Aux fils conducteurs : tranche de vie

fils conducteurs rouen (3)-2

Crédit photo: Christophe Hubard, Paris Normandie.

Ce matin, deux dames du quartier m’attendent devant la porte. C’était écrit 9h sur le papier, je ne suis venue qu’à 10h.
Elles portent un joli voile rose ourlé de dentelles. L’une est venue Samedi et a rencontré Clémence (« c’est elle qui a tout fait, elle est trop forte, et puis très gentille et très accueillante aussi »…)

Elle est revenue avec une amie pour lui présenter le lieu.
Je fais le café, on papote. Son amie veut faire une jupe plissée, je lui dis que c’est facile. Elle s’extasie devant les plis de mon manteau. On parle de dentelles, des enfants, et de la vie du local.

« Mais vous êtes tous gentils comme ça? »

Elle n’a pas son chéquier, elle reviendra cet après midi.
A 14h elle arrive avec sa mère.
Elle a changé de voile, il est bleu maintenant, tout aussi joli, mais j’ai mis 3 secondes à la reconnaitre.
Elle est pressée, me fait le chèque et repart en déclinant mon café. Sa maman reste.
Rencontre.
Elle parle plutôt bien français, mais je sens que je dois choisir mes mots. On laisse tomber les « tutoriels sur internet », la « patronthèque » et autre vocable sociocentré.
Elle regarde les horaires indiqués sur le tableau noir et je vois qu’elle déchiffre à peine. Elle me dit que mon O il est mal fait, on ne sait pas si c’est un A. « je sais lire un tout petit peu mais pas beaucoup. Alors les patrons, je ne sais pas ». Et internet je sais même pas ce que c’est.
Je lui fais un thé. Pour choisir, je lui lis ce qui est écrit, mais j’essaie de la laisser déchiffrer. Elle s’assoit dans le le fauteuil parce qu’elle a mal au dos.
Elle m’explique qu’elle n’a pas pu apprendre à lire à cause de la guerre. Dans mon village les soldats violaient toutes les filles… ». Je ne pose pas de questions….

Elle voit la plante au dessus de l’évier. Limite je me fais engueuler parce qu’elle n’est pas entretenue. Je l’enlève de l’étagère (elle ne peut pas l’atteindre, elle doit faire 30 cm de moins que moi :-)). Elle la soigne, la baigne, lui enlève les feuilles mortes en lui parlant gentiment. En français, en arabe. « mon amour, ma beauté : en arabe c’est Habibti. Pour une fille. Pour un homme c’est Habibi ».
Je lui montre les machines, elle me dit qu’elle coud à la main…. Elle ne sait pas lire le mode d’emploi. Et puis elle a une vieille Singer, comme celle là, « tu la veux, tu sais l’utiliser? Je vais  demander à mon fils de te la donner ».
Elle connait une styliste qui ne sait ni lire ni écrire. Et puis les femmes françaises elles s’habillaient mieux avant quand même.
« Et toi tu sais coudre? »
Je lui montre mon manteau. « Le tissu à l’intérieur il est très beau et tu travailles très bien »
« Je fais aussi toutes mes robes, aujourd’hui je suis en pantalon, mais c’est rare »…
Je me reprend…
« Enfin mes robes, elles sont très courtes, je ne sais pas si vous aimeriez »
« Oh mais tu fais comme tu veux, et puis tu es jolie. moi je ne pourrais pas mais toi tu t’habilles comme tu veux, on ne juge pas les gens sur leurs habits »….

Elle est restée une heure.

J’adore ce lieu.
Pas vraiment  un lieu, plutôt un monde, une utopie en marche….

Plus d’infos ici:

logo V2

Share Button

Relier…

 

On pourrait croire que je ne fais pas grand chose… C’est vrai, je me suis un peu isolée des réseaux sociaux, je me contente d’un peu de couture accompagnée de quelques mots ciblés. J’ai déjà beaucoup de robes et je ne peux pas tout montrer, et  pas tout dire non plus…

Tu te souviens, ce blog était un peu anarchiste. J’y notais mes énervements, mes contradictions, mes paradoxes avec un zeste d’espièglerie et de mauvaise foi sans doute.

C’était avant l’année dernière.  Depuis le 7 janvier, je cherche. Quoi faire, comment s’investir, tisser du lien. Je refuse la peur dans le bus et le train. Je souris aux barbes, pantalons courts et voiles, je cherche l’humain derrière le dogme.

L’année 2016 m’a amené l’écrin; l’idée précieuse était dedans, comme un cadeau.

Toi qui me connais un peu, depuis 8 ans que je noircis ces pages, va voir un peu par : c’est un autre moi, plus professionnel mais toujours un peu anarchiste et engagé.

C’est un projet un peu fou, militant du partage et de l’altruisme.

Depuis 2 mois j’y consacre l’essentiel de mon temps libre: je lis, je veille, je wordpress, je gimp et j’inskape, je parcours tous les méandres du net: que cet espace est généreux!

Depuis 2 mois, j’ai bien envie de t’en parler, mais j’attendais que tout soit prêt, que le site soit en ligne, le projet défini, mon binôme disponible. Aujourd’hui c’est fait.  Il reste à le construire. Il a besoin de toutes les énergies, toutes les volontés, toutes les compétences.

Il a besoin de vous: du simple partage de l’information à l’engagement dans l’association, toutes les voies sont possibles et posent une petite pierre à la fondation de la Fabrique

Share Button

reconstructions

DSC_0551

 

Je t’ai maintes fois parlé d’Elle.

De son décrochage brutal en 4e, de son incapacité sociale, de ses angoisses et de son mal-être. De ses talents aussi.

Je t’ai parlé d’elle sans donner les mots des psys (zèbres, précoces, haut-potentiels…) pour plein de raisons, mais la première étant que je n’aime pas mettre les gens dans des cases. J’ai dit ses différences, et j’ai entendu quelques ricanements: oui, c’est bien un truc de bobos intello, de croire que ses sales mioches juste mal élevés sont des génies insoupçonnés…

J’ai lancé deux trois piques à l’Institution, pointé et exprimé des contradictions. J’ai remercié les individus, ceux qui ont pris quelques libertés avec les règles pour faciliter son chemin (de jolies volutes qui partent dans tous les sens…). Pas ceux qui l’ont jugée.

J’ai regardé derrière, regretté certains choix; mais c’est ainsi. Jeudi soir, à 22h 26, le verdict est tombé.

Héla, 14 ans, moyenne à 10  en 3e (dans une classe « d’élite »…) complètement non significative d’après les profs (les montagnes russes) est orientée en seconde professionnelle. Paraitrait qu’elle aurait des « capacités ». Mais pas de motivation pour en faire étalage. Orientation non souhaitée, je précise. Elle n’a aucun projet professionnel, ses seules envies sont littéraires et artistiques. J’ai cherché un BEP scénariste ou comédienne, ou compositrice de musiques de film, mais il semblerait que ça n’existe pas.

J’ai regardé derrière. Mes parents, qui ont eu leur bac à 20 ans, soit deux redoublements chacun.  Des amis, qui ont failli redoubler, ou  qui ont redoublé, une, deux fois … Aujourd’hui, ils sont médecin, chercheur à l’université, psy, enseignant…

J’ai regardé devant. Seconde « professionnelle » sans projet professionnel, sans projet tout court, sauf peut être celui de retrouver confiance en elle. Le chemin est plein de ronces.

Je ne cherche pas la polémique sur le redoublement. Je me dis qu’il permettait au moins la prise en compte de rythmes différents, et une seconde chance. En tout cas, avant, quand on avait le droit de perdre du temps.

J’ai regardé derrière. J’étais déléguée de classe en 3e. Je me suis battue bec et ongles, moi la timide, moi la « tête de classe » pour défendre une élève qui est allée en seconde, et a eu son bac. Il me semble qu’elle est devenue infirmière.

Je ne cherche pas la polémique sur l’institution. Dans tous les champs disciplinaires, les concepts qui remettent en cause (violence symbolique, pédagogie ouverte… va voir un peu maître Bourdieu et tous les grands pédagogues…) m’ont questionnés. Je me disais « tiens, c’est pas con, et si on pouvait grâce à eux…changer  le monde?… »  Et puis d’un coup, le concept, je l’ai vécu. Avec les tripes. Je l’ai un peu dit.

J’ai bien remarqué que mon discours dérange, tu sais. Je suis devenue infréquentable. Je suis le pur produit de l’institution, et je crache dedans, c’est mal.

Au début, c’était très douloureux. On y cherche sa faute, sa très grande faute, on la sent dans le regard de certains. Parfois on trouve une écoute et un regard bienveillant, on s’y accroche comme la moule à son rocher. « Le grand professeur de médecine trucmuche, tu sais, il m’a raconté: deux de ses enfants étaient a-scolaires. Il a dit avec un air de vieux sage chinois: il faut juste leur laisser le temps de se trouver« . Tu répètes la phrase comme une incantation magique.

(Et puis, comme le principal du collège, tu te dis que son brillant frère est une caution de bon parent, non? Je t’ai dit qu’il avait 18 de moyenne, les félicitations tous les trimestres, et un magnifique passage en second cycle en trompette?…Vous voyez, les gens, je peux être un peu fréquentable aussi…)

Il y a des groupes, des forums, des médecins, des psys… spécialisés. Ils peuvent être là pour te rassurer. Tester. Sans doute que c’est bien de mettre des mots. Les concepts sont inventés pour ça. Tu les entends dire: untel c’en est « un » (précoce, surdoué, zèbre, haut-potentiel, aux modalités d’apprentissage différentes..). ça fait sourire.

Mais j’ai lu, je l’ai retrouvée, j’ai repéré des pistes pour l’aider.

Pourtant ces dénominations  restent des cases. Une communauté qui rassure, dont l’objet est la réaction à la violence symbolique de l’institution. Je ne m’y reconnais pas complètement. Mais je n’ai pas d’autre choix, pour qu’elle se trouve, et pour que je l’accepte enfin.

Avec sa détresse, sa violence, et sa détermination à  ne pas être celle du moule, elle a creusé profond dans les fondations. Elle a foutu une sacrée zone dans les soutènements.

DSC05556

 

Je range tout doucement. Je fais du tri, je redéfinis les priorités, et je n’encombre pas les étais, encore un peu malingres, avec des justifications à donner, des frustrations, des incompréhensions. Accepte que l’étai soit fragile, rebelle et révolté, mais ne viens pas me donner des leçons pour le poser, je n’en ai pas besoin.

Je range tout doucement…

DSC_0581

DSC_0582 IMG_0649

(je ne t’avais pas montré ma nouvelle cuisine? Et ben voilà c’est fait..)

Share Button

Picsou et l’existentialisme

Je devais avoir 8 ou 9 ans. Un été lourd et chaud en Limousin, la morve au nez, les frère et soeur qui râlent et n’en peuvent plus de m’entendre éternuer/moucher/tousser/respirer/pleurer.

Je me cache dans un coin (je ne me souviens plus du coin, sans doute dans les herbes hautes histoire de rajouter une petite louche d’histamine…) avec mon Picsou magazine.

Et là, j’ai eu ma première révélation existentielle.

Mickey, dans son cauchemar, a des pieds de 2 tonnes en forme d’enclume. Il est poursuivi par un méchant, sans doute un Rapetou, et il est incapable de soulever les enclumes.

Mickey m’a piqué mon cauchemar. Mickey, c’est moi. Souvent, la nuit, j’ai des pieds de 2 tonnes en forme d’enclume et je suis incapable d’avancer. Surtout en été en Limousin, quand  je ne peux plus respirer.

Plus de trente après, ce rêve me revient toujours. Mickey et ses pieds d’enclume hantent mes nuits trop courtes… Quand je ne sais plus pour qui voter, quand le monde virtuel m’agresse, quand je n’ai plus envie de m’exprimer de peur d’être incomprise, quand je ne veux plus débattre parce que dedans il y a battre, je voudrais bien le dialogue, oui, mais … who care’s?…

Alors je me réfugie dans un coin. Des herbes hautes, un Picsou magazine Tendances Couture…

blouse 4 blouse 3 blouse 2 blouse 1

Blouse tendances couture Printemps 2015, taille 38/40 en coton léger à trois francs six/sous du magasin Rouen tissus (rive gauche). J’ai ajouté un lien à nouer sur l’arrière, faut toujours que je me resserre un peu la taille pour frimer. 

Parfaitement assortie à mes enclumes, elle me permet de me cacher des Rapetous…

Share Button

Je suis Charlaïque

29 octobre 312.

C’est la date qui s’affiche partout sur les panneaux publicitaires de la ville.

pic_87

C’est ce que tu peux voir sur la magnifique canette bleue qui orne nos quais et raccourcit nos espaces de jogging.

8247

C’est la date qu’a choisie de célébrer notre bonne Métropole.

Voici ce qu’on lit sur les prospectus.

« Le panorama de « ROME 312 » présente un épisode majeur de la Rome Antique : le triomphe de l’Empereur Constantin et de son armée après sa victoire sur Maxence, le 29 octobre 312. C’est une ambiance de fête et de triomphe qui règne dans la ville.

Rome 312 emmène les visiteurs au cœur de la Rome antique à l’apogée de sa splendeur architecturale pour vivre un moment historique qui a changé la face du monde.

ROME 312 représente également l’entrée triomphale de l’Empereur Constantin et de ses légions dans Rome, après avoir vaincu Maxence en 312 après J.-C. Les tenues des soldats, la bande sonore, les jeux de lumière… permettent aux visiteurs d’être au cœur de l’action. Selon la légende, Constantin avait décidé de répandre la parole du Christianisme la veille-même de la bataille, après avoir eu une vision de la Croix sur laquelle était inscrit «Par ce signe tu vaincras». Il fit alors ajouter le signe de la croix (le labarum) sur les boucliers et les étendards, avant d’aller vaincre son rival. Il faut cependant garder à l’esprit qu’à peine quelques années auparavant, les premiers chrétiens étaient encore brutalement persécutés. »

C’est donc le triomphe du christianisme. L’empire enfin unifié à la grâce de Dieu.

Tu sais ce qu’on trouve sur gogole, comme images, quand on tape 29 octobre 312?….

images2 Unknownimages

 

 

Dorénavant, je ne manquerai pas de signaler ce choix hautement symbolique . Même si le devoir de réserve m’empêche de dire ici tout le mal bien que je pense de cette magistrale oeuvre architecturale et artistique qu’est le Panorama…

En décembre dernier, Gabriel a participé au concert  « les petits animaux chantent Noël » au Conservatoire (public – et dans le cadre scolaire, puisqu’il est en horaires aménagés). Ela et Simon ont chanté (enfin se sont planqué derrière les autres pour faire semblant) dans l’église Saint Trucmuche, sous l’oeil larmoyant des parents attendris par la Grâce de ces chants religieux. Simon m’a dit quand je suis venue les chercher à 19h30 sans avoir assisté à cette petite sauterie carmélite entre gens de bonne Foi « maman, t’as carrément bien fait de pas venir, c’était « Jésus revient parmi les siens ».

Dorénavant, je refuserai que mes enfants participent à un quelconque concert de Noël. Sauf si le Conservatoire organise en contrepartie un concert de l’Aïd ou Yom Kippour.

Laïcité: »système qui exclut les Eglises des pouvoirs politiques et administratifs » (Petit Larousse)

Peut-on prôner, promouvoir et enseigner la laïcité, si les institutions, ostensiblement, ne la respectent pas, au nom de la tradition?

Comment, aujourd’hui, ces petits arrangements avec le credo laïc peuvent-ils être perçus par les « minorités religieuses » (rien que le terme en est une négation…) , à qui l’on interdit de faire montre de leur croyance  ? Comment former les enseignants à évangéliser les impies religieux intégristes à la valeur suprême laïque, si les signes ostentatoires du fondement chrétien de notre patrie sont à ce point visibles?…

(J’ai des amis catholiques pratiquant et je suis passionnée par l’histoire des religions monothéistes, je précise au cas où on m’accuserait d’être une sorte de laïcarde réactionnaire  d’un autre temps…)
Share Button

Münster au coeur…

Dans mon oreillette, on me dit que j’abuse…

Apprivoiser wordpress et faire une nouvelle bannière (youyou? Elle vous plait, ma nouvelle bannière?), c’est pas une excuse, allez allez, faut poster maintenant…

Alors ce sera une histoire de rencontres, si tu veux bien, parce que je trouve ça émouvant.

Il y a peu, je suis tombée sur un récit de vacances comme je n’aime pas trop (on a vu ci, on a vu ça, on a visité ça, et prendre une glace là, et la collectionnite de must have seen en photos instagramées…). On y parlait de Münster, en Allemagne, de manière assez négative. C’est idiot, moi qui adore que mes ami(e)s aient des goûts différents, pour en débattre et apprécier l’altérité, je me suis presque sentie blessée par cet avis inconnu et  public sur une ville qui m’a touchée. J’ai même pensé, j’avoue, que la pauvre Münster pâtissait de ne pouvoir s’offrir un post publicitaire interdisant l’honnêteté intellectuelle et la critique éclairée…

Depuis qu’on « swap home », je crois bien que ma conception du voyage a changé. Voir et cocher les étapes du routard, c’est un plus, mais c’est avant tout la rencontre, d’une famille, d’une culture, d’un lieu, qui rend les vacances si dépaysantes, excitantes, étonnantes…

Il se trouve aussi qu’on a la chance d’avoir une petite maison pour accueillir amis, familles et tout autre personne qui le souhaite. On y accueille quelques routards à l’occasion. Quelquefois des touristes qui veulent profiter et voir, et parfois des gens qui voyagent comme nous, qui veulent comprendre, partager, connaitre, ressentir… Il arrive aussi qu’ on n’ait pas le temps, ni trop envie de causer english, et de passer une partie de la soirée à faire le guide touristique..  à d’autres occasions pourtant,  l’échange est immédiat, riche, et … se prolonge tard dans la soirée autour de différents breuvages locaux …

Avec Johana et son compagnon, ça été le cas. Elle quittait Paris après 6 mois d’études , et repartait en Allemagne en passant par la Normandie. Toute la soirée, nous avons parlé, d’Ingmar, de Fanny et Alexandre, d’arts et de civilisations. Nous avons timidement demandé si elle pouvait nous montrer ses oeuvres. C’est un peu indiscret, d’entrer dans l’art de quelqu’un que tu découvres à peine. C’était troublant de la deviner dans ses tableaux et sculptures.

Après deux soirées, ils sont partis. Nous avons échangé mails et adresses.

La halte à Münster sur le trajet de Copenhague s’est imposée. Nous avons demandé s’ils connaissaient un endroit pour dormir, ils nous on prêté leur appartement…

Nous sommes partis très tôt pour en profiter au maximum.

DSC_3046 DSC_3051 DSC_3048DSC_3047DSC_3054

Ils nous ont parlé de la ville, qui n’est pas exactement la leur, pourtant. La cathédrale et ses cages, l’histoire du cygne noir, la reconstruction. Nous avons mangé chez Pinkus Müller et bu de la bière à la fraise.

Avant de partir, nous avons visité son atelier, dans une ancienne zone industrielle.

CSC_3147 DSC_3144CSC_3151 DSC_3142DSC_3063DSC_3062DSC_3057DSC_3060DSC_3059DSC_3141

On a vu plus que des photos de ses oeuvres. Simon a encore un morceau de la pâte à sculptures, il a écrit Münster dessus. Hela a fait un coeur avec. Elle l’a donné à Johana.

DSC_3064 DSC_3065 DSC_3072

Les photos ne rendent pas beaucoup hommage à son travail… On attend impatiemment le site internet, et l’expo en Normandie…

NB: Ce billet n’est PAS sponsorisé par Münster, ni par Johana, ni par Trocmaison…

 

 

Share Button

Ouvrir les fenêtres et donner un petit coup de propre…

Juste pour éviter que ça sente le moisi par ici.
C’est que je suis un animal à sang froid. Ssssssss Ssssss. De la vipère, je n’ai pas que la langue. L’hiver, j’hiberne.
D’ailleurs, ne comptez pas sur moi pour prendre  la défense de ce grossier malpoli. En avance, on n’a pas idée.

Je peux vous en coller plein des raisons, je suis la reine de la justification, de l’argument, de la bonne excuse.
Je n’avais rien à dire, sans doute. Hin hin. J’ai dû écrire 50 fois dans ma tête l’article sur la comparaison de la MAF (mère au foyer) et de la FA (femme active), sujet qui me turlupine en ce moment tellement ça m’agace de voir des dogmes affichés partout….
Tellement ça m’exaspère que, quel que soit le choix qu’on ait fait, la certitude d’avoir fait le bon est si grande qu’elle se transforme en mépris de l’autre. La FA regarde cette pauvre inactive comme une femme soumise, qui s’écroule au moindre petit caillou qui bouscule son petit train-train. La MAF justifie son choix (enfin, il faut quand même préciser que tout le monde ne l’a pas, le choix… En dehors du congé parental, il est quand même évident que le « choix » de ne pas travailler ne s’offre qu’à une certaine catégorie de la population…) par la stabilité et l’amour qu’elle apporte à ses enfants, et stigmatise ainsi cette pauvre folle échevelée qui court après le temps.
J’ai lu des choses troublantes. Des phrases affirmatives, qui remplacées par l’inverse, prenaient une tournure très accablante contre l’Autre, celle qui n’a pas fait le même choix.
Comme s’il n’y avait aucun doute. Comme si jamais, la MAF ne se laissait envahir par la pesanteur du quotidien. Comme si les enfants étaient forcément les plus heureux et les plus épanouis dans ce quotidien immuable et rassurant.
Comme si jamais la FA ne pleurait du tourbillon de la vie, comme si dire « non, je n’ai pas eu le temps de faire tes crèmes au chocolat blanc », n’était pas une souffrance.

Des excuses, donc, pour avoir laissé un peu la poussière se déposer ici, j’en ai des milliers.
Rien à montrer, car rien cousu, rien tricoté. C’est que j’ai encore des ambitions de semi-MAF (j’étais à mi-temps l’année dernière…). Le pull, je le fais en 12 ans et en 2 1/2, soyons fun. Le pantalon qui va avec, je l’ai choisi avec des kilos de poches, avec doublure et rabat. 1h minimum par poche.  Une heure d’affilée, ça m’arrive heu…. le samedi entre 14h & 15h. Et parfois itou le Dimanche. J’ai donc fait deux poches. Mais très jolies….
Cadeaux de Noël? C’est quoi ça?
Calendrier de l’Avent? Je suis passée à Monop prendre leurs derniers, je me suis fait incendier par Hela, parce qu’il ne restait que Barbapapa. C’te honte quand elle va dire ça aux copines…

Ne parlons pas des factures oubliées, des rendez vous chez le dentiste repoussés aux calendes grecques, du contrôle technique de ma bétaillère en retard de presque 6 mois, des vaccins pas faits… ce sont des sujets qui fâchent…

Ensuite, j’ai fait ma femme d’affaires: prendre le teugeuveu en première classe (avec la carte 30%, je fais attention aux deniers publics), dormir à l’hôtel, assister à une réunion.
IMG_0202

De la ville, je n’ai vu que cela.
J’en suis repartie aussitôt, j’ai pesté dans le train du retour en regardant ma montre. J’ai monté tous les escaliers de Magenta en courant pour avoir ma correspondance. Il serait judicieux de faire du sport, ma grosse, ça t’évitera de regarder ton train partir en pleurant.
Je suis arrivée en retard au concert.
J’ai retrouvé mes enfants ce matin.
Et ce soir. Simon 40°C, alerte orange pour la neige. Et demain un truc important au boulot.

C’est sûr, des doutes, des fois, j’en ai….

Share Button

Ah ben merdre alors!

Mais non, je ne suis pas vulgaire.
Les lectrices cultivées qui constituent mon lectorat auront bien sûr traqué la référence à la Pataphysique.
Et admiré le filage de l’idée, qui risque de constituer le Gimick des prochains billets.
Tout ça c’est à cause de l’Inculture. Mon mari, (appelé aussi le Héros quand il met la table et allume le poêle à 6 heures du matin pour que je crame ma graisse sur mon canapé, mais pas aujourd’hui, vu qu’il préfère écouter la musique à fond en pyjama, c’t grosse feignasse…), donc, particulièrement inculte puisqu’il fait partie des 3 lecteurs de ce blog qui n’ont pas fait khâgne, me demande la semaine dernière, « c’est quoi la pataphysique?« .
Moi, de faire ma khâgneuse: « quoi, tu ne connais pas la pataphysique? Ubu-Roi, Alfred Jarry? »
Et c’est tout, parce que j’aurai bien sûr pu me lancer dans l’élévation culturelle de mon colocataire, mais ça m’aurait retiré la suprématie du savoir. Il aurait pu s’en servir pour briller au prochain diner de bienfaisance auquel nous assistons régulièrement, et ça c’est insupportable. Ici, la Kultur, c’est moi, les poubelles c’est lui. En voilà un partage des tâches efficace.
Mais bon, du coup, j’ai remis la Pataphysique dans mes petits circuits neuronaux, et je me suis rappelée la jouissance intellectuelle que ce thème m’avait procuré. Et on vit dans une époque hyper pataphysique, en fait…
En gros, pour faire court, et parce que je m’appuie uniquement sur mes souvenirs de cours, (tu peux aller compléter sur Wikipédia si tu veux), Jarry, jeune potache brillant et irrévérencieux, se fout d’un de ses profs autoritaires en écrivant « Ubu Roi ». Et incarne ainsi la Pataphysique, sorte de non-explication du monde par l’absurde. Du coup, je vois de la pataphysique partout.
Le remaniement du gouvernement, merdre alors! On va la faire marcher la pompe à Phynances…

La mère Ubu, à la maison, ne cesse de grogner que ses enfants sont insupportables, et qu’elle les mettrait bien en pension sur la lune.

Dimanche_matin

C’est une question de point de vue.

Et puis, vous avez vu?
Mère Ubu a retrouvé sa machine à coude (c’est un peu comme la merdre….).

plaid

Grand plaid à Chrysanthèmes, tissu imprimé superbuzzy et uni microfibre cousette.

Share Button

Comme si de rien n’était…

Comme si je n’avais pas peur des mots qui s’inscrivent là: trop banals, pas assez funnies, méchants, cyniques, incompris…
Comme si j’étais inconsciente de ce qui se passe en ce moment… Comme si, malgré ma méfiance congénitale envers toute théorie du complot, je n’étais pas sensible à ces accusations de manipulation politique...

Comme si je croyais encore à la démocratie malgré tous les signes de graves délitements au Sarkosistan.

Comme si j’avais des vacances scolaires et que je m’apprêtais à un lourd programme de couture et tricot, qui ne serait pas terminé dans 10 jours, quelle tristesse, la vie… (second degré en référence à mon parcours professionnel récent… je précise pour les armées de profs et d’instits qui risquent de me tomber dessus ….)

Comme si de rien n’ était, j’ai fait des cadeaux…
Rien de bien compliqué, mais un peu longs, les mètres de tricots à aligner…
_charpe_LD1

echarpe_LD_2

Modèle La Droguerie
Milk Cotton Jelly Baby Rowan

echarpe_LD_3

echarpe_LD_4

Modèle La Droguerie
Laine Mohair et Soie Kid Seta.
Papillons et coeurs Loisirs et créations

Comme si de rien n’était, je dirais… bonnes vacances!……

Share Button

Message personnel

Destiné aux lecteurs de mon petit blog familial.
Ceci n’est pas un billet d’humeur. Ceci n’est pas un pamphlet polémique sur la société c’est mal et je donne mon avis sur tout.
Ceci n’est pas une pipe.

Je ne suis pas que cynique. Je ne suis pas que méchante. Je ne suis pas que follement drôle.
Je suis aussi génitrice d’une petite fille incroyable.

Il y a tout, la main qui tremble, c’est que je suis toute émute, le vieux monsieur probablement préparkinsonnien vu l’activité de son arrière-train sur sa chaise, la place pourrie au dernier rang de la maman indigne qui bosse le mercredi.

Pas grave. C’est beau…

Share Button