La semaine où j’ai failli…

… mais vraiment failli… être une déesse.

Il s’en est fallu de peu.

Lundi, je me lève avec entrain. Il est 6 heures, et outre les tâches habituelles (tricher pour ressembler à une jeune femme dynamique, réveiller, nourrir et presser les marmottes), j’ai décidé de ne pas desespérer de ne pas avoir de femme de ménage pendant un mois. Puisque c’est ça, je ferais le ménage tous les matins, trois quart d’heure avant de partir au boulot.

C’était bien parti.

Lundi soir, conflit avec l’ado qui déborde et remet en cause ma divinitude. On s’endort très très tard pour trouver des solutions, et Conchita avait beaucoup moins d’entrain mardi matin.

Mardi, deux concerts d’enfant plus tard et une jonglerie d’allers/retours au Conservatoire, et on est déjà mercredi.

Mercredi, c’est le jour où je prends le train de 7h24 pour défendre un projet qui me tient à coeur. Plutôt positif, à part ce sentiment d’inertie. Le partenariat public/privé est très à la mode, et pas toujours productif…

Jeudi, Conchita passe la toile à 7h25.

Vendredi, j’ai de la corne sur les doigts de la main droite. Le samedi, à 13 heures, j’ai 10 ans, l’archet qui tremble (à gauche) et je dois jouer devant des gens qui vont m’écouter. J’ai beaucoup travaillé, mais sans doute un peu trop la veille, et je ne joue pas très bien. Néanmoins je continue, l’archet à gauche est validé, et j’ai progressé.

Peut être qu’un jour, je jouerai les suites de Bach, qui sait….

J’aurai pu… faire le ménage tous les matins, ne pas crier après l’ado, bien jouer devant les gens, ne pas être déçue que les choses avancent si lentement. Si j’avais été wonderwoman.

J’aurai pu terminer complètement l’ensemble que j’ai cousu pour ma pomme, pour aller avec mes chaussures. (oui, maintenant que je sais coudre, j’achète les chaussures avant, et je me fais l’habit qui va autour…)

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C’est une copie de cet ensemble.

J’ai pas mal retravaillé le patron du bustier sur mauricette, et les fleurs sont brodées, puis découpées (en serrant les fesses). Je les ai cousues à la machine avec du fil transparent. J’aurai pu directement appliquer mais je craignais l’effet gratouille, surtout que le fil moiré n’a pas le contact très doux.

Tissus mondial tissu.

La jupe est comme sur l’original, un modèle Farbenmix, en 40, dont j’ai beaucoup reduit la taille, et j’ai surpiqué avec du fil épais les coutures.

Il est fini? Ben non, il lui manque son étole:

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Satin de coton EDH… un peu nu, comme ça, non? Je me suis dit que les fleurs appliquées roses, ça ferait too much, alors…

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Je lui rajoute des petites fleurs au point de chainette. Peut être que j’aurai fini en 2014?

Comme je ne suis pas une déesse, je n’ai pas lavé mon tissu (un peu stretch et très noir, et aussi très rose, saint grand teint, priez pour moi…), et j’ai eu mon petit coup de stress, après avoir frimé comme une voiture italienne vendredi au boulot… (maintenant, j’ai fait mon coming out et j’ose dire « c’est moi qui l’ai fait »), en mettant l’objet à la machine… Ouf, ça tient!

J’aurais pu tout réussir, tout finir, ne pas m’énerver, ne pas stresser, ne pas regretter.

J’aurais pu… si j’avais été une déesse.

Ou si j’acceptais de ne pas l’être.

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Le blues du dénouement

Je te préviens, lectrice exigeante, ce billet n’a aucun intérêt.

J’ai déjà tout dit sur ma maison à moi, comment les petites pièces s’y assemblent sans aucun ordre, ni logique, comment je guette l’annonce du bon coin comme un chat sur sa proie, comment je décape, comment je fais poncer le héros à coup de zyeux doux, de larmes ou de regards noirs suivant l’humeur. Je t’ai déjà fait t’extasier sur mon entêtement, tu as déjà pleuré avec moi sur le cruel dilemme de la working woman débordée qui ponce le soir à 10h à la lumière de la bougie, tu m’as déjà fait réciter le verset 12 du Saint Grenelle de l’Environnement parce que les produits n’étaient pas bio.

J’aurai vaguement l’impression de  radoter si je te disais à quel point cette cuisine est la mienne, si je m’engageais à dire « promis c’est la dernière fois que je me lance dans un projet pareil », qui occupe muscles et esprits depuis quasi un an (ben oui, buffet de mémé, un an déjà), la prochaine fois, on fait faire. Alors bon, je te montre, juste. Parce que quand même, depuis un an que je te bassine avec ma cuisine, je serais un peu rustre de ne pas te montrer le produit fini, ou presque.Quoique. Ça t’intéresse, vraiment?

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Première étape, la mise en place. Tu constateras qu’il manque une dizaine de centimètres, sur la gauche, ils constitueront une petite étagère à bouquins de cuisine (quand j’aurai suffisamment fouetté le héros). On ne pouvait pas en diminuer la largeur côté droit, car il aurait fallu refaire tout le carrelage, vu que sous le mur, ben y avait pas de carrelage, forcément.

Tu as l’œil, les pieds ont été enlevés. La plinthe était cassée, les pieds étaient peints sur le bois brut (un truc de malade à poncer), et il manquait 10 cm pour faire le raccord du plan de travail. La solution maison a été de le mettre sur des bastaings. (acheté brut, raboté et poncé à la sueur)

Oui, c’est moche, le raccord de couleur, c’est ce que j’ai dit au héros à 23h, mardi, quand il venait de finir de l’installer. Je suis une fille très délicate.

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Mais bon, en même temps, ç’aurait été dommage de le laisser avec 10 cm de moins, non?

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Et puis, ça se teinte, le bois…

Sur le bastaing, une couche de teinte pin, une couche de « bois vieilli » et une couche de « merisier ». Sur l’ensemble, un cirage au fondur pour protéger, et sur le plateau, Ikéa (le plateau d’origine était fendu), une couche de vernis type bistrot. ça pue et c’est pas bio, et oui, ça été fait à 21 heures le soir pour intoxiquer tous les mammifères de la maison, kancéktuveukjefasse, sinon?

Côté cuisine, c’est pas fini:

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Il manque le rideau qui va bien (mais le tissu est commandé), et les caisses en bois pour mettre dessous (appel discret à la solidarité bloguesque, le boncoin est un peu amorphe sur la belle boite en bois de 17 cm de hauteur)…

Voilà, ça y est, la cuisine est finie. On va pouvoir se reposer.

Faire la sieste au soleil. Profiter.

 

 

 

On commence quand, la peinture de l’escalier? Et la salle de bain? Et le placard, dans la chambre, je peux même plus ranger les fringues. ca serait chouette, de faire une serre sur le côté sud, non? C’est pas compliqué, faut juste récupérer des portes et fenêtres, y en a plein sur le bon coin….

 

 

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coud, rage

En ce moment, je couds beaucoup. Tous les soirs, tous les week end, pas un moment sans ma machine. Des petites fleurs brodées, des genouillères sur les pantalons de crapaud, avec l’espérance candide que celui là ira une fois à la machine sans trou…

Je garnis mon armoire à tissus de manière compulsive, mais je la vide aussi.Et comme je suis une fille qui cherche des explications à tout, tu penses bien que je ne peux pas m’abandonner au compulsif sans y chercher deux trois explications.

1/ L’explication psychoaffective.

Mes enfants m’ont lâchement abandonné en me laissant glander seule à la maison quand je rentre du boulot. Je noie mon chagrin et la solitude dans le point de bourdon.

2/ L’explication météorologique.

Ça caille tellement qu’il faut se bouger. Il parait que ce n’est pas la saison pour allumer le poële, et pis de toute façon tu as tout brûlé le bois cet hiver, l’option canapé tricot n’est envisageable qu’avec moult plaids, pyjamas en polaires et tisane, il est donc un peu plus sexy de jouer de la pédale.

3/ L’explication sociopolitique.

Coudre permet de se focaliser sur un projet. De construire, de bâtir, d’achever. Pendant ce temps là, on ne pense pas à la désespérance des élections, on n’écoute pas les discours populistes et démagogiques, on ne pleure pas en imaginant l’avenir, on ne compare pas les années 2010 aux années 30, en y pointant les millions de points communs.

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On reçoit les sourires.

On se dit qu’ils ont de la chance, eux, d’apprendre à critiquer, à réfléchir et à comprendre le monde.  Seront-ils assez nombreux?

 

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Le mythe en miettes

 

C’était chouette pourtant.

L’image de la « bad girl », de la mauvaise fréquentation, de celle qui dit du mal quand il faut être consensuelle, de celle qui se prend pour une intellectuelle (la « Levi Strauss de service », hin hin) juste parce qu’elle a lu la page Bourdieu sur ouikipédia, de celle qui est frustrée et jalouse du succès des blogueuses talentueuses et désintéressées,  c’était quand même pas de la tarte à construire. Quand on est comme moi la douceur incarnée.

C’est qu’y a pas beaucoup de créneaux originaux sur la blogosphère +/- mère de famille/qui décore/qui fait à manger pour sa nichée -autre chose que décongeler du Picard-, qui bricole deux trois choses avec ses mains/qui a un budget suffisamment conséquent pour acheter des kilos de liberty et promouvoir des marques chères pour ruiner ses congénères en signifiant sa supériorité (oui bon, j’avoue, j’ai pas fait que lire la page Bourdieu. J’ai aimé aussi).

Du coup, moi j’ai fait le choix d’être contre. Tout contre. Un peu de dedans, mais beaucoup au dessus. Je me regarde être une mère de famille qui décore, qui coud, qui tricote, qui s’occupe bien de ses enfants, qui dépense inconsidérément en  outillage couteux à  DIY, et fait bouffer des légumes bio cuisinés maison à sa magnifique nichée très bien élevée, mais je me fous de ma tronche. Un peu des autres aussi, qui se regardent le nombril, et photographient leurs pieds, se prennent très au sérieux parce qu’ils ont 1000 visiteurs par jours et considèrent cette popularité comme une reconnaissance naturelle de leur immense talent de la vie.

Je me voyais un peu comme Karaba la sorcière.  Eructer sur les gentils villageois, aller y foutre le feu une fois de temps en temps pour rappeler ma présence. Et surtout être MECHANTE. Il faut des méchants dans les mondes imaginaires comme celui qui se construit sur les blogs. Des « trolls » qui viennent insulter les icônes, des persifleurs qui viennent instiller le doute sur la moralité des bisounours. Même dans Oui-Oui, il y a des méchants.

Est ce que je suis rattrapée par ma vraie nature de bisounours? Est ce que le mythe de la Bad Blogueuse est aussi creux que celui des « sisters »? Est ce que Kirikou m’a retiré mon épine?

Ce soir, je me suis extasiée devant mes enfants, et leur instinct de la musique.

Une petite impro jazzy à quatre mains:

 

 

 

Et une jeune fille qui déchiffre (première lecture) l’Avé Maria de Gounod sans avoir jamais pris un cours de piano…

 

 

J’avais déjà un potentiel Guimauve au bisounours au plafond, et j’ai ouvert mon courrier.

Deux enveloppes pour moi, qui ne ressemblent même pas à une facture EDF ou une lettre d’amour de la Police nationale pour me dire que je suis une grande délinquante routière. (54km/h. C’est mal.)

facteur

Dans l’une, des patrons que j’ai commandé, certes, mais je n’imaginais pas qu’ils seraient aussi chouettes.

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Zieute un peu…. Ils sont DÉCOUPÉS!!!!!!!!!

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Pour les commander, c’est , vazy, fonce! (heu, je ne suis pas sponsorisée, hein. Bisounours, mais pas vendue, non plus!!!!)

Et enfin…

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Elina, juste comme ça, m’envoie ce petit porte clé de  petite violoniste bleue … Évidemment, j’ai bien failli me le faire piquer par sa grande sœur, mais j’ai réussi à le garder en lui disant que comme ça je l’aurai toujours un peu avec moi.

Je vais faire une overdose de bon sentiments. C’est carrément addictif ces petites douceurs. C’est pas bien ce que vous faites les filles.

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Le salon des REU nouveautés

Tu as remarqué comme la vie est une répétition permanente? Du matin, dring, douche, jean ou collants, confiture ou Nutella, habille toi, sors des toilettes,  au soir t’as préparé ton cartable, on regarde Sherlock ou on travaille, t’as sorti les poubelles, et demain c’est toi qui les conduit, aux saisons qui reviennent  à l’identique, tiens l’année dernière le muguet était déjà fleuri, et le lilas, il a pas beaucoup de fleurs, aux rythmes politiques, Cheminade, il s’est présenté, y a 5 ans, je me souviens plus, aux cycles économiques; quand même c’est étonnant, les ressemblances avec la crise de 29, combien d’années après, elle a eu lieu la guerre?


Et encore, je te parle pas de la pédagogie, hein. Tu sais ça autant que moi: range tes chaussures, t’as lavé tes dents, tiens toi bien, mange pas la bouche ouverte, toussa toussa. C’est chouette avec les enfants, t’as l’impression de ne plus être tout à fait un être humain, mais un robot bionique avec replay intégré et tout un tas de détecteurs (à mensonges, à mal être, à dents et mains pas lavées, à maladies infantiles etc etc…).

Le Français, il a inventé le REU pour dire que ça REU commence, que ça REU vient, que ça se REU pète. C’est pas la moitié d’un con, le Français. (enfin, on REU vérifiera ça la semaine prochaine….)

Pis quand ça existe pas, on l’invente. Tiens, demain, moi je vais REU cuisiner ça,

pana cotta dattes

parce que j’ai REU eu plein de dattes. Pour mon dessert, je fais le choix de la datte. (oui je sais, je la REU fais…)

Pour Simon, j’ai REU cousu un tee shirt. Le même. Avec 1m de jersey, on fait donc deux tee shirt. A REU cidiver.

simon

Et je crois bien que je vais REU broder quelques fleurs, j’aime bien sur la tunique. Rassurez vous, je ne montrerai pas mes cuisses à tout le monde, je vais faire une jupe avec. Mais comme il caille, j’ai REU la flemme. C’est pas tout de suite que je fais REU sortir mes Birkenstock rose pour aller avec.

tunique

Et comme c’est à nouveau le printemps, je REU coupe des fleurs que je ne vais pas REUnifler dehors, et j’en fais des bouquets que je trouve jolis.

bouquet

Heureux, le con de chat qui n’a pas la sensation de bouffer tous les jours la même souris, qui se bat avec son con de rival avec la même fougue sans avoir l’impression d’avoir déjà entendu ses arguments feulés. Heureux, l’idiot qui choisit son vote sur un discours et une image en oubliant les actes, heureux l’enfant qui ne connait que le présent et qui ne craint pas le ressaut de l’Histoire.

Heureuse, la blogueuse qui n’a pas d’archives.

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On pourrait croire…

On pourrait croire que je ne fais rien, mais si.couture

On pourrait croire que je n’ai rien à dire, mais si. Je passe beaucoup de temps à dire, mais ailleurs… Du coup, je n’ai plus trop envie de dire ici, ce n’est pas le lieu. S’impliquer, c’est épuisant.

On pourrait croire que je n’ai plus de temps pour les questions existentielles, mais si…

tunique

Est ce que les réglages de Mauricette reflètent mon corps de rêve?

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Les fleurs appliquées, ça va faire vraiment too much avec mes Birkenstock rose fluo et noir?

echarpe

Je l’offre ou je la garde pour moi?

tee shirt

tee shirt2

La recouvreuse, c’est une envie de droguée de la consommation ou ça se justifie? (vu que ma machine coud pas trop mal le jersey et que l’aiguille  double  se débrouille pour faire genre j’ai une recouvreuse à l’extérieur… ouais, mais l’intérieur…..)

Allez, si ça t’intéresse:

1/ début d’ensemble à la manière de « parfum du ciel« , tissu strech Mondial tissu.

2/ Echarpe en voile Etoffe des Héros, avec le petit fil qui brille, papillons cousus au fil invisible pour faire genre ils se sont posés sur l’écharpe.

3/ Tee shirt modèle Ottobre 4 2008, jersey imprimé Michas Stoffecke, jersey uni et bord côte Tissu.net.

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Entre nous…

Je vais demander aux hommes de sortir, car ceci est un billet de gynécée, un billet où l’on glousse, où l’on caquète, où l’on s’extasie avec des grands cris.

Et oui, ne soyez pas mesquines, j’ai des lecteurs. Hein mon ami Lolo, qui se planque derrière son énaurme dictionnaire d’Allemand médiéval pour pas qu’on le repère, et ben mon ami Lolo, il lit tout, même quand ça cause surpiqûre et taille d’aiguilles, mais évidemment, il ne s’en vante pas devant ses étudiants. Je le dirais pas, c’est promis, que tu lis un blog de couture, je ne voudrais pas casser le mythe.

Je rentre dans le rang. Finies les digressions politiques et sociales, finis, les jeux de mots et les contrepèteries (je suis hyper déçue, personne n’a relevé mon titre précédent, dont j’étais pourtant extrêmement fière…). Un blog, ça sert à trouver ses semblables. Les bobos qui cousent et qui tricotent, venez à moi, je suis VOUS! J’abandonne le foutraque, je délaisse l’anarchie, je choisis mon cœur de cible, les gens comme moi. Entends bien, lectrice: si tu n’es pas femelle, mariée, mère de trois enfants, un peu bobo, avec des velléités de DIY un peu ratées pour être tendance, un peu écolo semie urbaine, tu ne m’intéresses pas car tu ne fais pas partie de ma communauté. Sache le, sur les blogs, on se ressemble, on parle des mêmes choses, on aime les mêmes livres et les mêmes tissus et on ne critique pas, pouah, c’est mal élevé.

En plus, j’ai une bonne nouvelle, j’ai décidé d’apprendre à coudre. Oui, je sais, ça fait trois ans que j’apprends à coudre: recopier, couper, assembler, piquer. Mouais. Mais ça c’est pas coudre. Je ne serais satisfaite que lorsqu’enfin je saurais fabriquer les vêtements qui me vont, ceux que je vois dans ma tête, qui se fondent dans mon corps de rêve (mais malheureusement pas complètement standardisé), pour le sublimer, tel une enveloppe de soie sauvage… sur un sac à patates.

Je sais bien que c’est facile. Trois morceaux de liberty -le betsy vert et turquoise, cette année, tu utiliseras, dit la Table de la Loi de la tendance- , un réseau de copines blogueuses et photographes et deux trois patrons citronille et voilà que tu montes une « collection »… Mais ce n’est pas ma conception de la couture. A quoi ça sert de fabriquer des sacs à patates en liberty alors qu’on trouve de charmants vêtements bien taillés et bien coupés à des prix souvent raisonnables? Le seul argument, c’est qu’on est sûr qu’ils ne sont pas fabriqués en Chine, mais sinon, je ne vois pas.

Apprendre ce que d’aucun(e)s font en plusieurs années d’études quant tu n’as que quelques soirées, ce n’est pas forcément aisé. Bouquiner, surfer, éplucher les tutos, tout cela ne dit pas comment tu fais pour réussir un truc qui te va. Je pourrais suivre une formation au Greta, mais parait que c’est insultant… (private joke)

Du coup, je me suis trouvé une nouvelle amie. Une seconde moi, mais en moins chiante, elle a pas de tête.

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Bon. Vu comme ça, c’est un peu moi, mais pas complètement quand même…

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 Comment je peux me projeter dans ce buste minuscule moi? (ah j’oubliais, si tu fais moins de bonnet D, je ne te cause pas, tu ne fais pas partie de ma communauté.)

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Trop fastoche… la technique de l’ado plate, tu connais? Un vieux soutien gorge, un peu de coton, et voici mon clone. En moins chiante…

Et c’est là que j’espère que mes lecteurs hommes ne sont pas allés jusqu’au bout de mon propos (et c’est pas faute d’utiliser tous les stratagèmes pour les décourager, hein), pasque le commentaire grivois de Lolo, je le sens bien venir, là…

 

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La fête du sleep

C’est le printemps, les zoizeaux chantent, les jeunes filles exhibent leurs formes généreuses et leur peau laiteuse. Les images des premiers petits petons dans l’eau glacée remplacent les images de la barbarie, et on oublie presque, dans ce royaume de l’émotionnel non distancié, que dans le sud, ils ont soif et que dans 4 semaines on vote.

Une crise? Des programmes politiques? Des usines qui ferment, des hôpitaux en déficit, des établissements scolaires en dérive? De la Culture que l’on massacre, pour éviter de la partager? Où ça? Il fait beau et la Bête est morte… Pourquoi faudrait-il réfléchir?

Comme je suis tendance, je m’adapte. Je pourrais vous parler d’Hela qui va mieux, de la lettre pas piquée des hannetons envoyée à son principal, des choix compliqués pour l’année prochaine, mais bon, ça demande un peu de réflexion, de distanciation, ça ne vaut pas une bonne sieste au soleil.

Je suis contente, aussi qu’il fasse beau. La lumière est jolie, et on peut coudre plus longtemps, le soir, sans se fatiguer les yeux.

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Edredon cousu un peu comme ça (mais pas complètement, j’ai choisi de mettre plutôt une ouatine que de me taper le bourrage…), tissus Scarlett et Marguerite pour les imprimés, et drap ma grand tante Simone passé au Dylon chocolat (en ne mettant pas tout le paquet pour avoir une teinte plus claire)

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Pour le coussin, c’est aussi de la récup de napperon de ma grand-tante, et zou…

J’ai gardé la bordure ajourée pour le dos…

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(han, c’est pas repassé…)

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Et ça plait beaucoup aux bestioles de la maison.

Voilà. C’était mon billet de saison. Mais comme vous n’êtes pas des français moyens collés à l’Information décervelante, vous ne serez pas dupes. Les combats continuent malgré les barbecues.

 

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Interminable…

… L’hiver, le froid, le gel qui transforme tout en glaciale apathie…

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 Les roses du 11 février… RIP….

… Les 9 semaines d’école, et les doutes et incertitudes sur « l’école des artistes »… La classe à horaires aménagés, l’épanouissement par l’Art, ou l’Usine à fabriquer des petits individualistes retors et compétiteurs?

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… L’écharpe mohair de 2mètres de long en dentelle…

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Modèle Spring Leaves, sur Ravelry, avec une version française . Et en plus, il est gratuit!

 

Laine Rowan KidSilk Haze, coloris liqueur, tricoté en 3.

Un mois et demi de cliquetis acharné (j’ai cassé mes aiguilles en bambou dans le train…) le soir auprès du poêle. On a frisé la crise conjugale tellement c’est pas propice au dialogue c’t’affaire (OK, la maintenance internet du site soutenez le Belvédère non plus, et les deux gardes par semaine depuis janvier non plus… La balle au centre, merci de compter les points, les filles, je sais que vous allez m’aider!)

Demain, elle est à mon cou, cette merveille de douceur qui va trop bien avec mon petit pull gris et ma jupe fleurie bordeaux. Vous avez remarqué, ça sent presque le printemps dehors. Et à la fin de la semaine, temps mort. Pause, pour les enfants pressés, stressés, inquiets, épuisés par un système oppressant, improductif et désorganisé.

L’interminable, parfois, se termine. Oser y croire…

 

 

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Mon meilleur ami

En règle générale, dans la vie, j’aime assez être moi.

Je trouve que je me range globalement dans la catégorie des « vernis de la vie ».

Pas trop de malheurs, des soucis d’une banalité déconcertante, et une certaine facilité à se sortir des petites mésaventures

Pourtant, il y a des moments où je me verrais bien chat, pissenlit ou spéculateur à la City. Le concept, c’est un truc qui n’a pas besoin de se poser des questions pour prospérer sur le dos des autres.

Non pas que les questions soient existentielles et primordiales, hein. Mais il y en a plein. Tout le temps. Selon les principes des Grands Philosophes de la Vie, comme Elisabeth Tessier, Denise Fabre ou Patrick Sébastien, les petites merdes ont une fâcheuse tendance à la Convergence. Elles se regroupent, s’amassent et s’agglomèrent pour former une grosse merde sur le pas de ta porte qui t’empêche de sortir (ouiiiiii, comme celle du con de chien de la voisine qui choisit systématiquement ton perron pour déféquer, c’est exactement cela, tu as tout compris, ô Oreille Attentive).

Y a le collège et ses horaires déménagés, son concept d’apprentissage du « free no limit », dès la 6e…

Y a l’instit incompétente et les pleurs du matin (même ses collègues nous conseillent d’alerter l’Inspection, c’est dire…)

Y a la nouvelle chef qui a du mal à faire face.

Y a l’hôpital public qui se barre en couille et les gardes qui se multiplient.

Y a la grande et belle maison des voisins qui risque de devenir un parc locatif de 12 logements. Verra t-on refleurir le cerisier japonais?

La femme de ménage qui se sauve sans laisser d’adresse, après 5 ans passés à la maison.

Et le plus grave… tu sais quoi? La voiture de Wallace et Gromit, avec l’Aspi Garenne dessus… Tu vois de quoi je parle? Le seul cadeau demandé par Joe pour ses 5 ans, commandée en Angleterre… Est toujours en Angleterre. L’indignité parentale parfaite… (d’autant qu’il n’avait aucun de ses deux parents  pour fêter ce grand jour)

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Alors, pour éviter de marcher dedans, je me love dans les bras de mon meilleur ami.

Je m’épanche sur son épaule chaleureuse.

Je m’abandonne à sa voluptueuse langueur.

Parfois même, il énergise les vélleités d’activité, quand il s’agit de faire cliqueter les aiguilles, m’encourageant au rang suivant, allez encore trois et tu as terminé le motif.

Je vous présente mon meilleur ami, mon soutien, ma béquille, ma serpillière contre les petites merdes de la vie.

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