Je n’ai pas vraiment de raisons…

Je n’ai pas vraiment de raisons.

Je ne t’ai pas quitté pour un autre, comme toutes les blogueuses instagrameuses et facebookeuses.J’aime po instagram, je suis d’avantage mots qu’images. Je me méfie de Big brother, ma page Facebook est insignifiante. J’ai même pas osé y partagé le très bel édito de Causette. « mes copines et moi, on adore tuer des enfants »

Je n’ai pas vraiment de raisons.

Le temps n’a pas vraiment changé. Je lui cours après telle une amoureuse éperdue. Il s’enfuit toujours, comme un vieil ours sauvage qui refuse la dompteuse…

Je n’ai pas vraiment de raisons.

Je n’ai pas moins de vie. Indignations, émois, craintes, désirs et bonheurs sont toujours là. Mais est ce le lieu pour les graver?

Je n’ai pas vraiment de raisons.

J’aime toujours les rencontres. Mais je n’ai plus la patience de les chercher au détour d’un lien, dans la solitude de mon face à face avec l’écran blanc. Elles viennent à moi, au cours d’une soirée, à la sortie de l’école et même dans mon bureau, et je les laisse manger mon temps, je les regarde virevolter.

Je n’ai pas vraiment de raisons.

Je couds, je tricote, je ponce, je peins,, je crochète, je brode. Peut être un peu moins. Je ne pense jamais à prendre une photo. Ni à prévoir la séance de pose dès qu’un rayon de soleil passe la fenêtre.Avant, c’était: aussitôt cousu, aussitôt mitraillé et posté.Maintenant c’est rangé dans le placard. Et porté au boulot. C’est là que je frime…

Par exemple là…
Une robe vue chez Saki, patron Simplicity, en flanelle de « ma petite mercerie ». Je l’ai beaucoup modifiée: 5 cm de moins de chaque côté du buste(!), rajouté une ceinture à la taille pour éviter le look 5 mois de grossesse, raccourci la longueur…
Comme je suis frileuse et que j’ai les bras nus, j’ai ajouté le réchauffe cou.
Ce n’est pas la robe la plus sexy. Peut être pas ma couleur fétiche. Je n’ai pas vraiment de raisons, mais cette robe est sans doute ma préférée, celle qui me représente dans les derniers mois qui viennent de s’écouler. Elle est vivante, simple, pas empruntée, facile à vivre. Souriante et un peu nostalgique quand elle prend le temps de se retourner.
Un peu comme une vie sans blog…

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Tiens….

Salut

ça va?

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Ça t’es déjà arrivé, toi, de ne pas donner de nouvelles à tes vieux amis pendant des siècles, et de ne pas savoir comment refaire le noeud sans casser le fil?…

Moi tout le temps. Je suis fidèle mais inconstante. C’est pas que je n’y pense pas, c’est la phase action qui s’engorge. Ça reste coincé derrière le filtre, un peu comme les playmobils dans la vidange de la machine.

 

En général je sors la valise à excuses.

Je suis tombée dans une faille spatio-temporelle. Y a eu un bel été. T’as remarqué comme l’été parait plus éphémère lorsqu’il est beau? (je fais vibrer ta corde sensible. Demain ça va faire ouille. Il fera encore nuit quand la radio couinera ses nouvelles sinistres).

Je ne voulais pas t’importuner avec mes états d’âme. J’ai passé des vacances pourries dans un endroit exécrable.

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Je ne sais pas si on a toujours les mêmes centres d’intérêt, tu sais.  A t-on encore beaucoup de choses à se dire?

Moi, la couture et le tricot, tu vois, ça allait pour occuper mon temps d’ennui, quand les enfants étaient petits.

Maintenant que je suis grande, tu vois…

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Ma première tunique japonaise, mais pas pour moi… C’est la 03 du livre every day camisoles et petits hauts, en taille 7 sans marges de couture. Tissu de modes et travaux à côté de la gare Saint Lazare, très joli… mais qui pique….

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Pull pour sublimer la chemise en liberty, et éventuellement rechauffer les coeurs: bidouille à partir d’un patron Drops, en équivalent 10-12 ans, en milk cotton de Rowan (un reste…)

Si aucune de ces faux-fuyants ne me permet d’excuser la désaffection, je tente parfois la corruption. 

Si tu veux, je te fais un tuto. Ouais comme ça, gratuit. 

Et là, c’est sûr, tu peux pas m’en vouloir. T’as déjà oublié mon infidélité. 

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ça caille et t’as vu ce que j’ai fait?

Je sais. Je vous ai manqué.

Mais que voulez vous (je vous vouvoie, ça marque une distance. On n’a pas gardé les moutons ensemble, que je sache, et puis bon, je vous ai abandonné alors forcément vous m’en voulez. Du coup je prends les devants, j’anticipe la fâcherie. Un peu comme à 12 ans, quand tu racontes des bobards à tes parents, tu sais qu’ils vont s’en apercevoir, alors tu lèves deux trois yeux au ciel histoire de te sentir persécutée par ces parents trop nuls. C’est du double vécu, je sais de quoi je cause…)

Que voulez vous, disais je avant d’être grossièrement interrompue. Mon Moi vit un désordre intense, cataclysmique, abyssal.

D’un côté, y a la névrosée. Tu sais, celle qui se prend pour wonderwoman, qui narcisse sur son blog, qui veut être la mère idéale, la femme parfaite, l’executive girl. Elle se prend pour une battante, mais c’est rien qu’une mauviette. T’imagines bien que quand on est capable de croire qu’on peut être mère parfaite de 3 enfants qui font plein d’activités, femme de médecin anesthésiste hospitalier investi et militant sans temps, cheffe idéale, musicienne amateur, couturière et tricoteuse avec 24h par jour seulement, on est un peu névrosée. Et donc photosensible. Et donc maniaque quand il fait soleil, dépressive quand il se cache.

De l’autre côté, il y a l’intello. Celle qui utilise deux trois mots qui en jettent dans ses mails professionnels, histoire de poser un peu la khâgneuse, ça permet de frimer et faire croire à sa supériorité. Celle qui laisse traîner le Monde Diplomatique, comme si elle le lisait… parce qu’elle n’arrive pas à résilier son abonnement. Celle qui ne regarde jamais la télé, c’est pour les beaufs. Celle qui lève les yeux aux ciel quand la radio cause des nuages et de l’anticyclone des Açores. Pourraient pas nous entretenir du mythe de la dette publique ou de la situation en Syrie, tssss, la météo, c’est pour les prolos du cerveau.

Entre les deux Moi, ça fait du grabuge. Y a incompatibilité chimique.Des ions en trop,  inversion du courant électrique (ouais, je sais. J’ai pas retenu grand chose de ma terminale C.) et zou, la décharge qui fait tout sauter. Du coup, j’ai le cerveau muet, j’ai rien d’intéressant à dire, à part « ça caille, hein », et » t’as vu ce que j’ai fait? »

Pour la nouvelle petite sœur du premier bébé à qui j’ai fait un cadeau, mes premières armes de coutureuse

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Robe: patron Margot de Sophie la styliste, taille 3 mois, tissu Rouen tissus.

Bloomer: Anatole de Citronille taille 3 mois rallongé, tissu même provenance.

Gilet: modèle tiré du livre « tricoter pour bébé », Debbie Bliss, taille 3 mois, laine Rowan Milk Cotton Dk coloris tutti frutti, provenance oubliée…

Chaussons: tuto de la Fée Niasse, taille 3 mois, même laine, boutons de la boite.

Petit pochon cadeau…. brodé avec mon nouveau joujou de maniaque, ma dernière boncoinerie bien réussie…

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J’espère que ça ne va pas trop cailler, histoire que le bébé puisse en profiter…

 

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Interminable…

… L’hiver, le froid, le gel qui transforme tout en glaciale apathie…

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 Les roses du 11 février… RIP….

… Les 9 semaines d’école, et les doutes et incertitudes sur « l’école des artistes »… La classe à horaires aménagés, l’épanouissement par l’Art, ou l’Usine à fabriquer des petits individualistes retors et compétiteurs?

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… L’écharpe mohair de 2mètres de long en dentelle…

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Modèle Spring Leaves, sur Ravelry, avec une version française . Et en plus, il est gratuit!

 

Laine Rowan KidSilk Haze, coloris liqueur, tricoté en 3.

Un mois et demi de cliquetis acharné (j’ai cassé mes aiguilles en bambou dans le train…) le soir auprès du poêle. On a frisé la crise conjugale tellement c’est pas propice au dialogue c’t’affaire (OK, la maintenance internet du site soutenez le Belvédère non plus, et les deux gardes par semaine depuis janvier non plus… La balle au centre, merci de compter les points, les filles, je sais que vous allez m’aider!)

Demain, elle est à mon cou, cette merveille de douceur qui va trop bien avec mon petit pull gris et ma jupe fleurie bordeaux. Vous avez remarqué, ça sent presque le printemps dehors. Et à la fin de la semaine, temps mort. Pause, pour les enfants pressés, stressés, inquiets, épuisés par un système oppressant, improductif et désorganisé.

L’interminable, parfois, se termine. Oser y croire…

 

 

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De la carpe…

En ce moment, j’en copie le langage, l’oeil et la conduite.

C’est que, je suis CHEF, maintenant. Avec l’impression de mener le 33 tonnes fatigué sur des sables mouvants. Avec le sentiment d’être un bébé tout frais à qui on confie le semi remorque. Pas grave, si le loupiot n’a pas le permis. Allez, je ne vais pas en faire des caisses, oui, le boulot me plait toujours, et non, je ne reviendrais pas en arrière. Mais ce n’est pas si simple et si manichéen, heureusement sinon ce ne serait pas drôle.

La semaine, je chausse mes bottes de 7 lieues et mon sourire inamovible, j’applique à la lettre le manuel du savoir-vivre au travail et mes petites techniques de régulation de conflits. Le week end, je m’écroule et je voudrais bien arriver à sortir mes analyses critiques du système pour qu’il s’améliore, mais je ne peux pas. « Devoir de réserve », et neutralité sur le net. Quant tu es une fille publique, tu fais gaffe à ce qui pourrait être pris comme une attaque contre l’institution. Alors je me venge sur mes aiguilles qui en prennent plein la tronche. Et sur le bon coin pour assouvir mes pulsions de quiétude.

GANTS

Gants modèles « concept« , parce que j’ai aussi un manteau bleu et marron, et les rouges, tu comprends, c’était pas possible. Allez, fais pas semblant de me faire croire que je suis toute seule à assortir mes gants avec mon manteau.

Laine Anny Blatt, en poil de chameau et soie. Ouais. J’suis snob.

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Petite table Arts Déco payée un peu chère parce que je la voulais (jsuis snob).

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Et petit chevet payé rien du tout pour mettre mon tricot quand le chat me laisse m’assoir.

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 Aujourd’hui, le jour de la carpe, ou carpe Diem. 

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La main de Darwin

Ouvre bien tes yeux.

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Ceci n’est pas un gant.

Ceci est un Concept.

Ouais. Tu peux me croire. Je m’y connais en concept. J’ai eu 15 au bac sur les concepts a priori de la sensiblité. J’ai piqué la critique de la Raison Pure à mon père pour faire bien sur mon étagère et pour faire des photos drôlatiques et subtiles, montrant mon sens aigu de l’ostentation caustique et du paradoxe spirituel.

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Comme tous les gens de mon espèce (la bourgeoisie intellectuelle aux valeurs de gauche, achetant – ou piquant- la CRP – la critique de la Raison Pure, pèquenaud- pour décorer son étagère et faire montre de sa domination sur le petit peuple), je dégaine assez facilement le concept. C’est un concept, le concept. Quand tu sais pas trop quoi dire, d’un truc dont tu n’as rien à secouer mais que tu dois commenter pour prouver ton rang, pouf, tu sors ton concept. Imparable pour clouer le bec.  Quand tu veux ouvrir un magasin et vendre tes merdes très cher, tu fais dans le « Concept store ». Quand tu veux vendre une merde très cher, tu ne dis pas que c’est un objet, tu dis que c’est un concept.

Donc, le gant, là, tu vois, c’est pas seulement un gant.

Je ne veux pas le vendre, il est pour ma pomme. Mais il est le reflet, l’illustration, le symbole de la théorie de Darwin.

Ouais, rien que ça. Je t’essplique. Darwin, tu connais, c’est l’alcoolotabagique neurasthénique inspiré de Satan qui veut faire  croire qu’Adam et Eve ont même pas fauté. Tssss

Avant, les mains des hommes étaient comme ça:

Main et pied de singe

C’était pas pratique pour draguer, du coup l’évolution a fait des petits efforts de relooking.

Forcément, comme ça, c’est tout de suite mieux.

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Sauf que bon, le réchauffement climatique, on en cause, on en cause, mais ça caille encore entre novembre et mars. Et le risque, c’est que l’Evolution, à force de se peler les moignons, elle ressemble à ça…

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Comme l’Homme est un animal pas trop con des fois (sauf en mai 2007), il a inventé le réchauffe moignon.

réchauffe moignon

Et tout allait pour le mieux dans le monde de Darwin et on ne se pelait pas les moignons.

Sauf que…

L’Homme, pas trop con des fois (sauf en mai 2007) a inventé un engin incompatible avec le réchauffe moignon. Un truc complètement addictif que tu regardes 15 fois par minute pour vérifier que tu es bien cet être sociable hypercommunicant. Qui te permet d’avoir la recette du kouign aman partout où tu vas, même si t’en fais jamais. Et qui fait que tu n’as aucune excuse pour ne pas avoir appelé mémé Germaine le jour de ses 102 ans.

Tu vois, bien sûr, de quoi je parle. Inventé par un pancréatique métastasé mort récemment, pour une marque hyper conceptuelle pour gens de mon espèce.

Ce gant, donc, est la cristallisation darwinienne de l’adaptation au monde hostile.

Avec lui, je peux utiliser mon faune sans avoir froid à tous les doigts, et en conservant ma manucure totalement intacte. Je n’ai pas besoin de me faire pousser les poils des mains pour pouvoir l’utiliser quand la bise est venue, et ça c’est classe.

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Gant: les fameuses susie’s reading mitts, faites par 5789 ravelers…

Traduites en français ici

Laines: restes de Rowan Silk Wool de ce pull...

Sauf que… M’sieur Darwin, va falloir que je me coupe les doigts, ou que je trouve une autre stratégie d’adaptation:

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Comme tu peux le constater, il ne me reste pas tout à fait assez de laine pour faire les doigts, et la laine n’est plus fabriquée… héhé… (je rassure les aimables attentionnées pleines de sollicitude et de commisération, j’ai fait une commande en Angleterre sur ebay. La pelote qui coûte un bras avec les frais de port, c’est très rentable et tout à fait cohérent avec ma stratégie d’exploitation maximale de mon stock de reste de laine.)

C’est… un concept…

 

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Elle l’a…

Elle a un prénom original. Elle ne nous en veut pas. Au contraire, elle l’aime. (moi, je regrette un peu de l’avoir mis sur le blog, comme ça, sans barrière… mais je n’avais pas réfléchi, il y a 3 ans. Peut être qu’un jour, je me coltinerai tous les messages pour la remplacer par Gertrude?)

Elle n’aime pas trop le collège. Pourtant, elle est contente d’y retrouver ses copines.

Elle voudrait bien avoir le droit de tout faire, elle aurait envie qu’on soit moins « derrière elle » et pourtant elle ne veut pas grandir. C’est trop inquiétant d’être grand et d’avoir des papiers à remplir.

Elle fait des cauchemars avant les contrôles de maths et les conseils de classe. Elle croit qu’elle est une mauvaise élève, mais elle a quand même eu les félicitations.  Elle est studieuse et désordonnée. Sa chambre est toujours bien rangée, en apparence, mais dans les placards, c’est un fatras sans nom. (je crois que c’est un peu pareil dans sa tête…)

Elle aime bien quand je lui fais des habits, mais elle a toujours peur que ses copines n’aiment pas. Ou se moquent. Elle hésite entre la honte et la fierté.

Elle a 11 ans, en somme, il faut qu’on s’y fasse…

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Echarpe à 4 mains (elle a fait les 10 premiers centimètres, j’ai fait le mètre 40 restant …d’abord de la main droite, et finalement tout en maille envers de la main gauche pour garder le point mousse…)

Béret slouch trouvé sur Ravelry et très bidouillé. Je trouve le modèle franchement cher pour pas grand chose -une seule taille-, et beaucoup trop petit. Je ne sais pas si je peux mettre un tuto, vu que j’ai payé le modèle, mais l’ai  transformé. C’est quoi la blogorègle de bienséance?

Laine sherperd worsted chez laine et tricot, colori jeans.

L’écharpe est un succès mondain, même ses profs veulent la même, et c’est la classe de dire « c’est presque moi qui l’ai fait ». Quant au béret, elle l’a enlevé avant d’arriver au collège…


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Le dernier Dimanche du mois d’août

Ne me cherchez pas, ne m’invitez pas (de toute façon, je suis de très mauvaise compagnie: je dis beaucoup de gros mots, je critique tout et je mets les doigts dans mon nez).

Le Dernier Dimanche du mois d’août, je suis en pélérinage. J’emmène, en général, mes enfants bien habillés, mon mari beaucoup moins présentable ( fin août, c’est une garde un jour sur deux, il y a donc du laisser aller dans le standing. L’oeil est un peu vitreux, le poil dru, mais je vous rassure, il est gentil quand même. Et il essaie de ne pas baver quand il s’endort sur la table). Je prépare ma tarte à la tomates parce que fin août, c’est ce qu’il reste dans le panier, je fais un gâteau avec les fruits du jardin. Je mets les maillots dans la voiture, parce qu’on ne sait jamais, même s’ils ont annoncé 14° et de la pluie, en Normandie, hein, on ne peut jamais prévoir.

Le Dernier Dimanche d’août, on retrouve des gens qu’on voit une fois par an, parfois un peu plus. Des gens dont on dit qu’ils sont « de la famille », et c’est sans doute un peu vrai, il doit rester deux trois chromosomes communs, de cet arrière grand père qui est né juste un siècle avant moi. Il a eu 9 enfants, dont mon grand-père. Il y a eu des curés et des anticléraux, des agriculteurs et des instituteurs, des opinions politiques divergentes et des incompatibilités d’humeur. Il n’y a sans doute plus beaucoup de génétique là dedans. Il y a maintenant des cheveux crépus et des yeux bridés, on en trouve de Dakar au Brésil…

Il y a de moins en moins de monde tous les ans, peut être que ça ne représente plus grand chose pour beaucoup, cette racine en plein coeur du pays de Caux. Moi j’y suis tous les ans, une histoire, peut être, encore, de transmission. Les enfants jouent. Se découvrent de très lointains cousins. Regardent l’immense arbre généalogique, repèrent les prénoms qui ont traversé les siècles et l’incroyable nombre d’enfants. Imaginent les drames familiaux, quand les dates se figent brutalement.

Vont sauter dans les vagues, là où les grands parents ont pris leurs premiers bains. Même s’il fait 15°… Reste peut être un peu de sang viking, pense t-on naivement.

Le dernier Dimanche d’août, j’habille donc les enfants, un peu comme le faisait ma grand-mère, avec des vêtements chics et élégants.

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Et j’ai l’impression d’être 30 ans en arrière. De jouer avec mes arrières petites cousines à la marelle dans la belle robe à fleurs avec le petit gilet et le chapeau assorti, pendant que les parents discutent de la crise économique et de la politique du gouvernement.

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Modèle Sandrine et cie,

Laine Debbie Bliss Eco Baby Lil Weasel, taille entre 4 et 6ans

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HS

J’aime bien les acronymes. On peut tout leur faire dire, les transformer, les associer, les conjuguer, même parfois. Regarde la RGPP, par exemple, elle est beaucoup plus sympa dans l’action. j’èrgépépette, tu èrgépépettes, nous érgépépettons….

Aujourd’hui, moi, je suis achesse. Tu y mettras ce que tu veux. Tout me sied. Hors Sujet, Hors Service, Hors Saison, Haute Sécurité… Tout cela me convient.

Je suis enfermée. J’ai un super garde chiourme, y  a pas de danger que je puisse franchir le seuil de la maison ou même ouvrir une fenêtre. L’histamine est mon maton.

Je ne peux rien faire. Oublie le vélo, les semis, les bouquets. Nan Nan, j’ai pas pleuré, pourquoi? Sniiirffffflll. Difficile de passer inaperçue, je siffle, je mouche, je tchoume, je…râle….

J’ai envie de pluie, de froid, et je ne peux même pas aller voir les pivoines qui sont fleuries, paraît-il.

J’ai tricoté un pull d’hiver. Un pull bizarre, pas tout à fait fini, je ne sais pas si je l’aime ou pas.

Le devant, ça passe encore…

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Mais le dos, franchement… ça me plait trop…

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Modèle trouvé sur Ravelry,

Laine Silk Wool Rowan acheté très en soldes…

Je crois bien que je vais défaire les coutures, et refaire un dos tout sobre en jersey.

ça va m’occuper un peu.

 

PS: si tu as des solutions miracles, hors désensibilisation, déjà faite, en sachant que j’ai testé une grande part des antihistaminiques du marché, je suis preneuse.

 

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Peau d’âne, cendrillon et moi

Je sens mes lectrices antisociales défaillir… Quoi? Moi, j’aurai cédé aux sirènes du troupeau? Moi qui me plaint (souvent, car je suis une plainte permanente, un grognement perpétuel, une sempiternelle récrimination…) de ne pas avoir de temps pour coudre, vous croyez vraiment que j’aurai acheté ce livre, ce si beau livre de déguisements meeeeeerveilleux et si pouétiques,  où les patrons n’indiquent pas le bon métrage, ne donnent pas les bonnes planches, et taillent pour des mutants yankees nourris aux hamburgers frites,  de 3 m 50 sur 12?… Tout cela est … si surprenant, ils sont pourtant d’habitude si soignés, ces patrons…

Hin hin.

Oh pardon, ça m’a échappé.

Point du tout, je ne te cause pas de peau de bestiole trafiquée avec de la moumoute synthétique et des oreilles qui pendouillent lamentablement, ni de robe en satin rôôôse. Je te parle des vraies Peau d’Âne et Cendrillon, celles qui ont bercé mon univers d’enfant romantique, qui attendait le prince charmant en écrivant des poyèmes à la plume. J’ai déjà fait mon coming out de petite fille douce et sage, habillée en rose et regardant mollement l’horizon. En plus de ça, comme toutes les petites filles, j’ai lu des contes de fées, vibré pour le beau Prince et rêvé d’être comme la Princesse. Les boules. Fiona n’était pas née, je ne pouvais pas encore m’identifier à celle qui dit des gros mots et fait péter la grenouille.
De cette époque cul-cul, consignée quelque part dans des cahiers Sarah Kay qui sentent la fraise, j’ai gardé comme une sorte de fierté, car j’avais un point commun avec les princesses. Si si. Incrédules vous êtes? Je vous entends penser à la marâtre acariâtre qui pourrait expliquer un tel traumatisme.
Et ben non. Le point commun, celui qui fait ma fierté depuis toujours, me rendant éligible au rang de la princesse, ce sont mes panards et mes paluches.  Vous vous souvenez, toutes ces Berthe chaussant du 40 essayant d’enfiler la chaussure de vair minuscule? Toutes ces greluches se contorsionnant pour enfiler le tout petit anneau sur leurs gros doigts boudinés?  Ben moi, je passe le casting haut la main, avec la quasi plus petite taille d’anneau et des tatanes qui ont du mal à tenir le sol tellement qu’elles sont petites. A quoi tiennent nos petites fiertés, quand même…
En plus, mon orgueil ne cesse de s’amplifier, comme une grosse baudruche graisseuse, car mes enfants ont eu le fort bon goût de développer les mêmes caractéristiques génétiques. Ce sont des sortes de petits Moi, donc ils sont parfaits. J’ai bien fait de me reproduire, pour l’avenir de l’humanité.
H, surtout. A 10 ans, elle chausse du 33, et ses mains sont des minuscules petites choses pleines de doigts. So chic.

Le hic, c’est les gants. En taille 6 ans, les gants sont roses, sont plus souvent des moufles et pas des mitaines comme elle souhaitait. Car les mitaines, c’est un accessoire très tendance chez la préado. J’avais donc une commande de mitaines, mais avec le petit capuchon rabattable pour ne pas avoir froid. ça, et pas autre chose. (aucun lien, dans ce trait de caractère, avec une transmission génétique quelconque, je vous en prie, restons dans le sujet…)
Quelques heures de Ravelry plus tard, quelques visionnages  de magic loop dans le miroir (car je vous rappelle que je fais tout à l’envers, donc je matte les vidéos des droitières dans un miroir, le plus souvent lorsque je suis seule, car j’ai conscience du ridicule de la chose… ), et hop, cendrillon/ peau d’âne a ses mitaines…
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Modèle: Urban Necessity Gloves sur Ravelry
Laine Alpaca Drops (les restes…) toujours en aiguilles 3 et magic loop. Petites pressions Ar Brinic pour tenir le capuchon.

Je  n’ai pas réussi à bien comprendre les différentes augmentations intercalaires droites et gauches, ça fait des petits trous, va falloir que je retravaille mon miroir, ô beau miroir…
C’est une bidouille car la laine prévue se tricote en 4,5, je crois, j’ai donc monté les mailles comme pour la taille la plus grande, et ça colle...

Et Cendrillon va pouvoir négligemment perdre ses gants à l’école. Elle peut, c’est une princesse…

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