Savoir finir


J’ai jamais trop aimé les fins.

Fin de séries, fin de l’histoire, fin de siècle, fin de règne,  fin de saison… fin d’hiver…

Il y a peu, je vantais le mois de novembre lumineux, quand le jour lentement diminuait, pour t’emmitoufler dans sa chaleureuse douceur tamisée. Je le préfère nettement à ce pervers février, qui te fait vaguement croire que la fin des souffrances est proche, que le renouveau arrive, pour te laisser glacée sous la pluie… oui, mais dans la lumière du jour… (je préfère le noir qui cache la tristesse qui ruisselle…)

Février est celui de l’interminable et triste finitude, le mois qui se termine plus vite pour te laisser espérer que ça ira mieux bientôt, alors que c’est si long, la fin… surtout au début…

Février est le mois où tu crois que tu vas rebondir et sortir du trou, mais c’est tout verglacé, ça colle dans le fond de la caverne, pas moyen de s’extirper.

Où tu cherches un peu d’or et de légèreté.

J’ai cousu un peu d’or.

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Tee shirt col Bénitier du Burda 10/2014 (je n’ai pas cousu le col, comme indiqué, préférant le laisser bailler à l’envi…), taille 38 sans marges de coutures (c’est pas exprès, j’ai juste oublié de les rajouter, mais heureusement Burda taille grand).

Tissu en probable polyester kibrille, offert par ma Keupine sans aucune raison valable il y a bien longtemps. J’ai attendu d’en avoir besoin au moral pour couper dedans…

Et j’ai trouvé un peu de légèreté.

En écoutant ma soeur se prendre pour Marguerite. Dans le Centre de lutte contre le cancer, il y avait des patients, des médecins, des bips, des fauteuils, des sonneries, des infirmiers. Et de la musique; juste pour le plaisir de partager, de faire sourire et d’émouvoir.

Concert airs d’opéra from Fanny on Vimeo. (le son est pourri, pardon)

Concert Becquerel la mouche from Fanny on Vimeo.

Je ne sais pas si ce sera suffisant pour finir.

Je sors une main du trou. Tu m’aides à sortir?

(mitaines tricotées pour ma Keupine. Officiellement pour son anniversaire, avec 3 mois de retard… Mais ça réchauffe le triste février, alors que son novembre était si doux…)

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Le 25 janvier

Le 25 janvier, c’est le jour où il est né... tu ne t’en souviens pas, sans doute, mais moi oui. De tout. De la petite chose dans la couveuse qui jouait avec les tuyaux, du poignard dans le ventre,  de ma plage ensoleillée imaginée pendant la séance d’hypnose. Du réveil au matin, et de la tronche de l’infirmière quand elle a vu que je m’étais levée, de mes bras qui n’étaient plus qu’un gros bleu. Et surtout de ce que j’ai pensé. Tout peut s’arrêter. Pouf. C’est ballot, mais c’est comme ça.

Je n’ai plus l’impression que c’était hier. Pendant quelques années le mois de février a été celui où il n’était pas encore né, celui de la culpabilité de sa petite taille (en fait, je crois bien que mon placenta pourri n’y était sans doute pas pour grand chose, mais c’est mon petit côté mère Théresa, faut toujours que je me sente un peu responsable du malheur des autres…). Et pourtant le 25 janvier est une fête, pour lui comme pour moi.

Bien entendu, on y fête la naissance de ce petit lutin incroyable.

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Il dit que dans sa tête, il a plus que 8 ans, au moins 10. C’est pour ça que quand Louna n’est pas là et qu’il est triste, il ne joue pas avec ses copains, mais il ne leur dit, pas, ils ne comprendraient pas. C’est pour ça qu’il a peur de perdre les gens qu’il aime et ne supporte pas les cris.

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Il aime tout le monde dans sa classe, et je crois qu’on le lui rend plutôt bien. Il « s’ennuie » très vite, il aime la maison remplie d’amis et les activités.

Comme sa sœur, il ne « travaille » pas, il joue. Il faut que ça aille vite, il ne sait pas répéter pour progresser. Mais lui exprime ses angoisses. Il sait qui  il est, ce qu’il aime. Il sait même dire pourquoi. Ses cheveux longs assumés sont ma fierté.

La musique c’était une évidence… Mais ses goûts sont précis et il ne fait que ce qu’il veut.

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… vite et bien…

Gabriel débuts batterie from Fanny on Vimeo.

Le 25 janvier, je ne fête pas que lui. Je fête un peu moi aussi. Comme si une partie des ombres était partie avec mes plaquettes.

Depuis, j’ai arrêté de chercher qui j’étais, ce que je devais aimer, lire, ou faire. J’ai assumé mon esprit non grégaire, j’ai arrêté de me freiner. J’ai changé de boulot et j’ai ouvert un blog, j’ai lâché les grands pulls, assumé les petites robes sexy.

Le 25 janvier, ce n’est pas forcément un très beau jour  au milieu de l’hiver froid, mais la lumière revient et les oiseaux chantent: les graines que l’on y sèment sont de bien jolies plantes.

 

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Remember Joe Dalton

Toi qui est une lectrice assidue, tu n’as pas oublié Joe

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J’ai été faire les archives, mazette, j’en ai parlé de Joe…

Va voir cette vidéo, l’amie, surtout si tu as un enfant de deux ans…

Joe n’existe plus, tu sais. On n’a même plus l’occasion de l’appeler Bénito pour faire pigner belle-maman.

Joe est amour.

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Il est la star de la cour de récré, et vazy que ça « check » avec les anim’, il va jouer au foot au stade avec des inconnus en disant « salut, je m’appelle Gaby, je peux jouer avec vous » (pendant que sa mère fait des tours en tirant la langue).

On dirait qu’il a trouvé l’équilibre entre lui et les autres. La confiance.

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A 7 ans, tout est facile. L’école, sa place dans le groupe, la relation aux adultes…

Et la musique, aussi.

 

Oh, Gaby, c’est le rock qui l’intéresse…

Gabrriel Dirty Old town from Fanny on Vimeo.

 

Il a voulu faire comme les grands, classes horaires aménagés, mais pas en guitare, parce que la guitare c’est pas Villa-Lobos pour lui.

Il a pleuré au dernier cours, parce que 3 mois c’est trop long. Alors voilà, à 7 ans, il a deux guitares.

premiers branchements from Fanny on Vimeo.

 

Au conservatoire, il va faire percussions. Elle a dit la prof maman, que c’était mieux d’avoir une batterie, hein dis maman, je vais l’avoir ma batterie, dis steuplé steuplé steuplé.

Alors voilà.

On a pas poussé les murs, mais on a optimisé.

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Un bureau? ça travaille un CE1?… Bon OK, mais alors un mini bureau…

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Un petit tour sur le bon coin, un coup de baguette magique ( à savoir: décapant et paille de fer, loooooonguement, très longuement…, ponçage plus rapide, peinture ardoise et simple passage au fondur pour le bois qui a le bon goût d’être un très joli bois dur et blanc -orme ou hêtre?)

et voilà…

Hey Joe… A toi de jouer maintenant…

 

(PS: si tu as un plan pour une mini batterie pas trop chère, je suis preneuse -le son, on s’en fout, les voisins sont loin…)

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La perle

Il m’a fallu 12 ans et demi pour en avoir une conscience claire et nette, comme une révélation. Petite souris, cheval sauvage, dragon, sont les clichés animaliers qui s’imposent quand on te regarde vivre.

Il y a sans doute un peu de ce bestiaire en toi. Quand tu vas bien.

Mais régulièrement, depuis 12 ans et demi, il a des moments où c’est dans l’aquatique que tu te réfugies. Le homard, qui change sa carapace, oui, ça tu l’as lu, et compris. Mais c’est beaucoup plus ancré que cela. Plus ancien. Plus incompréhensible et sournois.

Tu as peur de ne pas y arriver. Comme beaucoup d’enfants, c’est sûr. Mais toi tu n’essaies pas si tu as peur. Je me souviens de ces yeux tristes et vides que tu m’as lancés quand la maitresse de moyenne section m’a dit, devant toi  » mais non seulement elle ne parle pas bien, mais en plus elle ne comprend rien »!.

Tu es resté accrochée au rocher. Et tu t’es fermée, petite huitre fragile et solide.

Les adultes ont frappé à la coquille. Parfois violemment, comme cette maitresse dont je n’oublierai jamais l’incompétence. Les adultes ne comprennent pas que tu n’acceptes pas leur aide. Mais tu es comme ça. C’est quand tu l’as décidé. Quand tu ouvres la coquille, quand tu es prête.

C’est drôle comme on oublie. A 5 ans, tu ne parlais pas, ou si peu,  tu dessinais mal sur un tout petit côté de la feuille et tu n’écrivais pas ton prénom. A 6 ans tu savais lire et compter. Bien sûr, tu as pu retrouver ta coquille pour des choses angoissantes pour toi, comme la géométrie, mais on a enfoui ça dans les tréfonds de nos angoisses de parents…

Après tu as été classée « bonne élève ». Timide, pas toujours régulière, parfois surprenante. Des petits séjours dans la coquille périodiques, mais de courte durée. La confiance était là.

A la lecture de tes bulletins, qui ne sont pas si mauvais, ça m’a sauté aux yeux. Pourquoi tant de violence, de mots durs, de jugements, dans les appréciations des enseignants?

14 de moyenne en 5e, certes, c’est beaucoup moins bien qu’avant, mais ça reste correct. En 2e année de second cycle en formation musicale, lauréate à un concours de violon national, tu vas peut être préparer le 3e cycle en fin d’année, si tu es prête. Et quoi, si tu redoubles ton année de FM, tu ne seras pas la première, non?…. Et si tu n’entres pas en 3e cycle à 12 ans et demi, on n’en fera peut être pas une jaunisse?

Tu as souvent ces grands yeux vides, comme à 4 ans. Fermée sur ton rocher. Les adultes, et tes parents aussi, frappent de plus en plus fort, te somment de t’ouvrir, te proposent des contrats et des ultimatums.

Ce n’est pas de la mauvaise volonté, je pense. Pour t’avoir vu en larmes parce que tu n’arrivais pas à faire ton exercice de FM, je crois bien que l’huitre est une solution de survie. Tu n’oses affronter ce que tu ne sais pas faire. Comme à 4 ans. Alors tu dissimules, derrière une fausse désinvolture et des petits mensonges.

Peut-être parce que chacun y voit la perle. Et croit bien faire. « Accepte notre aide » entends tu de toute part. Et plus on tape sur la coquille, plus tu te fermes.

Peut-être n’es tu tout simplement pas prête. Comme à 4 ans. Peut-être peut-on se contenter de ce que tu nous offres. La perle est déjà bien jolie…

 

 

Sicilienne et Rigaudon Kreizler 30032013 from Fanny on Vimeo.

 

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blanc

ça arrive aussi…

 

when she’s happy!

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Les vacances « quand est ce qu’on mange »

Tu as remarqué, lectrice attentive, que c’était les vacances?..  Les vacances, tu sais, ces moments de farniente, de culture, de speurt d’apéros inimterrompus, de partage et de beunheur familial, de projets de construction… Les photos de vacances commencent à fleurir sur facebook et sur les blogs, miroirs déformant de la vie rêvée…

Evidemment, y a des vilaines provocatrices qui disent « va te faire enculer », mais ne t’inquiète pas, moi, je ne suis pas de celles là.


happiness@2012 par Camweb

(merci Virgo pour le lien)…

 

D’abord je suis bien élevée, et en plus j’ai passé de bonnes vacances.

Des vacances d’intellectuelle de gauche qui commence à avoir suffisamment avancé la rénovation de sa maison pour éviter les travaux d’été, pour une fois.

Je ne te cacherai pas qu’il y a parfois des doutes. Emmener en vadrouille des enfants de moins de 12 ans pendant 3 semaines et demi, et croire qu’on va les passionner pour Othon 1er, la ligue hanséatique, ou la poldérisation hollandaise, c’est être un peu candide. Des vacances, ils auront surtout apprécié la quantité astronomique de frites ingurgitées, le petit déjeuner à la charcuterie, l’accrobranches sur la mer Baltique et la baignade dans la mer du Nord.

Nous aurons, nous, retenu qu’il faut avoir un plan déjeuner pour 12h16 au plus tard, et dégainer le paquet de biscuits à 16h02, même dans une église gothique allemande, sinon, tu es mort. (de honte, la plupart du temps…)

Je ne te mentirai pas, quand je vois les récits de vacances au club, où les nains sont entièrement pris en charge à des occupations qui les passionnent beaucoup plus que l’histoire du Saint Empire Romain Germanique, (faire du trampoline toute la journée, des compétitions de hamburger ou des bracelets brésiliens au mètre) où tu bois des mojitos au bord de la mer en regardant tes orteils, voire (luxe extrême de la vie familiale),  où tu parles à ton conjoint d’autre chose que de la liste des courses ou du planning de taxi-gosses, ou de la réservation du prochain centre aéré pour occuper ces saloperies de vacances scolaires, quand je vois, disais-je donc, les récits idylliques de ces vacances de jouisseurs invétérés qui ont oublié d’être judéochrétiens comme moi, j’échangerai bien mes vacances d’intellectuelle de gauche qui cultivurise sa marmaille.

Mais c’est sans doute une réaction de trop plein suite à une année difficile, de longs congés scolaires jonglage où l’on se débrouille comme on peut, parce qu’en vrai, j’aime bien les vacances « quand est ce qu’on mange », et je suis assez fière que les enfants aient retenu deux trois choses essentielles: la guerre froide et la RDA, « ich bin französe », ne pas oublier de prendre le papier toilette avant d’aller dans les sanitaires au camping.

Si ça t’amuse, tu peux cliquer sur les vidéos.

Deux amblances sonores très différentes, tu verras… (la seconde est le tube de l’été, réclamée sur les autoroutes allemandes pour passer le temps, la première est plus habituelle, ici …).

 

 

vacances 2012 2 from Fanny on Vimeo.

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Le discret

Quand je fais un billet, c’est  pour dire que tout va mal, que la vie est trop dense, que j’ai jamais le temps, que c’est trop injuste, que les autres sont des méchants, que j’aime pas les blogueuses et en plus que je m’en fous que le Grand Commentateur de machs de foot ait avalé son micro, je préférerai qu’on fasse les gros titres avec l’enjeu des élections en Grèce.

Ou bien encore pour me gargariser de mon immense talent de Douitmaïself entre keupines, pasque là du coup, je les aime bien les blogueuses quand elles viennent me parler de mon génie.

Mais en fait, je fais rarement le billet sur la vie est belle, c’est chouette d’être moi, toussa. On peut dire que c’est parce que ça n’arrive pas souvent, c’est le lot des jalouses aigries frustrées élevées dans la critique permanente, elles sont malheureuses en fait. (J’avoue, j’ai un faible pour les billets qui « font débat » dans la blogosphère, quand une méchante ose une critique, sur un sujet aussi fondamental que le niveau de couture de la voisine, le rapport qualité/prix de la laine LD, ou bien sur l’imperfection de leurs modèles et que ça finit en bêlement général sur la perfidie des envieuses.) 

Sans doute aussi parce que c’est convenu, le beuhneur. Voire même parce que c’est peut-être un tantinet indécent. Un peu comme promouvoir des marques chères, parce qu’on peut se les acheter, sans imaginer la frustration que cela peut susciter.

Du coup, du Discret, je n’en parle pas beaucoup… sauf pour dire qu’il a un abonnement aux urgences, qu’il grimpe partout, qu’il crie beaucoup pour se faire une place entre les deux dragons.

Je n’ai jamais dit, je crois, à quel point tout est facile depuis sa naissance. Je ne me souviens pas m’être demandée si on avait fait des erreurs avec lui.

Plutôt que de jouer à la DS, il se construit un muséum d’histoire naturelle en carton.

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Il aime Claude Ponti, Léonard, Garfield et Gaston, et pourrait lire un « cabane magique » par jour.

Il était allé en horaires aménagés parce que bon élève, parce que sa soeur, et parce que c’est pratique pour nous. Il a choisi de faire du piano, sans grande conviction au début, et il a ajouté la trompette cette année. On se disait qu’il aimait bien la musique, mais sans plus.

 

Mais il a savouré sa « mention très bien avec félicitations », avec un sourire banane. Il l’a gardé pour lui, avec sa fierté rentrée et son assurance de petit garçon facile et heureux.

Discrètement.

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Passe ton Bach d’abord…

Elle va mieux, je vous ai dit? 

Pourtant, aujourd’hui, elle était stressée. Elle a travaillé (oh, pas bien longtemps, deux ou trois semaines, peut être…), mais elle n’était pas sûre.

C’est qu’Hilary (Hahn) et David (Oistrakh) le jouent … Et Bach, elle aime bien. C’est un défi de jouer ce qu’on aime entendre …

Y a des erreurs, elle n’est pas contente d’elle. C’est dommage, justement quand elle commence à ressembler à une violoniste, avec une position presque académique.

N’empêche… C’est quand même pas mal au violon, aussi… (là elle prend des cours, quand même, depuis un peu plus de 4 ans!)

 

 

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Le mythe en miettes

 

C’était chouette pourtant.

L’image de la « bad girl », de la mauvaise fréquentation, de celle qui dit du mal quand il faut être consensuelle, de celle qui se prend pour une intellectuelle (la « Levi Strauss de service », hin hin) juste parce qu’elle a lu la page Bourdieu sur ouikipédia, de celle qui est frustrée et jalouse du succès des blogueuses talentueuses et désintéressées,  c’était quand même pas de la tarte à construire. Quand on est comme moi la douceur incarnée.

C’est qu’y a pas beaucoup de créneaux originaux sur la blogosphère +/- mère de famille/qui décore/qui fait à manger pour sa nichée -autre chose que décongeler du Picard-, qui bricole deux trois choses avec ses mains/qui a un budget suffisamment conséquent pour acheter des kilos de liberty et promouvoir des marques chères pour ruiner ses congénères en signifiant sa supériorité (oui bon, j’avoue, j’ai pas fait que lire la page Bourdieu. J’ai aimé aussi).

Du coup, moi j’ai fait le choix d’être contre. Tout contre. Un peu de dedans, mais beaucoup au dessus. Je me regarde être une mère de famille qui décore, qui coud, qui tricote, qui s’occupe bien de ses enfants, qui dépense inconsidérément en  outillage couteux à  DIY, et fait bouffer des légumes bio cuisinés maison à sa magnifique nichée très bien élevée, mais je me fous de ma tronche. Un peu des autres aussi, qui se regardent le nombril, et photographient leurs pieds, se prennent très au sérieux parce qu’ils ont 1000 visiteurs par jours et considèrent cette popularité comme une reconnaissance naturelle de leur immense talent de la vie.

Je me voyais un peu comme Karaba la sorcière.  Eructer sur les gentils villageois, aller y foutre le feu une fois de temps en temps pour rappeler ma présence. Et surtout être MECHANTE. Il faut des méchants dans les mondes imaginaires comme celui qui se construit sur les blogs. Des « trolls » qui viennent insulter les icônes, des persifleurs qui viennent instiller le doute sur la moralité des bisounours. Même dans Oui-Oui, il y a des méchants.

Est ce que je suis rattrapée par ma vraie nature de bisounours? Est ce que le mythe de la Bad Blogueuse est aussi creux que celui des « sisters »? Est ce que Kirikou m’a retiré mon épine?

Ce soir, je me suis extasiée devant mes enfants, et leur instinct de la musique.

Une petite impro jazzy à quatre mains:

 

 

 

Et une jeune fille qui déchiffre (première lecture) l’Avé Maria de Gounod sans avoir jamais pris un cours de piano…

 

 

J’avais déjà un potentiel Guimauve au bisounours au plafond, et j’ai ouvert mon courrier.

Deux enveloppes pour moi, qui ne ressemblent même pas à une facture EDF ou une lettre d’amour de la Police nationale pour me dire que je suis une grande délinquante routière. (54km/h. C’est mal.)

facteur

Dans l’une, des patrons que j’ai commandé, certes, mais je n’imaginais pas qu’ils seraient aussi chouettes.

valantoine 1

Zieute un peu…. Ils sont DÉCOUPÉS!!!!!!!!!

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Pour les commander, c’est , vazy, fonce! (heu, je ne suis pas sponsorisée, hein. Bisounours, mais pas vendue, non plus!!!!)

Et enfin…

porte clés

Elina, juste comme ça, m’envoie ce petit porte clé de  petite violoniste bleue … Évidemment, j’ai bien failli me le faire piquer par sa grande sœur, mais j’ai réussi à le garder en lui disant que comme ça je l’aurai toujours un peu avec moi.

Je vais faire une overdose de bon sentiments. C’est carrément addictif ces petites douceurs. C’est pas bien ce que vous faites les filles.

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Anti conformiste…

Dans la série « mes enfants sont formidables ».

Je me la pète avec mes petits génies.

La maternitude est un benheur quotidien, une extase permanente, un emerveillement constant.

Mooouarffff…..

Bon. Pour être franche, j’ai failli pas aller l’admirer tellement elle était ch’pénible (terme générique pour désigner la préado qui lève les yeux aux ciels en beuglant « ça se fait trop pas »).

Pour être parfaitement honnête, il faut préciser que la semaine dernière, le morceau ne ressemblait à rien. Qu’on lui aurait dit que si elle continuait à prendre ses improbables positions acrobatiques, jamais elle n’arriverait à atteindre les harmoniques tout en haut, là.

Elle n’a pas du tout lâché ses improbables positions acrobatiques, trop fière pour suivre un conseil. Et on est bien parti pour chanter encore la sempiternelle chanson, celle qu’on lui serine depuis 4 ans : »tu n’arriveras pas à passer en 2e position si tu te tiens comme ça… tu ne pourras jamais passer en 5e position si tu te tiens comme ça. Tu ne pourras pas faire de vibrato si tu te tiens comme ça. Tu ne pourras pas faire d’harmoniques si tu te tiens comme ça… »

H, donc, dans un grand moment de « mes doigts défient les lois de la physique » et je tire la langue à l’Académie…

audition CRR 4 février 2012 from Fanny on Vimeo.

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