Sex bomb (or not)

En cette merveilleuse journée des droits des femmes, dont je me battrais fort les couilles si j’en avais, j’ai une petite histoire drôle à vous raconter.

Il y a peu, j’ai été contactée sur Facebook par un monsieur à l’allure totalement normale et polie, « ami » de deux de mes contacts, qui cherchait désespérément et pour une raison que j’ignore, une homonyme. Je l’ai aimablement détrompé sur la personne, et l’ai laissé dire qu’il me trouvait charmante. J’aurais pu lui répondre qu’en réalité je suis un gros thon malaimable et que je trafique toutes mes photos, mais ça n’avait pas beaucoup d’intérêt. A la question suivante qui était « tu fais quoi dans la vie », j’ai aussitôt dégainé mon « je suis mariée et j’ai trois enfants », qui en général calme direct le baveux dragueur.

Après quelques heures de répit, je pense le fâcheux échaudé par l’ampleur de ma progéniture. ‘las, il revient à la charge…

avec un « Et c’est quoi la taille de ton buste? », direct, là comme ça. Ouais. Comme au collège il y a 30 ans (enfin au lycée pour moi, parce qu’au collège, j’en avais point, des seins)

Un peu estomaquée, je commence par ne pas répondre. Puis insistant, il propose un 90 C.

Petit joueur.

Je dis alors que je ne répondrais pas à cette question. Poliment comme ça.

Je t’avoue avoir été bien tentée par un « Et toi, la taille de ton pénis, c’est quoi?« . Voire même de lui envoyer le lien de la boutique où j’achète mes sous-vêtements: « hé ouais, vieux, les grosses poitrines, c’est comme les grosses bagnoles, ça coûte une blinde à l’entretien ».

Mais j’ai pas osé. Il aurait pu prendre ça comme une ouverture, l’andouille.

Ce n’est qu’à la 3e tentative que je l’ai envoyé péter, précisant que je parlais suffisamment bien français pour estimer avoir été comprise et que par conséquent ses questions devenaient un peu lourdingues.

J’aurais pu expliquer que ma taille de sous-tif se trouvait partout sur le net, vu que c’est une problématique forte dans mon activité de couturière: faire rentrer la viande dans le torchon. Explore un peu les pages noircies de ce blog, tu le trouveras bien mon 85D.

Que c’est le simple fait de poser la question qui rend la conversation désagréable et intéressée, orientée vers mon corps uniquement sexué.

Que j’expose mon corps comme ma taille de sous-tif, parce que je n’ai rien à cacher, et pas parce que je veux coucher avec tous les frustrés de la terre. Parce que, comme tout un chacun, je préfère qu’on ne me trouve point trop laide. J’ai eu suffisamment du mal à l’accepter, ce corps que j’ai un peu malmené et planqué des regards concupiscents, alors maintenant qu’on est assez potes lui et moi, tu vas éviter de me faire culpabiliser d’en avoir été doté.

C’est pas bien grave, cette question. C’est « moins pire » que le mec qui te suit dans le métro. Il répondra qu’il ne « pensait pas à mal ». Ben voyons. Et moi si je te demande la taille de ta bite, ça n’a rien à voir avec la choucroute, c’est juste pour mes statistiques personnelles.

Alors que les choses soient claires, l’ami. Tant mieux que ça te plaise. Tu peux même fantasmer tout seul dans ton coin sur une hypothétique sex bomb, mais tu le gardes pour toi. Moi je ne veux pas de ton regard, ni de ta question qui me ramène à l’objet et qui ne te choque même pas.

Si je veux !

Du coup ça tombe bien qu’on en parle, j’ai une robe de nonne à te montrer :-)

Une robe en laine, pas moulante, pas décolletée.

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Robe féministe du jour Arum Deer and Doe en taille 40 (sans doute en 38 à la taille, mais j’ai découpé le patron il y a fort longtemps, je ne sais plus)

Manches rallongées de 20 cm parce que c’est dommage ces manches trop courtes sur le patron. Le tissu est une magnifique flanelle de laine Etoffes des héros. 

 

Avant de retourner au couvent expier ma très grande faute de tentatrice,  et méditer sur les droits des femmes , je t’offre une magnifique citation de mon auguste soeurette, dont les protubérances mammaires, fort agréables à l’oeil, attirent néanmoins des regards cupides.

(le couillon dans la rue qui se croit spirituel): « C’est à vous tout ça? » 

(ma soeur, qui est très spirituelle ): « Nan, je les ai loués »…

 

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Relier…

 

On pourrait croire que je ne fais pas grand chose… C’est vrai, je me suis un peu isolée des réseaux sociaux, je me contente d’un peu de couture accompagnée de quelques mots ciblés. J’ai déjà beaucoup de robes et je ne peux pas tout montrer, et  pas tout dire non plus…

Tu te souviens, ce blog était un peu anarchiste. J’y notais mes énervements, mes contradictions, mes paradoxes avec un zeste d’espièglerie et de mauvaise foi sans doute.

C’était avant l’année dernière.  Depuis le 7 janvier, je cherche. Quoi faire, comment s’investir, tisser du lien. Je refuse la peur dans le bus et le train. Je souris aux barbes, pantalons courts et voiles, je cherche l’humain derrière le dogme.

L’année 2016 m’a amené l’écrin; l’idée précieuse était dedans, comme un cadeau.

Toi qui me connais un peu, depuis 8 ans que je noircis ces pages, va voir un peu par : c’est un autre moi, plus professionnel mais toujours un peu anarchiste et engagé.

C’est un projet un peu fou, militant du partage et de l’altruisme.

Depuis 2 mois j’y consacre l’essentiel de mon temps libre: je lis, je veille, je wordpress, je gimp et j’inskape, je parcours tous les méandres du net: que cet espace est généreux!

Depuis 2 mois, j’ai bien envie de t’en parler, mais j’attendais que tout soit prêt, que le site soit en ligne, le projet défini, mon binôme disponible. Aujourd’hui c’est fait.  Il reste à le construire. Il a besoin de toutes les énergies, toutes les volontés, toutes les compétences.

Il a besoin de vous: du simple partage de l’information à l’engagement dans l’association, toutes les voies sont possibles et posent une petite pierre à la fondation de la Fabrique

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just a game

Au début, quand tout a commencé, j’ai cru que c’était juste un jeu.

Un truc pour occuper ta vie, un divertissement pascalien.

Quand j’ai acheté ma machine, c’était un simple passe-temps de petite fille riche. J’ai fait de la musique, du théâtre un peu, du sport sans passion, mais je me suis toujours estimée sans talent particulier. Et puis j’ai deux mains gauches, dit la fille qui s’est longtemps prise pour une intello.

La couture, symbole parfait de l’activité hyper sexuée, tant dans la besogne que dans l’objet travaillé…  la mode, ce truc de snob qui habille des brindilles fardées de 3 cm de tissu pour 100 000 euros, qui  te dit qu’il te faut aujourd’hui absolument ioumeuste porter des derbies et des mocassins vernis comme dans les années 80, alors que j’ai juré au dieu de l’élégance que plus jamais je ne mettrais de paraboots vert bouteille avec une jupe marron et un pull corail. Oui j’ai fait ça dans ma vie. En cours de maths en 4e , et sans culotte en plus. Mais c’est une autre histoire.

Je ne dis pas que c’était perdu d’avance: je connaissais le potentiel de plaisir du tissu qui glisse sous ma main. A l’insu de mon plein gré, j’adore les vêtements qui mettent les corps en valeur, je les cherche, je les chine, je les observe…

Mais j’aime aussi le pain. Ca n’empêche pas la machine de moisir à la cave. Pas de patience pour la boulange.

 

J’ai cru que c’était juste un jeu. Une passion temporaire, et puis on passe à une autre.

Mais quand on pense couture au réveil, au boulot, dans la rue… quand son imagination déborde des possibles, que la réalisation elle même est un plaisir, en recherche d’apprentissage permanent, de nouvelles techniques…  il n’est pas exclu que l’on ait un peu transgressé la distraction frivole.

Quand on en vient à acheter deux mètres de pur cachemire, c’est sûr, ce n’est plus juste un jeu.

 

C’est une partie de moi.

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Manteau Quart Coat, Pauline Alice en taille 40.

Cachemire noir commandé aux tissus de Roubaix; doublure en tissu japonais acheté à Rouen rue Eau de Robec (pas de blog et pas de site…), ainsi d’ailleurs que l’entoilage parfait…

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J’ai finalement à l’usage retiré la 2e rangée de boutons.

Et puis pendant que j’y suis, j’ai aussi une bien jolie robe avec du tissu dont la main se délecte…

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T’as vu y a même une poche…

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Robe Tendances Couture Simplicity n° 16, modèle 41 en taille 40. J’ai allongé les manches, enlevé les fronces (sans avoir fait de toile, une fois le montage fait, donc un peu à l’arrache! Je le sais pourtant que mon ventre n’aime pas la fronce…), retiré 20 cm à la jupe. Le tissu est un satin de coton des trouvailles d’Amandine.

 

 

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8

N’empêche, la vie, c’est une sacrée grosse farceuse.

La fille qui te cause est du genre à ne pas regarder la carte avant de prendre un chemin, mais plutôt à le choisir à l’instinct (en général à gauche) et après à voir où il mène, quitte à s’en retourner si les ronces s’accumulent et si les loups la guettent de leurs petits yeux malins et pervers.

Regarder en arrière, ouais, un peu, mais pas trop, juste pour éviter de refaire les mêmes conneries, mais surtout pas pour s’embrumer de souvenirs idéalisés. Surtout pas pour tourner en rond. C’est ancré depuis bien longtemps; quand la nuit  je faisais des 8 sur mon vélo Peugeot rouge tout neuf, poursuivie par un méchant Goldorak, et que je ne pouvais pas avancer, le 8 me ramenant toujours point central du même chemin immobile…

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Evidemment, je sais bien que les chemins ne sont pas tout droits, j’en ai pris des virages à 90 degrés, j’ai dû raconter ça ici, même. Et d’autres aussi que j’ai tus.

Mais la vie, cette petite malicieuse, se fend la poire à me faire faire des 8 avec mon vélo, et Goldorak en fait, il est gentil, tu vois, petite, c’est pas la peine d’avoir peur.

Après avoir dit plus jamais, voilà que, au détour d’une formation, je cause scénario pédagogique, objectifs, activités… et que j’y retrouve la même excitation à transmettre qu’il y a 10 ans. Ni le même contexte ni le même public, mais le point de convergence sur le 8…. sans tourner en rond.

J’arrête mon vélo, je fais demi tour, allez Goldorak, viens mon pote, on va boire une bière en terrasse tous les deux, c’est sympa de se retrouver après tout ce temps, et de ne plus avoir peur….

La vie est une petite marrante.

Depuis la douce époque de mes 16 ans, je n’ai jamais remis un short d’été. Rapport à mes jambons difficilement assumés.

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Et puis j’ai regardé mes jambons (je ne leur ai pas dit « venez on va prendre une bière », je ne voudrais pas trop les entrainer sur la pente savonneuse, déjà qu’en ce moment ils ont un peu de mal à se bouger les fesses -ouais, parait qu’il pleut, qu’il y a des graminées, qu’ils sont fatigués…-), et je leur ai pardonné leurs petits bourrelets et leurs décorations marbrées.  Je leur ai offert un short pour bronzer.

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(t’as vu ces raccords de ouf, hein?)IMG_0733

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Short Chataigne de Deer and doe taille 38, rallongé de 4 cm, tissu very psychédélique 70’s de chez toto, me voilà encore au centre du 8.

Fais encore un peu froid pour le porter,mais il sera parfait pour l’été continental canadien… Pour le mettre au boulot, faudra sans doute encore que je fasse quelques tours de 8, mais peut être un jour ?…..

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Un dimanche matin sur la rive

J’aurais bien trouvé quelques excuses pour ne pas y aller… Un samedi éreintant entre filles à rhabiller la princesse, un restau la veille qui pèse sur l’estomac, de la couture à faire…  Je m’étais préparée à de la petite bruine salvatrice qui te déresponsabilise de ta flemme: c’po d’ma fot, msieur l’agent de la bonne moralité sportive, il pleuvait, c’t’inhumain de courir dans ces conditions. Pas de bol, le soleil pointe le bout de son nez, et la douceur du mois de mars contraste avec le verglas de l’acariâtre février de la semaine passée.

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Y a pas à tortiller, t’as pas d’excuses. Pense donc comme tu seras bien en rentrant,ainsi qu’aux calories bouffées en une heure. Pense donc que si tu n’y vas pas, le rythme sera insoutenable la prochaine fois. Pense donc à la forme et aux formes retrouvées. Pense donc que tu n’as pas été malade cette année, et qu’incontestablement tes 10 à 20 km par semaine y sont pour beaucoup.

C’est vrai, en ce premier jour de vacances, il y a moins de stress à évacuer qu’habituellement et c’est pas une nécessité vitale comme en janvier/février. Mais si je veux affronter les côtes du Limousin avec plaisir et sérénité, je dois y aller.

J’installe le cardio sous le soutien gorge de grand mère en Kevlar qui me permet de ne pas me faire d’écharpe avec mes seins pendant que je cours. C’est pas seulement un gadget de geekette compet: c’est le petit outil qui me permet de contrôler mon petit coeur fragile depuis 2 ans, et de reprendre peu à peu le contrôle et  tenir la distance.

Je teste aussi mon nouveau casque « spécial sport », sur mon éternelle playlist de 19 titres que je n’ai presque pas modifiée depuis 2 ans. Une sorte de rituel immuable. Bof, pas si terrible. Il tient mieux que l’autre, mais j’ai aussi des petites oreilles (en plus des petites mains et des petits pieds: des trucs comme ça qui n’ont pas voulu grandir, éléments contestataires des fémurs et des fesses…). C’est pas grave, je le replacerai de temps en temps. C’est parti. La lecture aléatoire balance Shaka Ponk, ben voyons, tu sais que j’ai 10 km à tenir et que le vent est de face?

Je commence trop vite, à cause du vent sans doute. 170 au premier kilomètre, c’est trop, mais je ne le sens pas, je le remarque seulement quand j’arrive  au centre nautique. Personne ce matin, les avirons sont en vacances. C’est le moment où je prends plaisir à courir, où mes pensées vagabondent au gré de mes pas. A l’école, les affiches électorales soulèvent un relan d’amertume. C’est décidé, je ne voterai pas PS aux élections. Pas pour cette mafia locale qui a cette vision de la culture et de la laïcité. Et je ne peux pas me résoudre à ne pas voter.

Je pense à ma grand mère. Elle est née en 1904 et a fait l’école normale dans les années 20. Elle faisait donc partie des premières femmes qui ont eu un travail et un salaire.  Elle se disait féministe et de gauche, sans être militante, mais a revendiqué et  consommé son droit de vote. Elle a mis son bulletin pour de Gaulle en 69, contre l’avis de son mari. L’indépendance comme héritage génétique… A mon âge, et même avec deux ou trois ans de plus si je compte bien, au lieu de courir comme sa petite fille,  elle attendait son 5e enfant. C’était ma mère.

Une sainte ou une inconsciente? Sans y penser, je suis arrivée au village suivant, en baissant légèrement le rythme, mais toujours au dessus des 10km/h. Je bifurque dans ma forêt, je sais que je vais souffrir. La semaine dernière, la route était trop verglacée et j’ai continué sur le plat. Je n’ai pas monté la côte depuis 15 jours. Deux kilomètres, une centaine de mètres de dénivelé.

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Je me concentre sur le cardio. Partie de trop haut, je sais que ça va être dur, et le petit animal capricieux ne me fait pas mentir. J’arrive à le calmer tout en maintenant le rythme dans la pente régulière: 180/182, c’est un peu trop mais c’est supportable. Arrivée au coup de cul de la fin, il s’emballe et pense qu’il a 10 ans de moins: je marche vingt mètres, déçue: ça ne m’était pas arrivée depuis deux mois. Je reprends et finis mon 5e kilomètre à 8 mn par kilomètre. La loose. Je ne pense à rien d’autre qu’à mon coeur, ce petit con.

Je reprends des forces sur le plat. Je croise une voiture et glane un regard compatissant voire admiratif. Oui m’sieur, j’ai monté la côte, c’est pour ça que tu me vois écarlate et mouillée alors qu’il fait soleil, mais je peux être beaucoup plus présentable en vrai.

Arrivée à la route forestière, je fais demi tour et me prépare au plaisir. Dans la descente, j’allonge le fémur que j’ai fort long, et force les fessiers pour ne pas trop solliciter mes genoux et mes hanches qui ont l’âge de mes artères aussi, hein. J’accélère à 5mn par kilomètre, j’ai pu faire mieux mais le bord de route est gras, et je garde toujours mon réflexe « c’est dangereux » qui me protège des situations et personnes délétères. Au 7e kilomètre, en bas, je sens la pointe de côté, toujours au milieu du ventre et qui ressemble à chaque fois à une réminiscence inquiétante du helpp syndrom. Il me fait toujours ça quand je dépasse le 180. Je retrouve la rive, et je sais que les 3 derniers vont être durs à contrôler, même sur le plat avec le vent qui me caresse le dos. A 6’10, je suis à 180. Je peux les faire, je n’ai pas mal aux jambes, mais je dois penser à autre chose.

Du coup je fais mon planning et mes priorités des vacances. Tricot: un bonnet à finir pour une copine. La route devrait suffire pour ça.

Et puis il faut absolument que je termine le boulet commencé l’année dernière. Le truc pour lequel j’ai vu trop grand.

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Pour mon plus vieil ami, j’ai commencé une écharpe qui se tricote en cure-dent (taille d’aiguille 2) et avec des torsades. Je ne suis pas sûre du résultat (est ce que c’est assez bien pour un cadeau pour son plus vieil ami…?) et je ne compte plus les milliers d’heures passées. M’y remettre sans me décourager et essayer de finir pour fin avril…

Couture: 2 robes en perspective.

Par laquelle je commence?

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Penser à ma soeur aussi pour les concerts: jersey qui brille, ce serait chouette, une Lekala allongée, ça laisserait la place pour la respiration abdominale en chantant. Oui mais, où trouver le bon jersey?

Et puis une robe de petite fille pour un cadeau de naissance 18 mois après, vieux motard…Je vois son papa le jour de la rentrée, un cadeau à glisser en réunion officielle… Allez, celle ci je la commence aujourd’hui.

Reste 1km. J’ai pas vu le temps passer ni le cardio s’affoler.

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« Don’t die today » me dit la chanson. T’as raison, j’y vais à fond, j’en mourrais pas. Un peu d’électro pour finir, 5mn de the glitch Mob, volume au max comme une ado. Je me sature de son qui pète, pour oublier mon corps. Je ne pense qu’à allonger les jambes au rythme de la musique, le regard au loin. Je dois avoir l’air d’une killeuse.

Mon coeur a trente ans, je termine à 5’30. Je m’arrête devant l’ancienne mairie. Magnifique bâtiment des années 20, vendu à une association.

On est le premier du mois, c’est la réunion des propriétaires, parait que ce sont les francs maçons, un secret de polichinelle. C’est pas l’heure de la sortie. Tant mieux. Je préfère ne rien en penser…

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Je respire à fond en marchant vite pour les derniers mètres qui me séparent de la maison. J’y vole une chouette image qui me fait sourire tous les Dimanches, quelque soit l’heure, ces couleurs et le chat blanc sur la fenêtre.

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J’ai bien fait d’y aller. Une heure intense, une heure avec moi, une heure pour moi. Le mois de mars commence bien.

 

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Savoir finir


J’ai jamais trop aimé les fins.

Fin de séries, fin de l’histoire, fin de siècle, fin de règne,  fin de saison… fin d’hiver…

Il y a peu, je vantais le mois de novembre lumineux, quand le jour lentement diminuait, pour t’emmitoufler dans sa chaleureuse douceur tamisée. Je le préfère nettement à ce pervers février, qui te fait vaguement croire que la fin des souffrances est proche, que le renouveau arrive, pour te laisser glacée sous la pluie… oui, mais dans la lumière du jour… (je préfère le noir qui cache la tristesse qui ruisselle…)

Février est celui de l’interminable et triste finitude, le mois qui se termine plus vite pour te laisser espérer que ça ira mieux bientôt, alors que c’est si long, la fin… surtout au début…

Février est le mois où tu crois que tu vas rebondir et sortir du trou, mais c’est tout verglacé, ça colle dans le fond de la caverne, pas moyen de s’extirper.

Où tu cherches un peu d’or et de légèreté.

J’ai cousu un peu d’or.

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Tee shirt col Bénitier du Burda 10/2014 (je n’ai pas cousu le col, comme indiqué, préférant le laisser bailler à l’envi…), taille 38 sans marges de coutures (c’est pas exprès, j’ai juste oublié de les rajouter, mais heureusement Burda taille grand).

Tissu en probable polyester kibrille, offert par ma Keupine sans aucune raison valable il y a bien longtemps. J’ai attendu d’en avoir besoin au moral pour couper dedans…

Et j’ai trouvé un peu de légèreté.

En écoutant ma soeur se prendre pour Marguerite. Dans le Centre de lutte contre le cancer, il y avait des patients, des médecins, des bips, des fauteuils, des sonneries, des infirmiers. Et de la musique; juste pour le plaisir de partager, de faire sourire et d’émouvoir.

Concert airs d’opéra from Fanny on Vimeo. (le son est pourri, pardon)

Concert Becquerel la mouche from Fanny on Vimeo.

Je ne sais pas si ce sera suffisant pour finir.

Je sors une main du trou. Tu m’aides à sortir?

(mitaines tricotées pour ma Keupine. Officiellement pour son anniversaire, avec 3 mois de retard… Mais ça réchauffe le triste février, alors que son novembre était si doux…)

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chemise et fatalité

Il fut un temps, pas si ancien (disons jusqu’à il y a quelques heures) où je vivais dans l’Absolu. Il y avait des toujours, des plus jamais, des éternités très longues, et des puits sans fonds sur lesquels je finissais (toujours, forcément toujours) par trouver une brèche pour remonter à la force du poignet (que j’ai fort malingre pourtant…). Je prenais ma posture de reine offensée, le naseau humide et les yeux vitreux en l’air, en disant « on ne m’y reprendra … plus jamais »…

Et puis j’ai eu une fille qui vit dans l’Absolu. Ses joies sont des immenses bonheurs, ses peines des volcans dévastateurs. Les voies de l’acide désoxyribonucléique sont impénétrables.

Elle a commencé à dégainer son « plus jamais ».

Et je suis devenue sage.

Il n’y a rien d’irrémédiable dans la vie. A part peut être la mort. En contrepartie, il n’y a rien d’immuable et de définitif. Mais cette assertion sera l’objet d’un autre verset dans l’Evangile selon Sainte Fanny.

Vazy, mate un peu comme je suis limite à me raser les cheveux et me vêtir d’une couverture orange en soulevant mes grosses fesses en l’air rien que par la force de la pensée.

J’ai fait une robe qui devait être une sorte de perfection divine tellement elle alliait le tissu sacré et le modèle suprême.  LA rencontre du destin.

Déjà, sur la voie de la sagesse, j’ai marché sur les charbons ardents. Quand j’ai flingué le tissu avec un gros trou de surjeteuse, alors que je n’avais pas un centimètre de rab, je ne me suis pas arraché un cheveu. J’ai pas pleuré. J’ai pas dit que je me servirais plus jamais de cette infâme machine démoniaque.

Je me suis servi de mes neurones, j’ai fait un peu de géométrie, et j’ai trouvé une solution invisible…

Et j’ai fini ma robe.
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Et ce n’était pas elle, que j’avais vu dans ma boule de cristal. Un je ne sais quoi de trop ou de pas assez…
J’aurais pu hurler à la tromperie, accuser le marchand de tissu, ou de patron, la rouler en boule et la mettre dans la litière des chats.

J’ai pris tout mon temps. Je l’ai observée, je l’ai aimée aussi. Je lui ai pardonné ses imperfections, mais je ne l’ai pas porté.

Et j’ai décidé.
Elle ne serait plus robe, mais tunique toute simple, plus facile à vivre, sans se sentir dénudée…
Il n’y a rien d’irrémédiable…

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tissu etoffe des héros (satin de coton, magnifique mais sans doute un peu léger pour la robe), patron Bleuet de Deer and Doe (je ne sais plus si je l’ai coupé en 38 ou en 40).

Les photos sont pourrites. C’est la faute à la fatalité du mois de Novembre, mais je ne pleure même pas le soleil qui est parti pour toujours et ne reviendra plus jamais…

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ça caille et t’as vu ce que j’ai fait?

Je sais. Je vous ai manqué.

Mais que voulez vous (je vous vouvoie, ça marque une distance. On n’a pas gardé les moutons ensemble, que je sache, et puis bon, je vous ai abandonné alors forcément vous m’en voulez. Du coup je prends les devants, j’anticipe la fâcherie. Un peu comme à 12 ans, quand tu racontes des bobards à tes parents, tu sais qu’ils vont s’en apercevoir, alors tu lèves deux trois yeux au ciel histoire de te sentir persécutée par ces parents trop nuls. C’est du double vécu, je sais de quoi je cause…)

Que voulez vous, disais je avant d’être grossièrement interrompue. Mon Moi vit un désordre intense, cataclysmique, abyssal.

D’un côté, y a la névrosée. Tu sais, celle qui se prend pour wonderwoman, qui narcisse sur son blog, qui veut être la mère idéale, la femme parfaite, l’executive girl. Elle se prend pour une battante, mais c’est rien qu’une mauviette. T’imagines bien que quand on est capable de croire qu’on peut être mère parfaite de 3 enfants qui font plein d’activités, femme de médecin anesthésiste hospitalier investi et militant sans temps, cheffe idéale, musicienne amateur, couturière et tricoteuse avec 24h par jour seulement, on est un peu névrosée. Et donc photosensible. Et donc maniaque quand il fait soleil, dépressive quand il se cache.

De l’autre côté, il y a l’intello. Celle qui utilise deux trois mots qui en jettent dans ses mails professionnels, histoire de poser un peu la khâgneuse, ça permet de frimer et faire croire à sa supériorité. Celle qui laisse traîner le Monde Diplomatique, comme si elle le lisait… parce qu’elle n’arrive pas à résilier son abonnement. Celle qui ne regarde jamais la télé, c’est pour les beaufs. Celle qui lève les yeux aux ciel quand la radio cause des nuages et de l’anticyclone des Açores. Pourraient pas nous entretenir du mythe de la dette publique ou de la situation en Syrie, tssss, la météo, c’est pour les prolos du cerveau.

Entre les deux Moi, ça fait du grabuge. Y a incompatibilité chimique.Des ions en trop,  inversion du courant électrique (ouais, je sais. J’ai pas retenu grand chose de ma terminale C.) et zou, la décharge qui fait tout sauter. Du coup, j’ai le cerveau muet, j’ai rien d’intéressant à dire, à part « ça caille, hein », et » t’as vu ce que j’ai fait? »

Pour la nouvelle petite sœur du premier bébé à qui j’ai fait un cadeau, mes premières armes de coutureuse

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Robe: patron Margot de Sophie la styliste, taille 3 mois, tissu Rouen tissus.

Bloomer: Anatole de Citronille taille 3 mois rallongé, tissu même provenance.

Gilet: modèle tiré du livre « tricoter pour bébé », Debbie Bliss, taille 3 mois, laine Rowan Milk Cotton Dk coloris tutti frutti, provenance oubliée…

Chaussons: tuto de la Fée Niasse, taille 3 mois, même laine, boutons de la boite.

Petit pochon cadeau…. brodé avec mon nouveau joujou de maniaque, ma dernière boncoinerie bien réussie…

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J’espère que ça ne va pas trop cailler, histoire que le bébé puisse en profiter…

 

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Incorrigible

Souvent je me prends à rêver qu’à l’approche de la quarantaine (plus qu’un an et quatre mois…), je deviens une dame raisonnable. Je mets des chaussures à talons, et des vestes de tailleur, je vais régulièrement chez le coiffeur, je réfléchis avant d’écrire un mail, j’évite les plats lourds le soir. Je ne mets toujours pas de vernis, mais ça va venir.

En plus, avec le brutal passage à l’adolescence de l’ex préado, les parents jeunes et modernes se sont rangés d’un coup  dans la catégorie vieux cons, donc autant bénéficier de la Sagesse livrée  avec en cadeau bonux.

J’avais donc dit, il y a peu, que non non non, on ne m’y prendrait plus. Fini les meubles sur le bon coin, ça fait mal à mon muscle atrophié. (rha, je te parle pas du cerveau, mais du biceps, que j’ai fort malingre.) Pis de toute façon, on a plus de place pour mettre un meuble. Mais je suis indécrottable. Incorrigible, irrécupérable droguée au vieux meuble dégoté pas cher sur le bon coin.

C’est la faute de l’ado. Tu sais, celle qui a 12 ans bientôt, rejoue la grande scène du 2 quinze fois par jour dès que tu as le malheur de lui demander quelque chose, te saute au cou (en oubliant son bientôt mètre 50 en t’envoyant une mandale involontaire) trente secondes plus tard en te disant que tu es la meilleure maman du monde, celle qui joue avec ses figurines chevaux en même temps qu’elle te pose mille questions sur la vie, la mort, l’amour avec des grands yeux inquiets.

L’ado, donc, a un ordinateur dans sa chambre depuis 3 ans. Ses parents frimaient, rappelle toi: elle préfère composer de la musique que jouer à la wii, qu’ils disaient, trop fiers. Hin hin. Les choses changent, soupirent-ils, plein de Sagesse (du vieux con de bientôt 40 ans).

Après plusieurs séries de privations/disputes/réconciliations/je le ferai plus jamais, promis/grande scène du II, c’est vraiment trop injuste d’avoir des parents comme ça (des vieux cons, sous-entendu), ils ont pris le taureau par les cornes, L’ordinateur sort de la chambre et va dans la pièce commune.

Mais y a pas de place dans la pièce commune. A part peut être dans le renfoncement de l’escalier, où un petit meuble de brocante accueillait les jeux de société. Un tout petit bureau qui ne devra pas dépasser 80 cm.

Quelques heures de boncoinerie plus tard, et le voilà trouvé, suffisamment joli pour avoir le droit de cité, et suffisamment petit pour rester discret.

IMG_0090

Je commence à avoir l’habitude: un petit coup de décapant chimique (enfin, heu… 3/4 passages). Je sais, c’est péché. Je me fouette aux orties bio et je psalmodie le programme l’EELV. Suivi d’un petit ponçage, puis fondur trouvé chez un ébéniste. (pas kascher non plus.)

bureau

T’as vu, il  est pas branché?… C’est ballot, y a pas de prise dans le petit coin.

Va falloir que le héros finisse le boulot. Rapidement avant le dernier acte: les vieux cons de parents même pas capable de savoir qu’un ordinateur ça se branche sur une prise, cher… J’avoue ça fait trop pitié.

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Celle que je ne suis plus

arc en ciel

 

La lettre est arrivée aujourd’hui.

« Vous avez demandé votre intégration (…) en conséquence, votre intégration dans le grade d’attaché territorial sera effective à compter du 1er août 2012… »

Je ne suis définitivement plus prof.

Ce n’est pas sans une certaine nostalgie. J’aimais enseigner. D’ailleurs, j’ai encadré des travaux d’étudiants cette année. C’est plus valorisant qu’une classe de collège et on te remercie…

Tout ce que j’ai appris me sert. C’est  très gratifiant de voir qu’un prof peut tout faire: supporter la collègue chiante (à côté de la 4e de ZEP, c’est un peu comme travailler avec Mère Thérésa); s’adapter aux logiques pas toujours simples de l’administration (à côté du Rectorat, c’est l’île aux enfants); accepter des méthodes et organisations pas toujours très cohérentes (à côté de l’Education Nationale, c’est l’Eldorado.)

Des inconvénients, c’est sûr, il y en a. Râlez pas, mes chers ex-collègues, mais je crois bien que je vais soutenir toute mesure qui diminue la durée de ces putains de vacances d’été, qui me mettent en transe à partir du mois de mai. Jouer au Tétris avec le calendrier, plomber ses congés jusqu’à la fin de l’année, imposer des centres et colos à des enfants qui n’aiment pas ça, ne pas prendre tous ses congés ensemble pour faire « garde alternée »… C’est un exercice culpabilisant et stressant. Et puis je me rappelle que prof, je trouvais ça tellement long, ces deux mois …

Mais globalement, je ne regrette pas mon choix. Je me sens libre de faire autre chose, de postuler ailleurs si l’opportunité se présente. J’ai été prof. La page est tournée.

Rideau.

Tiens d’ailleurs, des rideaux, j’en ai fait. ça tombe bien que j’en parle.

rideau 1

rideau2

Tissu superbuzzy, parce que je ne suis plus prof, mais je suis encore snob. Il me fallait un tissu japonais, orné de vieilles illustrations françaises, commandé aux states. Sinon ça ne valait pas le coup d’être blogué.

J’ai fait aussi deux très jolis torchons.

torchon

Ils n’essuient rien mais c’est très chic.

Il me fallait bien un peu de constance dans ces défis identitaires.

 

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