qui s’en gargarisent en l’encensant, et qui, à mon avis, pour la plupart,
commentent en espérant le clic magique d’une héroïne de la blogosphère au blog
tendance….

Des interrogations : puis je dire que je trouve ça nul,
la photo de ses pieds ?…. Juste parce que je suis
anticonformiste ?… Ou bien pour que ce commentaire iconoclaste soit
cliqué ?…
(ben oui, là aussi, c’est un biais). Je l’ai fait, une fois, pas de dire que la photo des pieds
était nulle
(après tout, chacun ses goûts…), mais de critiquer une façon de
présenter les choses qui était négative pour l’image d’une catégorie
sociale…
J’ai pu apprendre à mes
dépends que ça ne se faisait pas, et que cela ne suscitait pas de débat, non,
ça va trop vite, sur internet, pour qu’il y ait des débats, mais plutôt une
levée de boucliers (ironiques, simplistes, larmoyants… ) pour défendre le
Précieux.

Vous pouvez me dire : tout cela n’est pas nouveau, et
tu le savais en rentrant sur la toile…. Et bien non, figurez vous… Je suis très
naïve, et très « entière » (ça c’est le versant positif, on peut dire
« bourrin », aussi…)
et je n’en avais pas conscience.
Enfin si, un peu : je m’étais reconnue,
comme toutes les blogueuses, dans le message tordant de Carine.
Mais là, l’autodérision ne me suffit
plus. Peut être que je ne me sens plus assez futile pour cela…

La question qui me taraude aujourd’hui, c’est « est ce
que ça me dérange au point d’arrêter » ?

Pour tout vous dire, je ne sais pas (je suis aussi balance,
comme fille , vous savez…)

Un
débat récent m’a fait remonter les doutes. Une allusion –évidemment très
simpliste –
à mon commentaire
critique aujourd’hui, sur un autre blog, et voilà que je vous mets à
contribution sur l’avenir de « de quoi je me mêle »

J’ai pensé tout arrêter, j’ai pensé au blog privé. J’ai
pensé continuer en étant très vigilante sur mes commentaires, et mes liens…Je mets en balance les personnes sincères que j’ai virtuellement rencontrées, les magiciennes qui m’ont appris à coudre et tricoter, les retrouvailles et les liens resserrés qu’il permet avec les gens « de la vraie vie »…

Je ne sais pas….

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